MEMOIRE DE M. DE CAHPBEDON SUR LES NÉCOCIATIONS OU NORD
le n'entreray poinl dans le détail d'un grand nombre d'autres affaires particulières concernant la marine du roy, la navigation et le commerce de ees sujets, dont j'estois chargé spécialement et qui estoient d'une assez grande étendue, ît l'occasion des mats, bois de sapin et godron qu'ils tiroient de Gottemboarg et de Stockholm : il n'y avott point de consul de la natjoD, et j'avois de fréquentes discutions à essuyer pouir Taire rendre justice à nos négociants, ou prévenir autant qu'il ealoit' possible le dommage que la cupidité des amirautés suédoises s'efforçoit de leur causer par toute sorte du chicanes, dont les connoissaoces que j'avois acquises, m'aidèrent à aprnrondir les ressorts secrets.
Je diray seulement que les Anglois et les Hollandois en ressentoient encore plus Tivement que nous les efTela par la quantité de vaisseaus qu'on leur conAsquoit tous les jours ; ils PiHs. - Typ. WittersbeJni, — Sa aaDè«, Doc. k
82 LE CABINET BISTOBIQCE.
avoient d'anciens établissements en Livonie, en Ingrie, ea Finlande et en Moicovie; c'estoit upe des meilleures branchfs de leur commerce du Nord ; les particuliers, que ced pertts regardoient de plus près, en faisoient grand bruit, mais les ministres craignant d*irri1er un conquérant à portée de donner la loydans TEmpire et de dérangerleurs projets contre la France, difTérèrent à un autre temps de joindre les menaces aux plaintes, ces puissances se bornant alors, c'est-à-dire après la conclusion du traitté d*Âlt-Ranstad, d'envoyer des ministres à Charles XII.
Il avoit eu quelques démêlés personels avec l'Empereur pour une insulte faite par son chambellan à l'envoyé de Suède, résidant à Vienne ; les protestants de Silésie et plusieurs autres de l'Empire saisirent aussy cette occasion pour avoir recours à la protection de S. M. suédoise, sur leurs griefs de religion, quelques-uns mesme croyant de se l'acquérff en flattant son ambition, insinuèrent au comte Piper, premier ministre, de mettre la couronne impériale sur une teste de leur religion, en la personne du roy son mattre.
L'Angleterre luy envoya milord Marleboroug, avec ordre de n*épargner ny argent ny persuasion pour éloigner ce prince de l'Empire: l'Angleterre^ chef dominant de la ligue, craignoit que ce prince n'écoutât enGn sa véritable gloire, en se déclarant médiateur de la paix générale : le baron Spaare, Suédois^ ofBcier général au service du roy, estoit passé en Saxe dans ce dessein ; il avoit des amis dans le ministère et dans le militaire; il estoit éloquent et persuasif; le czar mesme offroit la carte blanche pour la paix, sous la médiation de la France, ne se réservant, dans toutes les restitutions qu*il vouloit faire, que Pétersbourg qu'il vouloit conserver.
J'étois informé à Stockholm de toutes ces circonstances : j'en rendois exactement compte à la cour : j'ajoutois les réflections de mes amis, qui connoissant le génie de leur roy, le caractère des