TRIBUNAUX ETRANGERS
JUSTICE DES AVVHlKxs M DES TAKTABES ni cvii.vsi:. — si
m X OFFIC1EB RUSSE l.r DE CINQ sol.livis.
Tillis ,1; orgie . i décembre 1840.
Parmi les belliqueuses tribus qui habitent les montagnes du Cai
une des pins nombreuses Cl la plus redoutable peut-être, esl celle .les
Avarions. De pure race Mongole, cille peuplade, dont nul mélange n'est
venu jusqu'à ce jour corrompre le sang turt.uv. a CO IServé les mœurs, les
i jusqu'aux supiTstiiiuiis des anciens sujets de i Ijengis-Klian Retranchés dans les montagnes couvertes de sapins qui s'étendent de l er-
1 i ibr /, désigné dans leur langage sous le nom du Mont aux
sept crin resde neige, les ovariens, comme lesTchetchenets, les 1 1
les Vbaseset autres montagnards circassiens, font une guerre contini elle
aux Russes, et regardent comme leur principale richesse le butin qu'ils
peuvent ravir, ainsi que les prison rS qu'ils font dans leurs incursi U1S
subites, et qu'ils vendent d'ordinaire aux Kurdes, aux Vrinéniens 1 Persans 1 n usage particulier aux Vvariens qui, ainsi que les autres Iribus guerrières, partagent entre eux les prisonniers à la suite de 1 h qu 1 oinbal ou de chaque expédition heureuse, esl celui-ci : Les 1 iïsi réunis tous sur un même point > demeurent exposes pendanl sep: soleils, afin que ions les membres de la tribu puissent les examiner, se mettre en rapport avec eux et leur faire les questions qu'ils peuvent juger convenable de leur adresser Le huitième jour, un tribunal compi se de six
vieillards choisis parmi les plus célèbres cl les [dus hoiion
auquel se joint le Khan, qui le préside, s'assemble pour écouter loi accusations qui peuvent être portées contre quelqu'un des prise Les jugemens prononces avec équité parce redoutable tribunal, reçoivent immédiatement leur exécution, et lorsque la peine prononcée a été la mort, une indemnité, qui s'arbitre de gré à gré, est accordée àjeelui ou
a ceux des \variens a qui les prisonniers mis .1 morl appartenaient e avant été pris par eux au perd de leur propre vie.
1 ne de ces s ss d'assises sauvages des Vvariens , dont les journaux
russes nous transmettent les détails , a eu lieu récemment dans la forêt de Boujnaki , non loin de riflis, point central du gouvernement de Géorgie,
Le 10 du mois de juin de l'année dernière, un engagement meurtrier, presque une bataille , eut lieu entre les troupes russes commandées par les généraux Test, Rrabbe et Syzojëf , et les tribus circassiennes réunies sous fe commandement de Schammil, Khan des Tehetchenets , qui est considéré maintenant comme le chef suprême de la fédération de toutes les tribus de montagnards.
Le combat, livré dans la vaste plaine de Daghestan, au pied des collines de Soutka, dura depuis l'aube du jour jusque long-temps après le coucher du soleil. Les montagnards, alors, après un éclatant avantage remporté sur les troupes disciplinées du ezar, regagnèrent leurs retraites inaccessibles,chargés du butin et emmenant avec eux de nombreux prisonniers. Les Avariens, qui, pour leur part, avaient fourni à cette expédition si habilement dirigée par Schammi un contingent de mille cavaliers sous les ordres de Baty-Mirza , fils de Mendly, leur khan, revinrent à leurs tentes avec cent trente-huit prisonniers enlevés par eux dans les rangs russes.
Au centre de la forêt de Boujnaki, dans une clairière, d'où ont été arrachés par la main des hommes ou détruits par les flammes les pins séculaires et les chênes noueux, s'élève une sorte de cabane couverte en roseaux, que l'on appelle le château du khan. C'est un des abris, un des points de halte de ce souverain nomade. L'extérieur de cette demeure est loin de ressembler aux palais somptueux des khans tartares de la Crimée; mais, au dedans, on trouve le même luxe oriental, la même richesse et cette abondance provenant de subsides et de dîmes prélevés le yatagan à la main. Autour de cette retraite priucière, deux ruisseaux serpentent protégés par d'abruptes massifs de rochers; la route qui y conduit, et qu'entrecoupent des accidens de terrain résultant les uns de quelque convulsion de la nature, les autres disposes par un art habile bien que dans l'enfance , serait du reste inaccessible et impraticable pour tout autre qu'un Avarien.
Ce fut sur ce plateau que furent exposés les prisonniers russes contre les tentatives de fuite desquels les précautions suivantes avaient été prises : chaque prisonnier, les mains fortement liées derrière le dos, avait en outre autour du cou une de ces cordes à nœud coulant dont les Tartares se servent pour prendre les chevaux sauvages, et qu'ils nomment arean. L'extrémité de cette corde se trouvait fixée à un centre commun, à un poteau de bois profondément enfoncé en terre. Une cinquantaine d'Avariens, armés de fusils et de yatagans, veillaient continuellement sur les prisonniers, tandis qu'à tous les momens de la journée les membres de la tribu venaient se promener sous cette espèce de préau, regardant avec une curiosité inquiète les malheureux ainsi exposés, cherchant à reconnaître leur physionomie, et leur adressant d'insidieuses questions tant en idiome tartare qu'en langue russe.
Dans la résidence du khan siégeaient les six vieillards qu'il s'était adjoints , car les juges doivent être au nombre de sept, ainsi que les sommets ou crinières blanches de l'Klbroouz, que la tribu des Avariens considère comme le siège de divinités qui jugent les hommes après leur mort.
Après sept jours passés dans ces formalités préliminaires de jugement, au moment où l'aube commençait à percer de ses premières lueurs la verte et vigoureuse ceinture de feuillage que les chênes et les pins opposaient à sa clarté, un Avarien frappa trois coups sur les cymbales d'argent continuellement suspendue devant la demeure où s'arrête le khan. A ce signal, Mendly-Rhan et les six vieillards sortirent.
Les Avariens ne sont ni mahométans ni chrétiens; leur religion, si l'on peut donner ce nom à leurs singulières croyances de paganisme, consiste à attribuer un pouvoir éphémère, mais surnaturel, au premier objet de la nature qui frappe leurs yeux au commencement de chaque jour. La divinité qu'ils se. créent ainsi, et à laquelle ils accordent une foi aveugle, ne dure pour eux que vingt-quatre heures, et est le lendemain remplacée sans plus de logique ni de raison.
En sortant de la tente, le khan et les vieillards qui l'accompagnaient élevèrent leurs regards vers le ciel, et Mendly-Khan apercevant un cor-
beau qui semblait se baigner et nager dans l'air : « Le corbeau est Dieu ! » s'écria-t-il, et à l'instant autour de lui s'élevèrent des tris d'adoration et d'allégresse.
Un tapis fut alors étendu à terre, en forme de fer à cheval ; les juges y prirent place en s'asseyant à la turque, le khan au milieu ; les cymbales commencèrent à retentir bruyamment, et lorsque le bruit cessa, sur un signal du chef, trois accusateurs se présentèrent.
n J'ai reconnu cinq des prisonniers pour être de véritables Cabardiens (Circassiens de la plaine), >■ dit en s'avançant au milieu du cercle Ali- Kaztan, un des plus valeureux cavaliers avariens; ces misérables transfuges servaient dans les rangs des troupes russes; ils sont encore revêtus de l'uniforme des soldats esclaves ; je les accuse de trahison, car ils ont porté les armes contre leurs frères ; je demande qu'ils soient punis de mort.
Le second accusateur, Mohammed-Bey, parut ensuite. >< Au nombre des prisonniers, dit-il, se trouve un officier russe, dont je réclame le supplice. Cet officier, dont le nom est Fint-Mayer, est venu l'année dernière dans nos montagnes sous un vêtement de simple soldat , et s'est présenté à nous comme un déserteur. Nous l'avons accueilli avec pitié parce que nous l'avons cru malheureux. Il a couché sous nos tentes, il a mange noire riz, bu notre kumys, puis il est retourné parmi les siens leur dire ce qu'il avait surpris sur notre force et sur nos projets. L'officier Fint- Mayer est un espion russe; je demande sa vie en réparation de son crime lâche et odieux. »
Azral-Leng, le troisième accusateur, reprochait à un autre officier, Nicolas Buchanof, de l'avoir trompe à la foire de Vladicaucase, en lui donnant de la monnaie d'or renfermant de l'alliage, pour prix de deux chevaux qu'il lui avait vendus, suivant l'usage des Circassiens et des Avariens qui, même en pleine guerre, se rendent à Vladicaucase pour y trafiquer avec les Russes, quittes à reprendreles armes aussitôt la foire terminée.
« Nous avons entendu les accusations d'Ali-Kaztan, de Mohammed- Bey et d' Azral-Leng avec une oreille impartiale, dit en se levant de son sieije Mendly-Rhan : que les accusés soient amenés, et par le corbeau, dieu delà journée,nous jurons de ne nous asseoir ni prendre repos avant que justice ait été faite ou des accusés ou des dénonciateurs. »
Les cinq Cabardiens faits prisonniers dans les rangs des troupes russes parurent d'abord. Ils convinrent de leur origine circassienne, mais ils alléguèrent successivement pour excuse qu'ils avaient été forcés et contraints par les autorités moscovites d'entrer et de demeurer au service de l'empereur.
« L'oiseau enfermé fuit et. regagne ses forêts sitôt qu'il trouve la porte Je sa cage ouverte, » dit le khan.
Les Cabardiens gardèrent le silence; un d'eux cependant, prenant la parole après quelques secondes d'hésitation : « Nous ne nous sommes pas battus contre nos frères, dit-il.
— Et tu as tué au moins quelque esclave russe? interrompit le khan.
— Non, jamais ! répliqua avec un soupir le Cabardien. »
Un silence se fit dans l'assemblée ; les juges paraissaient se consulter, et la foule s'éloigna pour ne pas troubler leur délibération. Trois coups de cymbales la rappelèrent, et le khan Mendly prononça l'arrêt suivant :
« Soit loué le corbeau qui prête sa lumière à la justice ! Les loups ne combattent pas leurs semblables les loups; il ne doit pas y avoir de Circassiens qui fassent la guerre aux Circassiens. Traître est celui qui, dans l'intérêt de l'esclavage, prend les armes contre ses frères fibres. Que nos yatagans tombent sur la tète des Moscovites comme les grêlons de l'orage sur un champ prédestiné à la destruction. Qu'ils disparaissent comme la fumée de notre foyer; mais en même temps que notre justice frappe les traîtres comme la foudre. Mort aux traîtres ! le pal punira leur trahison.
Les Cabardiens furent emmenés en donnant les signes du plus affreux désespoir. L'officier Fint-Mayer fut amené; mais à toutes les questions
que purent lui adresser les juges, il refusa de faire anémie réponse, se nmteiitant, par ses gestes, d'indiquer qu'il n'entendait nullement le lan- . ige du pays.
tfohammed-Bey, son accusateur, demanda alors a faire entendre des témoins: plusieurs s'avancèrent, et tous déclarant qu'ils reconnaissaienl de la manière la pins positi\e l'oflieier. le khan prononça l'arrêt qui le
condamnait .1 avoir les veux arrachés de leur orbite, parce que, disait-il,
c'était par leur aide qu'il axait trouve le chemin de la tribu; a avoir les jamlies coupées ensuite, parce que c'étaient elles qui l'avaient porte dans le pays; a avoir les oreilles liotiehees à l'aide de plomb fondu, parce que ces oreilles avaient recueilli les paroles des ovariens; à avoir la langue coupée, par» qu'ils s'en était servi pour reporter ce qu'il avait vu et entendu, et a être enfin mis a mort par le supplice du pal.
\u prononce de cette condamnation barbare, le malheureux officier perdit le stoïcisme dont il avait fait preuve jusque-là , et abandonna sa aition. Il se répandit alors en menaces, en imprécations, et dans son desespoir frénétique présagea en langage cabardien une vengeance prochaine de l'insulte faite en sa personne à l'empereur.
\,,tu justice est (nste! s'écria alors te khan; puis embrassant avec effusion Mohammed-Bej . bénie soit ta découverte, M dit-il, ce Russe était réellement un espion ; laissons-le hurler, le pal lui aura bientôt glace la langue. »
I .'accuse lliichanof, cet autre oflieier qu" \zral-I.emr accusait de lui avoir donne en paiement de la monnaie altérée, parut le dernier devant les terribles juges. « L'or que j'ai donne pour prix des chevaux , dit-il, est celui-là même avec lequel le payeur de notre corps d'armée m'avait quelques jours auparavant compté ma solde. S'il n'est pas au titre, ainsi que ledit mon aecuSHU i;r. la faute n'en saurait retomber sur moi avec justice, et vous pnuvc/ vous Convaincre avant de me condamner que cette monnaie a cours dans tous les étals de mon ammste maître l'em-
pereur.
— Dis-tu bien la vente,' demanda le khan en jetant un regard pénétrant SUT l'ofiicier qui conservait une contenance noble et impas
— Je dis la vente, j'en atteste la sainte \ ierge I : Saint Nicolas, répondit Bnchanof; quand on esi digne de porter l'épée, on ne cherche pas ,i sauver sa \ te par on 1
— Je suspends l'a» mtre toi, dit alors le khan, jusqu'au moment, puisse-t-il être prochain, on ton empereur t bera entre
nos mains; si ce que tu dis est la vérité, tu seras libre et ton empereur sera puni; si tu mens tu seras puni. et avec ton empereur nous compterons, non pas comme des ennemis, mais comme des juges. »
Le jugement des prisonniers ainsi terminé, les cj mbales recommencèrent .1 résonner avec un bruit effroyable. Les juges se Drent ensuite servir un repas composé de pilaw, de mouton bouilli et de Kunivs. boisson faite de lait de cavale en I ou Les lieutenans du khan pro-
cédèrent au partage du butin et des prisonniers, et les malheureux condamnes furent livres aux exécuteurs, qui procédèrent aux apprêts du Supplice.
Quatre jours après cette horrible exécution, les sentinelles russes placées aux avant-postes de la ligne de l'eredt api avec effroi, aux premiers rayons du jour, six arbres dépouillés de leut écorce et rougis de sang, que les farouches Vvanens étaient venus planter la nuit en face de leurs postes, eu j laissant attachés les six cadavres de Leurs victimes très par les eosralsions de est épouvantable suppliée
Courrier Prançat
THEATRES
\ vt nr.viii.i. — / ,1 Monsieur et une Dame, vaudeville e acte.
par MM. Xavieb, Duvbbt et Lausannj — mm Kavier, Dui Lausanne sont trois hommes de beaucoup d'esprit; mais Même n'en avait pas moins qu'eus c'est ce qu'ils ont eux-mêmes reconnu en lm empruntant le sujet de cettepetite pièce, dont, en deux mots, voici Fanalyse :
Par une nuit orageuse, une dame et un monsieur se réfugient dans une auberge isolée, la dan;. , ipper aux poursuites d'un de ses
adorateurs, le monsieur pour courir sans doute, .1 la façon de don Quichotte, après les av< ntures de grand chemin. Par malheur, cette auberge n'a qu'une chambre ; et, en dépit des bienséances, la position critique dans laquelle ils se trouvent oblige les deux voyageurs à la partager. Toutefois, la dame croit devoir mettre entre eux une barrière invisible en traçant au milieu de la salle une raie que ni l'un ni l'autre ne doit dépasser. Elle fui promettre ., s m compagnon qu'il gardera le silence, et S'endort confiante dans sa lovante. Cependant, à minuit, un carreau de la fenêtre tombe avec bruit, et le bras d'un homme s'introduit par
cette ouverture. Le isieur se levé en sursaut et se saisit du bras;
mais la manche de l'habit lui reste a la main. Cette manche, il la reconnaît; elle appartient à son neveu, qui n'est autre que le soupirant rigible de la dame. Celui-ci. pris au piège, n'a, comme on le pensi rien de plus pressé que de déguerpir, et, le lendemain matin, on le voit passer en diligence devant l'auberge, tandis que le monsieur et la dame se décident à mettre a couvert, sous le manteau de l'hymen, une nuit
pleine d'innoeens mystères
Ce joli vaudeville est tout bonnement l'.nn[ I iln.it l'un chapitre du
Voyage Sentimental, intitulé le Cas de Diticalesse. Il n'a qu'uni qu'une situation; mais cette sene est m agr< abl menl posée, cetb lion soutenue par de si amusans détails, par un dialogue si pétillant de gatté, de verve et d'esprit, qu'il a obtenu un succès brillant, productif, et d'autant mieux mérite que, dans les coulisses, le Monsieur s'i | | Arnal et la Danu M:' Brohan. Bbn. <..
f.wi\ \m'.-Diï wi m 101 s. — Le Veau d'Or, vaudeville en un acte, par M. I>i l'iv — \ l'inspection de ce titre, n'allez pas croire que te Veau d'Or de M. Dupin vienne créer au théâtre un genre nouveau et me u jusqu'ici, le genre biblique. Dieu merci ! le Gymnase ne s'est pas coupable d'une pareille profanation, et le vaudeville dont nous i cupons, n'a de commun avec l'histoire du peuple de Dieu que son litre, applique sans un grand effort d'imagination, à l'idole de nos jours qui
voit a ses pieds bien plus <i adorateurs encore que n'en compta j an
le désert la fausse divinité d'Aaron. M. Ledoux, vrai rejeton de la e d' Vrpagon, est possesseur de ce te 1 récii use idole, il fait profession d'aider, moyennant 95 pourcenl de bénéfice net, son prochain a diss., , , ar avance les ressources d« l'avenir. \ ieux ambitieux, jeunes débi elles, joueurs effrénés viennent chercher chez lui l'ind ispensable alimi nt de leurs honteuses passions, et se prosterner devant le veau d'or. On conçoit qu'un tel homme ne doit pas être fort accessible à des sentimens gi léreux Cependant, le froid et égoïste usurier ne peut, malgré sa dure
enveloppe, défendre son cour d'un peu de reconnaissance envers un jeune clerc d'avoué et une petite ouvrière qui lui ont témoigné qui amitié et qui lm ont rendu quelques légers services de voisinage. C'est
une dette qui pesé trop sur sa Conscience, pour qu'il ne songe pas a l'acquitter. SlaiS COI eut y parvenir sans délier les cordons de sa bot
Les adorateurs du Veau d'Or j pourvoiront, et la divinité ne daig nera
exaucer leurs vieux que s'ils consentent a partager ses faveurs avec jeunes prot< és. v.'est ainsi que LedoUX, met tant a contribution un v.eux
pan- de 1 ranci 1 1 on jeune lion auxquels il prête son argent, assure le mariage d< - - deux petits voisins et donne a la jeune ouvrière une dot qui a le grand mérite de m- lui rien coûter,
CONCERTS
lu concert a été donné dernièrement dans les salons du cercle FouTcy.au bénéfice d'un jeune artiste plein de talent et d'avenir, lus innettes de Chaudesaigues , le duo de Torquato 'lasso par M. e m Lorenzana Garcia, des strophes de Victor Hugo, récités pai 11 \i-
bert. ont recueilli des applaudisst nu i <t 0D1 Contribué au.\
charmes de cette soirée qui avafi réuni un i nblic «lïlitc.
TABLETTES DES CINQ JOURS
Faits divers.
28 février. — Nous trouvons dans une lettre d'un officier embarqué sur la Néréide des détails curieux sur l'état de Saint-Domingue. En voici un extrait :
« Brest, le 18 février 1841.
•■ Embarqués à bord de la frégate la Néréide, le 24 décembre, le 2S nous étions au Fort-Royal pour prendre les ordres de l'amiral, qui nous a expédiés le 29 pour Saint-Domingue, où nous devions prendre cinq millions de francs que le consul général avait annoncés être prêts. Nous avons été trois jours en rade de cette fameuse république. Tout ce que je pourrais vous dire de la misère de ce peuple ne peut vous en donner une idée.
J'ai tout visité, et partout j'ai retrouvé l'aspect de la dégradation et de la corruption. Des hommes en guenilles forment l'armée, faisant une mascarade dérisoire du militaire ; une cavalerie à pied manoeuvrant comme des chevaux au commandement des chefs: au trot, nu galop, etc. Officiers et soldats n'ont pas de chaussure. Celui-ci a attaché avec des cordes des éperons sur sa jambe nue; l'autre, avec un morceau de fer sur une semelle de bois liée au pied, s'est donné des éperons; enfin, sur une compagnie que j'ai visitée minutieusement, je n'ai pas trouve un seul fusil qui put faire feu. Des officiers couverts de lambeaux vous demandent de l'argent.
La fainéantise, la misère dans toute sa laideur, et cette misère du nègre plus hideuse encore , voilà le spectacle qu'offre la ville du Port-au- Prince. La campagne est envahie par les ronces, les campèches, et les lianes rapaces qui obstruent toutes les routes et détruisent les anciennes plantations; car à l'exception Àe quelques jardins cultives çà et la par des noirs , jardins qui sont bien au dessous de ceux de nos plus mauvais esclaves, il n'y a aucune- culture.
Le seul produit de cette colonie est en café, et tous les ans la récolte diminue d'une manière tellement sensible que le temps n'est pas éloigné où elle cessera d'en produire; on n'en plante plus, et les anciens champs de café ne sont pas même entretenus. Les propriétaires récoltent eux-mêmes leurs champs , au milieu des ronces et des herbes, car ils ne trouvent pas de cultivateurs ouvriers, les uns ne voulant pas servir les autres. »
1er mars. — On écrit du département de l'Aisne, le 25 février:
« Le lundi 22 février, M. Théodore Morlain, cultivateur à Leschelles, près Guise, MM. Longnet et Richet, propriétaires à Landifay, étaient à cheval, près d'arriver à ce dernier village pour y fêter les jours gras, lorsqu'ils aperçurent dans la plaine, non loin des haies du village, un énorme sanglier. Lancer leurs chevaux sur cet animal, le poursuivre à franc étrier fut l'affaire d'un instant. Ils ont fini par le harasser. Dans ce moment le sieur Morlain descendit de cheval, sauta sur le sanglier, le saisit par l'oreille et la queue, le terrassa, et lui tenant vigoureusement la tête à l'aide de sou genou qui était appuyé dessus, tira son couteau, et d'une main sure l'enfonça au cou du sauvage animal qui expira cinq minute après. Cette belle pièce de grosse venaison, partagée entre tous les habitansde la commune, est venue fort à point pour ajouter aux joies du carnaval. »
-*Le journal du royaume des Deux-Siciles annonce que le royaume de Naples a été, comme la France, victime d'inondations considérables; les fleuves ont arraché leurs digues et couvert leurs rives, grossies par les pluies furieuses et continues qui ont désolé à son tour l'Italie méridionale. Le Volturne et le Sarno surtout ont couvert de leur eaux les contrées voisines et englouti de nombreux troupeaux ainsi qu'une grande quantité de buffles.
— Les Maronites de Syrie ont demandé au pape le rétablissement de leurs églises, de leurs couvens, hôpitaux et écoles. Le Saint-Père s'est adressé
à l'empereur d'Autriche, demandant que des souscriptions fussent ouvertes en faveur des Maronites. L'empereur, accédant à ce vœu, a permis que des souscriptions fussent ouvertes dans ce but.
— Dans une lettre adressée par un personnage éminent de Saint-Pétersbourg à un ecclésiastique du diocèse de Metz, on lit le passage suivant : Mandez-moi donc s'il en est chez vous comme -en Russie: lis juifs se convertissent en grand nombre parmi nous; des populations entières embrassent le christianisme. J'aime ces conversions, dussent-elles annoncer la fin du monde, dont l'approche doit être, comme le disent les prophéties de la Bible, signalée par la conversion des restes d'Israël. »
— On écrit de Grand-Rieu (Haiuaut), 22 lévrier: « Le sieur Brifiourt- Bobert, en sondant dernièrement l'intérieur d'un verger qu'il possède au centre de la commune, découvrit une riche mine de sable dont la blancheur est tout-à-fait comparable à celle de la neige; des extractions mmédiatement opérées firent reconnaître dans le même terrain: 1° le sable cristallisé employé à la fabrication du verre bine; 2° le sable gras et pâteux propre à la faïencerie. »
— Un fait qui a ému toute la ville vient d'avoir lieu à Grenade 11 est d'usage en Espagne de déposer les cadavres dans les églises jusqu'au moment de les enterrer. Celui de M. José de Gomix avait été enfermé dans sa bière et porté à l'église de sa paroisse. Lorsque le lendemain on voulut lui rendre les derniers devoirs, on le trouva à genoux, au pied de l'autel; il avait forcé le couvercle de la bière où il avait été erfermé. Le mort était vivant.
2. — L'armée française a perdu aujourd'hui un de ses chefs les plus émineus en la personne de AI. le maréchal Victor Perrin, duc de Bellune. Cet illustre guerrier s'est éteint presque sans souffrance, mais après une assez longue maladie. Il a reçu tous les sacremens de l'église.
— On établit maintenant près de la forteresse Nowo - Georgiewsk (Modlin) en Pologne, une grande colonie russe. Des paysans de la couronne du gouvernement de Pleskau y ont fondé les premiers étab'issemens auxquels d'autres paysans russes, occupés jusqu'à présent aux travaux des fortifications île \m\o-Georgie\vsU, pourront se joindre.
— Par un oukase impérial du 13 décembre, un nouveau siège épiscopaJ grec a été fondé pour les colonies russes-américaines. Le nouveau prélat portera le titre : évêque de Kamchatka et des îles Kourilles et Aleoutes,et résidera à Nvoo-Archangel. L'archimandrite Innocent, précédemment missionnaire dans les colonies russes d'Amérique, est nommé premier évêque de ce diocèse.
3. — Le mouvement des voyageurs et les recettes des chemins de fer
de la rive droite ont donné les résultats suivans dans le mois de février
dernier :
Voyageurs. Becettes.
Saint-Germain -18,505 53,821 fr. 60 c.
Versailles 64,570 66,749 20
Ce qui représente une circulation moyenne de 4,040 voyageurs et une
receiie de 4,312 fr. par jour.
4 — Il a été consommé à Paris dans le mois de février dernier, 6,148
bœufs, 1,587 vaches, 4,679 veaux et 34,709 moutons; le commerce à
reçu 490,131 kil. de suif fondu.