I.À MÈRE
Quoy vous, chéris mignons des muses, De mere-folle et de Bon-temps, Qu'est le subject qui vous amuse, Que ne veuez veoir leurs enffansP Est-ce sagesse qui vous poinct, Ou bien que ne les aimiez poinct ?
Ce n'est l'habit qui faict le sage, Nous ne manquons pas de courage, Quoy que vo^s nous voiez couvert Des couleurs rouge, Janine et vert.
Le fol souvent le sage advise Et son conseil il ne mesprise.
Unissez-vous avec nous.
Car l'on vous tient capables fous.
DilCIBR.
A madame mère Folie , ' Et toute son infanterie.
Dacier, plus fol que nul de ceux Des enfans de mère Folie, Tient à honneur qu'on ne Voublie De l'assembler. Frercavec eux, Son père des premiers receus Fust parmy ceste infanterie :
Pourquoy le fils à ceste hoirie De venir seroit paresseux?
Salut donc nostre Mère folle, A vous mes confrères aussi, Mais naiez point tant desoucy
BOURCIOGNE. 215
D'apoincter des fols, la querelle ; Fols sur fols n'ont puissance telle £t fault aller à aultre escuélle.
«mÉnSBAULT.
Salut à la morosophie !
MU salut à Mere-Folie, A toute sa philosophie, Qui a pouYoir sur toute gens, Sur les bons et sur les méchans Et sur le fol et sur le sage I Je Tiens pour vous faire Thommage, Puisqu'il TOUS a pieu ine mander.
Que voulez vous me commander?
Est ce poinct pour quelques malades Qui ait besoin de mermelades , Ou de quelque saulce a l'oignon, Ou de consommé, de jambon?
Pour luy ramener le courage Je feray faire cest ouvrage :
Ou s'il fault conserver Bon-temps Eu la fleur de ses jeunes ans, Ou bien si vostre Infanterie Veult point reformer l'asuerie De quelques petits rimailleurs Qui ont cherché loin des oreilles Larges et longues à merveilles, Et n'ont pas peu trouver les leurs.