TULE
El au dos : A nostre très-cher et très-amé bon cousin le sieur de Montmorency, grand maistre de France.
XXMIi. — COLLEGE DE FRANCE
PROJET DE CONCLCSIONS POUR REGLER LA D1SCIPUNE INTERIEURE DU COLLEGE ROYAL, ET POUR ENTRETENIR LA PAIX PARMI LES PROFESSEURS DU ROY.
Voici un curieux règlement pour la police d'intérieur du collée de France. 11 donne l'idée des révolutions opérées dans le mode d'ad~ minislralion de cet utile établissement. Nous n'apprendrons rien à personne en disant que la fondation du Collège royal est due à François K% qui s'étoit proposé de l'établir sur le terrain de l'hôtel de Nesie, h Tendroit même où depuis l'on a construit le collège Mazarin. Les bâtiments dévoient contenir un très-grand nombre de maîtres, non-seulement pour les langues mais encore pour toutes es sciences, et six cents jeunes écoliers, dont le cours d'études, sous tous les professeurs, auroil été en tout de quatorze ans. Le Roi devoit assigner pour l'entrelien de ce collège cinquante mille écos de rente, somme énorme pour le temps et proportionnée à de si grandes charges. Il devoit construire nue chapelle dont la magnifl-
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cence eût répondu à celle des bâtiments et fonder quatre chanoines et quatre chapelains pour le service de celte chapelle. Le 19 décembre 1529, le Roi adresse de Villers-GoUerels, à Guillaume Prudbomme, trésorier de l'épargne, des lettres qui contiennent lous les arrangements nécessaires pour la construction du collège des Trois Langues, à Thôtel de Nesle. Mais des obstacles surgirent. — Toutefols, si le collège des Trois Langues ne fut point élevé à l'hôtel de Nesle, les professeurs furent nommés et dolés. On en nomma d'abord deux pour l'hébreu et deux pour le grec, et cet établissement porta dès lors le nom de Collège Boyal. —En 1ô«34, le Roi fonda une chaire d'éloquence latine, puis des chaires pour les mathématiques, pour la médecine et pour la philosophie. Les lettres de 1545 contiennent les noms de tous les professeurs qui composoient alors le Collège Royal « .Au reste, ajoute Gaillard, à qui nous empruntons ces détails, la fondation du Collège Royal suffiroit à la gloire de ce prince. S'il n'a pu exécuter les vastes projets qu'il avoit formés pour la grandeur et la perfection de cet établissement, s'il a laissé quelque rhose à faire à ses successeurs, on peut dire qu'il leur a indiqué tout ce qu'ils avoient à faire. Mais ils n'ont pas tout fait,non plus que lui. » François V^ n'ayant construit aucuns bâtiments pour les professeurs royaux, ceux-ci donnoient leurs leçons dans divers collèges de l'Université. Henry H leur assigna les collèges de Trèguier et de Cambrai. Henry IV, un an avant sa mort, résolut de leur faire construire des écoles particulières avec des appartements pour les loger : il nomma des commissaires pour visiter le terrain que dévoient occuper ces bâtiments. Louis XIH, en 1610, exécuta ce dessein et c'est à lui qu'on doit rédifice qui subsiste aujourd'hui, place Cambrai, sous le nom de Collège de France, restauré toutefois sous Louis XV en 1773. 1.e f^oyage pittoresque de Paris par D***, publié vers cf*tte époque (6« édition, 1778), donne la description suivante, que l'on pourra comparer avec son état actuel. « L'édiOce a été refait sur les plans de M. Chalgrin. Son style est dorique Une porte, surmontée d'un fronton triangulaire et accompagnée d'une grille de chaque côté, en forme l'entrée. Les deux tympans de ce fronton, qu'a sculptés M. Duret, représentent les armes de France et la Science couronnée par le Génie des ar!s. Entre les arcades de l'ancienne aile e-t le hitste de Louis Xlll qui en posa la première en 1610; entre les arcades de la nouvelle est placé le buste de Louis XV^ tous deux de M. Dujet. Au fond d'une cour oblongue se présente uu vestibule décoré de pilastres doriques, qui conduit à la salle des Actes. Des colonnes ioni-
ques portent une corniche architravée ; celles da fond fonnenl encadrement où sera placée la figure pédestre du Roi, dont M. Lecomte est chargé. Les autres colonnes des côtés seront ornées ém bustes de nos Rois, depuis François I" jusqu'à Louis XV. L'eiécntion en est confiée à MM. Lemoyue, Gois, Houdou, Clodion et DnreL Une tribune aux harangues seroit sur un des côtés de cette «De qu'éclaire une lanterne décorée de pilastres composites ; elle értsoBtenue par une voussure ornée de caissons. Dans le plafond de cette salle, qui a trente-six pieds sur onze, M. Taravel a peint nne allégorie ingénieuse à la gloire des princes protecteurs des sciences, des belles-lettres et des arts. Une femme majestueuse et couronnée montre d'une main la médaille de François I^^ suspendue à nne pyramide, et tient de Tautre des couronnes, de lauriers et de roses^ emblèmes de la gloire et des agréments de la littérature. A cette pyramide sont aussi attachées les médailles des Rois protecteors des sciences. Sur un autre plan, rHistoire, appuyée sur le Temps, s^appréle à transmettre à nos ncTCUx la gloire des princes et des sciences. Sa télé, tournée derrière elle, exprime que la postérité est le bit de ses travaux. On voit encore dans le plafond TEloquence qui terrasse rignorance, l'Erreur, les Préjugés, TEnvieetla Raillerie, places dans un lointain obscur. Vers la porte d'entrée, une figure désigne la bonne Renommée, la branche d'olivier et le cœur d'or sur la poi* trine; elle tient le médaillon du Roi que les génies de la Franeeet des arts se disposent à attacher à la pyramide de l'Immortalité. — Les angles de la voussure offirent des vertus groupées qui caractéri* sent les grands hommes, savoir : la Justice et la Clémence, la Force et la Raison, la Tempérance et rÉgalilé, la Prudence et la Vigilance.»
i. Pour fil recherche et conservation des titres de la compagnie.
Il sera rommis i-t ilêputê quelqu'un d'entre nous pour ramasser rt rtH'ueillir avtv tout le soing et toute la diligence qu*il se pourra tous les papiers, titres et documents qui regarderont eu quelque façon que ce soit les iutênHs et les privilèges de la eonipa^ïuie, connue les foudalions des chaires, les attributions tant anciennes que nouvelles, ijn^e;? et augmentations» les lois, patentes et arriHs concernant divers règlements sur le sujet
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de nos fonctions et de nosdits gages, les délibérations précédentes de la compagnie qui peuvent donner éclaircissement de nos droits et servir à la compagnie et mesme les pièces et productions des procès que la compagnie a eus.
Pour faciliter cette recherche de nos titres, les trois anciens feront chascun un mémoire des papiers utiles dont ils ont connoissance, et des personnes entre les mains desquelles ils sont ou par le moyen de qui ils estimeront qu'on les pourra recouvrer.
Tons ceux de la compagnie qui ont eu en maniement iesdits papiers et titres, ou qui en ont quelques-uns en leur pouvoir, les remettront de bonne foy dans le mois entre les mains de celuy qui sera commis et député à cet effet, lequel s*eu chargera par récépissé.
Il sera fait un bon et fidèle inventaire de tous les actes qu'on aura pu recouvrer.
Tous les actes qui pourront être utiles à la compagnie seront transcrits à la diligence de la mesme personne dans un registre qui sera destiné à cela.
n faudra de plus avoir un autre registre pour les délibérations courantes de la compagnie pour y insérer la réception des nouveaux professeurs.
Ces registres, avec les actes et l'inventaire, seront mis dans une armoire commune, à deux diverses serrures, dont les clefe seront gardées par MM. les doyen et syndic, et ne pourra estre rien tiré de cette armoire que du consentement de la compagnie ou des deux tiers, et avec un récépissé de celuy qui les prendra.
2. Pour la réception, le rang et les fonctions des professeurs
en général,
deux qui seront pourvus de nouveau d*unechairede professeur au Collège royal seront tenus, dans un mois après leur serment
preste, de présenter leurs lettres de provisions à H. le doyen ci les laisser trois jours entre ses mains, et ensuite de les montrer au syndic. Ils visiteront aussy tous les autres professeurs qiù seront à Paris, et ce dans le mois de la présentation de kuis lettres faite à M. le doyen, après quoy ils se présenteront à li première assemblée aûn de demander d'estre reeeus, et leurs lettres seront règistrées s*il n'y a point d'empêchement dans le registre de la compagnie.
Le nouveau professeur sera encore obligé de faire ndvertîr tous les professeurs dans la semaine qui précédera le jour de la première harangue, et ce par un billet imprimé suivant la coutume, avant quny il ne pourra faire aucune fonction.
Les professeurs qui seront receus cy-après prendront leur rang du jour de l'cnregislremenlde leurs titres dans le registre delà compagnie, ou, en casdedifGculté, audit enregistrement de la même assemblée.
Les anciens professeurs auront le choix des heures des leçons suivant Tordre de chacun.
Chaque Icclure sera d'une heure par jour dans la chaire, après laquelle le professeur mesme plus ancien, quittera la place au professeur qui se présentera pour faire la sienne^ et qui aura pris Theure suivante; chascun en sorlanl donnera quelque temps à la conférence familière avec ses auditeurs pour résoudre les diflicullés s'ils le désirent, et ce dans une chambre particulière ou autre lieu commode.
Les professeurs des lettres humaines et de l'éloquence et les autres qui le pourront commodément et avantageusement sont exhortés à faire des harangues de lemps en temps au (îollégc royal pour l'honneur de la compagnie, en sorte qu'il y en ait lous les ans une à Touverlure des leçons autant qu'il sera possible; et à cet effet les nouveaux receus prendront autant qu'il se pourra le temps de l'ouverture du semestre le plus