Tristan (dit Scœvola). - L'opinion publique reproche à
REACTION THERMIBOIUBNHI. 135
Tristan (ciit ScœFola] d'avoir coopéré à la destruction des monaments qui existoieni dans la ci-devant église de Saint- Remy; d*ayoîr prêché Tanarchie et la loi agraire ; de s*ètre permis» eo qualité d'officier municipal, arbitrairement et sans mission, des visites domiciliaires, surtout dans les hospices, où il a prêché rinsurrection et l'insubordination; d'avoir molesté les détenus, et sous prétexte de surveiller l'exécution de la loi du maximum, de s'être fait délivrer du vin, de Teau-de-vie et du bois.
57. LiÉNABO (Calus-Craccus). L*opinion publique fait les mêmes observations sur le compte de Liénard, dit Caîus-Grac- C09, ex^ofûcier municipal.
38. Bertrand (dit Brutus). — ^.'opinion publique fait les mêmes observations sur le compte de Bertrand (dit Brutus), ex-officier municipal.
39. Malouchb. — L'opinion publique fait les mêmes observations sur le compte de Malouche. ex-notable.
40. UcuGÉ (dit Lepellelier). — L'opinion publique reproche à Beugé (dit Lepelletier) d'avoir égaré le peuple et coopéré à la deistruction du tombeau de saint Remy ; de s'être mal comporté à l'égard des détenus, lorsqu'il étoit de garde auprès d'eux; d'avoir témoigné son désir de voir la maison de détention encombrée, pour y mettre le feu. disant : « Nous rirons bien alors. » EUe le soupçonne aussi de concussion dans les campagnes, lorsqu'il y a été envoyé pour les subsistances; enfin elle le regarde comme zélé partisan de la loi agraire et de la Terreur.
41. Bertaot, — L'opinion publique désigne Bertaut comme partisan et provocateîjr de la loi agraire, elle le regarde comme un Terroriste acharné, appuyant à la Société populaire toutes les motions incendiaires et les allant ensuite transmettre dans rassemblée de sa seotioa.
42. Levieux (fils). — L'opiiiioD publique regarde Levieux fiU comme un zélé partisan du système de la Terreur, un dénonciateur à gages, motionnaire incendiaire, tant à la société que dans la section.
43. Brice-Voilmy. — L'opinion publique désigne Brice- Voilmy comme un hon^me immoral, propagateur du système de la Terreur et chef et provocateur d'insurrection .
44. Chigny (femme). — L'opinion publique regarde la femme Chigny comme réniissaire des hommes de sang et des désorganisateurs; sa maison leur servoit de rendez-vous. L'indignation publique Ta forcée de quitter la commune.
Section de la Fraternité.
45. Couplet (dit Beaucour). — L'opinion publique désigne Couplet (dit Beaucour), comme l'instigateur des massacres de septembre 1792; elle lui reproche, après avoir été chercher Montrosior, de l'avoir empêché d'entrer à la maison commune, où il vouloit s'expli |uer devant les magistrats, et de l'avoir fait conduire en prison; elle l'accuse d'avoir dit deux fois, à ceux payés sans doute, pour qu'il y eût du sang ré« pandu : « Vous voulez du sang, mes amis, vous en aurez; • — d'avoir dit aux mêmes, à la prison: « Patience, mes amis, soyez tranquilles, justice vous sera faite avant la fin du jour. » Elle lui reproche qu'étant depuis administrateur et procureur général du département, il a dit que les pensionnaires de la République étoient des monstres qu'il falloit étouiïer ; que dans un voyage qu'il a fait à Reims, pendant qu'il babitoit Chalons, il a dit à la Société populaire qu'il ne reconnoissoit que six sections dans Reims, en chercbant par là à proscrire les deux autres aux* quelles il a donné des qualifications odieuses; que depuis son retour à Reims^ en quaUté déjuge, il a cherché dans la Société
REACnOff THERMIDORIENNE. 137
populaire à soulever le peuple contre les autorités constituées, qu'il dénigroit sans cesse, annonçant publicfueinent que le peuple qui les avoil formées sauroit bien aussi les défaire et les remplacer; enfin qu'il a fait adopter par la Société, et sans lui en donner communication, un projet d^établissement d'un co« mité secret chargé de la surveillance de Texécution de la loi désastreuse du Maximum, même qui a été rejeté par la municipalité aussitôt qu'elle en a eu connôissance.
46. Arnodld. — L'opinion publique regarde Arnould, rentier, comme vendu au parti terroriste : son âme se dilatoit dans les moments de la Terreur; elle lui reproche d'avoir été un mandataire infidèle dans les fonctions de commissaire qu'il a remplies à la poste ; d'ouvrir toutes les lettres qu'il lui plaisoit, sans procèsWerbal, d'en séquestrer et d'en emporter chez lui : de menacer ses collègues de les faire incarcérer lorsqu'ils lui faisoient des observations sur ses actes arbitraires; elle l'accuse aussi d'avoir cherché à captiver les représentants du peuple en mission; d'avoir abusé des pouvoirs qui lui avoient été donnés pourremplir une mission dans les campagnes^ pour en vexer les habitants, y semer la Terreur et propager le Vandalisme ; elle le poui[9uit aussi pour s'être flatté d'avoir fait arrêter plus de la moitié des détenus du district.
47. BouRLAND. — Bourland, obmis sur la liste des individus k désarmer, l'a étéle 30 germinal, sur le vœu de la réclamation des citoyens présents à la séance publique tenue ledit jour. Ils lui ont reproché sa conduite dans les journées du mois de septembre 1792 et ses motion.'^; qui ne respiroicnt que la Terreur et la désorganisation de l'ordre social.
Le Conseil général, qui a opéré le désarmement comme mesure de sûreté générale commandée par la loi du 50 germinal, désire bien sincèrement que d'après l'information qui se fait aetuellement par-devant les trois juges de paix de la commune
1S8 LE CABIHBT mSTOiaQUI.
de Reims, les individus qui se trouvent dénoncés et ponrraifis par Topinion publique, en sortent victorieux ; autant la mission que le Conseil général de la commune a eu à remplir, lorsqu'il a été forcé de priver ses concitoyens de leurs armes, lui a été pénible, autant celle qu*il remplira pour les leur rendre lui fera éprouver de satisfaction. Proclamer l'innocence, c'est le devoir des magistrats du peuple, et c'est là un dédommagement bien doux des peines sans nombre attachées à leurs fonctions»
Fait et rédigé par nous, inembres du Conseil général de la commune de Reims, soussignés, assemblés et réunis à cet effet, en comité à Reims, ce 28 floréal Tan m de la République une et indivisible, etc. Ainsi signé :
Pinchart, maire; Lcgrand-David, Savoye-Belon, Bourlois- Rousseau, Cbanipcnois-Ciicquot, C. Mennesson, Melin-Dauphtnot flls; Mabut, Uuraut de Ligny, P. Gaudinot, J.-B. Coùtiér Tatné; Culoteau, BeiioistGucIon, de Villeret, Ilanrlot-Tronson, Assy-Villain, Favereaiix, Chardonnet, Corrîgeux Tainé; Jobert, Lallemant-Chappion, Herent, Mailiefer-Ruinard , C. Sobinet, Daupbinot-Lajoie, Gérard-Nivard. Clicquot-Vuatelet, Perrière Blondel, Aubrié, E.-A.-J. Baron.
BULLETIN RIBLIOGB AFRIQUE.
SOUVENIRS DU RÈGNE d'aMÉDÉE VIII, PREMIER DUC DE SAVOIE; —
par M. le marquis Costa de Beauregard. — Chambéry, 1859, 1 vol. in-8*.
Les émotions de la vie politique et les grands travaux législatifs auxquels, à Turin, eu ces temps d*cmotions parlementaires, il a pris une si grande part. n*ont pu entièrement distraire M. le marquis Costa de Beauregard des études littéraires qu'il a entreprises et qu'il poursuit avec une si légitime prédî-*
BItUOfiRAFHIB. 189
lectîon. Ces études, on le sait, se portent principalement sur rhistoire ancienoe de la Savoie, dont nul mieux que lui neconnoit les sources. L'ouvrage dont nous vervons de donner le titre est le dernier fruit des courts loisirs de M. le nianjuis Costa.
On comprend que tout ce qui se rapporte à ce pays, si ▼oisîn et si parent du Piémont, prenne un véritable intérêt dan» les circonstances actuelles : aucun moment ne pouvoit même être plus favorable à un travail du genre de celui que nous annonçons. Ce n'est point là pourtant un livre de circiiDstance. Des documents précieui et des plus curieux, trouvés par Tauteur d:ms les divers dépôts d'archives de France et de Savoie, lui ont permis de donner à ses tableaux la vie et la vérité qui manquent à tant de trav .ux historiques. M. Costa se défend lui-même d'avoir voulu faire un livre et il ne faut pas chercher dans ces Souvenirs une histoire de ce singulier personnage qui fut successivement duc, ermite et pape, et qui finit par renoncer à la tiare pour aller s'ensevelir dans la délicieuse solituiie de Ripailles. Mais ceux qui s'intéressent aux mœurs du xv« siècle trouveront d'abondant'»s richesses dans ce volume. Parmi les morceaux les plus curieux, nous signalerons le récit du procès d'Antnnin de Snze, dit le Galois, un de ces chevaliers brigands qui profitoîent des troubles et des guerres pour, à la tête d'une bande de routiers, piller et rançonner les villes et les provinces ; Tlnventaire du trousseau que fit Amédée VIII à sa fille Marie, fi^tncée au duc de Milan, Philippe Visconti, fournit aussi des données intéressantes sur les costumes, les usages et la vie d'intérieur de la cour de Savoie. M. le marquis Costa a publié intégralement tous les documents dont il s'est servi, ce qui ajoute au prix du remarquable travail dont il les a fait précéder. La série des Souvenirs du règne d'Ainédée Vil! est imprimée à Chambéry, par Puthod fils, sur ce grand et beau papier verger qui rappelle les plus beaux papiers des xv* et xvi® siècles. C'est en résumé un beau et splendide volume et que tout bibliophile, si délicat et si friand qu'il puisse être, voudra joindre aux livres d*é(ite qui composent sa bibliothèque.