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Oii lit dans le Sémaphore de Murseille du S avril

« Une lettre de Livourne, qu'on vient de nous communiquer, contient d'assez singuliers détails sur l'embarquement de trois membres de la Societa dei Sanguinari, qui s'est opérée avec un concours immense de spectateurs. La triste renommée de ces misérables, condamnés, dans un pays où la peine de mort n'est jamais appliquée, aux travaux forcés à perpétuité, expliquait cette affluence.

« La société des Sanguinari n'existe que dans le but de justifier son épouvantable titre, sans arrière-pensée de gain ou de vol. Ceux qui la composent font, dit-on, le serment de verser du sang le plus souvent possible. Pendant uue année, plus de soixante-dix meurtres leur ont été imputés; ils ont pu jouir de l'impunité, par la raison qu'ils écartaient tout soupçon en assassinant des personnes qui leur étaient totalement inconnues; les recherches de la justice étaient ainsi complètement dépaysées. On assure que le chef de cette bande, lequel se trouvait au nombre des condamnés, a une femme qu'il aime beaucoup et qui, sans s'en douter, lui servait, à ses propres dépens, à tenir le serment du sang. Quand le soir arrivait et que le sang n'avait pas été répandu, cette femme recevait uue commission de son mari et rentrait avec une légère piqûre qu'elle avait reçue d'un homme aposté. Cette malheureuse, malgré le tatouage qu'elle devait à son mari, a montré pour ce misérable une affection que les révélations faites devant la justice, et qui l'ont éclairée sur le rôle qu'un scrupule horrible lui avait fait jouer, n'ont pas même affaiblie. «

10. — On n'apprendra pas sans plaisir que l'armée persaune est en partie commandée en ce moment par deux de nos compatriotes ; l'un M. de Damas, vient d'être récemment promu au grade de serdar (feldmaréchal), et un autre, M. Ferrier, à celui d'adjudant-général. »

Le Gérant, TAQUARD.

Paris, — Imprimerie ci lithographie do HAULDE ci RENOU,

rue Bailleul, 9 el il, pies du Louvre.

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