‹ Le Cabinet historiqueChapitre 31 sur 235 · l'abbé bourdblot au même · texte numérisé non relu

l'abbé bourdblot au même

Nous prions itérativement le lecteur de se reporter à ce que nous afons dit de ce personnage [Cabinet historique, 4« année, t. nr, p. 107.)

 Stodcolffl, ee 24 inay 1652.

Monsieur»

Je n*ay point receu de vos lettres cet ordinaire, ce qui me fait craindre que vous ne soyez malade. L'on vous escrit sans doute que la Reyne a failly à se noyer en allant visiter son armée na« valle entre trois et quatre du matin; elle alloit vériOer le râport qui luy en avoit esté hki en son conseil. H. Flemin qui la con* duisoit, marcha sur une planche mal soutenue, tomba et lit tomber la Reyne dans un endroit où il y avoit 100 brasses d'eau . Sans Stimberg qui apercent sa robe non encore enfoncée et qui l'empogna pour la tirer dehors avec l'aide du vakmestre et d'un valet de pied, elle estoit morte ; elle avoit desjà avalé une pinte d'eau. M. Flemin en est malade à la mort. Sa Majesté n'a pas laissé d'aller par la ville pour se faire veoir tout hier à cause que le bruit avoit couru qu'elle estoit morte. C*est une héroïne incomparable donnant ordre à tout elle-mesme. Elle a fait faire la reveue de toutes ses milices, montant à soixante mille bons hommes eiTectifs. Elle parle d'aller à la teste d*une armée. Pour moi, je me résoudray à un besoin d'y aller avec elle, je comba^ tray en caresse et vous en littière.

GLACOB SAUMAl&E. 71

Je TOUS envoyé Tobservation de Téclipse faite à Upsal. J*ay receu touttes celles de Paris, j'attends celle de Copenhaguen. S*il en a esté fait en Hollande, obligés^moy de me les mander.

Sur ce que la Reyne a sceu que H. Vossius est party avec H. Bochard et qu*il ne pourra pas recevoir la lettre qu'elle luy a escritte en cholere de ce qu'il vous a traicté indignement et irrespectueusement, elle luy a envoyé Nils au-devant avec une lettre contenant ses intensions qui sont qu'il ne passe pas plus oultre et qu'il ne rentrera point à son service que ce ne soit avec voslre prière pour luy. Comme cela veult du temps , je ne me presseray pas de vous demander comment vous vous y comporterez. Peut-estre no serez-vous pas en peine de prendre avis là-dessus. Il ne viendra pas recourir à vous et tascbera de s'en passer. Nous verrons ses résolutions et les vostres. Cependant H. Naudé vient absolu bibliotbéquaire. M. de la Perere n'est pas satisfait là-bas, et croy qu'il viendra. Il n'y a plus que vous à venir, n*y manquez pas, vous ne sçauriez plus rien souhaiter de Sa Majesté*

II s'est passé quelque petit différent entre M. de Harsault et M. de Lager. La Reyne qui la sceu a aprouvé le procédé de M. de Marsault;je soubaiterois à l'autre plus de maturité. Je serviray une très-grande épistre à M, de Saumaise, par le premier or* dinaire. Je vous prie cependant luy faire mes très-humbles baise-mains ; c'est vostre très-humble et très-obéyssant servitear« Bourdslot.

A Monsieur, Monsieur de Sanmaise, conseiller du Roy en ses conseils d'Estat, demeurant à Leyden.

PonBR. — La maison Potier^ divisée en Novion et GasvreSy vient d'an pelletier de Paris, comme dit la chanson :

Las, ma mère, les Potiers Me ftirent point gentiisbomes.

Las, ma mère, les Potiers Ne furent que pelletiers.

SuLLT, — favori do Henry, fut cocu de ses deux femmes.

Pelletier.— La maison du contrôleur générdl Pelletier vient d'an avocat du Mans qui estoit aussy procureur.

EspBRNON. — Le premier duc d*Espemon avoit pour ayeul ou bisayeul un jurf qui estoit propriétaire d*un moulin proche d*Agen. Ce moulin estoit appelé Nogaret. Ce juif se fit chrestien et fit estudier son fils, qui fut juge-mage de Toulouse, et fu|^ père d*un fils qui a aussy esté dans quelque magistrature de la mesme ville de Toulouse. Ce dernier eut deux fils, Lavalette et Caumont qui fut ensuite Espernon.

Cet Eepernon espousa Théritière de Candale, de la maison de Foix, qui avoit une aisnée, à qui de droit eust appartenu la succession. Le duc, pour se moquer d'elle, ra(>pe1Ioit souvent madame de Scandale, au lieu de Candale, et elle le nommoit H. à'Espamous. L'on fait plusieurs comptes de ce duc qui avoit esté un des mignons du roy Henry III, receut un jour une response fort fascheuse du duc de Damville, admirai de France, qui estoit bossu. Espernon le raillant au sujet de sa bosse, en la présence du roy Henry IV, Damville respondit à Espernon, que

s'il eust eu au t une bosse pareille à la sienne, il ne seroit

pas si grand seigneur.

Sous le règne du roy Henry III, un prédicateur nommé Poucet prescha un jour, dans l'église de Saint-Benoist, contre les mignons et favoris de ce roy et particulièrement contre d*Es* pemon qu'il désignoit assez sans le nommer, et il faisoit un peu

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force bastonnades. Un joar, il eut quantité de coups de bastons dans la rue Saint-Honoré, proche la barrière des Sergens-Saint- Honoré , où les batteurs, après l'avoir bien bastonné, jetèrent leurs bastons et s'enfuirent. La reyne Marie de Médicis qui sceut cette bataille, voulut l'en consoler, mais il luy respondit que le champ de bataille et les armes de ses ennemis luy estôient demeurez.

L'homme d'affaires de Beaotru, par pitié, eut soin de l'éducation de Serrant qui ressembloit comme deux gouttes d'eau au galant de sa mère. Beautru ne voulut jamais le reconnoitre que quand il sceut qu^il juroit Dieu mieux que luy.

Serrant fut marié à une fille de La Basinière, trésorier de TEspargne, qui l'a toujours hay, n'en eut que deux filles, dont Tune espousa Vaubrun, son oncle à la mode de Bretagne, d*où est sorti l'abbé de Cormery d'âujourd'huy, qui est boiteux et appelle Tabbé de Vaubrun, et deux filles , dont l'une est seconde femme du duo d'Estrées d'à présent, et Tautre fut enlevée d*un monaslère de cette ville de Paris, l'année passée 1688) par un Beihune^ avec l'assistance des gardes du duc de Gesvres. L'autre fille de Serrant est mariée à Colbert Maulevrinr qui en a plusieurs enfants, et entre autres une fille mariée à un petit^fils du deffant mareschal de Grancey. Serrant fit le mariage de sa fille aisnée avec Vaubrun, par un principe de conscience et de restitution, pour laisser son bien à la maison Beautru qui en estott héritière, parce qu'il estoit fils du galand de sa mère.

Serrant^ avant que d estre marié, fut intendant de justice en Touraine, avec le nommé la Hère; il avoit esté aussy conseiller semestre du parlement de Rouen. L'on fit en ce temps-là le rondeau suivant sur ce personnage et sur la HèrB :

Serrant, enraat issu du vioe, Mais advoué par le capricei D'un pèfé plus ... que fou:

Mitarin le nomtte Beaatrov,

£t les ÀDgeTins leur supplice; L'un, fln et bomme d'arlifice.

L'autre d'orgueil el d'avarice Estoient tous deux jusqu'à un son Serrant, etc.

Ils avoient Thumeur fort propice.

Mais se seroit un sacrifice Dont tout le monde riroit prou, S'il leur voyoit la corde au cou Et l'exécuteur de Justice Serrant, etc.

BIBLIOGRAPHIE

Correspondance entre Boileau-Despréaux et Brossettb, publiée sur les manuscrits originaux, par Auguste Laveroet, introduction par Jules Janin. Paris , Techener, mihxclviu. — 1 vol. gr. in-8* de xxxii-605, avec nombreux fac-similé,

S*il y a un livre qui doive intéresser le public, de nos jours si curieux de tout ce qui est détail biographique, si avide de seule* ver le voile qui couvi*e la vie des hommes des temps passés, c*est assun'nient la publication de M. Laverdet. De ces lettres et des pièct^s qui les accompagnent est né tout le commentaire de Urossette sur Boileau. De là nous viennent toutes les notions que nous |H>8st^ons sur le grand critique. Mais ce qui a dû diupurottre dans un coniinentaire, c'est la vie qui les anime, c*e«t cette tleur du moment qui donne aux lettres et aux mémoire» une saveur si piquante, même pour les estomacs les plus klasi^H. Iloileau s*y montre bien tel qu*il étoit ; G*est un lionune d'honneur, une ème Itelle et sereine, mais froide et calme, et qui n'est susceptible de sVnrhauffer que pour défendre IcH bon!« ouvnifre!* et entre autres les siens, ou attaquer les mativalH auteurs. i'.e qu'on admire en lisant sa correspondance, c'cHt MU nMillaiuM' on hii*uuMne« la sûreté de ses jugements, pnrloÎH, i4(Miveut nH^lue tn^p «èvt^res, mais toujours conséquents h HCH pnncipoM. r.ouune Urosselte nVtoii pour lui qu un ami

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REVUE HEnSVELLE.

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