‹ Le Cabinet historique (volume 4)Chapitre 51 sur 170 · ÎÏIX, — LETTRES DE BUFFON · texte numérisé non relu

ÎÏIX, — LETTRES DE BUFFON

Voici quelques 1étt^es de notre illustre naturaliste : elles n'ont peut-être pas Timpor tance que nouf^ Tondrions, mais toutes ont le caciiet du maître et servent à le montrer sous son véritable jour. D'ailleurs, aujourd'hui que l'on met un soin pieux à recueillir jusqu'aux moindres fragments des célébrités lltléraires, on lira vôlotitiers ces lignes qui peuvent aider à compléter une nouvelle édition des Œiitres du grand écrivain* ^ Sur la ligrte de Paris à Dijon, h l'entrée 4e la plaintive et pittoresque vallée des Laumes, à gauche, du chemin et sur le flanc d'une montagne, se dressent encore au milieu d'un massif â*arbres au sombre feuillage, les vieilles murailles du château de Monlbar, qui vit naître Buffon et abrita si longtemps ses savantes méditations. On y montre encore ce cabinet de travail situé sur la terrasse du donjon, où l'auteur, en manchettes et répée au côté, jetoit sur le papier Ces belles et éloquentes pages qui sont dans le souvenir de tous. Les lettres suivantes sont dictées. de ce donjon célèbre et portent, il nous semble, l'empreinte dn caractère de i'écrivain-grand-seigneur.

À it. DE MONTBELLIAUD, CAPITAINB âC REGIMENt ROTÂL d'artillerie, mst'ECtEUR DES ARMES A CHARLEtlLLE.

J'ai lu. Monsieur, avec grand plaisir votre mémoire sur le fer fabriqué avec de vieilles ferrailles, et je Tai trouvé en tous points dans les vrais principes.

De ce qu'il se levé des écailles qui se détachent de la surface du fer, je pense comme vous. Monsieur, qu'on ne doit pas en conclure qu'il se fasse de pareilles exfoliations dans l'intérieur que sur Textérieur : c'est comme vous le dites très bien le coa« teau de l'air qui détache et trempe ces écailles, et quand même ces exfoliations se feroient en plus grande quantité^ elles ne nui-, roienl point a la parfaite reunion dco pièces que l'on soude enaeoiblei puisque ces écailles sont dix fer pur. Je l'ai vu et n'en

ai jamais douté, vos expériences le confirment et il suffiroit d'approcher un aimant de ces écailles pour convaincre ceux qui voudroient le nier. Au reste, ce que vous dites dans votre mémoire des fers à nerfs et à grains est aussi très bien vu et conforme aux expériences que j*ai faites et suivies moi même sur la composition et décomposition du fer, matière que personne n*entend et qui cependant est de la plus grande importance.

J'ai l'honneur d^être avec toute l'estime et tous les sentimens que vous pourez désirer de moi, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. — A Montbard, le 15 novembre 1767.

BDFFON,

Je l'avois cependant annoncée cette visite. Monsieur, mais sans aucun autre détail que d'en dire l'objet. La tête pleine dans ces commencemens de nfiile détails, il n'est pas étonnant qu'il en ait oublié un indifférent. Je ne peux rien scavoir aujourdhui parce que livré aux ministres étrangers je ne le verrai pas. Cela ne m'empecbera pas de me trouver a dix heures du matin chez M' Serès. J'ai l'honneur devons saluer. — Mardi matin.

BUFFON

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