‹ Le Cabinet historique (volume 4)Chapitre 48 sur 170 · Les gens de 1a. cour souveraine du parlement de dole · texte numérisé non relu

Les gens de 1a. cour souveraine du parlement de dole

AUX président et gens du parlement bk DIJON.

. Nous rappeleron^ ici» seulement pour mémoire, deux faits impor* tanls que les lecteurs connoissent d'ailleurs fort bien. Marie de Bour* gogne, en épousant Maximiiien d'AulrichCi lui avoit apporté en dot ce quilui restoit des Etals de son père. Ces domaines devinrent le prineipe de la puissance de la maison d'Autriche et de sa ritàlité de trois siècles contre la France. Louis Xi reconquit bientôt la Francbe-Comté que le traité d'Ârras 1482 laissa à la Francei sous la clause du prochain mariage de Marguerite, fille de Maximilien et de Marie, avec le Dauphin. Répudiée par Charles VitI qui lui préiérôit Anne d'Autriche, Marguerite reporta la comté de Boutgdgne à la maison d'Aalriche, entre les mains de laquelle elle demeura jusqu'à la conquête de 1674, ratifiée par le traité de 1678» D'un autre côté, la. maison d'Autriche avoit encore failli s'agrandir à nos dépens de tout le duché de Bourgogne. On sait que la délivrance du prisonnier de Pavie n'eut lieu qu'à la condition qu'il oéderoil le duché de Bourgogne et la mouvance du Gharollois. On connoit aussi la belle protestaiion des Bourguignons et leur refus de se séparer de la France, pour rentrer, à la remorque de la Franehe-^Cômté, iàns le domaine de l'Empereur. Le traité de 1539,

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en maintenant à François !«' le duché de Bourgogne, laissa à la maison d'Autriche le comté de CharoUois. Cet état de choses, reconnu par les traités, ne calma point les animosités qui sont ordi-' naires entre les peuples de deux provinces limitrophes et rivales. Des luttes incessantes avoient lieu sur les marches des deux Bourgognes, et les attaques des brigands ou soldats de fortune dont il est question dans les pièces qui suivent ne font que révéler une hSibitude d'hostilités entre les deux pays.

Messieurs, nous sommes advertis que ung nommé Anathoile Valet dit Barsot, de ce pays^ après avoir, par conspiration prinse avecdeux aultres détenus ici prisonniers; puis nagueres cruellement meurdry et occis en la maison presbytéralo de Saligny^ en ces pays, le vicaire d*lllez et une vieille femme sa servante, saccaîgé sa maison, et buttiné tout ce qu'il y avoit treuvé, s'est retiré rière robéissance du Roy et (comme Ton dit) au lieu de Poinnard, où il est encore présentement. A ceste cause vous requérons que, en faveur de justice et à ce que tel exécrable délit ne demeure sans punition exemplaire, vous veuillez permettre, selon que, en tel cas, a esté par cydevant respectivement, tant de Tostre coustel que du nostre observé, suyvant la forme des traités de neutralité, que ce porteur, nostre huissier, puist prendre et saisir au corps ledit Barsot, en quelque lieu qu*il pourra estre appréhendé rière vostre jurisdiction, et Tamener seurement en ce lieu : et à cet efi'et escripre aux officiers du Roy au lieu de Beaulne; donner aud. huissier toute assistance requise à ce que . dessus. Et nous m fauldrons faire le semblable, quand de vostre costé en pareil ou greigneur cas, nous vouldrez requérir. A tant, messieurs, prions le Créateur vous avoir en sa saincte garde. — De Dole, le xxv* de janvier 1544.

Les Gens tenant la Court souver^. de Parlement de Dole, bien vostres, Seusshes.

(foi^e*. xt, A, f 31.)

AUX MEMES

Messieurs, les officiers du Roy, nostre Sire, en son bailliage de Dole^ nous ont faicl reinonstrance que, entre-le lieu de Safnct Âulbin, en ce pays, et la Maison -Dieu, près Sainct Jehan de Losnes, il y a ung bois et passa ige de hault et grand chemin fort estroit et neantnioings jounieliement fréquenté par plu-* sieurs passans etrepassans, négotians de Tun dès pays en Taul* tre, deans lequel bois et passage, dès ung an ença ou plus, se sont ramagez et rangez plusieurs brigans, larrons et destrousseurs de gens embastonnez d arquebuttes, pistolets et aultres armes invasives, dont ils font plusieurs grans maux el oultraiges, Toires meurtres et homicides; et à couleur de ce que les d. bois et passages sont sur deux divers pays, ces d. brigans ayant fait quelque mal sur Tun, se retirent sur l'aultre, pour non estre prins, surquoy seroit nécessaire que, comme ce d. bois est fort estroit, comme dict est, Ton debvroit ordonner aux habitans des yiUages voisins tant de vostre coustel que du nostre d'essarter et eslargir le chemin de quatre ou cinq toises. Dont avons bien désiré vous advertir, à ce qu'en vostre endroict, il vous plaise ordonner et pourvoir au d. essartement^ et nous ferons le semblable i^iVça nostre jurisdiciion ; aultrement} ce que seroit faict en Tan des lieux^ sans Taultre, seroit infructueux et frustatoire : vous priant nous faire responce de vostre bonne intention . Â tant Messieurs, nous recommandons à vos bonnes grâces, priant le Créateur vous donner en santé longue vie. De Dole, ce xx' de novembre 1563.

Les Président et Gens tenant la Court de Parlement a, Dole

bien yostres.

Parrurd. (?)

{Font, ib.)

m. KAIIAMK DE GàUlIEBAMS, FEMME DU GOUVERNEUR DE SAINT- AMOUR, A V, BOCHE, PBEIIIEB PBBSUffiHX DU PARLEMENT DE DIJON.

Monsieur,

La maladie de monsieur de Gaumerans estant dans Textresme» l'empesche d'avoir l'honneur de vous escrire^ ce qui m'oblige de vous donner advis, Monsieur, que les Contois de St. Amour, Geigny et autres villages du comté, au nombre de quatre à cinq cents hommes assiégèrent hier, v* du courant, le chasteau de Saint Amour où commande Mons'. de Gaumerans, mon mari. Je vous supplie, Monsieur, d'y mettre quel ordre qu'il vous plaira et me le faire scavoir. L'extrémité où est Mous' de Gaumerans ne TempeicUera jamais de faire ce que home d'honneur doit pour le service du Roy ; vous scavez. Monsieur, que despuis que les compagnies franches sont casées, que ce qui reste d'hommes dans le chasteau nous les payons du nostre. Ainsy le nombre n'en peut eslre grand. J'ay cru. Monsieur, qu'en labsence de Monseignr. de Vendaume,jedevois m'adresser à vous et vous supplier très humblement d'en donner advis en cour, affin que sy le Roy désire de se conserver la plasse, que l'on y envoyé du secours promptement. Si M', de Gaumerans peut • souffrir le travail du cheval ou du brancart, il se fera mener à la porte du chasteau quand il y devroit perdre la vie : vous as seurant que je suis véritablement, Monsieur^ vostre très humble et très obéissante servante,'

Denillet.

(Fontet. XL, A, fSjfi.)

BOPBGOGNJEi 173

P. HÉLIOT AUX PASTEURS DE l'eGLISE REFORMEE DE

GHASTILLON*SUR< SEINE (1).

Messieurs et très honorés frères. Dieu sj^pi farorisé mop

retour di; Synode national, j'ay creu estre de roon devoir de you^

advertir par avarice de-ce qui yonsdoit ^stre cqgqeu auparavant

la tenue du Synode provincial prochain : c'est qu'il a esté résolu

1 que désormais la coupe de la sainte Cène sera administrée

par la main des seuls pasteurs, suivant la teneur de Tarticle dont

vous aurez l'extrait ci-dessous. 2" Qu'il est défendu à tous pas^

teurs de prescher leurs sentimens, en ce qui concerne les afr

faires politiques. 3" Que le jeusne public se célébrera par tojutes

les églises le premier jeudy du mois de mars prochain, pour les

causes portées en Tarticle sous cscrit. 4" Qu'il vous est enjoinct

de faire collecte en vostre église pour nos frères du marquisat de

Saluées nouvellement bannis de leur pays, et spoliés de tous

leurs biens ; laquelle collecte sera envoyée ^ Mons'. Gras, pour

estre distribuée là où il appartiendra : comme aussi une autre

collecte pour l'église de Privas qui a souffert ceste année un

dommage indicible par les assaults de nos ennemis, afin de se

conserver le droit de place de seurté qui leur a esté ostée, à faute

de prompt secours, à la ruine de plusieurs particuliers, lesquels

sont recommandés à la charité des églises les plus voisines, qui

adresseront leur subvention aud. sieur Gras. De quoy je vous

prie vous souvenir, afin que ni vous ni moy n'y soyons accusés

(1) Celte pièce n'est pas sans intérêt pour rhistoire du Protestantisme, dont la marche en Bourgogne n'a point été étudiée. Je ne sais même si l'église réformée de Chaslillon-sur-Seine a jamais été signalée.

de négligence. Et sur ce je demeure, messieurs et très honorés frères, vostre bien humble et plus affectionné frère et serviteur.

Heliot.

J*ay joinct à la présente une copie des actes du Synode de Dordrecht, jurés et signés par nostre compagnie, pour estrc réservée et observée en vostre église : si vous desirez avoir copie des acte» du Synode national d'Illez, me le mandant je la vous ferai faire au meilleur prix qu'il me sera possible,

A Arnay le Duc, ce 29 dec. 1620.

fl

Au dos: Â messieurs et très honorés frères, messieurs les Pasteurs et Anciens de Feglise reformée de Chastillon-sur-Seine, à ChastiUon. [Fontet. xl, f 1 1 5.)

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