LA VIE ET LES ŒUVRES DE JEAN-BAPTISTB PIGALLE, SCULPICUB
— par P. Tarbé, — Paris, Rcnouard, 1 vol. in-8**, 268 p.
Nous n'avions pas la biographie du sculpteur Pigalle, et les Archives de Vart français où MM de Chennevières. Montaiglon et Duplessis ont réuni tant de curieux documeuts» ne contenoient encore sur notre artiste que la très-partiale et très-incomplète notice de ïAbecedario, de P.-J. Mariette. L'abondant et spirituel auteur de tant de belles et bonnes publications, M. Prosper Tarbé, vient de nous la donner. On trouve dans son livre, fait avec amour et prédilection, les qualités de style et d'imagination qui distinguent les notices littéraires mises par M. Tarbé en tète de ses Poètes champenois. On coonoit la manière de Fauteur, on sait qu'il aime à s'identifier à celui dont il écrit l'bistoire. Ici notre savant biographe avoit plus d'une raison de s'intéresser à son héros. Pigalle est son homme, non-seulement comme artiste et comme gloire nationale, mais encore à titre d'allié, de parent, qui partant a double droit à ses afTeclio.is, à ses éloges, à ses légitimes syoïpathies. On comprend mieux, ceci dit, l'admiration exclusive que professe M. Tarbé pour le caractère et le taleut de l'auteur du Mercure, Les lecteurs trouveront donc dans son nouveau livre, outre l'esprit qu'il met à toutes choses, ce style image, poétique qui, chez lui, n'exclut ni la science ni les recherches; une polémique excellente sur les questions d'art, une appréciation judicieuse des œuvres du grand sculpteur, et mieux que cela, l'accent de l'homme honnête et convaincu, qui, malgré les nombreux déboires dont la carrière du littérateur comme celle de l'artiste est semée, n'en conserve pas moins une grande sérénité d'âme, une bienveillance inaltérable pour chacun, et l'ardent désir de faire profiter le public d'une science qui ne s'achète qu'au prix de nombreuses veilles et de sacrifices de tout genre.
— Marie- Antoinette et la Bévolution française. Recherches h istoriques par le comte H. de Vieil-Castel; suivies des InstruO'
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lions morales remises pari' impératrice Marie-Thérèse à la reine Marie-Antoinelte, lors de son départ pour la France en 1770, et publiées d'après le manuscrit inédit de rempereur François, son père. 1 V. in-12 de 452 p.; prix : 4 fr.
Marie-Antoinette ! Ce nom remue l'âme, vibre au cœur et provoque les larmes! Que n'a-t-on pas écrit déjà et que ne reste-t-il pas à écrire encore sur cette auguste victime de nos crinies révolutionnaires ! Les précurseurs des bourreaux n*ont pas failli à dire que ï Autrichienne avoit été prédisposée par une mauvaise éducation à tous les désordres, à tous les attentats qui servirent de base à l'acte d*accusation signé Fouquier- Tinville. — On n'avoit pas touché, jusqu'à ce jour, dans les biographies de la malheureuse reine, à ce point de départ d*uue carrière un instant si brillante. Cependant un document précieux existoit, destiné à fixer toutes les incertitudes à cet égard. Tout le monde sait avec quel rare bonheur et quelle finesse de flair et de tact M. Techener sait dépister et conquérir les raretés, bibliographiques. « L'éditeur de ce volume, dit en parlant de lui-
> même notre célèbre bibliopole, connoissoit depuis longtemps
> Texistence de ce document précieux. » C'est dire que la proie ne pouvoit échapper au vautour. — Les Instructions de l'empereur Françùis sont donc devenues la conquête de M. Techener et, par suite, du public, justement curieux et impatient d'en prendre connoissance. Le volume, à peine publié depuis un mois, est en ce moment-ci entièrement épuisé. -— Nous attendrons donc la nouvelle et splendidc édition qu'on nous promet de ces Instructions qui, quoique d'un style un peu tudesque, resteront un monument acquis désormais à l'histoire. — Mais nous n'attendrons pas plus lon<.tomps pour dire quelques mots des Recherches historiques dont M: le comte de Vieil-Castel a. fait précéder ce précieux document.
Nous nous halons <le dire que le travail en question, venant d'un homme comme M. de Vieil-Castel, ne pouvoit être qu'un nouveau panégyrique destiné à venger Tauguste victime des infâmes imputations de la haine et de l'aveugle acharnement des révolutionnaires. Malheureusement, M. de VieiUCastel s'y prend
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d'une façon à produire de douloureuses impressions sur Tes* prit de la plupart de ses lecteurs. Selon lui, ce sont moins les niaises et atroces imputations des Terroristes qui ont perdu la reine que les cabales et les intrigues de famille, la baine calculée de Monsieur, et les basses perfidies de madame Adélaïde, tante du roi. Nous savions bien que les essais d'outrages contre la jeune et charmante reine éLoient partis des hauts rangs de la société, et qu'à l'envie excitée par tant d'éclat, de grâces, de beauté et de jeunesse se mêlèrent des haines politiques, des coteries de cour et des raftinements de calomnies que Marie- Antoinette eut le tort de couvrir trop obstinément de la fierté de ses mépris. Mais nul écrivain sérieux n'avoil rexïûu comptables de tant de bassesses et d'infamies la tante et le frère du roi ! Nous regrettons que M. de Vieil-Castel n'ait pas reculé devant celte triste tâche. Ce ne sont plus, suivant lui, ceux que l'implacable histoire a si justement stigmatisés qu'il faut accuser des malheurs de Marie- Antoinette, ce sont les courtisans les plus rapprochés du trône, ceux qui, au premier péril, aban» donnèrent par la fuite et Témigralion le roi qu'ils avoient dépopularisé, la reine qu'ils avoient avilie et déshonorée. Et parmi les plus coupables, il faut notamment placer Mu.nsieur, Louis- Stanislas-Xavier 'depuis Louis XVlll), celui au sort duquel se rattacha dans l'exil l'Antigone françoise, comme on appela depuis madame la duchesse d'Angoulènie, celle héroïque fille de Marie-Antoinette; — Mesdames, tantes du roi, riiioffensive madame Victoire, la pieuse et dévouée madame Elisabeth, et pardessus tout madame Adélaïde, contre laquelle l'auteur réunit une masse d'indices et de preuves puisées — exclusivement il est vrai, — dans les Mémoires de Bachaumont,
H faut avouer que voilà une singulière autorité que ce ramas infect d'anecdotes de ruelles, de coulisses et de bas lieu, qu'un homme de goût peut bien se décider à laisser dans un coin de sa bibliothèque, parce que en résumé, si perverses que soient les mœurs qu'il se donne la mission dépeindre, l'auteur est malheureusement quelquefois près de la vérité, et que d'ailleurs on trouve dans son livre des récits curieux de littérature et de bibliographie.— Hais à côté de ces rencontres heureuses de l'auteur,
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que de faits controuvés, que de mensonges éliontës et de dilTamations avérées, clandestinement recueillies et publiées sou$ la rubrique mensongère de Tétranger! On aura une idée de Testiroe et de la conûance que méritent les propos de Bacbaumont dans ce qa il dit de Fauteur même de ses jours Bacbaumont nous raconte sans scrupule les escroqueries de son père et les amours de sa mère, d*abord avec un conseiller puis avec un comédien italien, pendant qu*elle s'étoit retirée dans un couvent après son veuvage. Aucun sentiment de pudeur ne Tarrèle, à cet égard, et il nous dit bien francbemenl que ceux qui depuis ont voulu le flatter ou dont Tamitié les prévenoit en sa faveur, disoient « qu'il ressembloit plus au conseiller qu*à son père. 9 — Si Bacbaumont porlc ainsi des auteurs de ses jours, on peut juger de ce qn*il est capable de raconter sur les autres et le degré d'eslime que méritent ses récils. En regrettant dans )e livre, d'ailleurs si remarquable de M. de Vieil-Castel , des accusations si graves et si inattendues, nous sommes beu «• reux de voir que ces accusations reposent exclusivement ^ur un historien plus que suspect et dont il est permis à tout lecteur honnête de repousser TinsurGsant témoignage.
— Veux Armand, curé de Saint-Marlin-Lys ; sci vie et son mupre^ par H. L. Amibl. — Paris, G. Leooffie^ 1859, in-i2 de 71 p. — Prix, Ifr.
La chari)^ qui puise son principe dans la religion a produit en tout temps des sacrifices héroïques et des dévouements sans borne. C*eàt elle qui a inspiré toutes ces institutions consacrées par le christianisme au soulagement de rbumanité, et qui a rendu célèbres les noms de saint Vincent-de-Paul, de Beizunce, de Fénélon etde tant d*autres. Mais à côté de ces grands génies de la bienfaisance, la religion chrétienne a suscité dans un rang inférieur une foule d*bommes f«»rts et dévoués qui ont contribué au bonheur particulier des individus par Tascendant qu*ils ont pris et surtout par Tinfluence qu*au nom de la charité ils odt exercée siir leurs contemporains. La vie du pieux et modeste curé de Saint-Martin-Lys (Aude), que nous raconte le livre de H. Amiel, est un exemple de plus de ce dont est capable Tar*
REVUE MENSUELLE