‹ Le cabinet de lectureChapitre 5 sur 249 · NOUVELLE-ZÉLANDE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-ZÉLANDE

Le groupe de la Nouvelle-Zélande se compose de deux grandes îles, du Sud et du Nord; une petite île appelée Rewart. a -l'extrémité sud, et plusieurs îlots adjacens. Le groupe s'étend en longueur du nord au sud, du ôli° au 48e degré de latitude méridionale, et en largeur de l'est à l'ouest, du 166' au 179e degré de longitude est. L'extrême longueur excède 800 milles, la largeur moyenne esi de 160 milles. La superficie de l'ile contient 95,000 milles carrés, ou 60 millions d'acres. C'est un territoire presque aussi vaste que celui de l'Angleterre, et les deux tiers au moins peuvent être bien cultivés.

La Nouvelle-Zélande peut nourrir autant d'babitans que les îles anglaises. Ce beau pays a été découvert par le navigateur hollandais Tasman, en 16i2, mais comme il n'opéra pas de débarquement, prenant cette terre pour une extrémité continentale, l'honneur de la découverte appartient au capitaine Cook.

Le capitaine sut apprécier les avantages de la position de la Nouvelle- Zélande, qui est la terre la plus proche des antipodes de l'Angleterre. Sa distance de Sydney et d'Hobart-Town est de 1200 milles; des Nouvelles- Hébrides et des îles des Amis à peu près la même ; des Marquises, 3,000, des îles Sandwich, 3,600; de l'Australie du Sud, 1800; et de la Chine ou de Valparaiso,, 5,000 milles. On met pour y aller, d'Angleterre, autant de temps que pour se rendre dans la Nouvelle-Galles du Sud ou l'Australie du Midi.

Pendant neuf mois de l'année, les vents d'ouest souillent dans ces latitudes. Mais grâce au passage en chemin de fer sur l'isthme de Darics, on pourra faire la traversée d'Angleterre en quelques semaines, et les services nouvellement organisés par les compagnies de l'Australie tourneront à l'avantage de la Nouvelle-Zélande. Des montagnes dont la chaîne s'étend dans une partie de l'île du Sud et de l'île du Nord sont , comme les Alpes, toujours couvertes de neige. Des bois magnifiques ornent les lianes de ces montagnes.

Iriftunaux.

POLICE CORRECTIONNELLE

Jolivard et Basnage sont traduits devant la police correctionnelle pour s'être fait régaler d'un excellent déjeuner par un marchand de vin , sans 1 ui en avoir préalablement demandé la permission.

Au moment où les prévenus prennent place sur le banc des accusés, Jolivard se lève : « Avant d'aller plus loin, dit-il, je demande à innocenter mon ami, qui est innocent de la chose comme la fleur qui vient de naître. »

M. le président. — ^ous allons d'abord entendre les témoins; vous vous expliquerez après.

Jolivard. — Sois mut us, Basnage ; c'est moi qui t'a régalé, il n'est pas conforme que tu paies la carte.

Le sieur Jousselin, marchand de vin. — En v'Ià des avaloirs ! et un aplomb !... Tout ce que vous avez de mieux, madame, qu'ils ont dit à mon épouse, vu que moi j'étais absent, étant pour le quart d'heure à l'enterrement de ce pauvre Varochez, le clincailler d'en face, qui s'était laissé mourir.

M. le président. — Expliquez-vous donc sans'nous dire tant de choses inutiles.

Le témoin. — C'est pour vous justifier que je n'étais pas à la maison, vu que ça m'arrive rarement, pour ne pas dire jamais, étant connu pour être à mon commerce... Alors, en v'Ià un qui dit : Vous voyez deux amis qui se rencontrent après une absence immortelle... fait fêter le retour... Du vin cacheté ! des côtelettes ! deux maquereaux et une salade !... Voilà pour commencer... Enfin, ils en étaient à leur septième bouteille, quand ma femme s'a défié de quelque chose, et leur en a refusé une huitième jusqu'à ce qu'ils aient payé... Alors ils ont bien été obligés de là .lier qu'ils n'avaient pas le sou, et mon garçon 'es a fait arrêter, même que j'y ai dit en rentrant : T'as bien fait, mon garçon.

M. le président. — Quel est celui des deux prévenus qui a commandé le déjeuner ?

Le témoin.— Tous deux à la fois. Quand l'un avait demandé une chose, l'autre en demandait une autre.

Jolivard. — Je vas vous dire : je me trouvais un jour dans le département de la Touraine, sur la place, ayant la faim la plus fameuse et le gousset le plus vide. Je fais conversation avec un jeune homme qui finit finalement par m'oflrir à déjeuner. Ça ne s'oublie pas des choses comme ça ; aussi j'y ai dit : « Si jamais vous venez à Paris, je vous rendrai la réciproque, comptez là-dessus. » Justement je le rencontre le 20 novembre. 11 avait faim, moi aussi ; il avait soif, moi aussi; il avait pas le sou, moi aussi ; j'ai dit : Voilà le cas de reconnaître sa politesse, je ne peux pas trouver une meilleure occasio:». C'est sacré ces choses-là, voyez-vous.

M. le président.— D'après ce que vous dites , c'est vous qui auriez invité Basnage, et il paraît, au contraire, que vous étiez d'accord.

Jolivard. — D'accord sur l'appétit , je ne dis pas ; il était solide de part et d'autre ; mais je ne lui avais pas dit que j'étais sans monnaie , parole d'honneur. Vous devez innocenter mon ami.

M. le président. — Malheureusement votre ami n'en est pas plus que vous à son coup d'essai; vous avez été condamnés tous les deux pour m! fait absolument pareil en 1839.

Jolivard. — Alors, si vous savez ça, mettez que je n'ai rien dit, et condamnez-nous tous les deux.

Le tribunal s'empresse de remplir ce dernier vœu , en condamnant les prévenus chacun à six mois d'emprisonnement.

(Gazette des Tribunaux,)

JUSTICE DE PAIX DU CINQUIÈME ARRONDISSEMENT. Le pire Coupe-Toujours !...

Parisiens , vous devez le connaître , ce héros de la grande cité, celte vieille réputation gastronomique, ce personnage si vanté... le plus popufaire des hommes riches... le plus riche peut-être des hommes populaires... Son nom, vous le savez d'avance. Il doit avoir, il est vrai, pour sa famille, ses proches et son portier, un nom à part, comme Jean, Pierre, Louis ou Barnabe, mais son nom véritable, celui qui a été célébré par les trompettes de la renommée, c'est celui de père Coupe-Toujours... 11 est le régénérateur de la pâte ferme... de la galette chaude, il est cher à ces titres à bien des cœurs et des estomacs reconnaissans. 1! subit aujourd'hui le sort de tous les grands hommes, il a des ennemis, témoin M™ "Barbillon, cette vieille qui lui a fait un procès.

Barbillon au juge. — Le voilà, je vous l'amène, ce débaucheur déjeunes, cet endoctrincur de petits garçons... je vous le livre... il est cause que Fil: ne sera peut-être pas avocat.

Le juge. — Qu'est-ce que 1 , '

Mme Barbillon. — Un fils que j'ai eu en 1822, l'année qu'il a fait si froid... Figurez-vous qu'il est né pour faite un avocat ficelé, c'est un garçon qui parlerait pendant toute une soirée sans cracher,., eh bien ! le père Coupe-Toujours l'empêche de réussir : c'est la galette qui tuera sa carrière.

Le père Coupe-Toujours. — La galette qui l'empêchera d'arriver?.,,

quelle bêtise! demandez à M. Thiers, qui me faisait l'honneur d'en manger tous les soirs avec M. Félix Bodin, il y a une dixaine d'années., e Us en prenaient pour quinze centimes à eux deux... demandez-lui doue si cela a nui à son avancement.

MDC Barbillon. — Cte malice, ils eu mangeaient, ces personnes, ils n'en faisaient pas... aulieur que Fili en faillies bottes... et il n'en mange pas... ce qui est peu engraissant...

Le juge. — Voyons, madame, que réclamez-vous à monsieur.

M"c Barbillon. — Qu'il me rende le Gis dont j'ai parlé et qu'il a trouvé bon de mettre au four. (Rire général. Imaginez-vous que j'avais envoyé mon (ils à Paris pour étudier avec son oncle, qui est garçon de bureau à l'Ecole de Droit ; je le croyais déjà savant comme un greffier... l'arrivé il J a huit jours à Paris; je descends de voiture et je cours de suite au boulevart Saint-Martin, où mon frère a son domicile. En passant, j'avais une faim atroce... je vois une boutique de pâtissier : Deux sous de galette? que je demande. ; bœuf! qu'on me répond en me

jetant la pâte chaude... Grand Dieu! cel Enlevez*, me lit frissonm ctai les yeux sur l'être qui me détaillait ce comestible, et, bien qu'il possédât un bonnet de coton, je le reconnus : c'était mon lils... Je veux aujourd'hui qu'il ire le rende, qu'il le sorte du pétrin, cet homme qui exploite mon enfant.

Le père Coupe-Toujours. —Je respecte vos sentimensde mère; seulement je nie permettrai une observation : c'est votre Gis qui a sollicité d'entrer chez moi comme apprenti... Il aimait la galette, le coquin, beaucoup mieux que les S(/it Codes ; il m'a demandé à en faire.

M • Barbillon. — Que m'importe, si vous l'avez écouté!'... Tant pis pour vous... moi je veux qu'il soit avocat. I n garçon qui a une platine précieuse re doit pas la perdre.

Le père Coupe-Toujours. — Mais, madame, il est déjà d'une jolie force au rouleau ; il vous fait un gâteau comme un pâtisier sexagénaire... Je trouve que ça devrait être ilatteur pour vc

M"' Barbillon. — Pour moi! un entant qui doit porter une robe et un bonnet carré !... llattée de le voir en mitron , ni plus ni moins que s'il avait été créé et mis au monde pour faire des brioches!... En voilà d'une belle , par exemple !

Le père Coupe-Toujours. — Est-ce qu'il n'y aurait pas moyen de contenter tout le monde ? S'il voulait être pâtissier depuis midi jusqu'à cinq heures , je le laisserais à l'école le matin '.' Comme ç i je rattrapera frais de son apprentissage.

M"" Barbillon.— Oui , et si ça se savait quand il plaidera ?

Le juge. — 11 n'y aurait pas de déshonneur. D'ailleurs cet arrangement évitera un jugement et donnera à l'enfant les moyens de se suffire à luimême, puisque son maître le nourrit.

L'orgueilleuse m ss quelque hésitation, consent à laisser rayer

• du rôle.

Le père Coupe-Toujours, s'en allant.— Vous avez bien agi dans l'intérêt de i s'il fait four au barreau , il retombera

dans la pâle... 11 aura :oujours des croûtes à man

GARDE NATIONALE DE PARIS

CONSEIL DE DISCIPLINE I>r. LA QUATRIÈME LÉGION.

• .—Je vois ce que vous allez me dire : j'ai manqué ma garde ; c'est de la part d'un lancier de la civi , ça m rite punition... Eh ., à mon tour, je vous dirai comme le papa Thémistocle, un cavalier des anciens temps : Frappez, mais écoutez. Le président.- -Voyons, pourquoi n'avez-vous pas été au p i

.lié au manège Saint-Denis, n'ayant pas les moyens de nourrir une bêi mdai comme d'hab tude un y

à tant par jour... On me délivre une bêle noire, i douée d'une qui je lui monte sur le (h*-, ei donnant de l'épe-

ron, nous voilà partis. Tout-à-coup je vois mou cheval qui quille le pavé et

qui entre dans la boutique d'un pâtissier. (Rires.) 11 y avait justement la un Anglais qui mangeait une tourte avec sa femme... Le satané cheval faillit lui monter dessus.— Goddam 1 Gt l'insulaire, vo laissé entrer cet animal dans lé pastrycook. Il prenait mistress Primerose pour une botte de foin... Tirèz-lui son bride... rascal, faquine, coquine, lirez son petit bride !... —Tiens lui répondis-je, à cel enfant d'Albion, lire lui. son bride, ça t'est facile à dire. Riregénéral.) Le Fait estquema bête, qui avait couché sa tète sur un gâteau de Savoie, se mit en devoir de dévorer son oreiller. (Hilarité.)

Le président. — Sortltes-vous de la boutique ?

Valois. — Oui, après trois coups de pied, je fus assez heureux pour qu'on nous mit à la porte , mou cheval et moi, l'un portant l'autre... Je continue mon chemin vers le Carrousel, quand ma satanée monture . en passant rue de la Monnaie , tourne à gauche brusquement : je n'ai que le temps de me baisser : j'étais entré bride abattue dans un restaurant à trente-deux sous (un franc soixante centimes, je veux dire). (Rire prolongé.) On me dit aussitôt qu'on ne logeait pasà cheval , et qu'il fallait payer trois carreaux de \itres que j'avais cassés avec notre schako, rendant que je réglais ce compte, que faisait ma rosse, je vous le deman le ? Elle avait passé sa tète dans la montre et elle était en nain de dévorer un vol-au-vent... (Rires prolonges.: La bête avait fait carême avant carnaval; elle avait la panse creuse comme un tambour.

Le président. — Quelle était la cause de son carême?

Valois. - Ou me l'apprit au restaurant... M. le directeur du manège m'avait trompé : mou cheval avait une vue extrémemei l : je dirai

plus, il était aveugle. (Longue hilarité.) Vous i que j'ai dû chan-

ger de palefroi.

Le président. — C'est ce qui a motivé votre

Valois. — Oui , monsieur. I ie.ur/, pitié d'un pauvre ai :, s'il vous plait.

\aloisest acqui {Audience.)

TABLETTES DES CIXQ JOURS

l'aita divers.

31 décembre.— Un de nos correspondans en Syrie, dit \'l nil, d s, rvice Gazette nous donne les détails amusaus qui suivent sur le séjour du commodore N'apier en Suie :

« Représentez-vous, dit notre correspon lant, notre vieil ami le commodore, la tête couverte d'un chapeau i les d'une immense dimension, en manche de chemise el mont'' sur un âne, avant les main Les relevées, comme s'il allait égorger un porc, marchant ainsi à la tète d'un bataillon de marine sous imandement; et ne soyez p;s surpris que 1 bleues lui aient donné 1 sobriquet de Ma : •/.-vous, si vou I , un corps d taires conduits par un tel commandant, au lieu d'un des brillans et fashioi braves troupes de marine ! Cela est vraiment tresinible; mais néanmoins je puis vous assurer que c'est l'exacte ■. « — On écrit de Constantinople, s décembre : t es tristes prévisions auxquelles avaient donn • lieu les mauvais temps des jouis derniers ne se sont malheureusement que trop réalis i t mer Noire est couverte des débris des bâtimens qui ont fait naufrage, et de nombreux cadavres ont été trouvés sur différens points de la côte. On ne enduc de tous le, sinistres, ce n'i ït que la suite qui pourra en donner une juste i lue.

ins le port de Co I nnmages; le

port a beaucoup souffert. »

" l n ! eau perroquet gris vient d'être acheté par le prin c Mbert, qui i livres sterling. C'est un tarquable : il prononça

parfaitement bien près duhuiicem le aussi plusieurs

emcnces en français; il chante avec beaucoup d'expression, du moins en apparence, le premier vers de la chanson : The flag theat braver a thousand years, etc. (le pavillon qui a bravé pendant mille ans, etc.), et il chante aussi assez burlcsquement le premiers vers de Jun Crow, puis il en siffle l'air et danse d'après cet air de la manière la plus plaisante. Si l'oiseau voit quelqu'un prendre un verre de vin, il lève la patte droite et cric gâtaient : A la santé de la reine Victoria, toast qu'il varie selon les circonstances par ceux-ci : A la santé de S. A. R. le prince Albert, et à |a santé de la princesse royale ! que Dieu la bénisse ! Ce perroquet a été confié aux soins immédiats de la baronne de Lehzen. »

1" janvier.— La Gazette universelle rhénane mande que d'après un bruit généralement répandu, l'un des premiers princes catholiques allemands aurait l'intention d'entrer dans un couvent en suivant l'exemple de Charles-Quint. Les beaux-arts , dit cette feuille , perdraient par là un puissant protecteur.

— On lit dans le Glaneur du Haut-Rhin :

» !\ous apprenons de source certaine qu'il vient d'être affecté un million de francs par M. Louis Mertian de Ribeauvillé, demeurant à Paris, à la fondation, à Ebermunster (Bas Rhin), d'un établissement destiné à recueillir des orphelins pauvres de toute l'Alsace, et à les mettre en éta d'exercer des professions industrielles. »

— Lundi, une foule immense était réunie sur le pont de Southwark, à Londres, pour assister aux exercices aussi effrayans qu'étonnans du fameux plongeur James Scott. Le fleuve chariait d'énormes glaçons, et l'on ne pouvait pas croire qu'un homme serait assez hardi pour se précipiter au milieu de ces masses flottantes. A trois heures, James Scott s'étant, après avoir fait sa collecte, placé sur l'extrémité de l'arche centrale du pont, cria à haute voix : « Messieurs, vous allez voir un homme se casser la tête. » Le plongeur américain se précipite avec la rapidité de l'éclair, et disparaît dans les Ilots. Quelques secondes aprè , on voit reparaître ses jambes, puis il se retourne lestement, et se montre jusqu'à mi-corps hors de l'eau. Jl nage pendant quelque temps au milieu des glaçons, et finit par monter dans un bateau. Son costume se composait d'une chemise à carreaux bleus et d'un pantalon de grosse toile. {Globe.)

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