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RITES PARTICULIERS ET OBSERVANCES; PÊTES ; ORGANISATION RELIGIEUSE

L'usage de bénir le pain, dans les repas, était une réminiscence des agapes des premiers chrétiens, un symbole de fraternité entre tous les enfants de l'Eglise cathare. Cet usage revenait à chaque repas, lorsque des parfaits étaient présents. L'un deux, le plus ancien ordinairement, avant de s'asseoir à table, prononçait sur les convives la bénédiction, Benedicat vos Deus, et récitait Toraison dominicale; il bénissait le pain, et, après l'avoir rompu, en distribuait un morceau à chacun des convives, en disant : c( Que la grâce ^e Dieu soit avec toi. » Il bénissait pareillement le vin et tous les mets qui étaient servis successivement. Ce pain était fait de froment, de seigle ou d'avoine (1).

L'historien des Cathares, que nous avons eu l'occasion si souvent de citer, M. Schmidt, fait remarquer qu'au temps des persécutions, lorsque les parfaits, traqués de

(1) CoUection Doat, t. XXV, fol. 209-210.

CAimCT HICT. — 1880. DOC. — 13.

Idl LES ALBIGEOIS

tous côtés, ne pouvaient plus visiter les frères que de loin en loin, et en cachette, la cérémonie de la bénédiction du pain devint de plus en plus difficile et plus rare, et Ton n'en mangeait qu'aux plus grandes fêtes, trois ou quatre fois par an seulement. Mais le Liber senieniiarum prouve surabondamment que malgré la vigilance et tous les efforts de la police inquisitoriale, quelques parfaits, comme Pierre Autier et sept ou huit autres, non moins zélés, bravant tous les périls, trouvaient le moyen de visiter les croyants, de bénir le pain, et pratiquer les autres cérémonies de leur culte.

Le pain bénit était l'aliment de la communion cathare. Avec les idées qu'avaient ces sectaires sur la nature mauvaise de la matière et de tout ce qui compose ce monde visible, le dogme catholique de la présence réelle était pour eux inintelligible et tout ce qu'il y avait de plus contraire à leurs idées, et ils exprimaient ce sentiment par des dénégations ou par les plus horribles blasphèmes (1).

(1) Dans le Liber confess., on lit : « Quod hostia sacrata non est corpus Christi (fol. 1) ; quod bostia sacrata super altare non est corpus ChrisU (fol. 10 v») ; quod eucharistia non est corpus Christi (fol. 51). n Et dans le Liber sentent, : « Quod capellani faciunt pluries deos de pasta. et postea comedunt eos (p. 132). »

Le premier de ces deux livres a enregistré les propos grossiers et blasphématoires de deux truands, sur le plus auguste de nos sacrements : « Anno quo supra (12-15) IIII» nouas marcii, Amelius Bernard!, Junior, scolarls, testis Juratus dixit, quod cum ipse testis transiret per carreriam, audivit duos trutannos contendentés in hospitali, apud Lauracum; item quod alter dictorum trutannorum dicebat quod ita bonum esset communicare de folio arboris vel de stercore asini, sicut de corpore Christi, solum modo quod fleret bona fldo. Et alius trutannus redarguebat eum, Et postea ipse testis audivit a Petro Adalberti puero in ecclesia de Miravalle, quod Joannes Adalberti, pater ejusdcm Pétri Adalberti, communicaverat de quodam folio herbtB, cum sol obiit vel fuit eclipsatus. Et hoc audito, ipse testis narravit preedicta sicut

Les mêmes idées sur la nature mauvaise de la matière les avaient conduits à bannir de leur culte toutes les représentations de la divinité, les statues, les images et même la croix qu'ils détestaient comme l'instrument du supplice et de Tignominie du Christ (1).

IIscroyàîentquepouradorerDieu enespriteten vérité, on n'a pas besoin de se réunir dans un lieu particulier, dans des maisons bâties en pierre et faites de mains d'homme et que Dieu est présent partout où deux ou trois personnes sont rassemblées en son nom (2). Ainsi leurs réunions avaient lieu au premier endroit venu, dans le? châteaux, comme dans les plus humbles chaumières, ou en pleine campagne. Lorsqu'ils eurent à se tenir en garde contre les actives recherches dirigées contre eux, ils se réfugiaient dans les forêts, alors beaucoup plus nombreuses dans le Languedoc qu'elles ne le sont aujourd'hui. Ces proscrits, faiditiy vivaient cachés au fond de ces retraites que les fidèles seuls connaissaient, et au* tour desquelles ils veillaient avec soin.

La confession de Guillaume Carrière devant les inquisiteurs, confession dont j'ai parlé plus haut, place sous nos yeux un épisode de la vie de ces outlaws. Un jour, lui et son compagnon d'hérésie, Julien, cheminaient dans la forêt de Reîtel, lorsqu'un chien se mit à aboyer après eux. Au bruit que faisait l'animal, un certain Pierre Aycart, de Verdun, accourut et leur demanda qui ils

audierat a prsdictls trutanois, praesentibus Stephano Clerici, Bernardo Donati, et Morgat, scolaribus ; et sunt duo anni vel circa.

(1) Uem quod nuUus poterat salvari nisi par viam quam ipsi haeretici tenebant ecclesiae Dei ; et capellani et rcUgiosi serviebant eccIesiaB dyaboli et adorabantcrucem et imagines de ligno et ydola ; et omnes illi qui crcdebant ftdom ecclesiœ Romana; erant caBci et surdi et muti. — Confession de Bernard Mancip do Lugan, dans le Libev sentent., p. 152.

(2) S. Mathieu, XVIÎ, 20.

étaient. « Retirez-vous, leur dit cet homme, ici sont les proscrits (1) », et aussitôt Carrière et son compagnon revinrent sur leurs pas pour prendre une autre direction.

Cependant là où les Cathares jouissaient d^une certaine sécurité, dans les domaines des seigneurs du pays qui les protégaient, comme au château de Montségur, ils eurent des édifices spécialement consacrés au culte. Ces maisons de prière n'offraient aux yeux aucun ornement, aucun signe distinctif. Au moment du service, on dressait une table qui servait d'autel et que Ton recouvrait d'un drap blanc, sur lequel était déposé le Nouveau Testement ouvert au premier chapitre de Saint Jean.

La liturgie était aussi simple que le lieu où on la célébrait. Elle commençait par la lecture d'un passage du Nouv3au Testament faite par un des assistants, quelque peu clerc (2), puis le diacre ou ministre en donnait l'explication et prêchait. Cette prédication était suivie de la cérémonie si souvent rappelée dans les procédures des inquisiteurs, Fadoration des hérétiques et qui n'était en réalité qu'une supplication pour implorer leur bénédiction, puis on récitait en commun Toraison dominicale et le ministre prononçait l'invocation à la Trinité : « Adorons le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, » à laquelle l'assistance répondait : « Que la grâce de notre Seigneur-Jésus* Christ soit avec nous tous. » La cérémonie se terminait, comme à l'ordinaire, par le baiser de paix.

Quand vint le temps où les Cathares n'eurent plus d'autre asile pour célébrer les mystères de leur foi que le désert, les fidèles qui ne voulaient pas être privés des secours spirituels se rendaient auprès d'eux dans le plus grand secret ; la cérémonie faite furtivement et à la hâte

(1) Recedatis inde, quia faiditi sunt hic Mém. précité de M. Belhomme. Pièces justificatives, p. 138.

(2) Anno et die quo supra (1215, iJ juillet) Willelmus Bernard! miles, qui vocatur Sancho, tcstis juratus, dixit quod apud bece-

se bornait aux rites les plus essentiels, la bénédiction et les agapes avec le pain bénit (1).

Les Cathares n^avaient point de jours périodiquement consacrés au culte ; ils n*admettaient pas le dimanche.

De toutes les fêtes chrétiennes, ils n^avaient retenu que la Nativité, le Vendredi saint, Pâques et la Pentecôte. Mais ces solennités rappelaient pour eux d^autres idées que celles qu'y rattachait la tradition orthodoxe. La Nativité était la descente de Tesprit Jésus dans le monde inférieur; le Vendredi saint, le triomphe momentané du Dieu mauvais ; Pâques, la victoire définitive du Christ ; la Pentecôte, Tunion de TEsprit-Saint avec les âmes des parfaits et la fondation de TEglise cathare.

A trois époques de Tannée, ils observaient des jeûnes continus qui ne sont autres que les trois carêmes en usage encore dans l'Eglise orientale, le grand carême de Pâques de cinquante jours ; le carême de Tété de quarante jours, depuis la Pentecôte, jusqu*à la fête des apôtres Saint-Pierre et Saint-Paul (29 juin), et le carême de l'A vent, de quarante jours pareillement.

Les dangers dont les parfaits étaient sans cesse mena-

dam (Labêcède, Aude), in domo Arnaldi Caldeira, vidit duos hsreticos, quorum nomina ignorai ; et vidit cum eis Petrum de Sancto Michaele de Lanes, Poncium fratremipsius Pétri et Petrum Catbalani, et ipsum Arnaldum Caldeira dominum domûs, milites, et Petrum Cortes et Willelmum Ramundi scrip tores publicos, notarios ejusdem castri, qui ambo adduxerunt ipsum testem et omnes alios supra nominatos milites ad dictes hœreticos; et dicti Petrus Certes et Willelmus Ramundi, scriptores, legebant in quodam libre, et dicti bseretici exponebant illud quod ipsi dicebant. Lib. Con/es., fol. 233 v».

(1) Dans la confession de Bernard Roch de Renneville, village du Lauragais, U est dit dans le Liber conlessionum, (fol. 56 v<».) — Anne et die prasdictis (1245, 3 juillet), B. Roch, testis juratus, dizit quod vidit in garriga (forêt plantée de chênes) dels Ferraters (alias Ferratiers, fol. 57 vo.) duos hœreticos quos non

ces n'arrêtaient point leur ardeur de pro>élytîsmc. IiS Liber confessionum, qui nous présente tant de scènes de leur vie familière, est sur ce point aussi curieux qulnstructif à interroger. Tantôt ils employaient les voies de la persuasion, exhortant ceux qu'ils voulaient gagner à renoncer aux plaisirs et aux vanités de ce monde, ou, suivant leur langage, à aimer Dieu; tantôt ils les attiraient par Tappât d'un cadeau ou de quelque profit pécuniaire. L'âge le plus tendre n'était point à Tabri de leurs séductions; ici c'est un petit garçon de sept ans qu'ils avaient détourné, et que sa mère vient leur arracher en l'entraînant par les cheveux; là c'est une jeune fille qu'une mère fanatisée par eux, rouait de coups, pour la contraindre à se déclarer hérétique (1).

Apprenaient-ils qu'il y avait quelque part un malade, ils accouraient à son chevet pour le solliciter de recevoir le consolamentum et obtenir de lui le legs qui en était le salaire.

Si les inquisiteurs les poursuivaient à outrance, en revanche ils ne les épargnaient pas, toutes les fois qu'ils en trouvaient l'occasion. La date du 28 mai 1242, veille de l'Ascension, est marquée par la mort de huit inquisiteurs, massacrés avec des circonstances atroces dans le château d'Avignonnet (Haute-Garonne). Les instigateurs et les auteurs principaux de ce guet-à-

novlt et vidlt Ibi cum eis Wilelmum Padet, Bernardum Colum, Petrum de la Trassa, Bernardum Calvet, Petram Calvet, Willelmum Faupe, Petrum MoUner, Petrum Gualraud, Ferrassam et Willelmandcl Iliwal, matrem Pétri Riwal et Beroardùm Bret et plures aUos de quibus non recolit ; et ipse testis et omnes alii adoraverunt ibl dictes hceretiter flexis genibus, dicendo, bénédicité ; et sunt IX anni vel clpca; et comederuntde pane benedicto ab ipsis hœreticis.

(1) Llb. Confess. fol. 20 et 12 vo.

DANS LE MfDI DE LA FRANCE 199

pens furent Raymond d'Alfaro, baîllî d'Avignonnet, et beau-frère du comte de Toulouse, et Pierre Roger de Mirepoix, châtelain de Montségur. Ce dernier témoignait hautement son regret de n'avoir pu se procurer le crâne de Tune des victimes, le frère Guillaume Arnaud, afin de s*en faire une coupe à boire.

Un certain Guillaume-Pierre Barba, racontait que Pierre Gauta, habitant du Mas-Saintes-Puelles (Aude), qui vivait dans un commerce incestueux avec sa cousine, pénétra de nuit dans le couvent de cette localité et tenta de tuer le prieur et les moines. Ayant manqué son coup, il s'en dédommagea en volant les deux chevaux du prieur, et, plus tard, dans l'église, les vêtements sacerdotaux (1). A Caraman, bourg du Lauraguais, les habitants ayant été cités à comparaître devant les inquisiteurs, le bailli les réunit sur la place publique et menaça de mort quiconque dénoncerait l'un d'entre eux.

Ces récits, qui peignent au vif la haine qui animait les sectaires contre les juges de la foi, et qui était envenimée par le ressentiment général des maux que la croisade avait causés au pays, ces récils pourraient être continués longuement en prenant pour guide le livre que nous venons de citer.

Dans les localités oîi les Cathares vivaient en liberté, ils avaient fondé des maisons, hospitia, où des femmes parfaites étaient réunies en communauté, sous une règle et un habit particulier. Dans ces maisons, elles se li-

(1) Item dictus Petrus Gauta de nocte intravit in claustnim de Manso Sanctarum PueUarum, et voluit iDterflcere priorem et clericos ; et tune extraxit inde sive furatui fuit eldem priori duos roncinnos. Item dictus Petrus Gauta tenuit consanguineam suam pro amasia, et haixuit rem secum. Item dictus Petrus Gauta furatus fuit de nocte vestes sacerdotum occlesis de Manso. lib, con fes , fol. 53.

vraient à la prière et à la pratique des préceptes et des observances de la secte, et tenaient des écoles où la noblesse et les gens riches faisaient élever leurs filles. Il y avait de ces maisons à Gaîan, à Montréal, dans le Lauraguais, à Mirepoix, etc. Celle de Fanjaux (Aude) était sous la direction d'Esclarmonde, mère du chevalier Bernard- Hugues de Festa. En 12:^0 les Cathares établirent un atelier de tissage, qui avait pour chef Sicard de Figueras. Cette industrie, et celle de la préparationdes peaux d'animaux, les travaux des champs et le commerce des objets de mercerie semblent avoir été les occupations préférées des Cathares.

Parmi leurs établissements, il ne faut pas oublier leurs cimetières. Ils en avaient un à Montesquieu, à quatre lieues au sud-ouest de Toulouse, oîi reposaient des personnages de condition noble et notamment plusieurs membres de la famille des seigneurs de ce château, Tune des branches de celle des Villèle. Un autre de ces cimetières existait à Lordat dans TAriège (1) ; il y en avait sans doute ailleurs, mais qui sont restés ignorés. Les Cathareç avaient intérêt à en cacher l'emplacement pour éviter aux ossements de leurs parents ou amis le triste sort que leur réservait la législation ioquisitoriale, d'être exhumés et jetés dans les flammes.

Jaloux d'imiter la discipline des temps primitifs du christianisme, les Cathares n'avaient conservé de la hiérarchie ecclésiastique que deux degrés, Tépiscopat et le diaconat.

U est impossible de dire au juste quelles étaient les fUnctions des évêques cathares et comment s'exerçait leur autorité, dans la situation précaire et périlleuse gulls occupaient vis-à-vis des pouvoirs établis ; mais

0^ i>)UtCt. DOtl, t. XXIV, fol. 277.

nous avons la preuve que les limites de leurs diocèses étaient très-régulièrement fixées.

Chacun d'eux était assisté d*un diacre, qui résidait auprès de lui, comme son coadjuteur, et de deux suffragants, appelés le fils majeur et le fils mineur, habitant chacun une des villes du diocèse, et ayant sa circonscription paticulière en sous-ordre. Les diacres étaient préposés aux localités qui groupaient un nombre de fidèles suffisant pour exiger la présence permanente d*un ministre.

Lorsqu'il s'agissait d'élire un évêque pour remplacer un titulaire décédé, le fils mineur conférait la consécration épiscopale au fils majeur, et celui-ci élevait ensuite le fils mineur, au rang de fils majeur. La réunion des fidèles du diocèse choisissait un autre fils mineur qui était ordonné par le nouvel évêque. Cette cérémonie consistait dans l'imposition des mains et du Nouveau- Testament sur la tête de l'élu et une prière pour faire descendre sur lui le Saint-Esprit.

Comme il était peu rationnel et peu convenable que rinférieur instituât son supérieur, ce mode de consécration fut changé au XIIP siècle par les Églises de France et d'Italie. Il fut décidé que l'évêque désignerait lui-même, de son vivant, son successeur, en ordonnant son fils majeur ; en sorte que ces Églises eurent à la fois, comme le fait très-bien remarquer M. Schmidt, deux évêques, l'un en fonctions, l'autre en expectative.

La délimitation des diocèses , dans le midi de la France, paraît avoir été réglée pour la première fois par le synode tenu à Saint-Félix de Caraman en 1167 (1) et

(1) Nous avons les noms des chefs do la secte qui se rendirent de Toulouse et de Carcassonne t Saint-Félix pour prendre part à cette assemblée. Ce sont pour Toulouse : Bernard Guillaume, Guillaume Garsias, Ermengaud de Forest, Raymond de Baymiac,

qui fui présidé par révoque Niquinta (Nicélas) venu de Constanlinople, tout exprès pour organiser la secte dans le raidi de la France.

Si des conflits s'élevaient entre des évoques limitrophes, au sujet de leurs droits respectifs, le débat était soumis à l'appréciation d'une assemblée composée des dignitaires et des notables de la secte. Vers la fin du Xlll* siècle, lorsque les communautés cathares en France et en Italie eurent été dispersées, elles continuèrent à pourvoir aux vacances des sièges épiscopaux ; mais les diaconats disparurent peu à peu; ces fonctions furent dévolues à des parfaits qui, sous le nom d'anciens {ancîanij, exerçaient le ministère sacré.

Les évéchés cathares dans nos provinces méridionales étaient ainsi répartis: P Toulouse; 2* Agen, 3* Albi ; 4* Garcassonne ; 5** le Val d'Aran, pays qui était alors compris dans le comté de Comminges ; 6** ï'évêché du Rasez, ou du Lauraugais, démembrement de celui de Garcassonne.

La succession des titulaires ne dut jamais être bien régulière et n'est pas facile à établir. Voici quelques noms que nous avons pu recueillir çà et là.

A Toulouse siégea Bernard Raymond, élu au synode de Saint-Félix de Caraman ; il avait pour coadjuleur Gacelin, qui, en 1220, habitait le ch&teau de Montaigu ; de 1224 à 1232, Guillabert de Gastres avec son diacre Jean

Guillabert de Ronvillar, Bernard Guillaume de Donneville, Be^ trand d'Avlgnonnet. Pour Garcassonne : Gulraud Mercier, qui fut élu évèque de cette ville, Bertrand Catala, Grégoire et Pierre Calidas-Manus, Raymond Pons, Bertrand de Molins, Martin de Ipsa- Sali, et Raymond Guibert.

Voir la relation de ce synode dans dom Bouquet, Historiens des Gaules et de la France, t. XIV, p. 448-450. Baisse, Histoire des ducs, marquis et comtes de Sarbonne, p. 483 ; et Sandlus, Kucleus hisioriœ ecclesiasticœ, in Historia Arianorum, p. 890.

DANS LE MlDr DE LA FRANCE 203

Gambiaîre ou Cambiator, Tun des plus zélés apôtres de la secte, précédemment fils majeur de Tévôque d'Agen ; Bernard Oliba, qui avait d'abord été flls majeur dans ce même diocèse d'Agen et qui, en 1277, se réfugia au château de Sermione en Lombardie.

En 1229, Téglise de TAgenais ayant été réorganisée, le parfait Tento en fut nommé évoque et consacré par Guillabertde Castres, venu du château de Saint-Paul (Tarn) pour cette cérémonie, en compagnie du diacre Bonafos et du chevalier Guillaume Matfred ; Vigoros de Bocona fut choisi comme flls majeur de Tento (1) qui était encore en fonctions en 1232.

L'église d'Albi eut pour chef Sîcard Cellerier, qui figura aussi au concile de Saint-Félix ; son successeur fut Aymeric del Collet que nous retrouvons en 1240, retiré dans une cabane, non loin du château de Montaigu, d oîi il sortait pour aller faire entendre ses prédications dans les contrées d'alentour. En 1241, il présida une grande assemblée de parfaits et de croyants qui se tint sur les bords de la Larneta.

La communauté de Carcassonne, d'abord dirigée par Bernard Catala, fut érigée en diocèse par le synode de Saint-Félix, en faveur de Guiraud Mercier, auquel succédèrent Bernard Simorre et Pierre Abith : celui-ci résidait au château de Cabaret, dans la Montagne Noire.

Quand le diocèse du Rasez fut constitué, vers 1225, on y plaça comme évêque Benoît de Termes, qui reçut de Guillabert de Castres Timposition des mains, et eut pour fils majeur Raymond Agulier et pour flls mineur Pierre Bernard.

(1) Ce Vigoros de Bocona avait lébuté par prêcher à Calvimont et dans les environs ; il fut remplacé comme fils majeur d'Agen par Jean Cambiaire qui plus tard passa à Toulouse en la môme qualité, vers 1237 ; Il finit par tomber entre les mains des inquisiteurs et périt sur le bûcher.

Il y eut aussi un évêque du Lauragais, qui fut Bertrand Martin de Tarabel, vers 1241-1243. La création de ce siège dut être faite aux dépens de celui de Toulouse auquel il confinait et déterminée sans doute par Tétat des affaires de la communauté cathare , peut être pour quelque raison deconvenance ou d'ambition personnelle.

Dans le val d*Aran, Tinstitution de Tévêque Raymond de Gasalis date du synode de Saint-Félix ; mais il ne tint que peu de temps son siège, donné après lui à Raymond de Baymiac. Ce dernier, ayant abjuré Thérésie en 1181, devint chanoine de la collégiale de Saint-Saturnin à Toulouse.

En Italie, il y avait une église cathare recrutée parmi les sectaires français, qui étaient parvenus à échapper aux poursuites de Tinquisition. Elle comptait pour chefs, vers le milieu du XIIP siècle, un certain Messer Vincent, originaire de Toulouse, et Messer Raymond, son associé d'hérésie (1). Ces réfugiés étaient alors trèsnombreux dans la plupart des villes de la Lombardie.

Malgré les affirmations de quelques auteurs du moyen-âge qui veulent que Téglise cathare ait eu un chef souverain, un évêque des évêques, ou pape, il paraît certain que ce suprême pontificat n'exista jamais : aucun de ceux qui ont le mieux connu la secte, comme le dominicain Rainier Sacchoni, qui en avait fait partie assez longtemps, aucun ne parle de ce prétendu pontife cathare. On n'en trouve pas plus de traces dans les procédures de l'inquisition et dans les lettres si nombreuses des papes, relatives à l'hérésie albigeoise et aux mille incidents qu'elle suscita. Comment auraient-ils gardé le silence sur un personnage qu'ils auraient eu le droit

0) confession de Guillaume Fournier dans le Mémoire précité a^^ M. Hclhomme, Pièc.jusUf.,^, 144.

DANS LE Mrni DE LA FRANGE 205

de regarder comme Tantagoniste du vicaire de Jésus- Christ et leur adversaire personnel ? Une autre considération confirme cette conclusion négative : l'église cathare, d'origine orientale, fut organisée sur le modèle des églises chrétiennes d'Orient qui ne reconnaissent d'autre chef suprême que le Christ, sans aucun représentant terrestre ou visible, gouvernées directement par lesëvèques et qui, indépendantes l'une de l'autre, ne sont en communion entre elles que par lunité du symbole et le lien de la fraternité. L'évoque Nicétas, qui vint de Constantinople, pour diriger les délibérations du synode de Saint-Félix de Caraman, etl'évéque slave, qui en 1223 envoya un délégué dans le midi de la France, n'agirent nullement, dans ces circonstances, en vertu d'une suprématie hiérarchique. Le premier ne possédait d'autre autorité que celle que lui assuraient son savoir et sa connaissance de la véritable tradition cathare; le second d'autre prérogative que sa sympathie pour des corréligionnaires persécutés, et son empressement à les encourager à rester fermes dans la foi, ou à leur offrir un asile s'ils étaient forcés de quitter leur patrie.

A côté de ses ministres spirituels, la secte entretenait des agents chargés de ses intérêts temporels, procuratores^ des messagers, nuncii; les fonctions des procuratores consistaient à recueillir les aumônes et les dons des fidèles, les legs faits par les mourants, à gérer la caisse commune, à faire passer des secours aux proscrits ou aux exilés volontaires, et quelquefois à racheter ceux qui tombaient au pouvoir des familiers de l'Inqui* sition et des officiers royaux.

Les messagers avaient pour mission spéciale de guider et de protéger les fugitifs qui allaient chercher un refuge à l'étranger. Il y avait de ces procuratores et nuncii presque partout ; k Toulouse, on cite un certain Poitevin Bordier, et son compagnon, Bernard Aldric. Le Liba*

confessionum nomme (fol. 19) Guillaume Bertrand, qui avec quatre autres messagers, accompagna deux hérétiques jusqu'à Narbonne.

En esquissant dans les pages précédentes les traits principaux du système religieux des Cathares, nous y avons laissé sans doute plus d'une lacune, inévitable .dans l'état fragmentairedes renseignements qui nous sont parvenus. Les ouvrages de controverse qu'ils avaient composés pour la défense de leurs croyances, les traités rédigés par eux en vue de l'instruction de leurs adeptes, la version de l'Écrilure-Sainte dont ils se servaient, leurs formules de prière, leurs chants liturgiques, tout a été détruit, tout a disparu ; en sorte que Ton a pu dire que ce système se présente à nous aujourd'hui dans la pire condition où puisse se trouver une doctrine, c'est-à-dire dans les écrits de ses adversaires. Néanmoins, ce que nous en savons nous permet de nous eu former une idée. Son dogme fondamental, le dualisme, est le produit d'une conception incomplète, fausse, de la création et de la constitution de ce monde, et de l'Être tout-puissant dont il est l'ouvrage et qui le gouverne, de la nature des destinées de l'homme. Il avait la prétention d'être un christianisme perfectionné, une révélation supérieure, et il était la négation de la vraie religion du Christ, dont il détruisait toute l'économie. Il avait remplacé par des mythes, produit d'une imagination enfantine, la tradition de la chute de l'homme primitif et le dogme du péché originel, et celui qui en est le corollaire obligé, le dogme de la rédemption opérée par un méditateur di- \in. Il déclarait les sacrements de l'Église inutiles au s;ilut, et les considérait comme une vaine formalité (1). La sanctification du dimanche était abolie, et les autres

O^uMi l>aptismus aquff et alia sacramcnta ccclesiœ non pro- ^ ^ ni $AÏulom Ulf' coti/ess.j fol. Ov»,.

fêtes chrétiennes supprimées ou détournées de leur véritable sens. La morale ne reposait que sur les pratiques d'un ascétisme matériel et exagéré, et n'avait en vue ni la satisfaction due à Dieu, ni celle que réclame la conscience. En niant le libre arbitre, il anéantissait la liberté humaine, et la faculté laissée au pécheur de se relever par Texpiation. Loin d'être une réforme et un progrès, il ne fut qu'un retour vers les idées surannées et imparfaites du vieux monde oriental.

Ses théories, qui ne résistent point à Texamen d'une saine philosophie, avaient par certains côtés, comme nous Tavons fait observer en commençant, quelque chose de séduisant pour ces imaginations à moitié païennes du moyen-âge, pour les populations ignorantes et grossières qu'elles entraînèrent. Le Catharisme eut ses apôtres fervents, ses croyants convaincus et ses martyrs, marchant à la mort avec intrépidité. Pauvres égarés, que nous n'avons plus à juger aujourd'hui avec le sentiment de colère qu'ils inspiraient à leurs contemporains, mais avec la froide impartialité de l'histoire, et avec la commisération que leur folie mérite.

DuLAURiER, de t Institut,

DOCUMENTS

POUR SERVIR A

LHISTOIRE DES TRÉSORS DE QUELQUES ÉGLISES DU RESSORT DU PARLEMENT DE PAJIIS

(Suite)

Lettre du premier marguillier de Saint Gervais au procureur général.

Monsieur le curé de S^Gervaîs m'ayantprié, Monsieur, Comme premier marguillier, de faire part à la fabrique de la lettre de Monsieur TArchevôque que j'ai Thonneur de vous envoyer et qui fait mention de celle de Monsieur le Comte de S' Florentin, où sont expliquées les intentions du roy sur l'argenterie des églises ; j'ai trouvé chez tous messieurs les marguilliers les dispositions les plus favorables pour donner dans cette circonstance des preuves de leur zèle et du désir qu'ils ont de faire concourir la fabrique aux besoins de l'Etat; mais ils ont crû devoir être authorizés par leur premier chef dans la démarche qu'ils sont prêts à faire. Je partage avec eux. Monsieur, l'hommage qu'ils vous rendent et vous supplie d'être

persuadé de rattachement respectueux avec lequel j'ai l'honneur d^ôtre, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Signé: Le Pelelier de Mortefontaine.

Ce 10 Xbre 1759.

(Bibl. nat. Coll. Joly de Fieury, vol. liKî, fo m. — Original.)

Etat de rat*gen(ene de Saint Jacques VHospitaL

Mares. 0 «cps. Gros

Deux encensoirs avec leurs navettes 19 2 »

Deux chandeliers, anciennement de vermeil 15 2 »

Six chandeliers d'argent 31 1 »

Deux burettes, une cuvette et un plat

d'argent. .. 6 3 4

Deux burettes et un plat de vermeil 5 3 »

Deux petites croix 15 » »

Un bénitier avec le goupillon de vermeil 14 » » Deux instruments de paix de vermeil. . . 2 3 »

Une coquille d'argent » 1 7

Une grande croix de vermeil remplie de

bois, servant aux processions

Un livre d'Epitre garni de huit coquilles

de vermeil

Un livre d'Evangile couvert de deux plaques de vermeil

UBINST MUT.— 1880. Do:. — 14.

Vases sacrés et rebquaires qui n'ont point été pezés par respect.

Six calices, dont trois de vermeil et trois d'argent.

Un ciboire de vermeil pour la communion.

Un autre ciboire de cuivre doré dont la cuvette en dedans est de vermeil, pour conserver la grande hostie.

Un grand et un petit soleil de vermeil pour Texposi tien du S' Sacrement.

Deux boëtes en forme de tombeau, pour les S'" Huiles.

Cinq reliquaires de S^ Jacques où il y a quelques ossements du saint et de plusieurs autres avec une épine de la couronne de N. S.

Un reliquaire de S' Kustache, où il y a une mâchoire du Saint.

Un autre reliquaire qui renferme quelques ossemens de S* Claude.

Autre reliquaire qui contient la mâchoire de S* Siméon.

Une petite croix qui renferme du bois de la vraye croix.

Une image de la Vierge.

Autre image de la Vierge, dite de Montsara (1).

Ces statues ne renferme pas de reliques.

Tous ces reliquaires sont de vermeil, excepté le dernier*

(Blbl Nat. Coll. Joly de Fleury, vol. 1446, fo» 132-133.)

Ëtat général de toute Fargenterie de la paroisse de Saint Se ver in, (*) Premièrement (2), une grande croix de vermeil doré, garnie de fleurs de lys sur le montant et le travers,

(1) Mont-Serrat.

'2) Un certain nombre d'articles sont marqués d'une ci-oix; nous les indiquons par une astérisque f).

avec de grosses fleurs de lys au bout et le Christ, avec une pomme où est une virole de fer, pesant ensemble à présent vingt un marcs deux onces, compris ce qui est dans la croix, ne sçachant si c*est fer ou bois, avec son pied de cuivre doré parsemé de fleurs de lys, servant ordinairement sur Tœuvre.

(*) 2. Item, deux grands chandeliers de vermeil doré ciselé, pesants vingt huit marcs.

3. Item, un grand ciboire d'argent vermeil doré ciselé, pesant quatre marcs six gros.

4. Un Saint Martin à cheval et un pauvre pour lequel il coupe son manteau, d'argent vermeil doré, avec des pierres et des perles sur le harnoy de son cheval, posé sur son pied d'estal de laton doré.

5. Item, le bras de Saint Séverin, évoque de Cologne, porté par deux anges, avec un reliquaire au dessus et despierreries de plusieurs couleurs, le bras les anges et le reliquaire de vermeil doré, et le pied d'estal de laton doré.

0. Item, un petit reliquaire d'argent pesant deux marcs si onces, dans lequel a été mis Tossement du bras de Saint Séverin, revenant, compris la façon, à cinquante une livres, suivant qu'il est dit article 6 de l'inventaire du 23 février 1729.

7. Item, un autre petit reliquaire d'argent, dans lequel a été mis l'ossement de Saint Mamès, du poids de dix marcs quatre onces sept gros.

8. Item, un beau soleil d'argent vermeil doré, garni par les rayons et par la croix de gros diamants à trois rangs, de diamants, rubis et perles qui entourent la Sainte Hostie, et pour le derrière un tour aussi de rubis, et à la croix avec un diamant dans le milieu, le tout du Temple, très beau, un colier de perles fines par devant, un autre de perles fines par derrière et neuf diamants fins qui forment la croix qui surmonte le tout, avec trois

petits grenas, pesant le tout ensemble six marcs une once.

9. Item, la coupe servant à poser le dit soleil, aussi d'argent vermeil doré, pesant sept marcs une once deux gros.

10. Item, deux grands anges d'argent, avec un cercle d'argent servant à porter le soleil où se met le Saint Sacrement, pesans avec les écroux, >1ngt neufs marcs trois gros.

11. Item, un reliquaire d'ebcnne, en forme de châsse, garni de plusieurs pièces d'argent ciselé et de figures de relief et demi relief aussi d'argent.

12. Item, un grand calice d'argent vermeil doré ciselé, avec une patenne, pesant huit marcs cinq onces.

13. Item, un autre calice d'argent vermeil doré avec fleurs de lys, raions, pesant, avec la patenne, cinq marcs deux onces deux gros.

14. Item, un autre calice d'argent vermeil doré, avec des feuillages, avec la pomme et autour du pied, pesant avec sa patenne trois marcs sept onces deux gros.

15. Item, un calice d'argent doré dans la coupe et dessus la patenne, pesant ensemble quatre marcs une once cinq gros.

16. Item, un calice d'argent ciselé avec la coupe et sa patenne dorées en dedans, pesant ensemble cinq marcs moins quatre gros.

17. Item, un calice avec sa patenne d'argent doré avec la coupe ciselée par la pomme, pesant ensemble trois marcs cinq gros, qui sert ordinairement à la messe de 4 heures.

f ) 18. Item, un autre calice de vermeil doré, avec deux lumHtcs d'argent, le tout pesant trois marcs sept onces tn)is gros, ce qui s'est trouvé dans la chapelle de S' JenNuu\ par M. le Curé, au mois de juin 1753.

,^ h». Item, un bassin d'argent ciselé provenant de la

confrérie S^ Anne, pesant deux marcs deux onces, et les deux burettes, deux marcs deux onces deux gros.

20. Item, deux burettes d'argent, façonnées par le pied, pesantes ensemble deux marcs une once trois gros.

(*) 21. Item, un bassin rond d'argent servant à Tautel pour Toffrande, pesant cinq marcs cinq onces.

22. Item, deux paix d'argent vermeil, sur chacune desquelles est représentée la Résurrection de Nostre Seigneur, pesant ensemble deux marcs trois onces trois gros, à chacune desquelles paix manque une des flammes qui les surmontent.

{*) 23. Item, deux chandeliers d'argent ciselés, pesant ensemble seize marcs quatre onces.

24. Item, deux chandeliers unis d'argent, servant à la conduite pour les enfants de chœur, pesant ensemble quinze marcs deux onces.

(*) 25. Item, quatre grands chandeliers d'argent, où sont gravées sur les pieds les armes de S* Séverin, pesant ensemble trente-deux marcs deux onces six gros.

26. Item, deux encensoirs d'argent ciselés, garnis de leurs chaînes, pesants ensemble quinze marcs quatre onces.

27. Item, deuj navettes d'argent, gravées dessus les armes de S* Séverin, pesant avec leurs cuillères et chaînettes deux marcs.

(*) 28. Item, uu goupillon d'argent pesant un marc.

29. (1) Item, une grosse lampe d'argent à six pans, ornée, entr'autres choses, de trois anges en relief qui tiennent les chaînes et de trois plaques qui représentent S' Séverin, S' Jean-Baptiste et S* Clément, pesant environ soixante six marcs.

30. Item, une petite croix d'argent avec son Christ, pesant huit marcs une once.

(1) En marge : • On souhaiterait bien conserver ce morceau, si cela est possible. »

214 LES TRÉSORS DE QrELQUES ÉGUSES

31. Item, une grande croL\ servant aux processions, dont la croix est de cuivre doré, et le Christ d'argent, le bâton qui la porte couvert d'argent semé de fleurs de lys.

32. Item, une image de S* Séverîn en relief, dessus un pied d'estal porté par des tètes de chérubins, avec sa crosse, son livre, rayons sur la tête et reliquaire autrefois doré par les garnisons, pesant treize marcs deux onces.

:iS. Item, Timage de S' Jean Baptiste en relief, dessus un pié d'estal porté par des chérubins avec son agneau et son livre, rayons sur la tête et reliquaire autrefois doré par les garnisons, pesant ensemble quinze marcs.

31. Item, une grande croix dont le dedans est de fer, couverte d'argent ; une petite croix de vermeil, pesant un marc deux onces cinq gros.

85. Item, deux livres, Tun pour TEvangile couvert de velours rouge, Tautre de velours violet pour les Epttres, garnis tous deux de plaques d'argent représentant les quatre patrons de Téglise, un crucifix dans le milieu, d'un côté et de l'autre, les Evangélistes et une Vierge dans le milieu, avec leur bordure d'argent ; une petite bofite d'argent doré servant à mettre la S^ Hostie dans le tabernacle.

36. Item, un ciboire d'argent servant ordinairement h la chapelle de la Communion, pesant trois marcs cinq gros.

37. Item, un autre ciboire d'argent en forme de coupe évasée et platte, servant aussi à la même chapelle, pesant trois marcs deux onces sept gros.

38. Item, un autre ciboire d'argent servant pour les malades, dans lequel il y a une petite boëte d argent où on met les S'" Hosties, trois boëtes pour les S'" Huiles, pour les batômes et l'extrême onction, une coquille d'argent pour verser l'eau au batême, et une sonnette de mauvais argent, pour le viatique.

39. (1) Item, huit tasses ou drageoirs d'argent servant à quêter, scavoir deux grandes pour les pauvres honteux, cinq autres entre les mains du 3* bedeau et une ez main^ du premier bedeau, pour quêter le service du S* Sacrement.

(Bibl. nat. Coll. Joly deFleury, vol. 1446, fo« 136-138.)

Lettres du Curé et de$ Marguillief*s de S^-Ayoul de Provins au procureur général.

Monseigneur,

Mous avons 1 honneur d'informer Votre Grandeur que M. notre Curé reçut il y a quelques temps une lettre de M. le cardinal de Luines, pour qu'il lui adressât un état de l'argenterie de notre fabrique afin de décider sur ce qu'il conviendra porter à la Monnoye. Après la réception et examen de l'état, Son Eminence a mandé qu'il fallait envoïer six chandeliers avec des burettes et leur plat.

Depuis ce temps, nous avons reçUe, il y a quelques jours, une lettre du receveur des décimes, adressée à mon dît sieur Curé et aux Marguilliers qui porte qu'il faut faire passer sans délay l'argenterie à luyméme,à Sens, pour qu'il la fasse conduire à la Monnoye.

Il est à observer que nos six chandeliers ne sont pas

d'un fort objet, ne pesant que (2) cependant les

façons ont coûté presque moitié de leur valeur intrinsèque.

Quoique nous soïons les très fidèles sujet du roy, très

(1) En marge : • On désirerait conserver les deux qui servent à la questo des pauvres honteux. »

(2) Le poids est resté en blanc.

respectueusement soumis à ses intentions qui sont (suiv'.nt que nous l'annoncent seulement les deux lettres ci-dessus) de porter l'argenterie des églises, nous croirions, Monseigneur, prendre trop sur nous en agissant sans avoir l'honneur de vous donner avis de nos démarches, étant le tuteur des fabriques dont nous devons attendre les ordres.

C'est pourquoy nous supplions Votre Grandeur de vouloir bien nous autoriser en nous marquant la conduite que nous devons tenir en ce (sic) rencontre.

Nous sommes avec un très profond respect. Monseigneur, de Votre Grandeur les très humbles et très obéissans serviteurs les Marguilliers de Saint Ayoul.

A Provins, ce 3 février 1760.

Signé : Logre, curé.

Le Clerc, Bertrand père, Rousselet, Gilloton, J.-B*' Bardln, Roussellet, Lézard, Housséte, Pasque, N. Juncourt, J. Bernard, Noël Tho- HASsiN, Babës.

(Bibl. nat. CoU. Joly de Fleury, val. 1416. f«» 140-111. - Original signé.)

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