‹ Le cabinet de lectureChapitre 139 sur 249 · I.° Mlemagne qui, depuis la venue de Lu prenait à~ toute pa · texte numérisé non relu

I.° Mlemagne qui, depuis la venue de Lu prenait à~ toute pa

role humaine pour en finir avec le doute qui I '. s'effraya de

l'audace de Michel Servet. Melanehthon en fut attristé, et écrivit une lettre au sénat de \ enise pour dénoncer les folies dont les livres du sectaire étaient souillés

il) Cet article est extrait de la Revue historigue de la noblesse, anssi Lien que la notice sur la chasse en France. I.a 5* livraison de celle revue vient Je paraître.

(2) Cet article est extrait de l'Histoire de ht vit il dit c'cn'fs de Calvin, par M. Audin,

Uors commence pour l'Espagnol une vie de tourmens, de luttes et de désespoir, il dispute à Bàle avec OEcolampade, et il quitte cette ville, tout glorieux de son triomphe, mendiant son pain sur le grand chemin. Vrrivé à Strasbourg, grelottant de froid, n'ayant rien mangé depuis vingt-quatre heures, il n'a rien de plus presse que de provoquer Bucer et Capito. Le déO est accepté. On discute mu- la Trinité et sur la consubstantialité du verbe, que Servet nie effrontément, sans peur du magistrat. Bucer, qui avait entendu Munzer et Carlstadt, est épouvante du i de l'Espagnol, et.au lieu de répondre, il le maudit, le voue aux tourmens de la vie future, aux vengeances des juges de ce monde, et déclare qu'il r.e disputera plus désormais avec un démon qui a pris une forme humaine, et dont le bourreau devrait déchirer lesentrailles .

i i lendemain, Michel s'acheminait vers Paris, tout fier d'avoir excité de semblables colères, sans souci pour son corps ni pour son aine. En route, l'idée lui vint de renoncer à la théologie, pour pratiquer la mé- : et quelques joins après, il étudiait sous Sylvius et Kernel, les loires de l'époque. Quant il eut assez de scienee, il songeaà faire du bruit el voulut discuter avec la Faculté. La lutte fut longue, el l'enula ii Ilots... 11 fallait à Serve! une grande victime; il avait choisi Galien ! a ; u Ile devint si vive, que le Parlement fut obligé d'intervenir, el d( donner ordre aux médecins de vivre en paix avec l'Espagnol.

Servet alors se mit a professer l'astrologie Les écoliers venaient en foule l'écouter. Il prédisait l'avenir. lTn jour il annonça à son auditoire que la nuit prochaine Mars serait éclipsé par la Lune, el que cettei i cul tation indiquait une conflagration générale, la mort des potentats, la ruine i des pestes et autres choses ctnlîn. I.a Faculté de

médecine lit citer \ illanovaniiis par le ministère de M" Séguier, el inhibition fut faite a l'astrologue, comme ■■ à tous ceux qui se meslent de fairejtluianach, de parler et esenre de evenlibus rn-iim extt ■rnnruin, avec ordre de se contenter d'escrire et parler seulement deordine rcrum naiuralium. ■

Dégoûté de la médecine, et plus encore des médecins. Serve! se jeta à corps perdu dans les scienct s gi ographiques, qu'on commençait a cultiver. Bilibald Pirkheymer, ce diamanl de l'Allemagne, suivant Periander gemma soli teutonici, avait tout récemment i">2-"> publiéà Strasbourg une édition latine (h- Ptolémée. C'est ce travail que Servet revoit, élucide, arrange et veut donner au inonde parisien; mais il ne trouve pas chez les libraires de la capitale îles conditions assez avantageu avec un imprimeur de l yon, où son Ptolémée paraît en 1535.

Ses pérégrinations recommencent. Cette ame, que le doute poursuit, n'a de repos nulle paît. En mute pour Lyon, son étoile le conduit chez Jehan Frellon, qui voit dans l'étrangerun homme de science, et l'attache à son imprimerie en qualité de correcteur. C'eût été une bonne fortune pour Frellon, si Michel Servet, qui savait tout, jusqu'à la cabale, eût aimé le repos. Mais cette imagination voyageuse défaisait sa tente aussiiî i nie; toujours mécontente de Dieu, des homme: el et ressemblant a cet Vdhelstan d'un poète allemand, qui cherche le bonheur dans le bleu, quand il lui serait si facile i[r le trouver dans son cœur.

Servet, après quelque temps de séjour a Lyon, emhrasse Frellon, son ami. s'embarque sur le Rhône, et aborde a Avignon, la ville des papes. Bientôt son humeur vagabonde le reprend ; il retourne .1 Lyon, y reste. comme l'hirondelle, tout un été, et l'hiver venu, va bâtir son nid dans une petite ville des environs, a Charlieu, ou il se remet à la médecine

H était heureux, à ce qu'il paraît, dans celte petite ville, tonte cou-

ri ée de montagnes, fraîches en été et verdoyantes au printemps, ainsi

que rudelle, sa ville aragonaise. Bolsec a écrit : Ce Servet, qui estoit l , ; insolent, comme certifient ceux qui l'ont congneu à Charlieu, où il demeura chez la Rivoire, environ l'an 1640, d'où estant forcé de sortir pour ses extrava I se mira h Vienne en Dauphiné. »

Bolsec oe le dit pas Peut-être que Servit n'obéissait qu'a, tes irrésistibles passions du mouvement qui l'emportaien'

LE CiiBINET DE LECTURE.

comme un autre juif errant. Depuis qu'il avait abandonné la vérité, il fallait qu'il marchât : c'était son châtiment.

Ce n'est pas à Vienne, niais à Lyon que le malheureux se réfugia. Comme il entrait dans cette ville, ses yeux s'arrêtèrent sur une robe \iolette : il venait de revoir Pierre Palmier, archevêque de Vienne, qu'il avait connu à Paris : noble prélat qui encourageait les savans, et dont la bourse avait ete si souvent ouverte a Michel de Villeneufve, comme Servet se faisait appeler. Désormais Michel axait un repos assure pour ses vieux jours, le prélat le logeait à Vienne dans son palais.

Un bonheur ne vient jamais seul. A côté de l'archevêché e«t l'imprimerie de Gaspard Treschsel, que les libéralités de Pierre Palmier ont attiré à Vienne. Cette imprimerie, dirigée par un homme habile, est riche en caractères hébreux, grecs, romains. Que pouvait désirer de plus le pèlerin espagnol !

Le lendemain même de leur entrevue, Servet s'embarqua dans la barquette de Vienne, mauvais bateau qui, dans ces temps reculés, comme de nos jours, faisait un service journalier entre les deux rites. Servet salua en poète romain la ville hospitalière où il avait trouvé de si doux loisirs, de si chauds amis, de. si ardentes sympathies. A \ ienne et à Lyon, il eût bientôt gagé tous les cœurs, car il était sociable et d'une charité sans bornes.

Mais bientôt le démon théologique vint le visiter dans sa nouvelle pi trie. Servet ne put résister aux tentations de son ennemi ; il négligea ses malades pour retourner à ce dogme trinitaire qu'il voulait renverser. Son Ptolémée avait paru avec la dédicace à l'archevêque, et avait obtenu de nombreux applaudissemens. Mais il lui fallait des gloires bruyantes ; les lauriers de Calvin l'empêchaient de dormir. V l'œuvre donc ! une œuvre de scboliaste. Hugues de la Porte, un autre libraire lyonnais, préparait alors une bible, latine que Servet se chargea d'annoter. T. a Porte lui donna .">00 livres pour sou travail. La Bible parut'avec des notes marginales « impertinentes », dit Calvin. Servet était un rationaliste qui rejetait le sens prophétique des livres saints.

Servet avait connu Calvin à Paris. Tous deux étaient convenus d'entrer en dispute sur des matières théologiques; les juges du tournoi étaient choisis. S'il faut eu croire Bèze, le cœur avait failli tout à coup à l'Espagnol, qui ne parut point au rendez-vous. Bèze affirme que c'était par couardise ; Servet, par crainte du lieutenant Morin : l'excuse est suffisante. Calvin n'épt rgna ]ias celui qu'il appelait un « piètre disputeur. » Servet avait lu depuis l'Institution chrétienne, < livre mal composé, avait-il dit, sans originalité, indigne du bruit qu'il avait fait dans le monde », et il cherchait à se mesurerjavec Calvin.

L'occasion vint le servir. Frellon le mit eu relation avec le réformateur. Servet proposa d'abord quelques doutes au ministre genevois, en forme de questions. « Si l'homme Jésus crucifié est le fils de Dien, et quelle est la raison de cette filiation? — Si le règne de Jésus-Christ est dans l'homme, comment l'homme en prend-il possession, quand est-il régénéré? — Le baptême du Christ, comme la cène, ne doit-il être administré qu'à celui qui croit, et par quelle alliancejiouvelle ces deux sacremeiis ont-ils été institués ?

Servet jouait le rôle de l'esprit tentateur, Calvin avait deviné la ruse. Il répondit avec une suffisance qui indisposa le médecin. Servet répliqua, et prit un ton de maître. Calvin ne se contint plus et traita son correspondant en écolier. Des ce moment, leur commerce épistolaire ne fut plus qu'un échange d'injures, à la manière des savans de l'époque. Le réformateur ne cachait pas sa haine contre Servet. - Si jamais il vient à Genève, il n'en sortira pas vivant, écrivait-il a \ iret ; c'est pour moi un parti pris.- Servet n'était pas si méchant. Il s'était moqué a cœurjoiedu système de la prédestination, de la logique de l'Institution chrétienne, de la nécessité libre inventée a Genève pour expliquer le péché du premier homme ; mais il n'eut pas arraché un seul cheveu delà têtedeCalvin. Mauvaise tète et bon cœur. Demain s'il rem initie le réformateur, il lui baisera la main. Ce qui prouve combien il y avait peu de fiel dans cette aine, c'est qu'il ne comprenait pas que Cah'iu eût cessé de lui écrire. 11

se plaignait du silence du réformateur. Frellon en demanda l'explication à Calvin. La réponse ne se fit pas attendre.

On comprend la colère de Calvin contre l'Espagnol, quand on a parcouru quelques lignes des trente lettres du livre IV de l'ouvrage. Servet a pris Luther pour modèle : vous n'y trouvez pas seulement, comme on l'a dit parce qu'on ne l'avait pas lu, de l'ironie, du sarcasme, de gros rires quelquefois; mais un style et une imagination d'artiste.

Le renard genevois guettait depuis long-temps sa proie; elle venait se livrer elle-même.

Servet fut enfermé eu attendant que le procès commençât.

Dans la prison était un jardin avec une plate-forme, d'où l'on pouvait sauter dans la cour du prétoire, dont la porte était toujours ouverte. Maladroits gardiens que ces inquisiteurs, qui mettaient Servet dans une prison ouverte de tous côtés, lui laissaient son domestique âgé de quinze ans, et enjoignaient de le traiter « honnêtement et selon sa qualité. » La justice d'aujourd'hui prendrait d'autres précautions; elle ne permettrait pas qu'on remit au prévenu 300 écus, comme lit le grand-prieur. Menue maintenant un auge pour le sauver, et il en vint un qui prit les traits de la fille unique du vibaillif de Vienne, enfant de quinze ans, à qui le médecin Villeneufve avait rendu la vie, et qui joignit les mains, pleura, et finit par attendrir son père. Le vibaillif donna l'ordre au geôlier de fermer les yeux, et il fut obéi. Peut-être aussi, on le croit encore à Vienne, que l'archevêque Pierre Palmier, favorisa l'évasion du prisonnier.

Il sera libre; que Dieu le conduise et le ramène, ce pauvre fou, à qui nous devons un des plus beaux livres ascétiques que possède le catholicisme, dont le cerveau s'est gâté à la lecture des pamphlets de la reforme, et qui a voulu devenir chef de secte, comme Luther, Mélanchthon et Calvin, par amour de la gloire!

Le 7 avril donc, à quatre heures du malin, coiffé d'un bonnet de nuit, et cachant sous une énorme robe de chambre son chapeau et son pourpoint, Servet demande la clef du jardin au geôlier, qui la lui remet. 11 a bientôt franchi la plate-forme, escaladé la muraille, traversé la cour du patois et gagné la porte du pont du Rhône. Ouira-t-il maintenant? Son dessein était de gagner le royaume de Naples, pour y exercer l'état de médecin. Soit qu'il eût peur de tomber dans des mains catholiques, soit qu'il n'osât demander son chemin, il prit la route de la Suisse au lieu de celle du Piémont; et après trois mois environ de marches, de terreurs, de souffrances, le 13 juillet, il entra à Genève et descendit à l'auberge de la Rose. Il avait déjà parlé à l'hôtesse chargée de trouver une barque qui le menât aussi haut qu'il serait possible pour atteindre le chemin de Zurich, mais, le lac étant agité, le départ fut remis au lendemain. Oui retint ce jour et les suivans Servet à Genève! On ne l'a jamais su.

Le 13 août, le saultier, suivi d'un syndic désigné par Calvin, se présente au logis de Servet, qu'il arrête et conduit eu prisou. Servet faisait ses préparatifs de départ.

Servet répondit avec calme. Ses juges n'entendaient rien aux matières religieuses.

La dispute sur la Trinité fut longue et animée. Servet admettait trois personnes en Dieu, mais il donnait à la personnalité une signification toute philosophique. L'hypostase, dans son opinion, représentait une qualité et non une entité. Il repoussait de toute l'énergie de son ame le blasphème qu'on lui prêtait dans la comparaison de la Trinité avec la tête de Cerbère.

La peur ou le remords avait saisi quelques uns des juges. Pour se rassurer, ils demandèrent à Calvin une réfutation eu forme des erreurs de Servet.

Calvin employa près de quinze jours à cette œuvre; sa lettre à Sadolet ne lui avait coûte que quelque heures de travail. Cependant le malheureux Espagnol gisait sur la paille, dévoré par lu vermine. Le 10 septembre il adressa une nouvelle requête à ses très cbers sei-

gneurs : sa lettre, après trois siècles, a le pouvoir d'arracher encore dis larmes.

Tibère se serait attendri. Le conseil voulait qu'on donnai une chemise «t du linge a Server, mais Calvin s'y opposa et il fut obéi (I

Alors le malheureux, la tête perdue, prit une plume et indiqua les articles sur lesquels il voulait être interrogé.

Maintenant le bûcher pouvait s'élever.

Le 21 octobre, le tribunal s'assembla : la délibération dura trois jours Quelques uns des juges, mais en petit nombre, opinèrent pour une réclusion, presque tous pour la peine capitale. Restait à décider le genre de mort : le feu obtint la majorité.

F.e lendemain, jour de l'exécution, Guillaume Fard se présenta, par ordre du conseil, pour accompagner Servet au supplice Iprès quelques vaines paroles pour obtenir une rétractation, le ministre lui conseilla de se reconcilier, avant de mourir, avec Calvin. Servel consenti à voir le réformateur, qui arriva bientôt accompagné de deux conseillers. — Que me voulez-vous? dit Calvin à l'Espagnol. — Nous prier de me pardonner, si je vous ai offensé.

- Dieu m'est témoin, repondit Calvin, que je n'ai pas gardé le souvenir du mal qu'on a pu me taire. Envers mes ennemis, je n'ai jamais employé que la douceur; envers vous, je n'ai montre que de la bienveillance, vous n'v avez répondu que par des Outrages. Mais, je VOUS eu

prie, ne parlons pas de moi ; vous n'avez que le temps de songer à Dieu et de vous retracter. »

Servel garda le silence; Calvin crut que son rôle était fini, et il prit congé du malheureux sans l'embrasser.

Les portes de la prison s'ouvrirent, l.e peuple, à la vue de ce cadavre vivant, dont la tête avait blanchi dans les fers, regardant de coté et

d'autre, comme s'il eut attendu l'ange de saint Pierre, fut ému de c -

passion. Quelques ligures se mouillèrent de pleurs.

Le cortège s'arrêta devant l'Hôtel-de- Ville, et le greffier lut à haute voix l'arrêt de mort. Servet écoutait en silence.

La lecture finie, un valet frappa de son bâton lej condamne, qui (léeliit et tomba à deux genoux en criant : Le glaive, de grâce ! et non le feu ! ou je pourrais perdre mon aine dans le desespoir!... Si j'ai péché, c'est par ignorance. — Farel le releva et lui dit en l'étreignanl : Confesse ton crime, et Dieu aura pitié d« ton aine. — Je ne suis pas criminel, répondit Servet, je n'ai pas mérité la mort; (pie Dieu me soit en aide et me pardonne mes péchés. — En ce cas, dit le ministre, je vais t abandonnner. » Servet eut peur et se tut. Par intervalle il levait les yeux au eiel et murmurait: » O Jésus, (ils du Dieu vivaut! trace ! grâce ' -

Arrive au lieu du supplice. Servet tomba la face contre terre en poussant des hurlemens affreux.

Farel s'était tourne vers le peuple, auquel il montrait du doigl le malheureux dont les lèvres mordaient la poussière. — « \ oyez, disait-il aux spectateurs, cet homme qu'on va brider, c'est un savant qui peut-être a voulu n'enseigner que la vérité; mais le voilà dans les mains du diable, qui ne le lâchera pas. \ cillez liien sur vous de peur que Satan ne vous en fasse autant

Alors le ministre se penchant à l'oreille de Servet, qui s'était relevé et agenouillé, lui dit: Servet, il en est temps encore, veux-tu faire l'aveu de tes crimes et te recommander au lils éternel de Dieu.' — Servet murmura : L Dieu! à Dieu — Est-ce tout? « reprit Farel. Le patient le retarda fixement et répondit : Que voulez-vous de moi ' a qui puis-je mieux recommander mon aine qu'à Dieu mon créateur ? Farel continua : « Il y a ici un notaire qui recueilli r.i tes dernières volontés; as-tu laisse une femme et des enfuis ' Le patient hocha la tète. Le ministre ajouta Ne veux-tu pas te recommander aux prières des assistans? - Servet dit oui, et Farel cria : \ oici que Servel n mande de prier pour son aine: ■ et en se rapprochant du condamné, il

(I) Coliffe, .Notices gi-néal >giquei, t. 5, p. iiv>.

le conjura pour la dernière fois de confesser Jésus le lils éternel de Hieu l.es lèvres de l'Espagnol restèrent fermées. Uors Farel se retournant vers le peuple, dit à liante voix Ecoutez, Satan va s'emparer de celle

aine ; • et il s'élûigua.

\u Champel était un poteau fixé profondément dans le sol. Ou \ lia Servel a l'aide d'une chaîne de fer. Sou cou était retenu par 'quatre ou cinq tours d'un épais cordage, sa tète couverte d'une couronne de paille enduite de souffre, le livre de la Trinité pendait au pilori. Il resta longtemps dans cette altitude exposé aux regards d'un peuple immense 11 priait le bourreau d'abréger les apprêts du supplice. Le bourreau ne pouvait aller plus Mie Sa main tremblait en rassemblant autour de la victime, en forme de cercle, des fagots de bois vert. Il mit le feu au bûcher, qui s'alluma lentement. La fiammelmlla et enveloppa l'Espagnol d'un réseau lumineux. Ses pieds étaient caches dans le lover, sa tète nageai! dans un nuage de souffre et de fumée a travers lequel ou vnvait les lèvres du patient qui s'ouvraient pour prier. \u moment ou la flamme se dressa pour lui dévorer la face, il poussa un râle si affreux, que la multitude tomba dans un silence de mort. Quelques hommes du peuple, émusde pitié, accoururent pour aider le bourreau et étouffer Servel sous les fagots enflammés. Du n'entendit plus qu'un murmure; Jésus, lils éternel, avez, pitié de moi. .. Servet paraissait devant Dieu, — et Calvin ferma i la fenêtre on il était venu s'asseoir pour assister à la suprême agonie de son ennemi. En retournant à son logis, le réformateur rassemblait dans sa pensée les elemens du livre destiné a le justifier aux veux

di mile réformé. Le livre parut en 155-1, sous le titre de Fidclis expo-

sitio errorum Michaelis Serveli et brevis eorumdem re/ulalio, ubi doceturjure gladii coercendos esse Uatrel

Il avait besoin d'être absous d'un saut versé contre toutes les lois divines et humaines.

l.e peuple épouvante se retira en silence, e! Farel quitta Genève pour retourner à Vufchàtel.

Quelques jours auparavant, il avait écrit a Calvin : Je ne comprends pas que vous hésitiez a tuer dans le corps le scélérat qui a tue dans leur aine tant de chrétiens? Je ne puis croire qu'il se trouve des jutes as ez iniques pour épargner le sang de cet infâme hérétique. «

Al 'DIX.

Dl WEIl DES NATURELS DE LA NOUVE1LE-GAILES DU SUD.

Les forêts au sein desquelles je vais vous conduire, sont immenses, silencieuses, éternelles. La nature, sur ce sol privilégié, a répandu ses plus puissantes richesses: les Eucalyptus dont le Iront chevelu se perd

dans les nues, l'épais Norfolck, l'élégante Casuarina aux feuilles si Ictères, protègent de leur ombre des êtres le/an es. maîtres, rabougris, étiques, a la tèle volumineuse, aux épaules osseuses, aux bras et aux jambes inaperçus.

Ce sont i,s habitans de la Nouvelle-Galles du Sud. Leurs veuv sont petits, leur iront déprimé, leurs mains et leurs pieds gigantesques. Leur nez est épate cl leur bouche mord l'oreille.

De toutes les bizarreries que le créateur a jeté sur nuire petit glolw, le bipède dont je vous parle est. sans contredit, celui qui a le moins a -,■ louer if- la pu, --.une diviue L'orang-outang, la macaque, le kanguroo, l'oruithoringure paraissent avoir reçu de la nature plus d'intelligence que lui. Ces derniers êtres vivent et vivent assez bien, dans cette cinquième partie du monde ou rien ne ressemble a ce que vous vovez sur les autre itineus

... L'homme seul qui s'j | romène, vit avec douleur, souffre et meurt

sans joui - Dl C

mes saut un morceau de bois taillé en for le sabre qu'il nomme

pompeusement casse-tête et quelques longues perches épaisses comme

le pouce qu'il appelle sagaie. Muni de ces faibles instrumens et parfaitement nu d'ailleurs], il s'élance dans les bois et court à la conquête de son dîner; car lui, voyez-vous, il ne veut pas de la civilisation, il ne v eut pas de nos cités, de nos vêtemens et de nos demeures bien closes, il fuit la belle colonie de Sydney comme vous fuiriez le désert et ses steppes arides.

Ce qu'il faut au sauvage habitant de la Nouvelle-Galles du Sud, c'est de l'air et l'espace.

Il s'enfonce dans les forêts éternelles dont je vous ai parlé. Depuis Incises dents aiguës et noires n'ont déchiré aucun aliment et il veut vivre. Voici au pied de l'immense Eucalyptus un serpent noir, c'est-à-dire le plus dangereux et le plus audacieux des reptiles. Quand celui-ciattaquel'homme, l'homme meurt: il meurt dans des convulsions horribles, quelques mimites suffisent ! c'est une barre de fer étendue par terre, vous ne pourriez la plier sans la rompre.

Eh bien! le Nouveau-Hollandais va dîner, il a vu le serpent noir sous une touffe mouvante, il s'agenouille, tient en main le casse-tête tranchant, et il attend que le Kisso s'élance. Celui-ci part rapide comme l'éclair, il va mordre en passant son imprudent ennemi ; le casse-tête siffle, saisit le serpens dans son vol, l'artère est brisée, le serpent n'obéit plus à une volonté uniforme; le vainqueur c'est le sauvage abruti dont je vous ai tracé la hideuse silhouette.

Le serpent noir se tord encore et se débat contre la douleur, il jette par sa mâchoire détachée une salive verdàtre; puis il reste immobile, car il a reconnu l'impuissance de ses efforts. Le sauvage alors s'approche prudemment du reptile vaincu, applique son talon sur la tête, la sépare du tronc, à l'aide de son sabre de bois, et poursuit sa route en se faisant une cravate ou une écharpedu corps sanglant qui s'agite à l'air. Quelques instans après des herbes sèches sont amoncelées pour embraser l'écorce pulvérisée du pin de Norfolck et de l'Eucalyptus, une fumée noire s'en échappe, monte eu spirale, la flamme pétille, l'écorce se carbonise, un cadavre de reptile va assouvir la faim de l'habitant goulu delà Nouvelle- Ilollaude.

Mais sur cette terre si féconde en phénomènes de toute nature, sur ce sol à part, ou des torrens impétueux escaladent en quelques heures la cime des collines les plus élevées, sur ce continent dont les côtes seules sont encore connues , où la grêle qui tombe est taillée comme des carreaux et s'incruste sur les troncs filandreux de la plus belle végétation du monde, les jours ont aussi un lendemain.Le sauvage n'est pas encore lassé de sa vie de privations et de périls; il demande un aliment a celte terre inhospitalière. Les arbres sont sans fruits, la verdure sans graminées, le kauguroo a l'élan trop rapide, et le terrible serpent n'est pas toujours vaincu à la lutte. Que faire alors ?

Là dans cette vaste clairière, un dôme se dessine, il a deux pieds de hauteur, trois, ou quatre de diamètre, c'est un nid, un palais immense occupé par des myriades de fourmis. Dans peu d'instans elles seront la nourriture du sauvage, pourvu qu'il ait à ses côtés quelques amis ou une nombreuse famille.

Des herbes sèches, des racines, des branches d'arbres, serrées les unes contre les autres entourent le tumulus, on y met le feu de tous côtés; les larges bouches attisent la flamme, et a l'aide des casse-têtes et des sagaies les sauvages rétrécissent le cercle, en donnant toujours un nouvel aliment au feu, la croûte du palais gormicaléen se déchire et se crevasse, le peuple prisonnier qui sent h, chaleur essaie une sortie pour se défendre, mais les tourbillons de flamme l'envahissent et il reste blotti dans son repaire. Cependant la braise va l'atteindre, le sauvage alors agite sa sagaie; elle part et ouvre le tombeau. Le feu y pénètre ; et bientôt c'est sur le dôme que pétille le brasier ardent. En 'une demiheure tout est fait, le sauvage éparpille les branches carbonisées, d'une main avide il ouvre le tombeau ou viennent de périr tant de victimesce n'est plus qu'une pâte informe, gluante, noire, une boule putride dout la famille ou les amis affamés vont se disputer les fragmens

J'ai assisté à plusieurs de ces hideux repas, daus nos courses aventureuses.

J'ai oublié de vous dire que si le sauvage trouve dans une de ses promenades gastronomiques le serpent noir étendu aux rayons du soleil, il ose quelquefois s'approcher de lui à petits pas, le saisit violemment i par la queue, le fait tournoyer sur sa tèle comme une fronde et lui écrase ensuite la tête contre un tronc raboteux. Cela est curieux je vous l'atteste.

Les larves des insectes, le corps du serpent noir acquis aux périls de la vie, les monstrueuses fourmis qui dévorent en deux heures toutes les feuilles d'un desgéants séculaires qui [lèsent sur ce sol si curieux à étudier; l'eau du torrent qui bondit, quelques lambeaux d'opossum à la chair rouge et coriace, un débris de kanguroo mort de vieillesse, voilà toute la nourriture de l'habitant de la Nouvelle-Galles du sud. Sa table, c'est le gazon; sa fourchette, ses doigts; sa cuillicre, le creux de sa main; le dôme de son habitation, le ciel bizarre, que léopardent les nuages voyageurs.

Jacques Araoo.

(La Gastronomie.)

THEATRES

Palais-Rowl. — Le Tyran de café, vaudeville, en un acte, par M. Deforges. — Si vous allez au café, vous savez sans doute qu'on y trouve de fort mauvais sujets, toujours jurant, toujours maugréant, toujours prêts a chercher querelle à celui qui lit leurs journaux favoris, qui prend leur place favorite, qui cause avec la dame du comptoir; tel est le caractère qu'on a essayé de mettre en scène. Assurément il n'a rien de bien attrayant, mais on y a rattaché le rôle d'une jeune actrice qui va débuter à Orléans, et que les satellites du tyran de café ont résolu de siffler a son début; c'est là qu'est le nœud de l'intrigue. La débutante surprend leur secret, se déguise en officier, donne un soufllet au tyran Timoléon, à cause de certaines familiarités incongrues qu'il s'est permises envers elle, et, pour compléter la mystification, lui assigne un rendez-vous précisément à l'heure où elle va monter sur la scène. On devine que, son persécuteur n'étant plus là pour les siffleurs, l'actrice obtient un succès complet. D'autre part, Timoléon, voulant finir la journée par une bonne action, marie avec la dame du comptoir un jeune prétendant, habitué de la maison.

Derval est gêné dans ce rôle de pilier d'estaminet ; il a trop l'air d'un mauvais sujet à la Heur d'orange ; mais Lhéritier, chargé de représenter un vieux fanfaron, vrai lièvre dans une peau de hérisson, est d'un comique si parfait, que le succès de la pièce est assure.

MODES

Chaque année Longchamps perd un peu de son influence; sans en rechercher la cause, constatons le fait. La semaine passée un nouveau motif s'est joint à tous ceux qui tendent à diminuer l'éclat de cette solennité. Le ciel était nébuleux, l'atmosphère humide et froide, la pluie menaçante. Il était donc bien difficile de faire usage des toilettes coite mandées pour la saison dans laquelle nous entrons. Ainsi les robes légères, les mantelets, les écharpes diaphanes, les capotes de crêpe et de paille de riz ne sauraient être considérés comme choses déjà portées, et l'on ne peut guère juger des modes printannières que par les préparatifs et par les acquisitions qui se font de toute part. Toutefois dans notre promenade aux Champs-Elysées, nous avons pu faire quelques utiles observations, car on sait que la mode compte d'intrépides sectateurs qui ne reculent devant aucun sacrifice pour rendre à leur capricieuse idole le culte iju ils lui ont voué.

Dans une calèche ouverte deux dames attiraient les regards par leur mise pleine de distinction. L'une d'elles portail une robe de levantine

lilas a rellet bleu dont le bas était garni de trois rangs de ruches bordées d'une petite passementerie il jour; l'écharpe, de même'étoffe que la robe, était entourée de ruches aussi bien que les jokeis des manches qui étaient plates. Le chapeau, en velours épingle vert naissant, portait sur le cote une longue plume cannelée où les nuances de la robe se trouvaient reproduites. La \oilette, le col, les manchettes et la garniture du mouchoir étaient un superbe poiut de Paris. — L'autre dame avait une robe en poult de soie chiné rose et paille, garnie de plusieurs plisde longueur inégale, dont le plus petit arrivait à la hauteur du genou. Une ceinture rose cl paille se nouait sur le devant du corsage ouvert en Y et recouvert d'un licliu brode dont une petite ruche en tulle garnissait l'encolure. Son chapeau en crêpe blanc doublé desoie de même couleur, avait pour ornement des plumes nuées rose et paille; des Heurs assorties garnissaient le dessous de la passe. Avec cette toilette un peu légère, le burnous était indispensable; il était en cachemire blanc et borde d'une passementerie en soie blanche.

l'eu d'instans après que nous eûmes perdu de vue l'équipage dont nous venons de parler, nous en avons remarque un autre qui s'est arrêté pour laisser descendre une dame et une petite lille. La daine avait une redingote de gros de Naples écossais, dont la jupe très longue par derrière n'avait pour toute garniture qu'une suite de nœuds formant sur le devant une échelle qui arrivait, en diminuant de grandeur, jusqu'à la ceinture, puis se continuait jusqu'au haut du corsage plat, auquel s'adaptait un col à la duchesse en maline brodée. Elle portail en outre une écharpe en cachemire de l'Inde, et une capote à coulisse ornée de rubans assortis aux couleurs de la robe. Ces rubans tonnaient au dessus du bavolet une suite de coques, et un noeud placé 1res bas sur le côté, retenait un bouquet de plumes. La petite lille portait aussi une capote à coulisse, en gros de Naples blanc, qui n'avait pour tout ornement que les brides nouées au dessous de la passe. Sa robe était de cachemire rose, et son corsage était caché par une pèlerine de scie noire ii franges noires, et nouée de chenille rose. Les longs bonis de celte pèlerine étaient attachés derrière la taille. Son pantalon blanc et garni de Valenciennes, n'était ni large ni long, et permettait de voir parfaitement les brodequius de drap de soie noire dont elle était chaussée

Ou peut assurer des aujourd'hui que la soie sera fort recherchée cette année, aussi bien que les broderies, les points d'Angleterre et de Bruxelles et les écharpes.

TABLETTES DES CINQ JOURS

■ ails dlvei-M.

10 avril. — Le Bombay-Times donne les détails suivons sur les funérailles d'un éléphant a Bengalore;

« Janlsee, énorme éléphant femelle qui avait atteint l'âge drsoixanledix ans et qui avait eu l'honneur de porter les tentes de llvder- Allv et de son (ils Tippoo, avait été envoyé de Hoonsoor a Bengalore pour qu'il pût changer d'afr. Les jours de cet animal étaient comptés, et le lendemain de son arrivée Janlsee a termine sa longue carrii re dans la cour du commissariat, fous les éléphans de la station ont assisté a se. funérailles: une immense fosse avait été creusée, et quand toutes les dispositions eurent ete prises, on entoura le corps de Janlsee avec d énorme cordes et si\ éléphans furent employés a faire tourner la machine qui devait déposer, à l'aide de cordes, cette lourde masse dans la foSSe. Les éléphans

passèrent auprès du corps inanimé de Janlsee, la trompe baissée ci l'air abattu, et quand la cérémonie fui terminée, relevant fièrement la tête, ils tirent entendre des cris lamentables et bruyans qui retentissaient encore aux oredles des assistais une heure après la cérémonii

— Un jour de la semaine dernière, le portier d'une maison de la rue du Battoir remarqua qu'un porteur d'eau, qu'il ne connaissait pas, était, à cinq ou six reprises, entré dans la maison confiée a sa garde, portant sur ses épaules deux de ces énormes seaux donl chacun contient une voie ordinaire, ce qui parut d'autant plus extraordinaire à l'honnête portier, que presque tous les locataires de la maison étaient absens. Cette remarque en amena nue autre, c'est que depuis un quart d'heure les tuvaux servant a l'écoulement des eaux ménagères vomissaient un torrent d'eau parfaitement limpide. \lin d'eelaircir ses soupçons, le portier laissa une dernière fois monter le prétendu porteur d'eau; mais lorsque celui-ci voulut sortir, il trouva la porte fermée, et le concierge déclara qu'avant de l'ouvrir il voulait visiter les seaux. Aussitôt ces seaux furent jetés par terre, et le porteur, levant l'énorme bâton qui lui servait a les placer sur sou épaule, s'écria : Ouvre, ou tu es mort! Le portier recula en criant au voleur; mais avant que les voisins fussent arrivés, le porteur d'eau avail lire le cordon et s'était élance dans la rue. Examen fait des seaux, on les trouva remplis de linge et d'effets de toute nature, voles dans une chambre du quatrième étage, où l'on s'était introduit à l'aide de fausses clés, et qui avail été- ainsi presque entièrement dévalisée. Le voleur n'a pu être arrête.

— Les médecins, attribuant le nombre considérable de militaires îles garnisons de Paris et de la banlieue qui tombent malades journellement aux alimens de pommes de terre, viennent d'ordonner qu'on remplace ce légume par le riz.

— On sait que la statue de l'Immortalité, par M. Cortot, a été transportée du péristyle de la chambre des députés au Panthéon, où ellea été placée dans l'hémicycle. Deux autres statues colossales du même artiste, représentant la Pitié et la Justice, viennent d'être apportées dans le même monument, où elles seront placées aux deux extrémités des bras de la croix. <^^

— Un jeu niant de trois ans, que ses parens avaient laissé hier ^^

dans leur logement, rue de Cliaronne, 92, avec une petite lille d,- qua- tÈ tre ans, a mis le feu à ses vêtemens en jouant «vec des allumettes clii- ^^ iniques.

Ses vêtemens étaient consumes et de profondes blessures sillonnaient son corps, lorsque son père est rentré' el l'a transporté à l'hôpital de la rue de Sevrés, où il est décédé le lendemain, après d'horribles souffrances.

— Par arrêté de M. le directeur-général des postes, cinq bureaux sont actuellement ouverts à Paris pour recevoir jusqu'à ô heures du soir les lettres pour les dcparleinens qui doivent partir à 0 heures ( , g bureaux sont :

1° A la Grande-Poste, rue J.-J. -Rousseau ;

2" Au palais de la Bourse;

:!" \u palais du Luxembourg;

l" Au Palais-Bourbon;

5° A la place du Palais-ltov al.

Peut-être eût-il été a désirer que les quartiers commerçons du Mon eussent été compris dans la répartition au lieu du Palais-Royal si rapproche de l.i Bourse et de la Grande-Poste.

— I ne correspondance des Etats-Unis trace le portrait suivant <l nouveau président.

le général liarrisson est un homme de i;t ans. île taille moyenne, d'un tempérament nerveux et bilieux, sa tête présente tous les caractères de l'observation et de la réflexion, parfaite ut développés;

son œil est vif, sou air pensif. Un dirait plutôt en le vovanl un savant ou un homme de lettres qu'un militaire. Son habitation était si modeste que peu s'en fallait qu'elle ne parût pauvre Mais dans sa ferme isolée de Kortli-Bend, d avait conservé toutes les ..limes et l'aménité d'un homme du monde

— Le, eaux que verse incessamment le puits de l'abbattolr de Grenelle Eprouvent des intermittences dans leur degré de pureté qui préoccupent vivement les hommes de science. Aujourd'hui a midi, ces e tUJI

étaient presque aussi limpides que les eaux de la Seine; hier, au contraire, au dire de M. Mulot lui-même, ces eaux étaient presque aussi noires que les eaux des égoùts.

11.— Ou raconte que M..., riche banquier de la Chaussée-d' Vntin, s'a. dressa, il y a quelque temps , à un prêteur sur gages pour emprunter 50,000 fr. sur les diamans de sa femme, qu'il avait payés 120,000 fr.

Démontez les pierres, dit-il à l'usurier, et faites-en monter défausses à la placée; je ne veux pas que l'on s'en aperçoive.

Cela est déjà fait, répondit le prêteur; votre femme vous a gagné de vitesse, et j'ai acheté les diamans lins l'année dernière.

— Cinq navires de Calais sont partis la semaine dernière pour la pêche de la morue à Islande et Terre-Neuve C'est le moment des départs. Dunkerque a vu partir aussi 04 navires portant ensemble -1,783 tonneaux et monté par 910 hommes.

— M. Taillandier, missionnaire français, est arrivé à Macao après avoir subi une détention de trois mois à Canton.

— On a frappé ce matin, à la monnaie, les épreuves d'essai de la médaille du baptême du comte de Paris.

12. — Voici le résultat des opérations de la Caisse d'épargne pendant le premier trimestre de 18-11 :

Les dépôts ont été, en janvier, de 3 millions -190,233 fr. ; en février, de 3 millions 25S,359 fr. ; en mars, de 3 millions 365,664 fr. — Total: 10 millions 114,550 fr.

Les remboursemèns ont été, en janvier, de 2 millions 09,500 fr. : en février, de 2 millions 173,000 fr.; en mars, de 2 millions 928,000 fr. — Total : 7 millions 170,500 fr.

Différence eu faveur des dépôts, 2 millions 944,050 fr.

— L'accroissement considérable dans la consommation générale des tabacs est aujourd'hui un fait notoire. L'approvisionnement général ne

.s.' élevait pas à moins de vjngl^njfl^ÉIWlffWv-crm quatre-vingt-trois' "mille kilogrammes au l"jan\ier'l841 , et l'administration songe à l'achat

de sept cent vingt -ciiifj initie Kilogrammes de tabac Kentuky et Maryland,

si elle juge les circonstances favorables.

— On lit dans le Morning-Post du 8 avril:

« Le Lotus, paquebot à vapeur de la Compagnie dite Peniiisular and Oriental Company, est vraiment digne d'attention. Ce navire n'est que de 34 tonneaux et de la force de 24 chevaux. Son tirant d'eau n'est que de deux pieds. 11 a été construit par MM. Ditçhburn et Mare de Londres; les machines sortent des fonderies de MM. John Pen et fils, à Creenwich. Les machines et la chaudière du loto sont d'une construction supérieure; il a des cylindres d'oscillation très remarquables par le peu d'espace qu'ils occupent, par leur légèreté, leur simplicité et leur élégance. Le Lotus est peut-être le plus petit navire du monde qui ait fait une aussi longue traversée (de Londres à Malte). Il a traversé heureusement le terrible golfe de Biscaye. De Gibraltar il a été remorqué par l'Oriental jusqu'à Malte. Il est parti depuis peu pour Candie, d'où il ira à Alexandrie et remontera eusuite le Nil, sa destination. Ce bâtiment curieux a fa'.t l'admiration de tout le inonde.

13. — Dans l'orage qui a éclaté samedi dernier sur New-York, l'un des trains du rail rjad de Long-Island, se trdfvant placé au commencement du chemin de fer, fut soudain mis en mouvement par le veut. Le train tout entier partit avec une telle vitesse qu'il ne fut possible d'arrêter sa marche qu'a quinze mille du point de. départ. Il avait franchi cet espace en trente minutes, ce qui fait une moyenne de deux minutes seulement pour chaque mille !

(Courrier des États-Unis).

— Une lettre de Madrid mande ce qui suit : ., s. M. passait un de ees jours derniers, eu voiture, dans une rue de la capitale, accompagnée de sa sreur, de la marquise de Santa-Cruz et d'autres personnes de sa suite. Cette dame s'aperçut que Ton avait diminué l'escorte de gardes qui suivaient la voiture royale. Elle appela aussitôt le marquis de San-Carlos,

qui commandait l'escorte, et lui en demanda la cause. Celui-ci lui répondit qu'il avait détaché une partie de l'escorte pour accompagner le saint viatique que l'on portait à \m malade. > C'est très bien, dit la jeune reine, mais une autre fois vous ferez arrêter ma voiture et y ferez monter le prêtre, que nous accompagnerons jusqu'à la maison du malade, et que nous reconduirons ensuite jusqu'à l'église. C'est une des recommandations que m'a faite ma mère à Valence, et je désire m'y conformer. » Depuis ce jour, des ordres ont été donnés eu conséquence pour toutes les fois où un cas semblable s? représentera.

14. — On écrit de Seiches, 7 avril, au Journal de Maine-et-Loire :

« Nous avons ressenti samedi dernier, vers une h'ure après midi, une secousse de tremblement de terre, accompagnée d'un bruit semblable à celui d'un lourd cabriolet roulant sur le pavé, et assez forte pour mettre en mouvement nos vaisselles de cuivre et les faire se heurter. Sa direction était de l'est à l'ouest.

<> Hier au soir, à 10 heures, a paru un météore igné d'un volume égalant quatre fois au moins celui de la plus belle de nos étoiles; il était d'un rouge orangé vif, et se dirigeait du sud au nord; sa marche était très lente: pour aller du point où je l'ai aperçu jusqu'à celui où il a disparu à l'horizon une lieue environ), il a mis plus de vingt minutes. »

— Un journal annonce que deux anciens libraires, MM. S..., père et fils, ont fait hier à Villeneuve, pris Paris, des expériences sur la direction des ballons, et qu'elles ont réussi.

Modes. —Les approches du printemps donnent déjà une grande activ ité ^âu/ooni inerte des nouveautés; parmi les magasins qui méritent le plus d'être visités au renouvellement des saisons, il faut placer ceux du Minaret, boulevart Poissonnière, n. 11, quioutgéuéralement le primeur des étoffes nouvelles ; entre une foule d'articles tous du meilleur goût que nous y avons vus récemment, nous avons distingué un magnifique assortiment de cachemires des Indes et Français, et notamment une partie de carrés grand 6/4 toutes couleurs, dans le prix de 400 francs, et de charmantes écharpes cachemires brochés et rayés, qui seront parfaitement portées en été. — Un chapeau de ville, nous avons vus chez Alexaudriue, rue Lafiitle, n. 1 , de délicieux paille de riz, et des capottes de crêpe rose, ornées d'une guirlande de plumes étrangères dont la propriété appartient à cette seule maison ; enfin des chapeaux de paille à dessins à jours, qui doivent obtenir la vogue à l'époque des chaleurs, car outre qu'ils sont d'une rare élégance, la commodité eu est parfaite. — Rien n'est encore décidé pour la forme et la couleur des habits, des pantalons, des redingotes et des gilets; mais nous ne saurions trop recommander, comme arbitre de la mode eu ces graves matières, M. Blanchetierre, tailleur, place des Italiens, n. 1, qui a imaginé un compas-métrique à l'aide duquel il prend la mesure avec une telle précision qu'il est désormais tout à fait inutile de retoucher les vètemens. — M. Hubert, rue Yivienne, n. 9, a toujours la plus riche clientèle de Paris, pour les chemises sur mesures, dont la confection est particulièrement soignée; la forme de ses cols-cravates nous a paru l'emporter sur tout ce qui se fait en ce genre, M. Hubert doit la faveur dont jouit sa maison à l'extrême modicité de ses prix.

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