A M. LE CARDINAL DE NOAILLES
Chalom le 2 may 1707.
Monseigneur,
Nous espérions que les justes remonstrances et les humbles supplications que nous avions faites à Mgr notre Evoque votre frère auroient tous les succès que nous en devions attendre. Frustrés de nos espérances, permettez. Monseigneur, à vos anciennes ouailles d'avoir recours à Votre Eminence pour obtenir par son moyen le restablissement d'une prétieuse re-»
44 LE CAlilNET llfSTORIOt'E.
liquc qiril vient de leur enlever. Nous osons vous faire souvenir |
que vous avez eu de la vénération pour elle ; que feu Madame |
la duchesse de Noaitles Ta respectée, et qu'elle Ta honorée de i
riches présens. Tous les habitans de cette ville et du diocèse conjurent Votre Eminence d'avoir encore aujourd'hui pour elle cette tendre compassion dans leurs misères dont vous leur avez donné autrefois tant de marques. Si la douleur qui les accable ne peut fléchir Votre Eminence, qu'elle soit sensible aux outrages que les nouveaux catholiques font à leur religion, en publiant hautement qu'enfin les superstitions des catholiques sont abolies et qu'ils seront bientôt d'accord avec eux, outrage dont ils ne peuvent tirer raison, jusqu'à ce qu'on ait rétabli la relique qui vient de leur être enlevée. Ne souffrez pas, Monseigneur, que nos ennemis nous chargent de confusion ; faitesnous rendre ce précieux objet de la dévotion de nos pères, et nous en aurons toute notre vie une parfaite reconnaissance.
Nous avons l'honneur d'être, avec un profond respect, Monseigneur, de Votre Eminence les très humbles et très obeissans serviteurs.
Les chanoines-curés ei paroissiens de N.-D. de ChaaUms.