DESCRIPTION
DE TOLS LES GENItES DE Tl l;i: v \s ET COIFFI ms MODERNES D'EGYPTE, smiii , 11 coi il-:. ETC:
Le mot turban est corrompu de tulipah ou tulpent, qui, dans la langue turque, désigne ce genre de coiffure adopté par la plupart des Orientaux et surtout pour les sectateurs de Mahomet.
Les différentes parties qui se placent sous le turban sont: le taJîie, petit bonnet de coton blanc piqué, dont le bord est ordinairement festonné oO même bfodë à jours très variés; le tarbouch en Egypte), calotte de laine rouge foulée, terminée par un dot de soie plus ou moins
fourni; le fessi ou fez des I lires, généralement porte a Constantinople,
et qui ressemble assez au tarbouch; seulement il est plus élevé et cylindrique; le Mot en couvre presque tout le dessus el retombe en nappe sur un de ses bords. Ces éfégans placent dans le Dbl une broche d'or ou d'ar.'ent, qui est d'ordinaire un croissant ou un bijou quelconque. On J remarque aussi une découpure de papier qui reste sous le Mot, comme
pour faire croire que le bonnet fesl neuf, lors même qu'il ne l'est plus.
On fabriquait autrefois les tarbduchs él les tèt s Venise; il s'en exporte de France aujonrd'hui; on en fait aussi à Tunis el en Egypte.
\vec le costume a la nizam égyptien t . lé tarbouch te porte sans turban. Quelques Egyptiens ohl l'habitude de mettre deux ou trois tarbouchs superposés pour se garantir des coups de soleil et des lièvres
Le turlian est un ImiL' morceau de mousseline, la plupart du kfehips imprimée, brodée bu brochée. Ces éachefhires sefVenl aussi de turbans au temps froid.
I , Ni/am Djedid, était le nom de la milice turque, créée par Sélim III. .que, la campagne des Français en I -•' pi'' pour lejerccr aux évolutions européennes. Ce corps n'existe plus; le pacba en a conservé l'uniforme comme plus propre au aervicc militaire.
Les émirs, qui se prétendent descendant directs de Mahomet, portent le turlian vert, el eux seuls jouissent du priviélge de l'avoir entièrement de cette couleur qui est celle du prophète Ceux des autres Turcs si mt blancs ou rouges. Le turban du Grand-Seigneur est de la grosseur d'un boisseau, orne de trois aigrettes enrichies de pierreries; celui du grand visir n'en a que deux ; d'autre offl tiers n'eu peuvent porter qu'une seule, et les subalternes n'en ont point. Maintenant le turlian est devenu très rare a Constantinople, par suite «lu changement d.uis le costume introduit sous Mahmoud. C'est en Egypte el surtout en Syrie que le lurhan s'est conserve. Ces h.ihitans de Bethléem ont un bonnet dans le genre du fez, qui retombe en dehors du turban, à la manière des bonnets napolitains. En Egypte el en. Syrie, la basse classe porte le lurhan blanc, rouge ou jaune (en lame. , quelques uns sont même en toile de coton. \u temps froid, on met par-dessus une draperie qui s'enroule sous le menton et autour du cou, retombant sur l'épaule. Ces pauvres d'Egypte n'ont sur la tête qu'un lib-deh, sorte de tarbouch blanc ou brun en laine foulée. Ces Persans ont un turban de laine rouge ou de taffetas blanc rave de rouge, L'usage de la distinction du rang social par le lurhan ou le vêtement est 1res ancien chez les Orientaux. Ces esclaves OU domestiques ont le turban très petit et peu bouffant ; les artisans et les marchands les portent moins serres et très larges en Syrie; les scribes, les savans, ulémas
professeurs de jurisprudence . el en général les lettres, portent le turban en bourrelet ires serre et haut en Egypte .
Quelques derviches de la secte dite de Ri/ah, portent le turban en laine noire ou olive foncée, ou île mousseline de mêmes couleurs; les bonnets des derviches, suivant les nations et Les ordres, portent, quelques uns le turban égyptien ou turc, dit ckaouck, coiffe piquée; d'autres le bonnet pointu turban souvent brode de lettres noires sentences OU invocations saintes).
Les Juifs et les Cophtes ont le lurhan de mousseline OU de toile noire OU bleue; les mousselines se distinguent parties turbans noirs, bleus, grisou brun clair, ainsi que par leurs habits de couleurs : sombre-. Ce patriarche et l'evèque des Cophtes portent un turban plus rond cl plus ample que celui des antres Cophtes; celui du prêtre cophte est
d'une longue bande étroite qui était autrefois portée au Caire par tous les Cophtes. Ce désir d'imiter les mousselines a l'ail changer celle mode. La couleur des turbans juifs est la même que celle des sujets chrétiens ; us Juives de l'Egypte se voilent et se confondent pour le reste du costume avec les autres femmes.
La coiffure des \rabesdu désert consiste en un fichu carre, rave rouge et jaune, ou vert et rouge aux deux extrémités opposées par i frange
en soie torse, dont chaque brin finit en petite houppe de plusieurs COU-
leurs. On replie un des coins de ce fichu qui se nomme caffieh ou i
sur le front el en dedans, sans mettre le tarbouch, de manière que le
reste du caffieh pende de chaque côté de la tête. I ne corde en poil de Chameau, brune OU noire, rattachée de distance en dislance par îles
ru lux île laine de couleur, semblable à la ceinture de nos hussards, se roule autour du crâne en guise de turban; les pans de l'étoffe, qui
tombent de iliaque côté du visage, rappellent beaucoup la coiffure du Sphinx. Ces coins llottans ont pour 1ml île garantir <\u froid le COU el le bas du visage dans la nuit. Ces arabes les relèvent en les croisant de
chaque côté smis la corile du chameau. — \ I lam.is et ,iu ( !aire, on remarque des cafliehs lies riches en s, ne de couleur el noirs clans ei or Ces derniers sont Ires beaux et se portent surtout en Syrie. OÙ la corde
île chameau es) remplacée par le turban Le caffieh se porte quelquefois
en turban sur le tarbouch Seulement ; il se ploie à plat comme une cravate, el plaque sur le crâne, suis beaucoup de relief. La plupart des Bavasses, au Kaire, el quelques personnes de fasse extraction le portent. Manière d'ajuster let turbans, — Les orientaux possèdeni au plus haut degré l'arl de draper le turban L'étoffe d'un turban esi ordinairement un carré long , quelquefois de quinze ou vingl pieds. M faut être
deux pour le rouler convenablement. I ne des personnes tienl ,i ileux mains une extrémité du cane par les coins, tandis que l'autre tienl danj,
uue sei le main le coin opposé du bas (l'étoffe étant dans un plan vertical), di manière que le coin supérieur retombe de lui-même et se reploie suivant une diagonale. Alors en même temps la torsion s'opère, chacun s des deux personnes tournant l'étoffe en sens inverse de l'autre comme pour tordre un linge mouillé.
Pour l'ajuster sur la tête, on saisit de la main gauche le bourrelet dont on laisse dépasser i,hors de la main, du côté du petit doigt) une longueur d'environ deux mains ; ou place le rouleau sur la tempe près de l'oreille gauche, tandis que le bourrelet tourne derrière la tête, en couvrant presque entièrement l'oreille droite et biai«aht sur le crâne ; on fait deux ou trois tours parallèles et le reste des tours en sens opposés ou en croix de manière à couvrir l'oreille gauche. On continue ainsi jusqu'au bout de ce bourrelet , dont on fixe l'extrémité sous la dernière torsade : on relève alors l'extrémité qui a été posée en premier sur la tempe gauche et sur le tarbouch , et on la passe eu dessus du turban , ce qui en forme comme une embrasse qui le consolide. Le tarbouch doit être préalablement très enfoncé sur les oreilles pour plus de solidité.
Les turbans africains ne se croisent pas ; le bourrelet en est très serré et forme la spirale.
En Syrie , ils sont très larges et peu tordus, ce qui est beaucoup plus pittoresque. En voyage , certains Turcs , pour se garantir du froid , en déroulent une partie dont ils s'enveloppent le cou et le menton , le fixant sur la tête. Les ceintures servent quelquefois de turbans.
Les Moucres, paysans du Liban, ont sous un turban ordinairement jaune une sorte de bonnet pointu en feutre blanc dans le genre de ceux des derviches.
Le jour d'une noce turque les époux reçoivent en cadeau chacun une chaise pour placer, l'homme son turban, la femme sa coiffure.
Un voyageur, ami de l'auteur de cet article, raconte qu'un jour un
barbier de Constantinople lui a drapé le turban de soixante-six manières
différentes.
{Magasin Pittoresque.)
TABLETTES DES TROIS JOURS
Faits divers.
25 — Berlin, 18 février. Le mariage de S. M. l'ex-roi des Pays-Bas avec la comtesse d'Oultremont a été célébré ce matin dans le palais du prince Albert, d'après le rite catholique. Les témoins de cette cérémonie étaient LL. AA. RR. le prince et la princesse Albert de Prusse ; le comte Perponcher, ministre des Pays-Bas à Berlin , et M. de Brauchitsch, général au service de Prusse.
— La plupart des journaux anglais ont annoncé la semaine dernière que sa majesté britannique était de nouveau enceinte. Nous croyons cette nouvelle exacte et nous voulons être des premiers à féliciter le pays de cet heureux événement.
{Observer.)
— Par suite des dernières pluies , la Loire a débordé à Saint-Just et à Andrézieux. Plusieurs magasins de charbons et des bateaux chargés ou attendant leur chargement ou en construction, ont été entraînés. On nous a affirmé qu'on aurait craint un instant pour le pont d' Andrézieux. D'autres graves sinistres ont eu heu sur le cours inférieur du fleuve.
— On écrit de Nîmes, le 18 :
« Les eaux du Rhône, grossies de nouveau par la fonte des neiges que provoquent encore tous les jours d'abondantes pluies, ont franchi les barrières qui commençaient à leur être opposées, et ont envahi tout le temtoire qui s'étend depuis Beaucaire jusqu'à Aiguës-Mortes. Les communes de Saint-Gilles et de Bellegarde sont cachées sous les eaux ; nos campagnes ne présentent plus que l'aspect d'un lac immense que
traversent avec force de rapides torrens , emportant avec eux toutes les semences qui venaient d'être pour la troisième fois confiées à la terre. Aujourd'hui tout espoir de récolte est perdu. »
— On lit dans le Times.
« On a fait samedi l'expérience d'une invention curieuse. L'essai a eu lieu chez M. Royd, dans le comté d'Essex, en présence de plusieurs personnages distingués. Un bateau long de vingt-trois pieds et large de sept pieds avait été rempli de blocs de bois de charpente de quatre pieds et demi d'épaisseur, croisés dans toutes les directions et fixés par des point es de fer de huit pouces. Le capitaine Britten constata qu'aucune matière combustible n'avait été introduite dans le bateau, et que tout moyen de destruction devait provenir de l'extérieur. Tous les spectateurs prirent place. Aussitôt le bateau a été mis en mouvement, et à un signal donné par l'inventeur il a été à l'instant même brisé en mille pièces. Au moment de la destruction , l'eau a pris la forme d'une vaste boule, avec des bouillonnemens. La colonne d'eau, s'élevant brusquement, a lancé à plusieurs centaines de pieds d'élévation les fragmens brisés du bâtiment. Les officiers de marine présens à l'expérience connaissaient seuls les moyens mis en usage, et l'inventeur a offert de confier les; détails à deux ou trois officiers supérieurs. A une question de M. Hardius, l'inventeur a répondu que, sans avoir besoin de tout le train d'une batterie , une mule suffirait pour le transport des moyens nécessaires pour faire sauter les forteresses les plus formidables en Europe. Ceci parait douteux; mais, d'après ce que nous avons vu, nous n'oserions' pas dire la chose impossible. L'inventeur assure que cette terrible puissance n'est connue que de lui seul. La machine qui a produit l'explosion, et qui a fait sauter en l'air un bateau pesant deux tonneaux et demi, et chargé de cinq tonneaux et demi de bois, ne pèse que dix-hnit livres.
26. — L'Académie française s'est réunie aujourd'hui, à midi, pour procéder à l'élection d'un membre en remplacement de M. de Bonald. Les suffrages se sont répartis de la manière suivante :
Premier tour de scrutin. — Nombre des votans, 34; majorité absolue, 18.
M. Ancelot a obtenu 14 suffrages, M. de Tocqueville 12; M. Vatout 5, M. Kératry 1 ; billets blancs, 2.
Deuxième tour de scrutin. — Nombre des votans, 34; majorité absolue, 18. M. Ancelot a obtenu 18 suffrages, M. de Tocqueville 14, M. Vatout 2.
En conséquence, M. Ancelot ayant réuni la majorité absolue des suffrages, a été proclamé membre de l'Académie française en remplacement deM.de Bonald.