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UÈclaireur de Ton/on rapporte le fait suivant

« Le 19 de ce mois, le mousse Mazodier, âgé de treize ans, occupé en dehors du bord de l'Égéne, eut le malheur de tomber à la mer. Aux premiers cris d'alarme que poussèrent ses camarades témoins de l'événement, le mousse Nicolas André, âgé de quinze ans, se jeta à l'eau pour sauver celui qui se noyait. Les efforts de ce généreux enfant furent couronnes d'un plein succès, et Mazodier fut transporté à bord aux applaudissemens de toute l'école. >>

— Le 28 mai, à Rouen, le nommé Léveillard, batelier, traversait la Seine, lorsqu'il aperçut vers le milieu du fleuve un enfant que le courant entraînait. Le batelier le retira de l'eau et le porta au corps-de-garde de la douane, oii se trouve une boîte de secours; le docteur Bécbet fut assez heureux pour le rappeler à la vie.

On a bientôt appris que cet enfant, âgé de deux ans, était le fils du capitaine anglais Forster, et qu'il était tombé de la goélette York, sans qu'on s'aperçut de sa disparition. Sa mère était accourue, fondant en larmes, auprès de son enfant sauvé miraculeusement, car il était resté plus de vingt minutes sur l'eau, oit ses robes l'ont soutenu.

— On écrit d'Edimbourg qu'on a lancé, à Leith, le 20 mai, le plus grand bâtiment de guerre à vapeurqui aitété jusqu'à présent construit dans cette ville. Il est du port de tu 10 tonneaux. Il a 73 mètres 50 cent: de longueur et 9 mètres de profondeur, et les machines à vapeur qui le feront mouvoir sont de la force de 225 chevaux. Il pourra loger 100 passagers et portera 7 1 canons à la Paixans, de S-4 livres de balle. On ajoute que ces sortes de navires sont construits, à Leith, par une société particulière, sous la direction du gouvernement. En cas de guerre, ils doivent être mis à sa disposition ; mais jusque-là, celui-ci sera employé à la navigation entre Londres et les Indes-Occidentales.

— Parmi les chevaux qui se sont vendus à la dernière foire de Périgueux, se trouvait le gris-pommelé de Mme Lafarge, acheté par M. G. à la vente du Glandier. Ce cheval historique a de la race et est parfaitement ménagé. Il y a quelques mois, il n'y aurait pas eu de prix assez élevé pour payer ce coursier, illustré par les souvenirs récens de la cour d'assises, brillant encore du lustre romantique attaché au nom de l'héroïne qui le lançait dans les ravins rapides ou sur les pics sauvages du Glandier. Il y eût eu là de quoi piquer l'ardeur curieuse de plus de vingt Anglais, qui l'auraient acheté des prix fous. Eh bien! le croirait-on? ce cheval, malgré son certificat d'origine, sa carte d'identité en due forme, s'est à peine vendu à sa valeur intrinsèque. Il a été acheté par M. I)., ancien garde-du-corps. Décidément, l'étoile de Mme Lafarge a pâli ; sa célébrité européenne s'en va, comme tant d'autres hochets de notre enthousiasme éphémère. Cet oubli, cette indifférence, qui devaient succéder aux émotions presque frénétiques du drame du Glandier, n'est peutêtre lias la peine la moins forte infligée à l'héroïne romanesque de celle cause célèbre ! {Echo de Vesone.)

3. — Le Courrier de la Sarlhe du 1er juin raconte ce qui suit : « Dans la première quinzaine de mai, un sieur Rufray, marchand de bois de la forêt de Perseigne , a eu la férocité de lier les bras de sa propre fille, âgée de dix-huit ans, de la pendre à un arbre dans cet état, pour la percer de plusieurs coups de couteau et de l'abandonner ainsi. Des ouvriers de la Vente entendaient bien les cris de la malheureuse ; mais, habitués à des scènes de mauvais traitemens de ce père envers sa fille, ils ne seraient pas accourus sans l'affaiblissement graduel qu'ils crurent reconnaître dans les derniers accens de la voix qu'ils finirent par ne plus entendre du tout. Deux honnêtes travailleurs se dirigèrent alors vers l'endroit fatal, où ils aperçurent la victime pendue et sans mouvement sous les yeux de son père, qui menaçait encore de brûler la cervelle à celui qui lui porterait secours. Un des ouvriers, qui avait mis le plus d'empressement, recula épouvanté; mais son compagnon, plus intrépide, s'approcha de Rufray et lui dit : Avec quoi me brûleras-tu la cervelle? Rufray répondit en présentant un pistolet. Aussitôt, l'ouvrier assène un énorme coup de poing sur Rufray, qui roule sur la terre avec son pistolet , tandis que les liens de sa fille sont coupés et qu'on la transporte dans sa loge , où une foule de curieux accourus empêche le père de bouger.

Un médecin, appelé sur les lieux, a prodigué tous ses soins à cette infortunée, qui a été près de quatre heures sans parler. »

— L'infant don François de Paule a quitté Paris, avec sa famille, avant-hier au soir; il se rend près de Bordeaux, à Chàteau-Margaux, où il attendra l'autorisation de rentrer en Espagne.

•). — Hier a eu lieu la réception de M. Victor Hugo à l'Académie française. M. de Salvandy a répondu à l'illustre récipiendaire.

— On écrit de Berlin, 26 mai :

« Nous avons appris des personnes qui approchent le prince de Prusse, que S. A. R. a couru le plus grand danger lors de son dernier séjour à Saint-Pétersbourg. Deux vaisseaux devaient être lancés du chantier. On avait établi un pont pour la famille impériale, afin qu'elle arrivât facilement d'un vaisseau à l'autre. L'empereur, l'impératrice, le grand-duc et la grande duchesse avaient déjà traversé le pont, au moment où le prince voulut passer avec les deux grandes duchesses, le pont s'affaissa et tomba dans la Newa ; mais les deux grandes duchesses furent assez heureuses pour s'élancer sur le rivage et l'atteindre. De prompts secours arraché' rent le prince à une mort qui paraissait inévitable. Cet accident n'a pas eu pour lui d'autres suites qu'une légère contusion au pied, dont S. A. est guérie. »

— Un monument va être élevé à Duguesclin, sur l'emplacement du château de la Motte-Brooms, lieu de la naissance du grand connétable.

M. Henri de Lacretelle vient de publier un petit volume de poésies, intitulé : les Cloches. Cet ouvrage se distingue par une versification facile et harmonieuse. JNous ne doutons pas que le public ne fasse un accueil favorableà un poète dont le nom est entouréd'une si belle auréole. Les Cloches se trouvent chez Deliove, éditeur, place de la Bourse, 13. Un vol. in-12, prix : 2 fr.

— En vente chez Desloges, éditeur, rue Saint-André des-Arts, 39, Histoire des embaumements et de la préparation des pièces d'anatomie normale, d'anatomie pathologique et d'histoire naturelle; suivie de procédés nouveaux, par J.-N. G annal, deuxième édition , revue et augmentée. Un vol. in-S". Prix: 5fr., par la poste G fr. 50 c. etTiuiTÉ des procédés de m. gannal, mis à la porté de tout le monde ; embaumement indéfini et sans mutilation des oiseaux, quadrupèdes, etc.; découverte qui a mérité à l'inventeur le grand prix Monthyon; suivi de l'art de mégir, de parcheniiner, d'empailler et de monter les peaux; méthode qui dispense de toutes les préparations usitées, la seule qui préserve les objets d'histoire naturelle des attaques des insectes; troisième édition, augmentée de 2-1 pages de texte et ornée d'un beau portrait. I fr.

BOUCHEIX.

Taris. — Imprimerie ei lithographie île MAULDE el RENOU, rue Bailleu], \) et il, prés duLouvre.

12' Année. — N° 32.

Jeudi 10 Juin 1841.

£i(tcratuvc.

SCIENCES, EEAUS-ASTS, MŒURS,

MÉMOIRES ET VOYAGES

HISTOIRES ET NOBVBLLES.

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