‹ Le Cabinet historiqueChapitre 15 sur 235 · NÉGOCIATIONS DU NORD · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS DU NORD

(SMt.)

Je tn'âddres^ay d'abord à M. Diikert pour atdr un logement; il tne donna la moitié de son Hct, c'est*à-dire de la paille qui luyeti servoit; il témoigna désirer rendre quelque service au Roy» mais il m*cn expliqua l'impodsibilité, Ibndée sur Téloignement où estoit lé roy de Suède d'écouter aucune proposition avant Tetécution du projet qu'il avoit en teste de détrhôner le roy Auguste ; que qé dessein l'occupoit uniquement; qu'il n'onoit Inesme luy parler du sujet de ma mission, et que ce seroit beau^ coup si, avant mon départ et celuy de l'armée^ je pouvois par^ venir à parler lu duc de Hohtein et au comte Piper. Je pressay fort M. Dukert de me procurer l'un et Tautre, Taasurant qu'il n'y avoit rien que d'agréable pour eux et de glorieux pour S. M^ suédoise dans ce que j'avois à leur communiquer, et que le Roy» dont il iémoignoil affeclionner le service, luy tiendroit Compte de celuy qu'il rendroit en cette occasion. Ses réponses me firent juger qu'il n'y estoit guères propre. Je vis le lendemain le comte Piper, par le moyen du secrétaire Cederhielm, à qnije fispti^ ieni d'une tabatière et or. Je sçavois à t/uûy m'en tenir $ur cet article ûtec luy, depuis que je l'atois tastë en Cmirlande. ht comte Piper me reçut aise« froidement, et sans répondre en détail à ce que je luy exposay de ma Commission , ny à la lettre de M. de Bonac ; il me dit que le Roy, son maistre, n'estoit ny en scituation ny en volonté dé souRVir aucun négociateur à Sà suite, moins encore d'écouter des proposition^; qu'il éçàuroit àprofondir ce que je luy avois insinué des engagements pré^ tendus des alliés avec le roy Auguste, ëjouumt, Atec im tiùiOitie

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escadre de ses vaisseaux, qui croisoit sur les parages de Revel, prit 5 vaisseaux François que la Compagnie des Indes envoyoit à S. Petersl)ourgt avec de très riches cargaisons, poqr y tenter rétablissement de la traltte des mats, bois de construction, godron, chanvi*e et cuira de Rutisie dont oe pays abonde ; ces trois vaisseaux furent conduits à Stockholm, le plus grand estoit percé pour 70 pièces de canon, il portoit 50,000 piastres en espèces et pour plus de 100,000 livres d'autres marchandises. Tous les mouvements que je me donnay pour en obtenir la mainlevée furent inutiles, on temoignoit de la bonne volonté, mais on fe retra pcboil toujours sur la sévérité des ordres du roy de Suéde, qui interdisoit tout commerce avec la Moscovie. Comme je sçavois d*avance que Tavidité d*un si riche butin fermeroit touttes les voyes d*accomodement, je me retranchay à demander la liberté des pacotilles, et à la faveur de la nuit^ Ton aporta dans ma maison, qui estoit proche du port, Targent comptantj plusieurs barils de cochenille et une grande quantité de vin, avec les pavillons des trois vaisseaux qui furent confisqués peu de jours après; on mit les équipages à terre, sans vouloir leur donner aucune subsistance, et comme Thyver aprochoit, du consentement, et à la prière des capitaines, je fis racheter un de ces bâtiments a très bon marché, pour transporter ces équipages en France; les piastres et la cochenille qu'on ne jugea pas à propos d'y embarquer, parce que les Suédois n*auroient pas manqué de s*en saisir, et j'en estois averty, furent employés à acheter du cuivre sous le nom d'un banquier qui Tenvoya à Saint-Malo, avec un des capitaines françois que j'avois gardé à Stockholm pour avoir soin de cette négociation ; elle réussit au moyen de mes* amis, et diminua autant qu'il estoit possible la perte des propriétaires.

(La suite prochainement.)

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