‹ Le Cabinet historiqueChapitre 22 sur 162 · A MESSIEURS DE PRIVAS · texte numérisé non relu

A MESSIEURS DE PRIVAS

1644. — (S. Germ. fr., vol. 700. )

Cette plaisanterie que nous fournit le fonds Saint-Germain, nous ■'avons rien trouvé dans l'histoire locale qui la motivât. C'est une de marinade anticipée . faisant allusion à certains faits de

gg LE CABINET HISTORIQUE.

l'histoire administrative de la ville de Privas. C'est aux érudils di pays à nous en donner la clef. Quoi qu'il en soit, comme document historico-satirique, elle nous a pagi mériter d'être connue.

Messieurs, je reviens tout freschement de la Cour où j'ay apris beaucoup de choses, entre autres de vos affaires, et comme vos ennemis tachent de vous jetter le chat en jambe : prenei-y garde! On veut que vous fassiez déclaration à Messieurs duPrésidial de les cautionner de leurs vies el de leur édilfier un palais et des prisons; redresser portes et murailles ! pensez-y trois fois, car vous ne pouvés donner surté de la vie, dans Privas, en Testât qu'il est, puisque la vostre n'y est en surté. On srait que deux meurtres s'y sont commis despuis peu, et peut-estre les meurtriers sont encore dans vostre lieu, quoiqu'estrangers : et ne serait-ce qu'un coupe-jarret, suscité par vos ennemis, qui donnât un coup de fusil ou pistolet, et tuât un de ces messieurs, vous en serez accusez et passerez à la Cour pour meurtriers, comme y estes passés pour des factieux, mutins, brouillons, séditieux et comme je l'ay ouy, — et parce moyen vous atlircrés une seconde ruine, pire que la première. On srait que la porte de la prison fust rompue n'y a pas trois moys par des voleurs ; on en pour* roitbien faire autant la nuict au logis de ces messieurs et dire que vous l'avez faict. Comment y auroit il surté dans Privas, qui est tout ouvert, puisque la vie des Roys n'a pas esté assurée dans Paris, et quoiqu'il y eut de bonnes gardes! — Davantage comment redresserez- vous vos murailles et fairés ediftier un palays, puisque vous n'avez pas moyen de redresser vos maisons! Mais on sçayt bien qu'on n'a pas requis cella en aucune ville, encore moins le doit-on requerir^dc vous qui estes encore dans les cen-

cires. — C'est tout ce que Jean de Nivelle vous veut dire pour le présent.

Et au-dessus : A Messieurs Messieurs de Privas, privés de leur privilège, à Privas.

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