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LA PRINCESSE DE CARAMAWÏCO

Le nord du département de l'Oise, a peine explore par 11

offre cependant de beaux i des objets capables île ii-

tention. Ceux qui l'habitent le jugent a peine digne de I les étrangers, n'ayanl jamais oui dire qu'il renfermât rien d'extraordinaire, ne l'honorent même pas d un regard Mais vues qui ave/ traversé la eiie des i'.cliov aques. qui volez sur la rouie de Calais pour aller fouler le sol de l'Angleterre, interrompez votre chemin au bourg de Granvillers; franchissez vers l'orient la pi. nie aux re-

imme un long lapis de verdure émaillé de fli urs; bientôt vous

atteindrez la gothique chapelle du llamcl , ou jadis le peuple Se rei -

,l,i,i pieds nus en pèlerinage. Là vous verrez une vierge célèbre p. a- les miracles qu'on lui attribue: vous verrez les fameuses chaînes de M. ,!,• Créqui, dont l'histoire s'est pre dans I a nuit des temps.

Ce chevalier, que le désastre de Pavie avait rendu captif de Charles- Quint ainsi que François I t pas assez riche pour payi i çon, mit sa confiance en Ni ne-d el qui, dil la légende, orta, pendant la nuit, de Madrid sur les terres du llamcl. M. de Créqui courut au même instant rendre gi viiie protectrice et suspendre ses chaînes aux voûtes de l'églisi eu mémoire de sa délivrance • i s énormes chah

- excitent encore la vénération ; en les contemplai'

nait une de ces images du passe qui parlent si éloquemini La Vierge, remarquable par son antiquité, est eut oui v elles, de cierges, de dentelles, de bijoux, que

i , rappi lient la simplicité des premiers

Ages: ils louchent, ils attendrissent l'aine; ils en font jaillir une de ces

prières que le ciel ne rejette jam

. curieux voyageurs, dirigez vos pas vers le charmant village de Prévillers, ou vous entendrez raconter, non plus une mystérieuse

légende, mais une histoire moderne ,i laquelle j'affirrM que v,,ns

pouvez ajouter foi Je vais vous la dire dans toute sa merveilleuse vérité i .i 1786 naquit a Prévillers, soie, la , abane de Jean Sillier, porcher

du village, une frêle enfant; ce fut Madeleine. Élevée dans la plus affreuse misère, au milieu de huit frères et sœurs, on la voyait pendant l'été, à demi-vêtue d'un jupon de toile, pieds nus, un bâton à li main, garder les porcs du village. L'hiver, enveloppée des lambeaux Yue lui abandonnait la rare charité des gens du lieu, elle mendiait et ,ortait à sa malheureuse famille le morceau de pain noir qu'elle avait recueilli.

Madeleine n'était pas jolie, il semble que la misère voile l'éclat du bel âge, mais son regard ferme et brillant annonçait la résolution, le courage, la persévérance. A peine ses quatorze aus sont-ils accomplis que sa mère, trop chargée d'enfans, lui ordonne , avec la dureté habituelle des gens de cette classe, chez qui presque toujours la détresse étouffe le sentiment, d'aller gagner sa vie ailleurs. Madeleine, accoutumée aux plus mauvais traitemens , voudrait résister, mais elle est si durement chassée du toit paternel, qu'il faut bien qu'elle le quitte. La faible créature est donc jetée sans pain, sans vètemens, sans soutien , sans la moindre indication , sur une route inconnue , dans une immensité qu'elle ignore. Elle pleure, et se retourne pour revoir les champs de sou enfance , le chaume de son père, les arbres de la vallée ; elle veut revenir au village, elle fait quelques pas en arrière : soudain une sorte de fière détermination s'empare de son esprit et l'aide à poursuivre sa course.

Après une marche de cinq heures , sur un chemin caillouteux qui lui déchire les pieds, elle arrive à Beauvais, où elle se propose d'être servante. Biais qui aurait accueilli la pauvre Madeleine, couverte de haillons, et ne sachant que garder des bestiaux? Cependant on la reçoit pour son pain dans la ferme d'un faubourg. Au bout de six mois elle gagne un sou par jour, puis deux sous; et déjà de petites économies lui permettent de remplacer ses haillons par des habits plus propres. Revêtue d'une jupe de tiretaine, d'un tablier de toile, d'un fichu à carreaux, la porchère se croit magnifiquement parée, et tressaille d'aise en contemplant ses modestes atours dans un fragment de glace cloué au mur de la cuisine de la ferme; et l'ambition se développe dans cette jeune aine, frappée par l'éloquente énergie de l'adversité. C'en est fait , Madeleine ne veut plus être gardeuse de bestiaux ; elle se trouve digne d'entrer en ville et de servir des hommes. Elle s'élance dans les murs tic la cité. La voici bonne d'enfans chez un artisan, de là chez un notaire où, après avoir étudié l'art culinaire, elle ne tarde pas à devenir servante en titre.

L'ambition de Madeleine croît avec son savoir, avec ses gages. Elle entend parler de Paris, elle écoute avec enthousiasme. Au superbe tableau qu'on lui présente, son imagination s'enflamme; elle veut aller à Paris. Elle a maintenant un trousseau convenable et soixante francs d'économie. Certes, n'y a-t-il pas de quoi faire le tour du monde? Ses maîtres s'efforcent inutilement de la retenir. Elle partira, il faut qu'elle parte; une voix magique l'appelle, un bras invincible l'entraîne; c'est le bras du destin, auquel on ne résiste pas, soit qu'il nous lance sur le char de la fortune , soit qu'il nous plonge dans le gouffre du malheur. Dans la ville des prestiges, la fdle de Prévillers ne put suffire à son ravissement, à son extase. On célébrait alors la victoire d'Austerlitz. Elle assiste aux fêtes populaires et entend proclamer Napoléon vainqueur.

Le séjour de Paris a réduit de moitié les soixante francs de la paysanne. Ses réflexions se réveillent fort heureusement, et le hasard, quelquefois si bon guide, la conduit dans les cuisines d'une comtesse du faubourg Saint-Germain. Mais elle se déplaît à remuer la casserole , à respirer la vapeur des fourneaux. Ne pourrais-je donc , pense-t-elle un jour en regardant ses doigts effilés, manier l'aiguille à la place de ces objets si grossiers, et monter de l'office à l'antichambre?

Une couturière la prend comme apprentie autant que comme servante, et la voit faire, en peu de temps, des progrès extraordinaires. La Nécessite, l'ambition sont de si bons maîtres! Ce n'est point dans cet asile obscur que doit s'écouler l'existence de la nouvelle Parisienne;

elle désire s'attacher comme femme de chambre à quelque grande dame, et s'engage sous ce titre chez une anglaise de distinction.

Ici un brillant officier la remarque et lui jure qu'il l'aime. Madeleine possède un cœur; elle le sent battre au mot d'amour.

Est-il donc une femme, quelle qu'elle soit , qui ne livre pas d'abord toute son ame au charme de ce mot ineffable : Je t'aime ? mot du ciel qu'on ne devrait jamais prononcer en vain , jamais profaner sur cette terre où il semble le baume des tristesses et des ennuis! Mais aussi serait-il une femme honnête qui ne repousserait pas tout-à-coup l'illusion de ce mot enchanteur, s'il se change pour elle en ironie, en odieuse insulte? Madeleine, engagée dans cette humiliante alternative, sentait ce mot tomber sur son cœur comme une amère dérision et décourageait orgueilleusement les prétentions du bel officier. Lorsque des hommes d'une position plus humble lui tenaient le même langage, au lieu d'éprouver cette douce sympathie si naturelle au cœur isolé, elle se trouvait blessée sansbien s'expliquer le sentiment qui la dominait, et la dédaigneuse fille vieillissait sans aimer, sans vouloir être aimée, comme la fleur captive se fane loin des rayons du soleil.

Lady *** part pour l'Italie et se fait suivre par Madeleine qu'elle laisse à Naples au moment de retourner en Angleterre. La femme de chambre est donc obligée de chercher une autre condition. Appuyée des meilleures recommandations, elle est admise au service de la princesse de Caramanico dont elle captive bientôt la confiance par une probité à toute épreuve et des mœurs irréprochables. Madeleine devient presque la seconde mère des enfans de la noble dame; elle partage ses plaisirs, ses voyages, et semble autant sa compagne que sa camericra.

La princesse tombe malade. Madeleine lui prodigue en vain les soins les plus tendres. L'infortunée Signora expire en lui recommandant ses trois enfans à qui le ciel conserve un père, mais qui n'auront plus de mère. Avec quelle sollicitude Madeleine ne veille-t-elle pas sur ce dépôt sacré ! Ces enfans sont les siens ; elle les aime comme une mère , les respecte comme une fidèle gouvernante et les garde comme une ardente protectrice. Ces illustres héritiers qui n'ont point cessé de chérir celle qui prit soin de leur enfance, sont aujourd'hui le duc de Casoli, la duchesse de Noilla et la baronne Aimé, tous trois attachés à la cour de Naples.

Le luxe, l'insouciance des grandeurs avaient considérablement dérangé l'immense fortune des Caramanico; Madeleine la rétablit par une habile administration , par une sage économie adroitement cachée sous le faste des palais. On peut dire qu'elle fut la bienfaitrice de cette noble maison.

Déjà quarante ans se sont accumulés sur le front de Madeleine sans qu'elle ait à se plaindre des outrages du temps. La pureté de son ame, une sorte, d'orgueil inné , l'habitude de la bonne compagnie, ont imprimé à tout son être un calme, une dignité qui ne sont pas dénués de charmes. Le croira-t-on? l'époux de son illustre maîtresse, le trèshaut et très-puissant signor François d'Aquino, prince de Caramanico, quoique assez avancé en âge, aime Madeleine, et, ne pouvant la séduire comme une femme ordinaire, il est prêt à lui donner son nom.

Le bruit d'un tel mariage agite toute la noblesse napolitaine; celleci assiège le prince pour le détourner d'un semblable projet, que la cour elle-même condamne hautement. Mais le roi , veuf de Caroline d'Autriche, épouse à cette époque la princesse Partanna , d'un rang et d'une réputation très équivoques; dès-lors il n'avait plus qu'à se taire sur les résolutions du prince, puisque son exemple autorisait les unions les plus bizarres.

Oui, Madeleine Sillier, l'ancienne porchère d'un ebétif village de Picardie, est devenue princesse et tient la place de l'ex-dame d'honneur de la reine Caroline Murât; la voici de l'antique famille des Sismondi, des Caraffa; la voici l'épouse du fils du dernier vice-roi de Sicile, du premier chambellan du roi actuel, même son allié, dit-on, et par conséquent l'allié de la reiue des Français; la voici maîtresse du superbe paais de Caramanico!

LE CABINET DE LECTl'KE.

Parvenue au faite de la grandeur, au rang des princes et des rois, quelle est sa première pensée1 L'oubli . le dédain pour tous ceux qui sont restes si loin d'elle? Non. les élans de son cœur s'envolent, se déploient sur le hameau qui lui donna le jour, sur son \ i. ux père, sa vieille inere; elle ne saurait les oublier ni cesser de les aimer. Elle s'empresse de relever leur chaumière, d'adoucir leur pénible existence qu'elle a déjà plus d'une t'ois soulagée; elle dote ses t'reres . ses SO urs. adresse mille dons aux compagnes de son enfance et se tait adorer par ses souvenirs généreux.

I.a bonté de Madeleine a besoin de s'étendre encore. Elle appelle à Naples les enfuis de ses sœurs, mais ces rustres accoutumés a se mesurer avec les gamins du village, ne peuvent se faire ni à la civilisation ni a la \ie des palais : ils se querellent, se battent avec les enfans du prince-, on est obligé de les bannir et de les rendre à leur première position.

I ne sœur que Madeleine affectionne particulièrement est par ses ordres envoyée à l'aris pour v acquérir quelque instruction; car la nouvelle princesse raisonne très bien. Tout en secourant les siens elle ne veut pas les plonger dans ce funeste repos qu'on appelle oisiveté. I.a sœur, trop profondement enfoncée dans l'ignorance, ne peul rien apprendre, ni à lire . ni a écrire, ni la moindre profession : elle est doue renvoyée au village et placée chez madame Fortin, ma fermière.

II faut voir cette sœur à la messe du dimanche, aux danses du soir, parée des somptueux habits dont la princesse a cessé de faire usage; il faut la voir couverte de dentelles, de cachemires, de bijoux, s'efforçant de fourrer ses sros pieds dans des souliers de satin avec lesquels elle ne saurait faire un pas. J'avoue que ces parures ressemblent aux camélias que l'on aurait greffés sur des ronces et qui seraient tout étonnés 'I éclore sur une pareille tiL'e.

Celle qui était partie de Prévillers si pauvre, si misérable, y revint en 1838 opulente et titrée. Eu passant à l'aris elle fut reçue aux Tuileries par la reine des Français, qui l'accueillit de la manière la plus flatteuse, et quelque temps après elle embrassait te porcher, la porchère de l'ie- \illcrs en les nommant : Mon père' ma mère!

I.e retour de Madeleine excita des transports. Le clergé, précédé de la croix, de la bannière; les habitans du village . des bouquets à la main, vont ;i m rencontre. Pour elle les cloches sonnent leurs volées solennelles; les plus riches fermières qui auraient rougi de l'approcher aux jours de L'indigence, lui font de profondes révérences et l'abordent avec respect. L'illustre Napolitaine se montre simple et caressante pour tout le monde. Elle disait : o Mes amis, je me suis vêtue de ces habits ordinainr mieux me rapprocher de vous. Je n'oublie pas. je n'oublierai jamais que je suis la fille du porcher de Pré\ illers

I.e séjour de la princesse dans le département de l'Oise fut une longue fête. Elle se plaisait a donner des festins servis a l'italienne, ou les riches ci les pauvres étaient également admis. De mémoire d'homme on n'avait jamais rien vu de pareil dans ces contrées D'après le récit qu'on m'en a

fait, j'ai pensé que ces fesims ressemblaient aux fameuses -es deGama-

che, et que la plus d'un Sancho mima des poulardes

Madeleine, vivement rappelée par son auguste époux, ne quitta point Prévillers sans y laisser de nouvelles marques de sa munificence presque royale. Chacun eut son cadeau. Les cures des environs re< tirent des chapelets en lave du Vésuve enchâssée dans l'or. Elle légua une forte soi i

d'argent pour les réparations de l'église; elle secourut tous les pamres, adoucit toutes les souffrances, soulagea toutes les douleurs la. mille bénédictions s'élevèrent encore a son nom si digne d'être conserve dans les annales de la bienfaisance' et dans celles de l'histoire.

J'avais peine a croire i ce récit vraiment rom; sque, lorsque ma fermière m'ouvrit une chambre dont j'étais loin de soupçonner l'existence dans cette rustique demeure: c'était La chambre réservée pour la princesse ; des malles empreintes M(.IIS ,.,

mille objets précieux qui ne peuvent appartenir qu'aux grands. Je vis en

diverses mains des lettres de la nom, il,- signora I es lettres ne sont | t

t\e sou écriture : elle ne sait ni Lire ni éi rire; elle les a seulement dictées et signées : M U>] h m ne sii.i.h B, PBINCESSE de <: ni vm ivu.u.

Ces lettres curieuses ne sont point non plus un modèle de Style, mus elles respirent la bienveillance, la plus touchante générosité, la plus tendre piété, ce qui vaut mieux qu'une aride éloquence. Une chose pourtant

m'a déplu dans ces lettres si remarquables sous le rapport des senliniens,

i est le nom d'amie prodigué sans discernement Oui, ce titre intime jeté de si haut a tort et a travers, est tout-à-fail choquant malgré i égalité que le siècle veut établir partout, même dans les palais. Serait-il donc VT li que le petit bout de l'oreille doit toujours passer sous La peau du lion.'

kvv \v m NOIX.

Constitutionnel.]

NOUVELLES A LA MAIN (1)

Extraits.

Ce qui a déterminé beaucoup de gens à croire à l'urgence de la guerre, c'est que la majorité des Français porte aujourd'hui des moustaches.

On ne rencontre plus, en effet, que des visages terribles, des regards provocateurs, des têtes de tigres toujours prêtes à grincer et .1 mordre.

Tout cela constitue une nation de modèles a barbe, et pas du tout un peuple de soldats.

Pour faire la guerre, il faut peut-être des hommes, de L'argent, des canons, mais ce qu'il faut avant tout : c'est un esprit militaire.

\ L'occasion du jour de l'an, s'est fondée mie spécialité dans le commerce des annonces.

Il y a maintenant la réclame avec /unir,

Prix la ligne: '■! francs; plus. .">o centimes pour l'épithète.

Modèle :

s \ p.. le due de Montpensier a daigné faire de jolies emplettes au magasin de l'Escalier de cristal, Palais-Royal.

Prix de la réclame avec prince étranger, et sans épithète : 2 francs.

Modèle:

il \\ un. l'infant et L'infante d'Espagne, ont fait des emplettes dans les magasins de Giroux,

Ce qui est très a la mode aujourd'hui, c'est d'être louche cl de se

faire pratiquer l'opération du strabisme.

I.e docteur Baudens redresse des milliers de regards obstinés qui. jusqu'ici, se promenaient .1 droite, a gauche, en haut, en bas, loucherie simple, loucherie double, loucherie convergente, loucherie divergente.

\vee des pinces, un petit instrument tranchant, et une minute de douleur, il rend la beauté a une foule de visages intéressons, qui n'attendaient pour plaire, que cette merveilleuse découverte

L'autre jour un invalide, de soixante quinze ans. désirant faire une surprise a sa femme, et rentrer chez elle avec des veux droits soumis a l'opération. Sa femme l'a battu, disant qu'elle l'avait a •

louche cl voulait le -aider Ici L'invalide est revenu elle/ \| llaudens

le prier de bu à\ rangi r les veux.

On a supprime bs L:eiis grêlés, voilà qu'on .supprime les louches l n

vérité, pour bs ".eus vaccines et bien conformés, il devient chaque jour

plus difficile d'i

Unit l'invention de l'industrie, de la philanthropie, de la népropbilie,

(h- l'e< nue. cl de toutes les antres vertus qui Olllelll notre se |

savait er qu'on entendait par le mol prol

iid'liui.on en est réduit à définir l'honnétc homme: l'homme

qui n'a jamais besoin de v,,ier

1 En vente, rue d Engbien, u. 10.

Le gouvernement delà Banque est un gouvernement paternel ; ses employés sont ses énfàhs.

1, 'hiver ayant été des plus rigoureux cette année, et la Banque de France continuant «le jour eu jour à faire de meilleures affaires, le gôuvernenement de la Banque a décidé, en conseil de régence, que les augmentations de traftémëns 6'u gratifications que, par un usage invariablement suivi depuis sa fondation, elle distribue, pour étrennes, à ses employés les pins méritans, seraient, pour cette année, non pas doublées, Mais généralement supprimées.

Cette décision parait dure; mais prenant en considération toujours cette même rigueur de l'hiver et celte même prospérité de l'établissesement, le gouvernement de la [Banque a généreusement alloué à son gouverneur, qui n'a que. 60,000 de traitement, des jetons de présence, le logement, et ce qui s'en suit, 6.000 fr. de plus, comme indemnité de chauffage.

Prenez garde que le gouvernement n'est pas le gouverneur. Le gouvernement de la Banque est paternel; ses employés sont ses enfans. Seulement, le gouverneur est son fils aîné; il prend à peu près tout et ne laisse que fort peu de chose à ses cadets.

Quand Napoléon, à Fontainebleau, se sépara de sa garde, il (lit à sis soldais: Ne pouvant vous embrasser tous, je vous embrasse dans la personne de voire général.

l.e gouvernement de la Banque a fait la même chose. 11 chauffe tous ses employés dans la personne de son gouverneur.

En conséquence de cette mesure, malgré la rigueur de l'hiver, toute l'administration de la Banque a les pieds chauds.

Un service en vaut un autre. Le gouvernement s'étant si bien conduit à l'égard de son gouverneur, le gouverneur a tenu à se bien conduire à l'égard de son gouvernement.

11 v avait à la Banque de France une place de secrétaire général occupée par M. Trouet. Elle valait, je crois, 8,000 francs. C'était un petit bâton de maréchal que pouvait convoiter dans l'avenir chaque employé et qui stimulait son zèle.

M. Trouet étant mort, M. le gouverneur a tenu au gouvernement a peu près ce langage : « M. Trouet n'est plus. La Banque de France fait des affaires d'or; ses dividendes n'ont jamais été si beaux. C'est le moment de faire des économies, d'autant plus que vous avez impose cette année une nouvelle charge à rétablissement, eu m'accordànt 0,000 fr. de plus pour indemnité de chauffage. La place de secrétaire général est inutile. Je vous propose de la supprimer. »

Et la place est supprimée. La Banque de France gagne à cela S,000 par an.

Il est impossible que par une nouvelle réciprocité, le gouvernement de la Banque ne reconnaisse pas cette rigidité administrative de son gouverneur. L'indemnité de chauffage deviendra probablement annuelle, et la Banque de France n'aura à payer que 6,000 francs de bois au lieu de 8,000 francs de secrétaire-général.

Le gouverneur en sera arrivé à ses fins. Le secrétaire général passera dans sa cheminée.

Et tous les ans tous les employés auront chaud.

Dans un cercle d'hommes et de femmes politiques, où se traitait la question des fortifications, on se demandait : Etes-vous enceinte continue, ou fort détaché ?

— .le suis enceinte, dit madame ...

— Et moi, enceinte continue, ajouta madame .... jeune mère de six enfans.

— Moi, je ne suis plus enceinte depuis que je ne suis plus maire, dit M. Berger.

— Quant a moi, je mis fort détaché, s'écria M. Corne-, député de i'opj osition.

On ne dira pas que le prince Albert est insignifiant comme tous les maris de reines d'Angleterre. Il a un perroquet , nommé Poil , qui lui apprend à parler Français.

\ l'occasion de l'enfant dont il est le père, on a construit un fromage monstre que toute la nation va sentir avec enthousiasme.

Des gamins se cachent sous son lit nuptial. Enfin, il court en traîneau sous la glace.

Il est impossible d'être mieux à la hauteur de sa position.

Voici comment M. Demidoff fut dépossédé définitivement du litre de Comte, qu'il s'était prêté'.

A Paris, il faisait partie d'un des cereles les plus à la mode.

Sur la liste dressée chaque jour pour inscrire le nom des rfi'ncurs, il écrivit une fois lui-même : Le comte Demidoff.

M. de M..., diplomate russe, jeta un coup d'œil sur cette liste, demanda une plume, supprima les mots : te Comte, et, au dessous du nom tout court de Demidoff, signa :

De M

On ne peut pas exterminer un blason d'une façon plus expedilive.

M. Rothschild qui fait semblant d'être carrossier, rue Notre-Damedes-G rares, n. -I bis, pour faire enrager son cousin, le baron James de Rothschild, nous écrit que dans le premier volume des Nouvelles à la main, nous avons eu tort d'écrire son nom avec deux o.

M. le baron deRothschid fait construire, dans la rue Pinon,de magnifiques écuries : ses bêles vont être louées comme des princes; il est vrai que le maître s'est fait faire tin palais de roi, dans la rue Laffitte. Charité tiien ordonnée

On trouve chez beaucoup de femmes du monde, une carte ainsi conçue ;

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