BULLETIN DES VENTES
Il nous reste encore à parler de quelques ventes de l'été dernier, et déjà les catalogues nouveaux s'empilent sur notre table. Novembre n'avait pas encore ouvert les portes de l'hiver que déjà l'hôtel Drouot s'emplissait d'amateurs et de marchandises. Marchandise est bien le mot propre, mais peut-être aurions-uous dû employer celui de consommateurs pour désigner les autres. Comment expliquer autrement que par un pressant besoin , un appétit impérieux, l'engloutissement quotidien et régulier du millier d'objets de bas aloi qui se débite chaque jour?
Les marchands hollandais sont arrivés les premiers avec ces déballages .immenses et toujours les mêmes de porcelaines et de chinoiseries secondaires, de faïences de Délit et de meubles horribles, arrachés aux greniers des Pays-Bas pour faire les délices du peuple le plus spirituel de la terre. Encore ces sortes d'entassements ont-ils quelque chose de pittoresque; mais les peintures, elles échappent à toute dénomination. Plusieurs milliers de toiles ont été vendues en novembre entre quinze et vingt-cinq francs'; il en est une, je crois, qui est allée jusqu'à deux cent cinquante. — Le deutn-ntaitot est le digne corollaire à toutes ces misères.
Nous n'avons en perspective, pour le moment, que la vente de quelques tableaux importants du comte Demidoff, un tableau capital de Greuze, la Défaite des Philistins, par Decamps; la Stratonice de M. Ingres, une merveille de grâce et de sentiment : quelques tableaux hollandais qui proviennent en partie de la vente du duc de Berry doivent aussi y figurer, mais ils ont été recouverts en Italie d'un vernis bien épais. M. le comte Demidoff ajoute à cela cinquante tabatières que l'on dit fort riches et fort belles, ce que nous croyons sans peine.
La vente du comte DemidofT est annoncée pour le 10 janvier 1863.
On parle encore d'une vente d'estampes modernes, épreuves avant la lettre, d'un très-beau choix, et pour le 7 décembre, d'une intéressante collection d'objets antiques etde la renaissance italienne, vendue par M. Signol. Dans celle-là, les amateurs peuvent être sûrs de ne pas trouver de contrefaçons, ce qui est important et rare aujourd'hui.
Puisque nous sommes au début de la saison des ventes, nous toucherons à la question des catalogues que beaucoup d'amateurs se plaignent de ne pas recevoir. Nous en avons déjà parlé.
La distribution des catalogues est une question ou plutôt un des mystères de l'hôtel Drouot, puisque ce mot mystère paraît devoir être adopté pour tout ce qui louche les ventes publiques.
Ou trouve invariablement parmi les frais d'une vente d'objets d'art une somme de 25, 30 ou 40 francs, affectée à la distribution de 500, 600 ou 800 catalogues qui sont censés avoir été portés au domicile des amateurs.
Une seule personne est chargée de cette besogne, qui doit être nécessairement mal faite ; les amateurs demeurent très-loin, et les catalogues ne sont imprimés que peu
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de jour» avant ia vente, qui peut recevoir de ces re-
un
Nota disions, l'année dernière, que cette distribution pouvait être faite avec la plus grande célérité pour S, 6 ou 8 francs par les établissements chargés des distributions ordinaires du commerce, et qu'il était inutile d'ajouter sans nécessité aux frais déjà très-élévés des ventes d'objets d'art.
Nous pensions donner un conseil utile, il n'en a pas été tenu compte. Quel est donc ce mystère?
Il est bien connu, d'autre part, que l'amateur qui néglige de donner une pièce de 5 francs d'étrennes au distributeur habituel, ne reçoit pas de catalogues : il y a là quelque chose d'obscur qui mériterait d'être approfondi. Si la distribution du catalogue est payée par le vendeur, celui qui en est chargé ne doit rien exiger de l'amateur, et, si c'est l'amateur qui le paye, le commissaire-priseur ne devrait rien porter au compte de son clieut. Nous y reviendrons.
VENTE VIVENEL.
Kl. Vivenel était un amateur bien dévoué à sa collection ; il vivait avec elle, l'étudiait chaque jour. Dans des temps meilleurs, il avait fondé à Compiegne, sa ville natale, un musée rempli de beaux livres d'antiquités et d'objets d'art de la renaissance. Pour lui, il s'était renfermé dans le cercle d»s petits maîtres français et allemands qui nous ont laissé des gravures d'ornements, les Beham, Aldegraver, Virgile Solis, Théodore de Bry, Etienne de Launc, Pierre Wœriot, Marot, Le Paultrc, etc. Il avait aussi une œuvre de Callot et d'Albert Durer, et une infinité d'estampes, d'orfèvres et de bijoutiers graveurs, anonymes pour la plupart et difficiles à rencontrer; mais l'œuvre de notre Ducerceau, qu'il rêvait complet, était plus particulièrement l'objet du culte de M. Vivenel. Il avait poussé le soin jusqu'à faire des calques des pièces rares qu'il n'avait pu se procurer, et aussi parfois des titres qui n'ont jamais existé.
Cette vente après décès, faite un peu tard, le (5 juillet, n'avait pas laissé de réunir un grand nombre d'amateurs qui se sont chaudement disputé ces estampes trè:recherchees aujourd'hui et devenues rares.
Nous donnerons les prix d'adjudication des suites
Jacques Callot. — Son œuvre en 947 pièces de premier état pour la plupart 1,501
Jean Lepautre. — Son œuvre, Paris, Jombert, 1751, composée de 787 pièces .185
Daniel Marot. — Pendules, bijouterie, boites de montres, alcôves, lits, meubles, etc., lit pièces
in a>, i2 m. REVUE MENSUELLE départ., ln an, U „.
On s'abonne à Paris, chez Firmin Didot Frères, Fils et O, 56, rue Jacob et chez tous les libraires de la France et de l'étranger. Tout ce qui concerne la rédaction doit ftre adressé franco à M. Eug. Plot, rue Saint-Fiacre, to, à Paris.
Tirage fur grand papier verge, 24 franc par an.
Androwt Ducerceau. — Les plus excellents bâtiments de France, 2 vol. in-fol., 1576 et
157s), in-fol 38O
Les arcs de Triomphe, 1549 73
Le livre des Edifices antiques, I5S4. 4»
La grande salle du Palais de Justice 20
Le grand plafond à compartiments m
Les cartouches, 1 1 petites pièces 176
Les frises et balustrades, 40 pièces 231
Les petites arabesques, 87 pièces 205
Les grandes arabesques, 37 pièces 125
Serrurerie. — Heurtoirs, clefs, targettes, écuss?ns
de clefs, poignées pour tiroirs, etc., 20 pièces . 201
Damasquinerie, 1 1 pièces 35 f
— 20 pièces 49
— les frises, 1 0 pièces 280 1
Meubles, les tables, 12 pièces 370
— les armoires, 7 pièces 410
— les buffets et dressoirs. 9 pièces 200
— les lits, 6 pièces ss
Les vases, suite de 72 pièces 895
Les agrafes et ceinturons, 3 pièces 57
Les fonds de coupe, 3 pièces rondes 280
Les candélabres et chandeliers. 6 pièces 201
Les pendeloques, 3 pièces 285