‹ Le Cabinet historiqueChapitre 79 sur 235 · M. GUILLAUME DE PREAUi.x. ^ Semblablement, à un lam · texte numérisé non relu

M. GUILLAUME DE PREAUi.x. ^ Semblablement, à un lam

bel d'azur.

^Sera conUnué.)

Xllll. — EXAMEN ET REFUTATION DES GENEALOGIES DU SIEUR 6UILLARD, PAR M. LE MARQUIS ***.

Nous ayons promis aux lecteurs du Cakinet hUtorique un examen des généalogies du sieur Gaillard. Nous donnons ici le travail de notre savant et honorable correspondant, en laissant an lecteur la liberté de son jugement entre l'œurre et la réfutation.

CouRTENAT. — Le sicur Guillard me parolt divaguer à l'occasion de Courtenay. S'appuyant sur les généalogistes, il signale quatre familles de ce nom. Il auroit dû en compter quatorze ou quinze» puisqu'il change en familles différentes diverses branches sorties du même tronc.

Elles descendent toutes de Pierre de France, fils de Louis le Gros et d'Adélals de Savoye, qui donna le nom de Courtenay à sa postérité par son mariage avec Elisabeth, dame de Courtenay, héritière d'une première maison de Courtenay. La quatrième de ses branches, que Guillard appelle guairtème maison, n'est ni plus ni moins royale que les autres. L'atnée fut celle des empereurs de Constantinople, éteinte au commencement du XIV* siècle en Catherine de Courtenay.

Fan 1527 en leur maison par le mariage de Jean-Marc, baron de Montault. avecMadelaine d*Âudouins, baronne de Navailles; Bénac est une autre terre, aussi baronnie, entrée chez les Montault par Burse de Bénac, mère de Jean de MontauU, seigneur de Bënac, vivant dans la première moitié du xiv* siècle. Le beau nom de Montault, d'origine chevaleresque, n*a donc jamais été ni obscurci ni embrouillé par ceux de Beirac et de Navailles. Il faut, pour s*y méprendre, toute la mauvaise foi du sieur Guillard. Philippe de Montault, père du maréchal, avoit été créé d*abord duc de Lavédan, puis duc de Navailles. Philippe de Montault* son flis, duc de Navailles, marquis de Beinac, maréchal de France, etc., flt transférer les titres en dignités de duché-pairie sur sa terre de La Valette, sous le nom de duché-pairie de Montant. Jamais le nom de Montault n'a été mis en doute par le public, ni dans l'ombre,, par ces seigneurs qui l'ont élevé si haut.

S'il y a jamais eu une variation radicale dans le nom de cette maison, elle date du xi* siècle : Pons de Noê, vivant ea 1075, est l'auteur en ligne masculine de la famille ; tandis que l'atné de ses petits-fils, Arnaud Pons, demeuroit seigneur de Montault, en prenoit le nom et formoit la tige de ces seigneurs, Gauthier, son deuxième fils, devenoit seigneur de Noê et étoit la souche des barons, puis marquis de Noê, qui se sont continués à travers huit siècles. C'est là ce que le sieur Gaillard auroitdû savoir et constater pour l'honneur delà vérité et pour l'histoire du marquis de Montault.

iiEuiLLAN.^ Le sieur Guillard est à la fois ignorant des noms et étranger aux personnages. Son animosité contre les seigneurs de Montault tourne en calomnie à l'égard de leurs alliés.

Le nom des comtes de Neuillan et de Parabère est de Baudéan : il méritoit bien d'être cité. Le Poitou se sent tellement

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flatté qu'elle se soit Tenue planter sur son territoire que* bien qu'elle n'en soit point originaire et qu'elle s'en soit âoignée» les auteurs généalogiques de la province tiennent à inscrire son souvenir dans leurs listes. Elle n'est point Usue (tun gramd estoc, ditGuillard... Cette illustre maison, reprend un auteur plus récent et mieux informé, tire son nom de la terre et Tallée de Beaudéan dans les monts Pyrénées, et Ton tiôil aussi (ce que nous ne saurions ni nier ni affirmer) qu'die est i^<sue des anciens rois de Navarre. « En tout cas je trouve sa filiation suivie depuis les premières années du xv* siècle, ce qui, sans remonter au déluge n*est pas absolument d'hier. Au besoin ses chevaliers des ordres, lieutenants généraux et autres, compenseroient l'absence de bien d'autres distinctions.

La trop qélèbre marquise de Parabère, maltresse du régent, étoit femme de César- Alexandre de Baudéan, marquis de Parabère. Et au^si Suzanne, mariée à Philippe de Montault, duc de Navailles, maréchal deFrana*, dont il a été ci-deyaot question, et aussi Angélique, sa sœur, mariée au comte deTessé, chevalier des ordres.

LA viEvviLLE. — Cette maison est encore enveloppée dans Taversion vouée par le sieur Guillard à tout ce qui lenoit aux Neuillan et par eux aux Montault.

Marie Madeleine de la Vieuville, maitresse du régent sous lenMm de iuart)uisede Parabère* eloit femme de César- Alexandre^ de Ueaudèan, marquis de Parabère. Le marqms de bVieaville« lieuleuanl ^^lèral de$ pr\>vinces (!u haut et bas Poitou, eloil sou |^n\ LesuKKr\)ui$delaVieuviUe«on^airesdeBrelague» rt'uuuiteni Au\v^;j^ièc)e; leur ui^m primitif êioit de Corkain. V» U\i U r^iue Aune qui les amena eu Fruiui*e et les inlrodui** sU À U cour de libertés \||L lU ite tardèrent pas à y ftire graiHto A^uï^x \Wu\ dVull1^ eux lurent grands âiucvoniers de Frauve. ttHin aUiau\iX« ;^ |Mru«iit dan» k» miiwnBTT de Bossnl,

LES GEFTEiLOGIES DD SIEDB GDILLARD. 211

d'O, de Damas, de Joyeuse» de Bournonville, de la Motte-HoudaocourU etc.

Le premier de ces seigneurs, qui fut duc et pair de France» est Charles de la Vieuville, grand fauconnier de France, lieutenant général en Champagne, etc., dignités que le sieur Guillard a bien soin d'omettre pour ne parler que de la charge des flnances qui fut pour lui à la fois une source de biens et d'honneurs par son intégrité. Si l'on vouloit le flétrir, il valoil mieux le prendre par son ingratitude qui lui fit poursuivre et obtenir la disgrâce du marquis de Puisieux son bienfaiteur. A.u reste, il expia ce trait par sa propre défaveur et par l'ingratitude du cardinal de Richelieu, qui le perdit après avoir été produit par lui; il éprouva la prison, l'exil, la confiscation; mais le cardinal de Mazarin lui rendit ses biens et ses dignités. C*est de ce personnage que Charles II' du nom, gouverneur du duc de Chartres, étoit fils, et non petit-fils.

ie ne sache pas que MM. de la Vieuville ayent jamais pris le nom de Vienne. MM. de Vienne, d'une famille illustrée par de nombreux services militaires, de grandes alliances et un amiral de Brance, donnèrent une de leurs filles à Charles II, duc de k| Vieuville. Mais le nom de Vienne subsistoit encore dans une branche fiinée et n'avoit pas besoin, pour vivre, de l'assistance de MH. de la Vieuville, qui ne pensèrent point à la lui donner» Le §eul honneur qu'ils aient prétendu tirer du nom de Vienne est cdui bien légitime de son alliance.

La maison de la Vieuville alias Viefville, a fini dans le xvr siècle, en la personne de madame de la Vieuville, mariée à Tous&int de Boisgelin ; pour perpétuer le nom, il étçit convenu qu'il seroit relevé par le fils issu de cette alliance. II eu sortit une fille unique, mariée au comte de la Villegontier, pair de France. Les desseins de la Providence ont déconcerté les calculs de la prudence humaine.

D*ARCT. — Selon son usage, le sieur Guiilard demeure fort incomplet et par conséquent devient fort énigmatiqoe. Ce nom d*Arcy me livre donc aux hypothèses. Cependant Fantiquitë qu*il lui accorde, le titre de marquis qu*il lai reconnott, font supposer qu*il est question de MX. de Gouy, marquis d*Arcy, originaires des Pay-Bas, connus dès le xiv« siècle, encore existants, alliés aux Barbançon, Melun, Wignacourt» etc., ayant fourni des dievaliers des ordres du roi et Atè ofliciers généraux à nos armées. Mais j'avoue que le nom de Martel ne se retrouve pas dans leurs actes; et que la Picardie« la Flandre et TArtois sont dans leurs souvenirs et dans leurs habitudes à la place de la Normandie.

En Normandie, je trouve une famille Martel, qui a foami on porte^oriflarome de France: elle est remarquable par son antiquité, étant noblement connue dès le xii* siècle. Elle a donné en mariage une fille au duc de la Chastre. L.es goûts do sienr CtuilUrd le portoient à s'attacher aux familles qui s'allient •ntn^ elles, comme les noms de la Vieuville, de Neoillan, de Navailles me Tont déjà prouvé. Le nom de la Chastre devant arrtvi^r bienlAI, j'incline à croira ici que peut -être an lieu de m'atlacheraux Gtviy pr le nom d'Arvy, dois^e par égard poor la province de Nonivumlie* me fixer au nom de Martel. Mais alors KÎ le mjn)ui$at dWrvy n a rien à fainf . Les Martel furent issus de lUcqiiexiUe^ de SaiutAî|^H'. etc. , et n'ont jamais en pins de pr^^tentKMi à l^lre iiiar>)ttî$ d Arvy qu*à descendre de Charles Martel. Au rv$ie, («aillant a étendu «uroHSeqnesàonnn bronil- Ui>l ^ue jt ne drï^per^i pa^Ss il ne pent cacber qn'nn bd et lomtam honiv^» :j^Mt qn'il s'a^jcts^ de$ <^-y i^Jtrry de Picarde ^Min» MartH) ^hi des Mar«^ «àe N^Mmandie sa» d'Aicy*.

d)L MU ^^^«N ^W ^M« Jle U ^Ift'jerft^y ^ ^^nae ^ràinaîranent de U INme % iK>4W«» ^ la iN<te^ a(fwcio.-aapp à Pift^sa; en

LES GÉNÉALOGIES DD SIEUB GDILLARD. 313

9 Poitou, fut père de Guillaume de la Porte, avocat au Parle-

> ment, de Jean de la Porte qui vivoit en 1400, lequel fut corn- » missaire au Cliâtelet, puis échevin, inhumé aux Innocents

> en 1442, d*où sort Charles de la Porte, seigneur de la Meille-

• raye, grand maftre de Tartillerie et maréchal de France, qui » épousa Marie Ruzé, fille du maréchal d'EfSat et de dame 9 Marie de Sourcy, en 1600, de laquelle il eut pour fils atné

* Armand*Charles de la Porte, duc de laMeilleraye, qui épousa » Hortense de Mancini, nièce du cardinal Mazarin. Il fut obligé » de porter le nom et les armes de Mazarin.»

Le mémoire au sujet des pairs, présenté en 1716 au duc d'Orléans, est non moins cruel et plus concis, il dit : < Charles

> de b Porte, maréchal de la Meilleraye, père du feu duc de 9 Mazarin, étoit petit-fils d*un avocat fameux en ce parlement, » dont le pèire étoit apothicaire à Partenay en Poitou. Le maré- » cbal, fils d*une tante du cardinal de Richelieu, lui dut ensuite » sa fortune. •

Quoi qu'il en soit^ depuis les grandeurs de la maison de la Porte, ses alliances ont été pleines d'illustration ; ses affinités SQCcessives et prochaines avec les cardinaux de Richelieu et de Mazarin amenèrent à elles les maisons de Coiffler d*Effiat, de Cossé^Brissac,deDurfort-Dura8, de RohanSoubise; enfin, après s'être ainsi retrempée dans tout ce que le sang françois a de plus pur, Charlotte- Antoinette de la Porte-Mazarini, fille du dernier duc de la Meilleraye, et la dernière de son nom, a ^Kmsë Emmanuel-Félicité de Durfort-Duras, et sa fille, en se mariant au duc de Villequier, a porté dans la maison d'Aumont tous les grands hiens dont eUe étoit héritière.

(La iuite au prochain numéro.)

BIBLIOGRAPHIE

Précis historique sur la famille de Durfort-Duras, par M. Jean Favre^ avoué à Marmande. — Marmande, Avit^Duberari. 1848Jn-8% de 200 pages.

L'hisloire des grandes familles est si intimement liée à l'histoire des rois et de la France elle-même, que chacun des récits qui les concernent jette un jour nouveau sur nos annales. Ce nN'st donc pas seulement un intérêt local ou domestique qu'offre le travail de H. J. Favre. La maison de Durrort-Duras èstj comme on sait, une des plus anciennes et des plus grandes de la France. On la voit mêlée à toutes nos guerres civiles et étrangères ; elle a fourni de redoutables champions dans les différents épisodes de la lutte que soutint le Languedoc contre Tinfluence delà France du Nord. Elle a donné de puissants auxiliaires aux comtes de Toulouse contre Simon de Montfort, aux rois d*Anglcterrc contre Charles V et Charles Vil, au roi de Navarre, depuis Henri IV, contre le parti de la Ligue et de TEspagne. Entin, quand la grande féodalité eut rendu son épée, la maison de Durfort a continué son ancienne illustration dans les grandes cliarges de la couronne, et Ton peut dire qu'elle a constamment figuré dans la longue galerie de uos hommes illustres. M. Favre a fouillé dans les archives de ces fameux barons avec beaucoup d'intëlligcnco et de patience ; il nous a fait connottre avec simplicité tout ce qu'il y avoit découvert; mais peut-être aoroîlon droit de regretter qu'il n'ait pas toujours groupé les faits de la façon la plus claire et la plus intéressante. Le style laisse bien aussi quoique chose à désirer ; l'auteur semble connottre mieux les archives de la maison de Duras que l'histoire géoé-

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raie de la France. Du moins a-t-il laissé échapper quelques erreurs assez singulières; par exemple quand il dit que « ravénement de Henri Ili au irône de France, contre les droits légiti' mes de Henri de Navarre f irrita le cœur du jeune prince. » Il est difflcile de comprendre quels droits M. Favre attribue au roi de Navarre sur le trône de France, au moment de la mort de CliarleslX. Ces méprises sont heureusement rares dans Testimable travail que nous avons sous les yeux ; au lieu de nous y arrêter, nots aimons mieux féliciter l'estimable auteur d'avoir rassemblé les principaux titres qu'avoit Tune de nos plus grandes maisons au souvenir de la France. On lira volontiers dans le précis historique les pages consacrées à madame la duchesse de Duras; elles complètent ce que les plus grands écrivains de nos jours, MM. de Chateaubriant, Villemain, etc., avoient déjà rappelé de cette dame illustre qui sut réunir, dans le salon dont elle et ses deux filles falsoient les honneurs, tous les grands noms politiques et littéraires de cette belle époque de la Restauration trop rapidement passée. Il seroit à désirer que l'exemple donné par H. Favre fût suivi, et que notre siècle» déjà riche en bonnes monographies littéraires, pût également se prévaloir de bonnes histoires des grandes familles françoises.

Dans le compte rendu que M. le directeur de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbottrg présente annuellement à S. M. Teropereur de Russie, il est constaté que cet établissement a reçu l*an dernier la visite de 3,716 personnes, dont liTappartenant à l'état ecclésiastique, qui ont réclamé 71,879 vol. La Bibliothèque s'est enrichie dans le courant de Tannée de 36,156 volumes, dont 9,329 lui ont été donnés, et de 509 manuscrits

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OU autographes, dont 405 lui ont également été offerts. En outre» divers bibliophiles lui ont apporté en argent 9,0S4 roubles,

soit 36,336 francs.

— La librairie Hachette (rue PierreSarrazin, n* 14), qui prépare en ce moment une édition des Lettres inédUet de Buffon, fait appel à Tobligeance des personnes qui possèdent quelques pages autographes de l'illustre écrivain. — Le Catnmi historique^ qui, dans son 1" vol., p. 189 et 21 6, a publié qudques lettres et billets de Buiïon. rappelle aux prochains ëdi* teurs la belle collection de M. Th. Beaune de Vitteaux, où ik pourront sans doute avoir accès> et qui, dans ce cas, sera d*un précieux secours pour Tintéressante publication qu'ils préparent.

— La Tête dl Cabdi^al de Richeuku. — On sait que le car> dinal de Richelieu a été enterré dans la chapelle de la Sorbonne. Son tombeau s*y voit encore. Mais, dans une des plus néfastes journées de la Révolution, le peuple, insurgé, fouilla ce tombeau comme tant d*aulres, et, après en avoir retiré le corps du cardinal, sépara sa tête qu'il porta au haut d'une pique. — Cette tète fut recueillie par un ancien député qui Ta laissée en héritage à son fils, lequel y attache, à ce qu'il paroft, un trèsgrand prix. Jusqu'à présent, il n'a pas voulu s'en dessaisir. Il est question de le contraindre à restitution, attendu, dit-oUy que les restes d'un homme illustre appartiennent à TÉtat. — Nous attendrons l'issue de ce procès qui, s'il aboutit, pourra douuer lieu à bien d'autres du même genre.

BEVUE MENSUELLE.

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