‹ Le Cabinet historique (volume 4)Chapitre 20 sur 170 · XIII. — FABLE INEDITE DE LA FONTAINE · texte numérisé non relu

XIII. — FABLE INEDITE DE LA FONTAINE

Nous terminerons ce recueil par une fable inédite de La Fontaine, que nons fournissent les manuscrits Gonrart, conservés à la bibliothèque de l'Arsenal. Elle est des premiers temps de Tauteur, qui, n'en étant sans doute pas content (et avec quelque raison), la voua à l'oubli et n'en conserva que le début qu'il ajusta depuis à une autre, qui est dans le souvenir de tous. Une fable inédite, même médiocre, du bonhomme, est chose assez rare pour que celle-ci, malgré sa faiblesse, ne soit pas lue sans plaisir. Cette fable se trouve la cinquième de dix, que Conrart a recueillies longtemps avant qu'elles n'eussent paru. Ces dix fables offrent plus d'une variante avec le texte connu. Yoicileur titre et leur ordre.

lo Le Loup et l'Agneau; 29 le Corbeau et le Renard ; S"" les Grenouilles qui demandent un roi; 4» les Deux Mulets ; 5^ le Renard et l'Ëcureuil; 6<* la Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion; l"" la Grenouille qui veut ressembler au Bœuf; 8o le Lion accablé de vieillesse; 9<>le Rat de ville et le Rat des champs} 10^ la Mort et le Malheureux.

LE RENARD ET l'ÉGUREUIL.

Il ne se faut jamais moquer «des misérables Car qui peut s'assurer d'estre toujours heureux ! Le sage Esope dans ses fables Nous en donne un exemple ou deux.

Je ne les cite point, et certaine chronique M'en fournit un plus authentique.

Le renard se nioquoit un jour de Fécureuil, Qu'il voyoit nssailly d'une forte tempeste. Te voilà, disoit>il, près d'entrer au cercueil, Et de ta queue en Tain tu te couvres ^a teste :

Plus tu tes approché du faiste, Plus Forage te trouve en bute à tous ses coups. Tu chercbois les lieux hauts et voisins de la foudre, Voilà 06 qui t'en prend ; moy qui cherche les trous, Je ris en attendant que tu sois mis en poudre.

Tandis qu'ainsi le renard se gaboit,

Il prenoit maint pauvre poulet Au gobet, Lorsque Tire du ciel à Fécureuil pardonne :

n n'éclaire plus, ni ne tonne, L'orage cesse, et le beau temps venu,

Un chasseur ayant apperceu Le irékk de ce renard autour de sa tanière :

Tu payras, dit-il, mes poulets.

Aussitôt nombre de bassets

Vous fait déloger le compère ;

L'écureuil Vapperçoit qui fuit

Devant la nieute qui le suit ;

Ce plaisir ne lui coûte guère.

Car bientôt il le voit aux portes du trépas ;

Il le voit, mais il n'en rit pas,

Instruit par sa propre misère.

. fiée. C&murij I, 2, p, 585;

HEVUE TRInESTRIELLE.

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