CODE PÉNAL DB L'ALBIGÉISME
préire-doyen de la Dalbade; de Pierre, archiprêtre de Caraman; de Jean de Saint-Gaudens; de Pierre Aribert, et de plusieurs antres. >
I XI. — Excommunication.
Cette peine ecclésiastique consistoit dans l'exclusion du coupable de la communion ries fidèles. Le pape et les évôcpies pouvoient seuls la prononcer el en absoudre. Ln tribunal de rinquisitîon eut autorité pour se servir de cette aniic terrible, dans le moyen âge, pour défendre les biens et les privilèges de rÉglise, et pour abattre Thérésie.
Dans la primitive Église, il y avait Tcxcommunication m^(ficina{^,qui séparoit de In communion le coupable jusqu'à ce qu'il eût satisfaite une pénitence déterminée ; et l'excommunication mortelhf portée contre les hérétiques, les pécheurs impénitents et rebelles, et les retranchant de l'Église jusqu'à ce qu'ils eussent mérité, par la pénitence, d'y rentrer.
Depuis Grégoire IX, on distingua l'excommunication majeure, qui privoit de la participation aux prières publiques, du droit d'adminisirer et de recevoir les sacrcmcnis, ainsi que d'assister aux of(ice«. divins, de la sépulture ecclésiastique, de l'exercice de la juridiction spirituelle, cl de toute communication avec les fidèles^ sauf les cas déterminés ; et l'excommunication mineure^ qu'on encouroit en fréquentant m excommunié, et qui enlcvoil le droit de recevoir les sacrements et d'être pourvu d'un bénéfice.
Pour fulminer une excommunication, on lisoit la sentence lia laear des flambeaux dans le plus sombre appareil; puis kl assistants renversoient leurs flambeaux et en éteignoicnt la flUumme sous leurs piv;ds, image de la vie spirituelle qui iTèloit éteinte dans l'âme du coupable.
L'excommunication avoit des suites terribles : rexcommanié iij pouvoit ni boire ni manger avec les autres chrétiens; on passoit par le feu tout ce qu'il avoit touché ; à son approche, l'église se voiloit de deuil, les chants cessoient, Torgue étoit muet et les cloches immobiles; parfois on plaçoit h la porlede Texcommunié un cercueil.
Les excommunications prononcées par le tribunal de Tinquisition dans le Languedoc, contre les hérétiques albigeois, furent du nombre de celles dites morlelles et mineures. Elles êtoitmt tantôt prononcées en séance publique du tribunal, tantôt devant une église, tantôt sur remplacement d*ua marché. Ces excommunications parfois précédoient la sentence, parfois elles en éloicnt la conséquence.
Les registres de l'inquisition de Carcassonne et de Toulouse contiennent beaucoup d'excommunications. Les sped' men de ces sortes de sentences sont trop connus pour que nous en opérions la transcription. Nous nous contenterons, dans un paragraphe subséquent, de donner une sentence relative n une excommunication générale.
Louis Domairon,
Membre de piusieurs Sociétés savantett