III. -^ l'Église saint-sulpige
L'ancienne église Saint-Sulpice« dont Texislence remontoil au xni* siècle, éloit, au dire de la Martinière, un bâtiment si serré* qu'il pooToil à peine contenir la douzième partie des paroissiens. C'est vers le milieu du xtiii« siècle qu'on entreprit le vaste édifice qoi se Toit aujourd'hui et dont on a fait une des plus remarquables ^iises connues, mais avec de grands dérauts, de l'aveu des plus vulgaires connoisseur^. Ce fui Gammart, architecte aujourd'hui fort oublié, qui en proposa le dessin, et Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, en posa la première pierre, en 1646. Exécutée sur un plan insufQsant, celte église fut bientôt jugée trop petite. Levau, premier architecte du roy, donna on nouveau plan , dont Texécu- Uon fui commencée en 1655. Après la mort de Levau, Daniel Gittard continua les travaux. Ils cessèrent en 1676 et ne furent repris qu'en 1718, sous la direction de Gilles Marie Oppenor, directeur général des bâtiments et jardins du duc d'Orléans, alors régent. Scrvandonî, dont celte église a illustré le nom, n'en a pourtant desiné que le portail (1733 à 1745), encore son plan a-t-il été singulièrement modifié par rarchitecteChalgrin, qui en a recommencé la construction en 1777. La dédicace s'en fit seulement en 1745, lorsque rinlérieur Ait totalement terminé.
La pièce suivante qui , quoique sans date, semble des premières années du xtih*' siècle, est une protestation des habitants du quartier contre la continuation des dispendieux travaux qu'entrainoit
(1) Bn Vexin.
26 LB CÂfilttfit fitSTOAtQCE.
d'église. Ce qui seroit un dernier accablement aux supplians propriétaires desdites maisons, si ladite proposition de celle nouvelle imposition êstoit receue, et qu'ils espèrent que Vostre Majesté, toute bonne et juste qu*elle est, ne souffrira pas ; et qu'il ne se passera rien sur ce sujet que les supplians ne soient deûement appelez et ouys ; cependant ils continueront leurs vœux et prières pour la santé et prospérité de Vostre Majesté.
Signé : Tambonneau, Lemyrrhe, Domenchin, Lepalluau, de Montholon, 6. de la Porte, Lafferé, révérend Du Troncbay de Vayres, Benoist, Mainneville, Jacquier de Selt, Loisel, Marie Frissaut, Marie de la Croix^ Benoist, de Tellier, Therbault, Confais, DeFourmont (Joubert), F. -Simon Pëlissier, procureur du novitiat des Jacobins, F. Athanase Tribou, Pierre Davoust, prieur des Augustins du fauxbourg Saint-Germain.
{Bl Mant, vol. 72.)
BIBLIOGRAPHIE
HISTOIRE D*BLtZABET0 BB VALOIS, RBINE D'CSPAGNB, 1546* 1668,
Par le marquis du Prat. Paris, TechencTf 1859. 1 v. in-S.
Voie! un livre comme nous aimons à en rencontrer, mais comme nous en fournit peu la presse contemporaine : une étude historique, faite avec amour et passion, conscience et talent : La vie d*Eli%abeth de Faloii^ par M. le marquis du Prat. Méconnue des historiengiqui ont trouvé deux fois tout juste Toccasion de la nommer, Elizabelh n'avoit eu jusqu'à ce jour d'autre biographe que Branlôme, dont les réclt.^, empreints de l'exagération gasconne, laissent habituellement toute sorte d*inceriitude dans l'esprit. Ajoutonsy cependant le romau de Sainl-Réal, le Dom Carlo» de Schiller, le Philippe II d'Alfieri, puis Quelques lettres d'elle, éparses dans les grands recueils, et nous aurons à peu près tout ce qui compose la bibliographie im-
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H appartenoit à M. Chodzko, à qui la littérature et Tbistoire - Pologne sont dqjà si redevables et que tant de travaux
^ ^nidition ont déjà recommandé, de naturaliser parmi nous ce
^^^irieax monument de la langue paléo-slave.
~Le Château de Chamhord, par L. de La Saussate, mem- ^t*« de rinstilut. 8** édition, revue, corrigée et augmentée de piccfô justificatives. Parh^ Dumoulin In 8^ vu., 157 p., pap. de Hollande. — Vuici une nouvelle édition d*un petit livre qui dès longtemps a fait son cbemin, et que connoissent tous ceux qui ^^intéressent aux monuments de notre ancienne France. Leur nombre va s*aa:roissant tous les jours, et, à défaut d'autres preuves, les huit éditions de Touvrage de M, de la Saussaye aeroient là pour le. démontrer. La dernière, celle dont nous parlons, est augmentée de pièces justiGcalives qui lui donnent une valeur nouvelle, en même temps qu'elles impriment à ce livre un cachet d'érudition et de consciencieuses recherches qui suffit pour le distinguer delà foule des descriptions et notices du même genre. On doit savoir gré à un membre de l'Institut, à un grave recteur d'Académie, d'avoir bien voulu, en composant ce livre, nous épargner l'ennui de recourir aux volumineuses compilations déjà publiées sur le même sujet. M. de la Saussaye a su ne dire ni plus ni moins que ce qui peut intéresser , et le dire bien et avec une simplicité de bon goCU assez rare en notre temps. Il fait passer sous nos yeux tous les souvenirs historiques etUttéraires qui se rattachent à ce gracieux château de Charobord. Il nous montre les figures les plus remarquables qui ont monté ce charmant escalier, animé ces poétiques lambris : François l^^' et Diane de Poitiers, Louis XIV et Molière , le maréchal de Saxe et le roi Stanislas. Il nous fait lire sur les murailles le nom de madame la duchesse de Berri, gravé de sa main, et le fameux distique du roi chevalier. Puis il raconte le sort du château lui-même : il restitue à un François, à un Blaisois, l'honneur d'avoir construit cette merveille attribuée^ on ne sait pourquoi, au Primatice; il suit les destinées de l'édifice à travers les âges, il dit comment, à plusieurs reprises, le vandalisme'le menaça de ses coups et comment il y laissa l'em-
preinte de ses serres. Enfin, il rend compte de ce qu*est devenu, entre les mains du prince qui le possède, le don de la France, où déjà s*est dépensé bien au-delà du prix d'achat. Le livre de M. de la Saussaye sera recherché de tous ceux qui visiteront Chamhord, ou qui voudront s*cn faire une idée. — Quant à Texécution matérielle, il sort des presses de Louis Perrin.
— V Annuaire de la noblesse, de M. Borel d*Hai}terive, année 1859, qui vient de paroîtrC} fait partie d*une publication sur laquelle nous comptons prochainement revenir, et que, du reste, beaucoup de nos lecteurs connoissent déjà. La loi du 28 mai dernier, sur les noms et les titres, donne à ce recueil plus d'actualité que jamais : nous signalerons dans ce volume, outre les matières ordinaires, un curieux article sur la noblesse de France aux assemblées électorales de 1789; ce chapitre est extrait d*un livre dont la publication seroit certainement- d*un grand intérêt : un armoriai de Téchevinage de Paris, resté jusqu*ici inédit et que l'éditeur a fait précéder d*une savante dissertation sur le prétendu anoblissement des bourgeois de Paris; rnfin, avec la revue complète de la jurisprudence et de la législation actuelle en matière de noms et de titres, la liste des titres et dotations conférés par l'empereur Napoléon I" de 1808 à 1814. — Les planches coloriées qui accompagnent le texte ont un cachet héraldique très-distingué. Nous pouvons assurer que nous ne donnons ici qu'un foible aperçu de Tintérét que présente ce nouvel annuaire, en tout digne de ceux qui l'ont précédé et qui assure à l'auteur le succès et le renom qui s'attachent aux pul)lications sur la noblesse, quand surtout elles sont faites avec cette érudition classique du genre que savent apprécier les connoisseurs et qui distingue tous les livres de M. Borel d'Hauterive.
son les anciennes minutes du bailliage, l'un des sept grands baillages de Normandie. Ces archives judiciaires et féodales étoient conservées dans la télèbre tour du Prisonnier^ et la Tille de Gisors avoit fait tout récemitieht les frais de les faire classer par M. Lebrun d'Orgival, ancien élève de TÉcole des Chartes. En attendant la terminaison du nouveau bâtiment, <îes deux importants dépôts de Vcrnbn et de Gisors sont entassés dans trenta^quatre caisses amoncelées dans lea caves de la préfecture.
Pour compléter cette centralisation à Étreux de toutes les Anciennes archives du départettient^ Târchiviste a fait apporter aussi au chef-lieu les archives récemment découvertes au grefi^ de Bernay, par M* Léon Métayer (1). Cet enlèvement ne s'est pas fait sans quelque résistance de la part du tribunal de Bernay et de la municipalité de cette ville. M. Métayer, qui avoit eu la chance de retrouver ces archives, longtemps cherchées en vain^ auroit désiré qu'elles restassent quelques mois de plus à Bernay, aûn de pouvoir achever un travail de dépouillement par lui commencé^ et d'avoir la primeur de leur exploration, faveur bien légitime, ce semble, puisque c'est à lui seul que l'on en doit la découverte, mais qu'il n'a pu obtenir. Ces documents attendent également, dans les caisses où ils sont entassés, le jour où ils seront ofiiciellement inventoriés et mis à la disposition des explorateurs.
Yeuillet agréer, monsieur, la nouvelle expression de mon sincère détouetnent.
Raymoud BoROBÂUXi
Ô) Voirie Cabinet historique du mois dé jultt dernier.
MEHOIBB DB M. DB GàMPREDOIf.