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S" ARRONDISSEMENT

(Présidence de M. Charles.)

Narcisse. — Monsieur le juge, je suis artiste dramatique ; je remplis les emplois d'amoureux sur un théâtre du boulevart. Dans mou emploi je suis obligé d'être infiniment passionné. Eh bien! mon feu, ma verve, tout ce qui me vaut les applaudissemens du parterre, le croiriez-vous ? on veut le faire tourner à mon détriment!...

Le juge. — Comment cela ?

Narcisse. — Parbleu! Je gagne cent francs par mois dans les rôles de mon emploi, et on veut me faire payer cent cinquante francs de fournitures.

Le juge. — De fournitures ! Et de quelle espèce ?

Narcisse. — Des baisers. (Rire prolongé.) Cent cinquante francs de baisers pour un homme seul, c'est exorbitant. (Nouveaux rires). C'est pourtant ce que Valsin, notre père noble, a l'audace de vouloir me faire payer...

Le père noble. — XTn peu, mon vieux !...

Le juge. — Comment cela?

Le père noble. — C'est tout simple. Il y a daus tous les théâtres un règlement dont voici la teneur :

Art. 1. Lorsque dans son rôle, un artiste sera tenu d'embrasser une femme, il devra eu faire uniquement le simulacre,

Art. 2. Tout artiste qui aurait pris un baiser à une actrice sans son consentementformel, sera mis a l'amende de cinq francs par baiser.

Art. 3. Les pressemens sur le cœur se paieront deux francs cinquante centimes.

Or, Narcisse a presse dix fois ma femme sur sou cœur au lieu de faire semblant; cela fait vingt-cinq francs.

Narcisse. — C'est hors de prix. ..Rire général.)

Le père noble. — De plus, il l'a embrassée vingt-cinq fois pour de bon: cela fait la somme de cent cinquante francs réclamée.

Narcisse. — Je ne l'ai pas tait sans son consentement. Donc, je ne dois rien.

Le père noble. — Ma femme soutient le contraire.

Narcisse. — Parbleu ! n'allez-vous pas croire, mon cher, qu'elle vous dira la vérité là-dessus? (Hilarité.) Je récuse son témoignage.

Le père noble. — Je réclame le paiement; c'est dans les usages dramatiques.

Narcisse. — Eh bien ! puisqu'il en est ainsi, arrangeons-nous à l'amiable. Voyons, je fais des offres réelles.

Le père noble. — Ça va.

Narcisse. — J'ai pris vingt-cinq baisers à votre femme?

Le père noble. — Oui.

Narcisse. — Eh bien ! j'offre de les lui rendre. (Longue et bruyante hilarité.)

Lorsque le juge parvient, à faire rétablir le silence, il termine les débats en renvoyant les parties devant le directeur chargé de statuer ou de concilier les intérêts. Tout porte à croire que le père noble sera magnanime.

(L'Audience.)

CAUSE ïffÂTIOHTAlE DE FAIUS.

CONSEIL DE DISCIPLINE DE LA 3e LÉGION.

Le président. — M. de Raboteau, savez-vous que vos récidives vont recevoir une punition sévère.

M. de Raboteau. — Je viens livrer ma tête à votre glaive; frappez ne vous gênez pas, faites comme chez vous !

Le président. — Vous avez déjà été condamné plusieurs fois à douze heures de prison.

M. de Raboteau. — J'ai été très fâché de cette punition.

Le président. — Vous la trouviez trop forte?

M. de Raboteau. — Au contraire, je la trouvais trop faible. (Hilarité prolongée.)

Le président. — Pourquoi cela ?

M. de Raboteau. — Parce que je désire une peine exemplaire, stygmatisante, compromettante, toute sorte de peine, à part la peine capitale. (Hilarité.) J'avoue que j'éprouve pour celle-là une aversion que le Conseil comprendra tout naturellement. (Rire général.)

Le président. — On peut vous renvoyer devant le Tribunal correctionnel comme coupable de refus positif de faire le service !

M. de Raboteau. — Et ce n'est pas honorable d'être cité comme insoumis?

Le président. — Sans doute.

M. de Raboteau. — Rravo ! bravissimo ! je tiens enfin mon déshonneur ; merci, messieurs, vous me livrez à la sévérité de la loi, vous rendez mon nom indigne de la garde nationale : je vous suis infiniment obligé. (Nouveaux rires.)

Le président. — Dites-nous enfin en quoi nous vous servirons en vous punissant.

M. de Raboteau. — Parce que j'attends une peine infamante de vos bontés, une peine qui me rende incapable de porter les armes, ce que je désire de tout mon cœur.

Le président. — Les condamnations subies par vous ne sont pas flétrissantes; elles ne vous empêcheront pas d'être commandé de garde de nouveau.

M. de Raboteau. — Comment je ne suis pas encore perdu dans votre estime?... Ah! je suis un homme bien à plaindre!... (Rires prolongés.)

Et sans attendre sa condamnation, M. de Raboteau s'esquive, irrité du reste de considération dont il jouit.

(L'Audience.)

Théâtre de Li Porte Saint-Mabtin, — Les deux Serruriers, drame en cimq actes, par M. Félix Pyat. — Dans une mansarde de Londres, habite une pauvre famille qui ne peut payer son loyer et dont on va saisir les meubles. Un vieillard, deux jeunes yens et un curant au berceau, tels sont les membres de cette famille, réunis en ce moment, et qui bientôt se trouveront séparés d'une manière fatale. T.c vieux Davis va mourir de douleur et de misère, son Mis Paul s'engagera inutilement pour le sauver, et il ne restera à Londres que Georges le serrurier, placé sans ressource et sans espérance entre la tombe de son père et le berceau de l'enfant de son frère.

Tout à coup un valet vient lui offrir de l'ouvrage; il s'agit d'ouvrir un coffre-fort. Georges suit le valet et se trouve bientôt en prési Murray, le banquier, qui a vole la fortune de Davis, et qui est la c tu e du malheur de toute sa famille. Georges lui refuse son ministi Murray qui a besoin d'immenses valeurs d'ici a quelques minutes, ra se trouver déshonore, quand sa QUe paraît. Georges qui l'a connu*

Oxford, ne peut résister à ses instances ; le coffre-fort cède , et Murray est sauvé.

Pendant que tout ceci a lieu, un mauvais drôle, ancien compagnon de Georges, le serrurier Burl, a formé le projet d'enlever la caisse de Murray; il réussit à l'ouvrir, mais au lieu de prendre l'or qu'il y trouve, il s'empare d'un énorme portefeuille qu'il croit rempli de bank-notes; or, ce portefeuille ne contient que des papiers de famille, et quand Burl s'en ■. il est trop tard pour réparer son erreur. N'importe, armé de certaines preuves terribles contre le banquier qui a di ; famille

Davis, Burl se présente devant Murray et lui demande la main fille pour prix de son silence. Murray mesure d'un coup d'oeil toute l'étendue du danger qui le menace. Pour le conjurer, et emj communication entre Burl et Georges, il fait arrêter ce dernier voleur de sa caisse, et flatte P>url de belles promesses. Georges fait aisément reconnaître son innocence; mais Murray charge Burl de l'a ner. Burl induit par certaines circonstances à croire Georges mort sans sa coopération , n'hésite pas néanmoins à demander au banquier le salaire du crime qu'il n'a pas commis. Murray qui croit sa commission remplie consciencieusement, refuse d'acquitter sa pi : craint

pas d'annoncer à son complice qu'il va le faire ai ; me assassin.

Outré de tant de mauvaise foi, Burl le poignarde et est aussitôt mis en prison -es, qui, s'ctanl trouvé- sur le lieu ou le i,

perpétré, passe naturellement pour] avoir concouru. Pendant procès s'instruit, le vrai cou] ine de tromper la j en tuant

Georges et en déposant sur son cadavre un papier conte. claration : « Je suis l'assassin de M. Murray, et j'échappe a la | par une mort volontaire. C( tte pensée lui sourit , et apri les lignes accusatrices, il se met en devoir d'opérer le su compagnon durant le sommeil de celui-ci; n

a propos et, en se défendant, tue imi. Les juges arrivent pour

lire aux accusés leur jugement en vertu duquel Burl est acquitté el Geor- >is on trouve sur le c m qu'il

avait prépar a acte volé chez Murray. :

en possession de sa fortune.

tant du nom de Clarence reproche d'abuser de e

table succès qui, dans une saison plus i tes recettes.

BIBLIOGRAPHIE

Dissertation critique sur la charte d'Alaon, par le prince marquis de Pons et de la Chfltaigneraye — Vprès la tâche de l'historien qui consiste à être l'ii impartial du passé, .1 faire poser devant les

nouvelles générations les sociétés éteinl Lions disparues, il

en es! une autre plus aride, non moins difficile peut être, des née tser virdeci ni à la première, Kelaircir les ténèbres ou l'histoire n'a

pu porter la < erreurs el les inexactitudes qui se sonl

annales, telle est la mission à laquelle se consacrenl de loin en loin quelques écrivains modestes qui prêtèrent, a une gloire plus brillante, l'honneur d'avoir constaté un mensonge ou déi

celte mission qu'a choisie le prince de la (ihataigneraye, qu'il a poursuivie avec persévérance et remplie avec succès

La charte d' Mann, publiée sous le nom de C.harles-le-.:hauve, par le cardinal d'Agi ii 1 IGS7, causa, lors de son apparation, un étonnemenl général, suffisamment justifié d'ailleurs par l'exhibition d'une, lignée mérovi gitime héritière du trône. L'authenticité de cette

pièce importante l'ut contestée par les uns, admise parles autres l.e savant bénédictin don Waissette. et à son exemple un certain nombre d'historiens et de généalogistes partagèrent ce dernier avis et tirent tigurer dans leurs écrits, comme issue de Charibert, frère puîné de Daascendante et descendante du célèbre Eudes, duc d'Aquitaine. Depuis lors la contr 1 plusieurs fois a ce su-

; qu'il en jaillit des lumières propres a faire e. incerti-

tude.T.c prince de la Chataigneraye qui aétui la charte

d' Uai 11 et l'époque 1 ■ l'a tait remonter, éta-

blit que ce titre a e d'un faussaire qui pouvait fort bien tra-

vailler ainsi, soit pour la famille royale, tige «les seconds comtes deGaspour quelq de ces branches, très nombreuses au

treizième s | our telle maison qui prétendait s'y rattacher

Nous n'enti ici dans l'énumération des preuves que l'auteur

émel en faveur de son opinion ; nous dirons seulement que ces preuves ru concluantes, tout en désirant qu'ell ni l'attention

de juges plus compétens et plus éclairés.

Quoiqu'il en soit, ce volume est digne ius les rapports, de nos

encouragemens et de nos éloj cette simpli-

ui conviennent si parti it aux trava ; enfin,

point, selon nous, un petit nu ! les produc-

tions sérieuses sont ë ligées, que d'oser faire paraître

un de c s qui ne s'adressent qu'a un petit nombre de lecteurs,

et dont le publie ne se montre que tardivement reconnaissante. Au reste, ce servi pas le seul que le prince de la Chataignc-

ire.

TABLETTES DES CINQ JOURS

Fa

ÏCl'H.

:;i mai. — Le salon de imi. «vertu-

idi, ii quai.

ppe, dit Pal

duirc à

Ut la Mai ■ - deee-

: art jeudi dernier, à !

laii que de quinze jours, et il qu'au dernier moment toutes

ses facultés morales et intellectuelles. Marié deux lois, il avait eu de ses femmes trente-deux enfans. D'une si nombreuse progéniture, quatre enfans seulement lui ont survécu, dont un, le vingt-sixième, est marchand bouclier à Pau. »

— Henry Marshall, dit le NotHngham Mercury, estmorthieràvingtet un ans à la suite d'un combat à coups de poing avec Henry Bell. Cette lutte au pugilat n'a pas duré plus de cinq minutes. Marshall avait eu le dessus lorsque d'un coup bien asséné son adversaire l'a jeté à terre. Cet homme a succombé aux suites de cette lutte.

Ie' juin. — Ou écrit de Mayence, 23 mai :

« L'un de nos deux bateaux de bains, qui sont très fréquentés en ce moment, a coulé à fond, hier, vers six heures du soir, d'une manière si soudaine, que toutes les personnes qui se trouvaient dans les baignoires ont à peine eu le temps de se sauver sur le bateau voisin, les unes en chemise, les autres toutes nues. Le bateau s'est abîmé promptement aux yeux des baigneurs, avec leurs vêtemens et tout le mobilier qu'il renfermait. Heureusement, personne n'a péri. Ou présume que la vétusté de ce bateau est la seule cause de cet accident. >•

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