LÉVIS-MIREPOIX, BARON DE LÂRAN
les habitants avoient faict loing de la ville, force barricades et relranchemens en forme de dcmNunes, elle fut grandement combaltuc par les habilans, commandez par Gouliard, sergent-major de la ville; lequel, à la faveur desdites demi* lunes, tint longtemps le combat bien loing du dehors de la ville, et sans perdre personne : y fut tué soixante ou quatrevingts réformez.
Escarmouche du capitaine le Comte, aux approches de Variiles.
La troisième composée de sept drapeaux, conduite par Pilon, prit son quartier delà la rivière, pour se loger à Marseillas, qui est une maison forte du sieur de Dalon, estant à cent ou six vingt pas du pont de la ville. Mais le capitaine le Comte, qui commandoit ce quariier de ville où est le pont et le moulin, jugeant de sa tranchée, que sy Tenncmi se logeoit audit Marseillas^ il pourroit ruiner ledit pont et moulin, dont la ville seroit fort incommodée; il part de la mnin (sic), soivy de seize mousquetaires, et favorizé de quinze chevaux, va donner sur l'ennemi, qui estoit jà derrière les murailles, le repousse, faict rompre la porte de ladite maison, y met le feu, et à l'instant attaque Tescarmouche, chasse rennemi, et le bat jusques bien avant dans les vignes en désordre; en estant demeuré soixante sur la place, outre les UcBsez, sans avoir perdu qu'un sergent. Ce fait, il se retire «( 86 fortifie de grandes barricades durant cette même nuit, et bit couvrir le pont pour aller et venir dans la ville sans êln aperceu des ennemis.
Batterie commencée.
Le lendemain fut conduit dudit Pamies par une troupe iê MTâlerie, ledit double canon et deux pièces de campal'une desquelles fut logée au quartier Sainct-Flor an, .battre les barricades et demy-lunes, qui estoieni du
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co8té dePamies; et Taotre pièce et ledit double canon fût logé audil faubourg dudil costé de Foix, où ils commencèrent leur balterie, et abattirent le coing d'une grosse tour et trois guérites, qui défendoient tout ce costé de ville; si que dans trois jours que la batterie dura, ils tirèrent cent douze coups de canon avec peu d'effect. Car, oulre que le second jour, le double canon creva et en sauta une pièce dans la ville pesant quinze livres, il n'en fut tué qu'une femme et un pourceau, et la bresche demeura si haute^ qu'il y eut fallu une échelle de deux cannes pour y monter et autant pour descendre dans la ville.
Cependant Gouliard et les consuls firent diligence d'en* voycr la nouvelle de ce siège au roy estant à Monbertier, et aussi à la noblesse et villes du pays de Foix^ et à tous leara amis qui ne manquèrent pas de tesmoigner en cette occasion leur affection au service du roy et à la deffense de ieor patrie.
Seigneurs et capitaines qui 8*acheminent au secours de Varilles.
Le sieur de Durban, qui commande audit pays en l'absence de M. le comte de Carmain, y accourut avec le baron son fils et les sieurs de Labat, de Monllaur^ de Brassac et autres.
Le sieur d'Aussignan s'y achemina avec trois cents piétons, le baron de Montbcraut avec le chevalier son frère, les sieurs de Castagnac, de Mauro, Lastronques^ Rieula» Pradals, Dupesqué, Montesquieu, Seigna, Rosez, Taurignan, Roquelaure et autres faisant quarante maistres et huit cents piétons.
Le vicomte de la Court avec vingt maistres, le sîeur de Sainct-Cliamans, le baron -jB Dalon, de Tajean, de Barbasan et autres gentilshommes du pays avec nombre de leurs amis et soldats des villes de Foix, Ax, Tarascon, Sainct-Yban,
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Lezat, Daumazan, Vic-dessos, Sieuras et autres lieux circonfoisins dadit pnys.
D'autre costé, sont le sieur Donous (d'Onous) avec une grande partie de la compagnie des gendarmes de M. de Montmorency, le baron de Couvisson avec sa compagnie de cheTaux-légers; le sieur de Montpapo avec partie de cbe- Taux-légers de la compagnie du comto de Carmain; le sieur de Mauiéon, de la Bastide, Casaneufve et autres leurs amis, faisant deux cents maislres et trois cents piétons, qui s'estoient assemblez à Yelpecb, chez le sieur de Mauiéon.
Léran lève le siège de Varilles.
Léran averti le 14 novembre, sur les dix heures du soir, que le secours arrivoit de toutes parts, Talarme en fut si grande en son armée, que le régiment de Pilon deslogea et passa l'eau pour s'y rejoindre^ avec telle confusion, que ses soldats n'eurent pas le loisir d'emporter la moitié de leur bagage; aussi toute cette nuit Léran fit diligence de faire retirer le canon.
Sortie des assiégés.
Le 15 dudit mois, partie du secours conduit par le baron deMoDtberaut estant arrivé dans la ville, les assiégez firent me sortie de cinq cents hommes, lesquels voyant les troupes réformées avec leur canon à demy-quart de lieue de Varilles, SBTilyteent les recognoistre par le chevalier de Montberaut, Oooliard et autres en nombre de huit maistres, conduits pcr Riencla, qui harcelèrent fort Tennemi, mesme Gou- Bttdy eat son cheval blessé.
i M range en bataille et fait mener son canon yen Pamies.
linB, se Toyant ainsi talonné, fait revenir ses troupes 9, les loge sur un haut, où il fait parade de vingt
Mirebal pris et bnitlé.
Le lendemain, ayant fait mettre ses troupes en bataille, sans avoir aucun canon, il alla attaquer Mirebal, appartenant audit sieur de Leran, qui fut pris en plein jour, où les habitants furent passez au fil de l'épée, et la place bruslëe.
Le 7% il fit attaquer le Peyrat, qui esloit aussi audit sieur de Léran, et bien fortifiée. D'abord on mit le feu au faubourg; mais faute de canon la place ne put être prise poar cette fois. Il se fit là quelques combats pour enfermer les Réformez dans leur fort; en un desquels les sieurs de la Hota- Daussillon et de Maillac, capitaines en chef furent blessez, et vingt soldats et autant de tuez. Le sieur de Léran ne bougea point pour cela de Mazères, qnoyqu'il fit courir le bruit de vouloir secourir Mirebal et le Peyrat.
Dég&st fait en l'entour de Painies, Nizùres^ Saverdua.
Le 19 dudit mois, ledit sieur comte de Carmain alla faire le dégast à l'entour de I amies, Mazères et Saverdun, qui toi achevé le 23*.
Au mois de juillet, il envoya le sieur de CastaîgnaCv um lieutenanti attaquer le fort des Allemands, que le sieur de Léran avoit pris, comme il a esté dit cy-dessus, et forei k coups de canon penvlant Tabsence dudit comte de Carmaiiii la* quel il avoit depuis faict fortifier. Ledit sieur de Castaîgoac« l'ayant battu avec une moyenne, il força ceux du dedans de se rendre; de là il alla forcer encore deux autres Ibrtsqii estoient près de là et y mit le feu.
Depuis le comte de Carmain ayant fait faire une lerée de gens de guerre jusques au nombre de trois mille hommes de pied et de cent cinquante maistres, et de cent canbins, et fait venir deux canons de Castelnaudary, estant assisté da fliarquis de Mirepoix, des sieurs de Ghalabre, de Castaignac» de
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Bax, de Dalon, de la Bastide et d'autres gentilshommes du pays de Foix, il retourna assiéger le Peyrat.
Le Peyrat et U Butidt forcez et bnitlez,
Lt 9B^ d'aoust, les approches faites et la batterie dressée, le banm de Harquein et le sieur de la Brosse y f eurent tues; ce qui fut la cause que le lendemain la place estant forcée, aile fut bruslée, et toute la garnison et tous les habitants taez.
Le 88 dndU mois, la Baslide aussi fut attaquée, forcée el bnislie. C'estoit une petite yille appartenant au sieur de LtouQ, bien baslie, bien fortifiée et des plus riches du pays, et d'où venoit tout le jayet que Ton voit en France.
Limbreuac assiégée, prise el broslée.
Le 31 dudit mois d'aoust, le siège fut mis devant Limbressac, petite ville appartenant audit sieur de Léran, fortifiée de bons dehors avec demi-lunes et tenaille? tout autour de la place, et une garnison de cent vingt hommes qui estoient dedans, outre les habitants bien armez.
I^e premier de septembre, le comte de Carmain alla reeognoietre la place. Le chevalier du Gatel qui Taccompagnoit pfi Ueeié d'une mousquetade, proche de lui. Le même jour, g tt dresser ses batteries, et fit commencer les tranchées, gpi faBeat continuées en tant de diligence, que le troisième Ipr après, on fut au pied de la demy-lune, laquelle fut le Wtnê jwr gaignée par assault par le sieur de Gastanet, où il n>f eut que dix ou douze soldats de mcMrts, et autant de
j^l^ didit moiSi la batterie ayant continué, on donna
Dnvl^ duvwt lequel une partie des assiégez s'enfuit par
n* ]0Vte ifi demire, et se sauva en forçant un corps de
liiaBla.lUiiaiiiiiiSM. -Doo. 12
garde des assiégeans. Le reste, qui demeura dans la place, fut mis au dl de Tespëe, et les maisons bruslées.
Léran rendu.
Le 6* dudit mois de septembre, ledit sieur comte fit sommer le cbasteau de Léran de se rendre, et fit brusler le moulin. Quoique ceste place fut fort bonne, et qu'elle eut autrefois fait lever le siùge à feu M. de Bellegarde, madame de Leran vX son fils, qui estoient dedans avec une bonne garnison, au bruit des rudes traictemens que les places rebelles cy-dessus avoient receus, envoyèrent vers ledit comte demander cornposition, laquelle il leur accorda en faisant la déclaration, (que) remeilanl la place en l'obéissance du roy, on donneroit congù à la garnison, qui estoit dedans, à laquelle on bailleroit un sauf-conduit. — Ce qui fut accordé, arresté et ex^ culô.
C'est ce qui s*esl passé en la prise de ces quatre places au pays de Poix, qui estoient bien fortes, tant à cause de l'asprêté des montagnes, que pour les gens qui estoient dedans, la plus part bandouliers, et les bons retrancbemens, que ledit sieur de Léran y avoit fait faire avec des dehors. ~- Après la prise desquelles le comte de Carinain donna congé à ses troupes, et se retira dans la ville de Foix, pour attendre la volonté du roy, avec dessein d'assiéger Pamies. — On a écrit que le sieur de Leran, qui estoit dans Maséres avec deux cents chevaux, et qui pouvoit faire une levée de deux on trois mille hommes de pied, ne se mit en aucun deroir pour secourir ses sujets.
Le 30* dudit mois, ledit sieur de Caslaignac tombant dus une embuscade de cent cinquante chevaux, et trois cents hommes de pied, combattit plus de deux heures, et se fit faire enfin place à travers les Reformez pour se retirer, n'es*