CONSEIL DE DISCIPLINE DE LA 8° LÉGION
Le président. — Voulez-vous dire au conseil, M, Irony, pourquoi vous n'êtes rentre au poste qu'a dix heures?
Arony, —C'est la faute a nia femme: elle m'a fortement OCCUpé
Le président,— Le conseil n'a poinl à se mêler de vos affaires de famille.
\rn]iV Cependant, on est homme ou on ne l'est pas, el j'avais des occupations pressantes, des occupations qui m'enpêchaient de pensera autre chose.
Le président, —Que faisiez-VOUS donc?
\ionv. — Je battais ma femme. Rire gém
i e président — C'est on acte que vous ne devriez pas avouer.
Aronv . — Il v a dix ans que j'ai cette habitude. (Hilarité.) M"" Arony
v est faite.... Je dirai même qu'elle s'en passerait difficilement à l'heure qu'il est; aussi, quand elle veut des émotions, elle nie t'ait enrager, et 'e comprends l'exhortation.
Le président. — En supposant que l'on puisse admettre pour excuse que \ous ayez battu votre femme, cela ne vous aurait pas pris assez de temps pour ne pas rentrer au poste à l'heure.
Arony. — C'est vrai; mais après l'avoir battue, c'te pauvre femme, il a fallu la consoler, et c'est cela qui m'a pris deux heures au moins; les consolations, c'est très long, d'habitude.
Le conseil, peu soucieux d'arbitrer la longueur des consolations maritales du prévenu, le condamne à une garde hors de tour.
(L'Audience.)
TABLETTES DES GIWQ JOU&S
FaSts «îsvers.
lo avril. — On écrit de Londres:
« On vient d'imaginer un appareil ingénieux pour employer la sonde en mer. Cet appareil est mu par la puissance électro-magnétique. Ce procède remédie à l'inconvénient des procédés ordinaires, à l'aide desquels il était difficile de connaître le moment précis où le poids touchait le sable. Avec le nouvel appareil, lorsque le poids vient à toucher, l'attraction magnétique cesse à l'instant même, et le marteau qui se trouvait élevé et retenu par cette puissance, retombe sur la cloche qui la fait vibrer. On se trouve alors exactement prévenu, par le son, du moment où la sonde a touché le fond de la mer, et l'on peut calculer réguliè'remert les degrés de profondeur. >•
— Le conseil municipal de la ville de Paris vient de voter, en faveur de diverses personnes, la concession de terrains ou emplacemens, au nombre, de dix, dans les Champs-Elysées, a la charge par les concessionnaires de faire élever, a leurs frais, d'élégans édifices qui seront affectés à des restaurans, cafés et autres etablissemens, et de construire ces édiliees conformément aux plans qui ont été arrêtes pour l'embellissement de celte promenade, qui va devenir ainsi la plus agréable comme elle est la plus vaste de la capitale.
— On trouve les renseignemens suivans dans Y Echo de Yalenciennes : o M. Letton, notaire, dont la déconfiture occupe Paris et toute la
France, est originaire de la province de llainaiit. Sou père était notaire au bourg d'Anthoing, situé entre Saint-Amand et Tournai, et régisseur des biens du prince de Ligne, seigneur du lieu. Il pavait que M. Lehon, notaire à Paris, s'est lancé dans les opérations par actions pendant la lièvre industrielle qui régna dans les années 1837-38; son nom parut dans les annonces d'affaires en commandite. M. Lehon passa d'abord pour avoir gagné beaucoup à cette époque, mais e«s gains ne furent que fictifs et représentés par des actions dont la valeur hypothétique était bien loin de la valeur réelle. Cependant le train de sa maison, le roulement de ses affaires restaient montés sur sa fortune apparente, fort éloignée de la réalité; le crédit s'éteignit à la fin, quelques demandes de remhoursemens précipitèrent la catastrophe, qui sans doute n'eût fait qu'augmenter l'importance en reculant. Voilà du moins les ou dit sur l'événement (pu aftecte douloureusement les membres purs du corps du notariat. Le chiffre du passif de M. Lehon monte de jour en jour; il dépasse, assure-t-on, sept millions en ce moment. »