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RAPPORT DES TEMPLES COLONNES DE L'IRLANDE AVEC CEUX DE L'OKIEXT

rarmi les monumens antiques de l'Irlande, il n'en est point de plus remarquables que ceux connus sous le non de Templci-Colomes wTours

Bondes. Il parait que ces nionumcns étaient regardés comme très anciens au temps de Giraldus (douzième siècle), ainsi qu'on le voit par l'histoire qu'il avait entendu raconter des pécheurs de Lougk-Neagh, indiquant aux étrangers qui voguaient sur le lac la présence sous les eau\ des Tours- Sacrées, hautes et pointues, que l'on supposait avoir été submergées dans l'inondation par laquelle le lac avait été formé. Ce grand événement, dont la vérité ou la fausseté ne change en rien le fait de l'époque à laquelle on le fait remonter, est placé en l'an 62 de Jésus-Christ par l'annaliste Tigernach, qui rapporte ainsi la date de ces constructions à des temps trop éloignés pour qu'on puisse les considérer comme l'ouvrage des chrétiens. Plusieurs systèmes onté'é élevés sur l'origine et la destination de ces constructions. Le nom de Clochteacli, que l'on avait donné à quelques-unes, pourrait faire croire (pi 'elles avaient servi accidentellement de clochers; mais outre que leur forme et leur dimension n'admettaient pas le balancement d'une cloche de grandeur ordinaire, la circonstance que la porte ou l'entrée est communément élevée au-dessus du sol de 10 à 1G pieds prouve qu'elle n'ont jamais été destinées à servir de clochers, pas plus qu'aux différais usages modernes que l'on se plaît à leur assigner.

Comme le culte du feu faisait partie de l'ancienne religion du pays, l'opinion que ces tours fuient originairement des temples du l'eu paraît la plus probable de toutes celles qui ont été proposées, et voici une chose qui vient à l'appui de cette opinion. Avant qu'on eût découvert dans aucune partie de l'Europe continentale un seul monument d'une construction analogue, il avait été trouvé près de Bhaugulpore, dans l'indostan, deux tours qui avaient une exacte ressemblance avec celles de l'Irlande. Ces temples indiens, avec leur entrée élevée au dessus du sol, leurs quatre fenêtres pi es du sommet, faisant face aux quatre points cardinaux, leur petit toit arrondi, enlin dans toutes les particularités de leur conformation, sont absolument semblables ii nos Tours-Rondes, et, comme elles aussi, sont regardées comme ayant appartenu à une forme de culte éteinte aujourd'hui.

D'après l'étroite liaison qui existait entre le culte du Soleil et l'art de l'astronomie, il paraît probable que les quatre fenêtres étaient établies pour servir aux observations astronomiques. Les Phéniciens eux-mêmes construisaient des édifices sur le même plan , el l'on nous dit que dans le temple de Tyr, où se trouvaient les deux fameuses colonnes dédiées au Vent et au Feu, il y a ait aussi des piédestaux dont les quatre côtés, envisageant les points cardinaux, portaient sculptées sur leur surface les quatre ligures du zodiaque qui marquent la position de ces quatre points. 11 n'est point douteux que les Tours-Rondes d'Irlande n'aient été construites dans le même but, aussi les voyons-nous appelées indices et U s les par quelques annalistes irlandais. Quant à l'époque de leur origine, il faut la rapporter à des temps placés bien au-delà des souvenirs historiques.

Mais d'après les pleines que l'on trouve dans les écrits des antiquaires qu'il exista jadis entre l'Irlande et quelques pays de l'Orient une très ancienne et très étroite liaison , on ne peut conserver beaucoup de doutes sur le lieu de naissance du culte aujourd'hui inconnu dont ces tours restent encore d'impérissables témoignages.

[Echo du Monde Savant.)

VOYAGE SCIENTIFIQUE Al PÉROU.

Eitrail d'i li M. Goy, naturaliste, à M. B. i :

MûM'MI M DESlNCAS. — FÉODAUTI PÉRUVIENNE. — Le CUS(

être classé, comme li ime, parmi ces villes élerni Iles qui survivront à toutes les révolutions naturelles ou humaines, etqui ne périront qu'avec notre planète; les nionumens dont les anciens Incas l'ont dotée hisseront toujours de ces souvenu s ineffaçables que le teni| - tn( me i endi a encore plus merveilleux ; ces monumens, malgré les élémens atmosphériques,

subsisteront une grande suite de siècles; ils sont inattaquables, et leur destruction paraît à peu près impossible : c'est que les matériaux par euxmêmes sonl ii toute épreuve, tant par leur forme que par leur grandeur ; cenesont point des pierres , ni même des roches, mais de véritables rochers entassés les uns sur les autres, ( t tellement bien superposés et unis, qu'il serait difficile de passer la pies mince aiguille dans leur jonction. Lorsqu'on pense que ces ludiens n avaient ni levurs, ni machines ; qu'ils ne connaissaient | oint l'usage du fer , et encore moins du mastic ou de tout autre ciment, on ne peut qu'être surpris de la haute perfection de tant de travaux cl en si grand nombre, car la ville du Cusco n'est pas la seule qui donne prise à cette espèce d'investigation ; des vallées à une assez grand il stanre en fourmillent, et les monumens de Hollaytaytamba sont encore plus surprenans que ceux du Cusco, et cependant. menu auteur n'en a encore parle, pas même le judicieux et naïf Garcilasso. En visitant les merveilleux restes de cette civilisation perdue, je n'avais point la prétention de les étudier en archéologue ; cette science est trop étrangère an cercle de nies éludes pour en parler un jour comme autorité ; mais ils m'ont sugu'eré l'idée que le gouvernement des Incas était entièrement basé sur le féodalisme ; c'étaient les mêmes nionumens, les mêmes positions, presque les mêmes foi nies. Ainsi, dans ce même Hollaytaytambo, où la cupidité espagnole n'a pas autant pénétré , on voit encore u:i grand nombre de maisons presque intactes, et situées toutes dans les endroits les plus escarpés, au bord des précipices les plus effrayans, cherchant ainsi, comme nos aiciens barons de la féodalité, les lieux les mieux défendus pour se soustraire aux insultes et aux attaques île leurs voisins et rivaux ; les chefs avaient de plus des forteresses presque inexpugnables, elles feront de tout temps l'admiration des voyageurs, et attendent avec impatience un habile observateur pour lui dévoiler l'histoire vraiment intéressante de celte nation à jamais éteinte.

LANGUE, CIVILISATION DES INDIENS. — Après ces visites, où j'avais été entraîné plutôt par un esprit de curiosité que par tout autre motif, je franchissais les dernières Cordilièrcs qui sépa rent le Pérou des vastes plaines qu'arrosent le Béni, l'Amazone, etc., et je poursuivais mes recherches d'histoire naturelle jusque dans les tribus si barbares des Pancartambinos , Chahuaris, etc. , collectivement surnommés lcsChunchos; je m'embarquai aussi sur le Mo de Chahuaris , qui plus bas prend le nom de Rio des Amazones , et tout ci visitant ces indiens et leurs rahultes, j'avais soin de former des dictionnaires de leur langue, totalement inconnue, même aux Espagnols qui habitent les frontières de cette république. Les langues de toutes ces tribus, alors môme qu'elles sont entièrement distinctes les unes des autres, offrent celte singulière construction <pie tous les mois des parties du corps commencent par une même syllabe ; et si unetribu se sépare en deux gouvernées chacune par un chef distinct, une d'elles remplace cette première syllabe par uue autre qu'elle conserve pour tous 1rs autres mots de ces parties du corps. <eite syllabe, comme vous voyez, est en quelque sorte l'armoiric de la tribu; c'est elle qui distingue leurs nations, leurs tribus, peut-être même leurs familles, leur manière de compter est extrêmement imparfaite, et tellement peu avancée, qu'ils ne peuvent compter que jusqu'à trois, n'ayant d'autre expression pour le nombre k (pie celle de beaucoup. Je ne doute point qu'un bon philologue qui viendiait a i tn- { dier les langues de ces Indii us, avant que le commerce et le contât ; des blancs ne parviennent à les modifier et à les dénaturaliser, n'y trouvât des élémens loi i inlén s ans sur la filiation, et par suite sur l'origine de ces peuplades, qui, a plus d'un égard, méritent une place distinguée dans l'histoire de l'espèce humaine.

I 1. \\ V X DE PIIYSIQI i: ET D'HISTOIRE VATURELL1 D

ces courses, dans tous ces voyages . je me mu. s| sciences qui m't ni attiré plus particulièrement dans ces loi m aines et sauva - contrées ; c'csl ainsi que j'ai pu di terminer la po ilii n des principales villes et Village8 , ele.; (pie j'ai rallies aux positions seeondaii i !S par

des cnchalncmcns magnétiques. J'ai réuni aussi un grand nombre d'obscr-

valions barométriques pour connaître la hauteur des principales vallées et des pics les plus remarquables , et au moyen de ma belle collection de boussoles, j'ai pu déterminer l'inclinaison , la déclinaison cl l'intensité magnétique ; ce dernier phénomène aura ce double avantage que les observations ont été faites à une hauteur de 17530 p. Mes collections botaniques, entomologiqu.es , etc., se sont considérablement accrues, et ma belle suite de roches donnera une idée assez exacte de ce terrain de calcaire secondaire, singulièrement disloqué par la sortie des terrains d'épanchement.

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