‹ Le Cabinet de l'amateurChapitre 18 sur 151 · WIN · texte numérisé non relu

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I-» ressemblance est un résultat de toutes les parties d'un visage, assemblées et formées comme dans le naturel selon la situation et la lumière cstablie.

Il est des situations et des lumières bien plus avantageuses à certains objets qu'à d'autres.

Avant que de commencer les portraits, il faut considérer l'air ordinaire de la jHTSonne, sa taille, son âge, sa qualité, et l'on prendra des situations et des lumières convenables à tous les quatre.

\XVU.

Les portraits doivent être censés faits coste à coste du naturel, c'est-à-dire en supposant qu'il n'y a point de distance ni par conséquent de diminution de trait et de couleur du naturel au tableau : sans cette supposition on fait ordinairement le nez trop gros et trop long, et l'on manque encore à beaucoup d'autres parties, outre que le coloris du portrait ne sçauroit avoir la force du naturel, et cela vient de la distance qui cause des tromperies au regard du trait et de la lumière.

WVIII.

L u objet est si fort ce qu'il est par le tout ensemble, que dès le moment que l'ouvrage copié d'après luy manque de ce costé-là, les parties les plus acbevées de cet ouvrage ne sçauroient faire en général qu'un méchant effet. 11 seroit plus excusable «l'avoir négligé ces parties que leur masse et le tout ensemble, qui doit être un rapport, une proportion et une liaison de toutes les parties.

Si le soir on reconnoist les gens sans voir distinctement les parties de leurs visages , mais en vertu du tout ensemble , il s'ensuit que le tout ensemble ou la masse des objets doit être préférée en peinture à la recherche du particulier. En peinture et en desseignature , l'adresse est de travailler en un endroit et de voir le tout ensemble.

Les bel les touches d'un portrait sont certaines parties esclairées ou ombrées qui tiennent le dessus sur tout l'ouvrage, qui en font la vie et le pétillant, sans pourtant osier l'union du général.

LE f.ARIN'ET DE L'AMATKIÎH. 3T

Mais les telles touches d'un portrait font peu de chose sans les vrais contours, comme les vrais contours font peu de chose sans les l>elles touches.

Les vrais contours d'un portrait sont les parties formées par une je ne sçay quelle incertitude, et une certaine inégalité de traits qui marque les cavités, les convexités et les accidens du sujet, et qui, par des angles apparemment plus sensibles que dans le naturel, fournit à la distance, et soutient de loin l'effet et la sensation de la nature.

Comme l'homme est dans un perpétuel mouvement et qu'il en résulte différens airs de son visage, le peintre doit se déterminer d'abord pour donner À son portrait l'air et l'esprit qu'il croira le plus convenable à son modèle. Sans cette judicieuse et nécessaire détermination, il se met dans le cas de faire et de refaire continuellement son ouvrage, et de dissiper ainsi tout le beau feu de son esprit sans produire aucune chose qui soit véritablement semblable à sou objet.

Quand un portrait a le véritable air du modèle, c'est-à-dire qu'il en marque l'esprit et le caractère, il ressemble ordinairement fort longtemps.

XX x\ .

I Jie véritable ressemblance frappe autant l'esprit que les yeux.

II faut avoir des entretiens avec les personnes que l'on peint, selon l'humeur et l'esprit dans lesquels on les veut peindre.

L'entretien qui se fait entre le modèle et le peintre , est plus convenable à la peinture des portraits que toute autre.

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il faut faire promptement ce dont ou juge promptement.

Pour bien juger de ses ouvrages il les faut avoir oubliez.

Il faut qu'il y ait un assoi -liment dll sujet ombré au même sujet éclairé; par exemple, l'ombre d'un blanc doil approcher plus du blanc que l'ombre d'un gris, «'t l'ombre d'un gris doit être moins noire que l'ombre d'un noir, et ainsi du reste.

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