‹ Le Cabinet historique (volume 2)Chapitre 39 sur 240 · DB BEAT · texte numérisé non relu

DB BEAT

A rabbé GancieUeri.

Les quatre lettres qui suivent, également adressées à Cancellieri, sont de M. de Pressigny, évéque de Salnt-Malo.

Paris 1 septembre

Moisieur, j'ai reçu la lettre que vous aviés confiée a Mgr Calanigni, pour moi, et je le félicite d'être votre ami ; rien n'est plus utile à son âge, que d'avoir des amis de votre caractère, et qui puissent le mettre sur la route

Sfiô ÉPATES

des bonnes ôtades ; je suis entièrement de Tavis de ceux qni pensent, que Tétude des livres et du cabinet ne suffit pas ; et qu'on acquiert plus dans une beure de conversation avec un bomme instruit que dans quatre beures d*études solitaires ; je fais donc bien sincèrement, mon compliment a Mgr Caiagnini, de sa liaison avec vous ; c'étoit un motif de plus pour moi, de désirer le voir beaucoup, pendant son s^our k Paris; mais dans les grandes villes, on a peine à se rencontrer ; surtout dans cette saison, qui est, pour noas, le temps des villégiatures.

J'ai reçu aussi Topuscule que vous m'avés envoyé, ainsi que le catalogue des livres étrangers, imprimés, à rimprimerie de la Propagande.

J*admire l'activité de votre esprit, au milieu des douleurs, par lesquelles le bon Dieu veut éprouver votre vertu.

Je vous remercie de cet aimable souvenir, qui me vaut tout ce que vous faites imprimer^ et qui me forme une bibliothèque, qui me sera doublement précieuse, et par le mérite des écrits, et par Tamitié de Técrivain.

Vous me donnés un témoignage de cette amitié, dans ce que vous médites, au sujet des bruits, qui ont couru à Rome ; j*ai eu plus de plaisbr à voir élever à la pourpre, le cardinal de La Luzerne, Tami et le protecteur de ma jeunesse, que je n*en aurois eu, à la recevoir ; c'est à des bommes de son caractère, distingués par des écrits utiles, par l'estime méritée des Nationaux et des Etrangers, que le Sacré Collège doit être ouvert; je regrette qu1l n'aille pas à Rome ou qu'il n'y ait pas été, son esprit et son cœur vous auroient plus.

Recevés, monsieur l'abbé, l'assurance bien sincère des sentiments avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur.

G., ancien évoque de S*-Malo,

DU xvin* BiècLE 267

P. S. Je Joins ici un petit mot de réponse à la lettre que vous m'avés envoyée de ce pauvre Joseph Pezzi ; Je ne lui donne que des espérances ; elles repaissent Timagination, et c*est elle qui souvent nous tourmente le plus ; Je lui promets de ne pas l'oublier, et on m'a, déjà donné quelqu'espoir.

Je vous prie de dire al Signar Carlo Massimo^ que Tîntéi^t qull prend à ce pauvre homme, ajoute à celui que J*y prenois déjà moi-môme, et me stimulera à solliciter avec plus de chaleur.

u Paris 30 décembre 1816.

J*ai reçu avec grand plaisir, monsieur, les témoignages de votre souvenir, que m*a apportés M. le chevalier Artaud ; mais j'ai vu avec peine que le Seigneur continuolt à vous éprouver, par plusieurs genres de calamités ; la plus sensible, sans doute, dans votre situation présente, lest la continuation de vos infirmités ; J'ai été péniblement affecté en lisant le détail, que vous m'en donnés : et J'ai admiré, en môme temps, qu*elles n'affaiblissent pas votre application au travail ; cela est heureux pour vous, parce que cela suspend les reflexions pénibles sur votre situation ; et^ cela est heureux pour les hommes, qui désirent slnsiruire, et a qui vous en donnés des moyens plus faciles ; vous épargnés à leur paresse, les. recherches que votre activité a faites. Si les hommes ne vous tiennent pas compte, ici bas, de tant de travaux, ce qui seroit une injustice de leur part, votre piété vous en console, par la pensée du grand rémunérateur qui n'est Jamais injuste.

Recevés, Monsieur, l'assurance de ma reconnoissance, et des sentiments d'estime et de considération, avec lesquels J'ai l'honneur d'être votre très humble serviteur. 0„ ancien Évoque de S^-Malo,

Paris 7 avril 1819.

MoQsiear, je réponds bien tard à la très aimable lettre que vous m'avés fait Thonneur de m*écrire pour ce pauvre Pezzi ; mais J*espérols que ma réponse vous seroit remise par une mcdn amie : M. le chevalier Artaud étoit encore une fois destiné à la mission de Rome, et je pensois que ma lettre seroit mieux reçue lorsque ce seroit lui qui vous la porteroit.

Mais je n*ai point mis de délai à m*occuper de Taffaire de ce pauvre Pezzi; j*allai , aussitôt que j*eus reçu votre lettre, m*informer de ce qui avoit pu donner lieu à ses allarmes ; et, j*appris, comme vous Ta vies fort bien présumé, que les dons du Roy étoient comme il convient à la volonté Royale et à la bonté personnelle de S. M. sans retour; la demande qu'on lui avoit faite de son brevet étoit une affaire de forme ; et de hazard, le jour que j'allai prendre des informations, on s'occupoit de la régulariser ; on m*assura que rien n*étoit changé à la qualité de son traitement, et qu*il seroit payé prochainement ; j'espère qu*il Test maintenant. J'aireçu dans leur temps, tous les ouvrages que vous m'avés envoyés, et j*ai déjà, eu rhonneur de vous témoigner ma reconnoissance, et de renvoi, et de votre bon souvenir du prix que je mets à vos compositions ; j'admire comment au milieu des douleurs par lesquelles le Seigneur veut vous éprouver, vous pouvés conserver et la volonté, et la facilité d'écrire sur une multitude de sujets différents, et que vous traités chacun, selon la manière qui lui convient; je désire que le bon Dieu vous conserve longtemps ce puissant moyen de distraction.

Recevés encore une fois, monsieur, mes bien sincères remerciements, et l'assurance des sentiments avec lesquels j'ai rhonneur d'être votre très humble serviteur. 6., ancien évèque de St Malo.

DU XVIll* SIÈCLE 260

Paris 18 Juillet 1819.

J*admire toujours, monsieur, comment avec une aussi mauvaise santé, vous pouvés soutenir à tant de travaux; c*est un bienfait de la providence, que cette activité, cette présence d*espritgue vous conservés malgré Taffoiblissement physique, que doivent produire vos souffrances continuelles ; votre esprit n'en éprouve aucun ; tout ce que vous écrivez a toujours le môme cachet ; et c*est avec grand plaisir que je lis ce que vous m*envoyés; le bon père Proyard m*a remis fidèlement ce que vous lui aviés adressé pour moi ; recevés en mes remerciements, avec Tassurance sincère des sentiments, et de la considération avec lesquels J*ai l*honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur

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