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SUJETS RELIGIEUX. — TABLEAUX DE GENRE

S'il résulte de l'examen du Salon de 1841 un fait à constater, c'est la funeste tendance de nos artistes à matérialiser les sujets religieux. Les peintres ne savent plus rendre les belles et simples expressions du sentiment chrétien, et, les tableaux de sainteté, exposés cette année, sont, pour la plupart, totalement dépourvus d'inspiration. Il faut pourtant excepter de cet arrêt la Résurrection de Lazare, page, judicieusement conçue et bien exécutée. M. Van Den Berghe a fait preuve d'un goût élevé en enveloppant le cadavre dans les ombres du premier plan, et le groupe de femmes , qui s'efface dans le lointain, produit un excellent effet.

Cette toile remarquable dispute les honneurs du salon carré au Jugement dernier de M. Gué. Ce nouvel ouvrage a vivement excité l'attention publique. On peut blâmer la confusion qui règne dans la partie inférieure, mais les têtes d'anges sont admirables. La conception est hardie, le dessin sévère et la lumière généralement bien distribuée. En somme, le Jugement dernier nous paraît réunir un ensemble de qualités moins irréprochable que le Christ mourant du même artiste, si justement admiré à l'exposition de 1840.

Jésus au Calvaire, de M. Steuben, n'est pas non plus une composition sans mérite ; c'est l'œuvre d'un peintre initié aux secrets de l'art et familiarisé avec les difficultés du pinceau. Malheureusement la tête du Christ n'a ni la majesté ni la poésie qui conviennent à la Divinité.

Dans l'Adoration des Bergers de M. Decaisne, ce brillant coloriste a déposé quelques-unes des richesses de sa palette. M. Chenavard a été moins heureux dans son Martyre de saint Polycarpe, réminiscence assez pâle des anciens maîtres. Si nous signalons maintenant le Christ au tombeau, de AI. .Tollivet; la Judith, de M. Steubert; la Vierge, de Henri Scheffer, ouvrage d'un beau dessin et d'un faire antique, mais qui manque d'animation et d'intelligence; la Sainte Famille, de M. Mottez, qui rappelle trop la symétrie allemande et la sécheresse de l'ancienne école italienne; ['EHézer, de M. Schopin ; le Sacrifice d'Abraham, de M. Laynaud; et le Moïse sauvé des eaux, de M™« Brune-Pagès, tableau d'une touche molle, mais d'une expression gracieuse, nous n'aurons plus rien de supportable à mentionner dans le domaine de la peinture sacrée, domaine bien pauvre et bien stériie cette année comme on le. voit.

D'où vient donc qu'aujourd'hui la pensée nous abandonne? A quoi faut-il attribuer cette déplorable impuissance? La foi qui a créé tous les chef-d'eeuvres dont l'art se glorifie , en se refroidissant daus les cœurs

aurait-elle rendu l'inspiration impossible et éteint le (lambeau «lu génie?

Quoi qu'il en soit, on comprend aisément que les peintres modernes réussissent mieux dans les tableaux de genre, où la grâce et l'esprit suf- Gsent, que dans les compositions sacrées qui exigent l'inspiration, i en effet parmi I s de genre qu'il faut chercher l< -

plus remarquabl

Deux ou trois ; ment soutenir avantageusement la compa-

raison avec les plus belles toiles des expositions précédentes. La vue prise dans la vallée du Piémont, par M. Calame, révèle surtout une grande puissance de pinceau; l'air se joue délicieusement a travers arbres dont les feuilles frissonnent, et il nous semble difficile de rendre d'une manière aussi parfaite les magnilîcence du soleil couchant.

Nous ne parlerons pas de \|. Uiguy, qui, en dépit de sa célébrité de paysagiste, a fait, avec ses bergers de Vit - souvenirs de Rome,

d'assez pauvres esquisse: que certains d< s n'avoueraient |

mais nous sign aime un travail d'une haute portée artistique

les mouto le M. Verboeckhoven, le Qracassat de

la I'. ; iition, Gui précieux dans les détails.

rien ne manque a ce charmant tableau, qui, dans cent ans peut-être, sera considéré comme un chef-d'œuvre. Que dire maintenant de M. Biard, dont le crayon ;i la t'ois spirituel et dramatique a obtenu des suc mérites aux expositions dernièl st-il pas déplorable de voir un

aussi beau talent s'attacher a des sujets stériles, tandis que son imagination pourrait lui en fournir encore de si ingénieux, comme il est fai ile de s'en convaincre en contemplant les jolies composition- ■ dans

le livret sous ces divers titres: le Viatique du De-

ll marier, la Distraction et le Gros Péché. M Biard trompe en pensant que les glaces du Spitzberg et les neiges de la Laponie offriraient un aliment à l'inspiration. La Vue de la presqu'île des 1 mbeaux, la Chasse an* '•/ lepastcur

LaestadittS, sont des compositions avec lesquelles un ai rieur

peut amuser ses loisirs d'atelier, mais qui ne sauraient être une publicité plus sérieuse; car nous ne connaissons rien de si terne, de si froid, de si désole.

Ce n'est pas non plus sans quelque ri 2 nous nous voyons force

de signaler la déplorable décadence d'un peintre qui naguère promettait un maitre. et qui était arrivé, comme pratique, a un assi i haut degré de perfection. M. (oint a représente le Roi et la R pendant la cérémonie du couronnement à Fredericksberg. Ce tableau, ou l'or, la soie, le velours et la lumière sont pri di est raidi

sans air, sans vie. sans perspective et surtout sans vérité. Plus heureux, M. Henri Decaisne montre au publie, dans / l Napoléon, une scène agréable et - n fait souvenir >U^ plus

- compositions de i tuval-Lecamus. Il faut placer sur la même ligne l'Attente, de \1. Auguste Delacroix. I.a couleur en - le ciel est

bien peint; il y a de la variété dans les Rguri : bien

sentie dans les attitudes. ' imet beaucoup pour l'avenir de

ce jeune artiste.

II. Gudin n*a rien moins que quatorze tableaux au salon, et si quelques un- :ution >■. on y trouve, en revanche, dis beautés tout-à-fail nd peintre de marine 919 un combat traité' un remarquable talent. C'est un morceau de choix, et, -are. c'est le travail I tnplel et le plus irrépn ehable qui soil au y\- Que ne peut-on adresser les mêmes élogesau Nau/ra

luit d'un système de peinture \ U le ces air peut-

être, par égard pour un talent qui a us.

Il ne nous peu de chose a din i revue

des tableaux de genre. \ ! . san-

, i i la Curéi i VI radin, cet i iux,qui se

soutient toujours à la hauteur de sa réputation, nous ajouterons le Tor-

renten Italie, de M. Paul Huet, peinture chaude et colorée; le Maitre

M. I.oos; la l de M Destouches, a laquelh

reconnail une certaine habileté de couleur; les Savoyards, de \i Hornung, qu'on admire pour leur vérité, niais qu'on blâme avec autant de

pour leur - : l'ingénieux pastiche de M. Geffroy, qui

représente les Acteurs il u théâtre Frai ça ipés a dieu du fover;

enfin la 5 di M. Tony Johannot, composition pleine de distinction ei d'élégance. l.n lia lie du même artiste réunit des qualités analogues. Ces hommes qui causent a l'ombre d'un arbre courbé | ar h s années . cette mère allaitant son enfant; cet', jeune tille qui contemple le nourrisson avec envie, et plus loin, sur le dernier plan, ce jeune homme qui rêve sans doute à la jeune fille, tout cela est fiais et naît et repose l'imagination et la vue des iris! qui se rencontrent a chaque pas.

N'oublions . de M, Mon voisin. 1 i

i froid peut-être, nuit a l'effet de la figure; mais en totali la forme, anl est Uni et modelé comme une statue antique Cela

vaut cent fois cette Taverne de pécheurs < VI Pringret

s'est complu à représenter di - rec une minutieuse

fidélité. Nous nous arrêtons ici: car le salon n'a plus, en fut de peintures de .'eiire. que la Scène d'Inquisition, de Robert-Fleury, morceau d'un style énergique et d'une effrayante réalité, et la Partit M. Meissonnier, tableau microscopique, l'un des premiers par i place, et le premier a coup sur par ordre de mérite.

StëODES.

( jaunie nous l'avons annonce, la mode a adopté définitivement, poulies robes, la soie et li> te erveilleuse que la variété des étoffes de soie, si différentes quant au dessin. ;i la couleur et au prix Grâce au génie inventif de nos fahricans. cette précieuse substance fournit, a elle seule, tous les genres de toilettes dont on peut avoir

i.es mousselines de lame ne sont plus en faveur celte année; cependant elles sont si cou;!' retour | i époq i En attendant, on les a rem-

ulards, qui sont en général d'un '.oui très distin par les gros de \aplcs qui. tantôt sont fort simples, a raies, par exemple, ou a pois, et tantôt très riches de couleur comme de ('. on fait beaucoup de > plat et à nervure, qu'on orne de

lenteries, de bon', is, <i i ji live - t U de la même étoffe que

la robe. D'autres ont un coi à plis arrêtes de distance en

hauteur. Vvec les corsages plats, h - i

Ures coi oit de jockeis simirmées de trois ou millons, qui se termii oignet par une n

idanl ils affectent 1 »n en fait beaucoup ci.

'mit d'uni ronne que l'on plarc sur l'un des

que l'on

Ile < ' s di il des ornemens de

tulle et île paille arlistemenl travaillée. Non n arqué un chapeau

don! h - de lilas el dont la passe

portail trois brani du même col Lin

qui us a paru égali inenl digne d'êti , étail entiè-

rement couvert de irni d'une guirlande de feuilles de

i tendu sont lu ' Mi peul les orner

de fleurs de crêpe ■ ux l a disposition des

i .. île fmi lisie en | aussi diversifiée qu'aujour-

d'hui, las plus distingués se font toujours en paille de riz et d'Italie,

3Si

On garnit ceux-ci de torsades de velours et de guirlandes de plumes de couleurs variées. Des bouquets de petites plumes assorties aux rubans du chapeau, sont également à la mode.

Les demi-voiles doivent être considérés comme un accessoire indispensable d'une belle toilette.

L'on portera, cet été, beaucoup de canezous; déjà même on en voit. Cependant des pointes en dentelles pourront souvent les remplacer avec avantage.

TABLETTES DES CINQ JOURS

Faits divers.

25 avril. — Ou lit dans les journaux de Londres :

« M. Anstin, propriétaire de la taverne de Saint-Georges, Lambertb's road, possède deux agneaux dont l'union parait cire plus complète et plus indissoluble même que celle des fameux jumeaux siamois. Les savans qui ont examiné ces animaux proclament qu'ils offrent un phénomène unique. La même peau recouvre les deux agneaux, qtij sont parfaitement conformés dans toutes les parties du corps, à l'exception des jambes de derrière. L'un de ces agneaux est mâle et l'autre femelle, et ce qu'il y a de (dus étrange encore, c'est que la race n'est pas la même. L'un tient des moutons de South-Downe, et l'autre appartient à la famille des moutons de Leicester. On distingue aisément la différence des races à la conformation de la tète et à certaines marques sur les jambes. M. Anstin a déjà refusé des sommes considérables a des empailleurs. Il préfère garder ses agneaux pour les exposer à la curiosité publique. »

— L'inventaire auquel, depuis bientôt quinze jours, ou procédait chez M. Lehon, et que l'on croyait à peu près terminé, se poursuit aujourd'hui avec uue activité nouvelle, par suite de la découverte faite dans un placard du cabinet de cet ex-notaire de quinze cartons qui renfermaient des papiers importans.

26. — Les coiffeurs , qui autrefois s'appelaient perruquiers ou tout simplement barbiers, ue trouvent plus leur titre assez pompeux. In de ces modestes industriels annonce au public qu'il transfère son étude de coiffure de telle rue à telle autre.

On sait que le Mont-Yalérien était couronné d'un magnifique couvent. Ou sait que la crête de ce moût va être couverte par une citadelle. Or, à la porte du couvent, vers Paris, existe un cimetière rempli de tombes aristocratiques. M. l'archevêque de Paris vient d'obtenir de M. le maréchal Soult, ministre de la guerre, que ce cimetière serait respecté des soldats du génie, et qu'il serait mis en dehors des fossés de la citadelle. On assure que la chapelle du couvent restera intacte.

— Aujourd'hui, les bataillons de chasseurs de Saint-Omer sont arrivés aux camps de Romainville, Montreuil et au fort de Yincennes.

Voici quel est leur uniforme : ils portent pantalon et capote froncée à la ceinture , en drap gros bleu, liseré de jaune ; la casquette, la carabine, la baïonnette-poignard et une ceinture-giberne.

— On estimé à près de trois millions l'argent dépensé à Saint-Omer depuis le mois d'octobre , par les bataillons de chasseurs, dont les officiers, presque tous jeunes et ardens, ont du faire la fortune des hôtels et des cafés qu'ils fréquentaient. On nous a cité à ce sujet l'anecdote suivante : « Lorsque le premier bataillon vint d'Afrique, on lui lit la réception la plus brillante, et, le soir, il y eut au café Hampert un punch qui coêita 1,500 fr. Mais, non satisfaits de cette fête bruyante, les officiers finirent par démonter le billard, et firent dessous une fosse profonde dans laquelle tous enterrèrent leurs anciens sabres, remplacés par des armes de modèle différent. Cette inhumation guerrière fut arrosée de punch flamboyant, et le cafetier fut invité à respecter désormais ce souvenir d'union et de fraternité militaires, »

— Une dépèche télégraphique arrivée cet après-midi, annonce que le Rhône vient de déborder de nouveau, et a détruit et emporté tous les ouvrages qui avaient été faits pour empêcher la sortie de son lit, à lîcaucaire et à Tarascou,

— Le petit tableau devant lequel la foule ne cesse de stationner, dans le grand salon du Louvre, la Partie d'échecs, vient d'être vendu 2,400 francs.

— Aujourd'hui, M. l'archevêque de Paris, plusieurs évoques, le patriarche de Jérusalem et presque la moitié du clergé de Paris ont fait à Saint-Mcrv les grandes solennités de la béatification de la bienheureuse Marie de l'incarnation; une foule immense y assistait. La châsse delà sainte et sa chapelle ont été consacrées par M. l'archevêque. La messe a été dite en musique.

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