XIV. — LETTIIES DE MARIGNY (suite
Sur la demande de quelques-uns de nos souscripteurs, nous reurèiioiiH la suite des lettres si curieuses de Marigny. [Voir pour ks précédentes les 2", 3« et 4e livraisons du Cabinet historique.] Nous rappelons qu'il sera fait un tirage à part de celte correspondance qui, quand clic sera complétée, se trouvera à la librairie Techener, et au bureau du Cabinet historique.
Atl PRINCE DE CONTl.
A ParU} te 18 daaust 1652.
Monseigneur,
Après avoir insclic de faire parestre dans des temps assez difficile* le respect que j'ay pour vostre Altesse, et la passion que j'ay toujoum eue pour son service, après avoir eu touts vos plus fldelles serviteurs pour des irréprochables témoins de ma conduilte, je ne croiois pas devoir jamais estre réduit à me justifier sur ce sujet. Je suis au desespoir, Monseigneur, d'apprendre que vous ayez si fort condamné la liberté que j'ay prise d'écrire à V. A. Ce n'a jamais clé mon intention de manquer au respect que je luy dois, lorsque j'ay voulu repousser les calomnies de ceux qui me rendent de mauvais oliiees auprès d'elle ; et quand je n'aurois pas une parfaite inclination à vous honorer avec toutes les soumissions qui vous sont deues, il faudrait que j'eusse perdu le Ben*, si j'avois oublié le danger que courent justement ceux qui tombent en de semblables fautes Les gents qui font tous leurs efforts pour me nuire dans l'esprit de V. A. n'auront jamais cet davantage de me vcoir confondre leurs interests, qui ne sont d'aucune considération dans le monde, avec les vôtres qui me sont trèsprécieux et pour lesquels j'auray toute ma vie le dernier respect. Je vous supplie doue très humblement, Monseigneur, de croire que si j'ay failli, ça plustost esté un deflaut de m'estre bien ex-
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plicqué sur leur sujet, que d'irrévérence pour V. A. C'est une grâce que je luy demande en attendant qu'elle aye la bonté de me faire justice de toutes les impostures de ceux qui luy diront ou qui luy manderont que je suis capable de faire aucune action qui puisse faire douter que je sois avec toute sorte de respect et de passion Monseigneur, de votre Altesse,
très-humble, très-obéissant et très-obligé serviteur.
Marigny.
A Paris, le 25 i'aoust 1652.
Chi la pace non vuol s'habbia la guerra. Voilà ce que répondit Argante à Godefroi, et je pense que c'est ce que nous répondrons à la cour. Je vous ay mandé la déclaration que MM. les Princes avoient faite dans le parlement, la chambre des comtes et la cour des Aides ; mais j'avois bien preveu par mes précédentes lettres que le cardinal Mazarin avoit laissé de bons ordres pour entretenir la division des choses et qu'il avoit veu que c'était la plus seure porte de son retour. Suivant l'arresté dn parlement, MM. les Princes avoient envoyé demander des passeports pour leurs députés; S. A R. pour M. d'Estampes et M. Coulas; M. le Prince pour M. le comte de Fiesque. Ce soir, le courrier est arrivé de Compiègne où est le Roy et a rapporté une lettre de M. d'Anville à M. le duc d'Orléans par laquelle il luy mande que lorsque le Roy étoit à Saint-Denys, il •▼oit souvent invité les princes à luy envoier des députés, qu'ils ne l'avoient point voulu, que présentement Sa Majesté n'étoit pas d'humeur à les recevoir ; que lorsqu'ils se seraient mis dans leur devoir, et qu'ils auraient satisfait à ce que l'on désirait d'eux, après la vérification de l'amnistie, Sa Majesté recevrait lU. les Princes très-favorablement. M. de Danville a envoyé
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avec sa lettre une copie des dispositions de l'amnistie ; car pov le préambule, comme ce n'est qu'un panégyrique du cardinal Mazarin et une longue invective contre MM. les Princes, il n'a pas voulu peut-estre aigrir les choses par un si impertinent commencement de pièce. Le dispositif contient que le Roy ac- «inle une amnistie, oubli et pardon général de tout ce qui s'est Tait dans cette présente guerre, que Ton donnera des passeports aux trotippcs pour se retirer sur la frontière, que la déclaration du H octobre de 1651 contre M. le Prince sera révoquée, semblablement celle qui fut publiée le jour de la majorité du Roy contre le cardinal, moyennant que M. le duc d'Orléans donne un escrit par lequel il renonce à toutes ligues et associations contre In service du Roy, que M. le Prince, M. le P. de Conti et M"' de Longuevillo donneront un semblable escrit par lequel ils renonceront à tous traités faits avec les Espagnols, que l'on en. verra des ordres pour faire sortir les Espagnols de Stenay et de Bourg, que les trou pp es des Princes qui sont aux environs de Paris iront joindre l'armée de M. de Tbureunes, et celles qui sont dans les autres provinces seront licentiées ; et cette amnistie est adressée au parlement de Paris séant à Ponthoise. Une personne de qualité qui a veu l'original de celte déclaration dit qu'il y a : De l'advis de la Reine Régente. Je pense que c'est un vice du copiste, mais cependant il est considérable. Vous juges bien par ce dispositif que la cour s'éloigne de la paix, outre qu'il n'est point parlé du rétablissement des choses comme elles étoient, (car l'amnistie ne la suppose point comme vous sçaves, mais seulement l'abolition du crime). L'adresse faite au parlement de Pontoise rompra absolument l'affaire, et quelque espoir que l'on donne à la cour, très-assurément le parlement ne sor* tira point de Paris. Peut-estre que quelques lâches feront encore cette fausse démarche, mais le corps ne se laissera point' ébranler, et les bourgeois ne souffriront pas qu'il sorte, quelque ordre que le cardinal envoie pour cela. On s'assemblera i
pour délibérer là-dessus, car demain est feste au palais à cause de la Saint-Louys. Sur la déclaration des Princes, la chambre des contes a arresté de faire de très-humbles remonstrances au Roy, et en mesme temps d'en faire aussi sur l'impossibilité de sa translation, et en casque Ton réitère le commandement, le retentum curii est d'obéir. Cependant, il n'i a pas d'apparence qu'elle le fasse, car les choses se disposent à faire quelque exemple de ceux qui seront attrappés en le faisant. L'arresté de la cour des Aides sur la mesme déclaration des Princes est que l'on enregistrera ladite déclaration, que l'on remerciera trèshumblement le Roy de l'éloignement du cardinal et que Ton suppliera S. M. d'en empescher le retour, afin d'oster le prétexte de tous les maux dont il pourroit estre suivi, et quant à la translation de la compagnie, on a fait une chicane sur l'adresse, celuy qui l'a transcrite sur celle qui a esté dressée par le parlement ayant mis : Aux Présidents et Conseillers de nostre Cour des Aides qui restent à Paris, ils ont dit qu'il n'y avoit pas d'autre cour des Aides à Ponthoise et par conséquent que ce pacquet ne s'adressoit pas à eux. La cour fait la flère, se pensant prévaloir de la foiblesse de l'armée des Princes, dont l'infanterie à tout prendre ne peut eslre que de deux mille hommes et la cavalerie de dix-sept cens chevaux dont on en a tiré la moitié pour secourir Montrond. S. A. a eu nouvelle du passage de la rivière. M. de Brioles a fait une merveilleuse diligence, car 3 la passa mercredi dernier, 21 de ce mois, à Chasteauncuf ; aujourd'hui ou tout au plus tard demain, il faut que lé coup soit fait, on failli S. A., dans le mesme temps que Brioles partoit, fit partir quatre courriers différents pour advertir MM. de Valence* de Coligny, de Saint-Géran et de Lévi, de se rendre dans un certain temps au rendez-vous où se doit trouver Brioles. M. de Bussi a voulu faire quelques assemblées de noblesse dans le pale,, pour s'opposer k ce secours, mais, ma foy, il ne mettra yeevo (rend arrière-ban sur pied; si Montrond est secouru, la
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cour se trouvera un peu courte dans ses mesures. On disoitœ Hoir que Montbas qui suivoit Brioles avoit eu ordre de retourner h cause de la marche de l'armée auxiliaire. Celle de M. de Thoremies qui n'est que de six mille hommes au plus, est proche de n«nunarlin. — Le vilain est à Rheims, il va fort lentement; on y a icy nouvelles de la cour que le comte de Harcour s* est retiré iihVoiiIciiI de (îuyenne et qu'il a pris la route de Brisac. Cela, et len advautngcs que vous me marquez dans votre lettre de 17 vous rendront peut-estre les maistres de la province, si les esprits llourdclois ne se rehuttent de la conduitte de quelques personnes contre qui Ton écrit icy assez hautement et la fortification delà paix fera sans doute un très-mauvais effet. Vous ne m'escrivez jamais que ce qu<» je pouvois apprendre par la Gazette de Bizounc, et il i'nut que je vous reproche que je reçois de certaines lettres qui me parlant plus franchement. Vous autres ministres, l'utcH trop secrets pour nous autres qui ne voions que le dehors îles choses. Je vous assure que je vous escris avec assez d'exactitude, et que nous découvrons quelquefois des choses comme ceux qui ont de meilleures lunettes. Je sçay que par le moyen «les Fmique.tH, Servient a introduit icy depuis trois jours unené- Kotiutinn. Ma lunette ne porte encore que jusque-là, peut-estre sera-ce dans le. parlement pour en suborner quelques-uns et les obliger à l'aire le voiage de Ponthoise, peut-estre aussy sera-ce pour quelque autre chose. Staremo a vedere.
A Paris, le 28 (Taouit 165Z
Puisque toutes mes lettres vous ont esté rendues, vous ne me ferés plus de reproches, et vous serés désormais persuadé que je suis plus soigneux de vous écrire que vous ne le pouvez désirer. La satisfaction que vous témoignes avoir de mes lettres, les paie mille fois plus qu'elles ne valent. Elles sont sans art, <
affectation, mais elles sont exactes, et c'est ce qu'il vous faut. Je ne suis ni ministre ni en passe de l'estre, et cependant, on me dit quelquefois des choses qui sont assez secrettes, et je ne pense pas que je vous aye beaucoup trompé jusqu'icy. Vous faites fort bien de ne communiquer ce que je vous mande qu'aux personnes dont nous sommes demeurés d'accord ; pour les autres, grand respect, comme vous sçavez, et rien plus. Je ne doute point que l'on mande aujourd'huy de beaucoup d'endroits que la paix est faicle, puisque le Mazarin doit partir aujourd'huy ou demain, et que les Princes ont déclaré cent fois les chambres assemblées, qu'ils mettroient bas les armes aussitost que le cardinal seroit dehors du royaume, conformément à la déclaration, mais je me deffie si fort de la bonne fortune de l'Estat, que ne voyant pas de véritables dispositions à une solide paix, je ne la puis croire. Le doute mesme que le départ du cardinal nous donne assez de loisir pour respirer. La constitution des choses est telle que sans faire l'astrologue d'Estat, je prévoy plus de maN heurs que jamais, plus de désordres et de confusions. Il est certain que le puissant secours qui venoit fortifier les Princes, avoit fait tomber la cour dans une grande consternation. Les négotiations incertaines, ou pour mieux dire inutiles qu'elle a voit faites avec le duc de Lorraine, l'avoient réduite à chercher d'autres ressources; la taxe faite pour les cinquante mille escus dont on doit récompenser celuy qui délivrera l'Estat du Mazarin, Favoit ébranlé, et toutes les circonstances fascheuses l'avoient enfin réduit à consentir à son éloignement , ou du moins à tromper, par cette heureuse espérance, ceux qui ne désirent que le repos. Hais comme ce malin animal a toujours l'esprit du retour, quelque concert qu'il eut formé pour cela avec sa protectrice et le reste de ses fauteurs, sachant bien que le Seigneur a dit que qui frappera du couteau périra par le couteau, fourbe comme il est, il a appréhendé de périr par une contrefourberie, et de peur d'estre surpris, après avoir bien jugé que
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rien n'étoit capable de le faire retourner que la division, il es a voulu laisser des semences qu'il sera très-difficile d'étouffer. L'establissement du prétendu parlement de Ponthoise luy a pan plus facile, pour exécuter ses mauvaises intentions, et en effet, après avoir fait donner dans le panneau ceux qui ont alm* donné un vray et légitime corps dont ils etoient les membres,' pour en composer un chimérique, il n*a pas douté du succès de son projet Ces honnestes déserteurs pensoient avoir fait un beau coup d'obtenir l'éloignement de ce ministre, par leurs remonstrances, et ils croyoient que quelque chose que l'on put dire contre leur conduitte, elle seroit excusée si elle produisoit ce que tout le monde désiroit : mais vous pourrés juger si c'est plustost un parlement qu'une cohue de duppes. Le cardinal leur fit entendre qu'il ne pouvoit se résoudre à sortir, tandis que le parlement de Paris qu'il appclloit rebelle au Roy demanderait son éloignement ; que s'ils vouloient donner une marque d'obéissance en vérifiant la translation du parlement de Paris et établissant à Ponthoise, il prieroit S. M. de luy accorder son congé, et qu'il accorderoit à leurs remonstrances ce qu'il ne ferait jamais à celles du parlement de Paris. Sans faire de réflexion sur l'importance d'une telle chose qui peut avoir des suites affreuses, la France étant un royaume de conséquences, ils donnent dans le piége : mais parce qu'il étoit nécessaire que ce prétendu parlement fit de vigoureuses remonstrances pour justifier au public que le seul bien de l'Estat auquel il vouloit donner la paix, de quelque façon que ce fut, animoit son nouvean corps, il fallut négotier sur cet article. Le cardinal avoit fait faire la première demande à ces messieurs, ils demeuraient dans la confusion ; si elle n 'avoit quelque suite apparemment utile à leur dessein, il fallut demeurer d'accord de les concerter avec le ministre. Les faire foibles, c'estoit prévariqûer à Fintérest du public; les faire fortes, c'estoit choquer celuy qui se picquoît de résister à ceux qui l'attaquoient de vive force. Le
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fourbo qui a tout essayé et contre qui il est difficile de dire rien de nouveau, leur voulut faire valoir le consentement qu'ils demandoient. Il demeure d'accord que Ton feroit des remonstrances vigoureuses sans danger, pourveu que ces nouveaux parlementaires signassent un écrit avec luy, par lequel il seroit arresté que l'éloignement du cardinal étant nécessaire pour désarmer les partis qui sont dans le royaume, ils consentaient qu'il retournât dans six semaines. Ce que je vous dis est assez particulier, et il est vray que je sçay qu'il a cet écrit et que ces honnestes duppes Font signé, et je l'ay sçeu par une voye si seure que S. A. à qui je l'ay dit n'en a point douté. En effet, sur les assurances et le reste du projet que je vais vous expliquer, le cardinal est prest de partir. Mais où pensés-vous qu'il aille? Négoticr tout de nouveau avec le duc de Lorraine; aussy les préparatifs de son départ ont bien plustost les marques d'une ambassade que d'un exil, d'un conquérant qui va faire monstre de sa grandeur que d'un malheureux proscrit qui se retirât Après avoir divisé le parlement, il a cru qu'il falloit diviser toutes les autres compagnies de Paris par des translations chimériques comme celle qu'il a faite. On a mandé pour cela la Chambre des contes, la Cour des aides, le bureau des thrésoriers de France et le chastelet. Le cardinal a cru qu'il pourroit trouver dans ces corps-là des duppes comme dans celuy du parlement, et sans doute il a bien eu la pensée de les faire souscrira à Pécnt qu'il a tiré de ces messieurs, et qu'ainsi durant son voyage, il pourroit estre libre de toutes inquiétudes et former mesme de nouveaux desseins sur sa future grandeur, puisque son retour seroit autorisé par les premières compagnies de lacapiUle du royaume; et en tous cas, ce séducteur s'imaginoit nos doute que si les compagnies lançoient des foudres contre : qui lesauroient abandonnées, il les obligeroit par l'appréde leur ruine et le désespoir de rentrer dans leurs qu'ils a voient quittés, à suivre sa fortune et à porter
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le* choses aux dernières extrémités; élevant par ce moyen autel contre autel, afin de se venger aux dépens du royaume de ses ennemis par ses ennemis mesmes. Et parce que sitost qu'il sera hors de France, Paris apparemment députera vers S. M. pour h supplier d'y retourner, et que toutes les compagnies feront i doute les mesmes instances, il a voulu leur faire faire le mandement par le Itoy de sortir de Paris, aOn que si elles refusent de le faire comme elles feront sans doute, S. M. ayt sujet de dire qu'elle ne veut point retourner que Ton n'ayt exéenté ses ordres, car le vilain appréhende que si elle et oit une fois dans Paris, elle eut peine d'en sortir et luy d'y rentrer. Sur ces contestations, les trouppes du Roy demeureront aux environs de cette ville, la feront crier, et les partisans du Mazarin ne désespèrent pas de la forcer par la nécessité à chasser les Princes, lorsque le Itoy ayant éloigné le cardinal (bien que ce ne soit qu'une comédie), les obligera h tenir la parole qu'ils ont donnée de poser les armes après cet éloignement. Je ne doute point que S. A. ne vous informe de tout ce qu'elle a projette de faire. Toutefois pour vous faire une relation tout à fait complette, il fout que je vous écrive ce que j'en pense et ce que j'en ay pénétré. M. le duc d'Orléans est las de la guerre; sa nouvelle charge est un fardeau qui l'embarrasse, les suittes qu'il prévoit luy font peine; il aime le repos, il n'a point d'intérests particuliers, il n'en a point que l'exil du Mazarin ; il a fait enregistrer souvent cette déclaration. La lenteur avec laquelle les choses ont marché, depuis mesme la déclaration, le partage des provinces, des grandes villes, de Paris mesme, l'ont étonné, les négotiations que l'on faisoit sans sa participation, luy ont donné quelque martel, il est certain que s'il voit une belle porte pour sortir de cette affaire, il sera ravi de la trouver ouverte; l'éloigneroent du Mazarin, son absence, quand ce ne seroit que pour nn tems, le dégagera avec quelque honneur; il mettra les armes an croc, il s'en explicque pssez clairement, il parle mesme de faire
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un voyage à Cliantbort et à Biais. Voilà sur quoy il faut prendre des mesures. H. le Prince qui voit toutes ses négoliations infructueuses, pour l'honneur de sa parole sera obligé de désarmer. Le peu de trouppes françoises qui sont dans son année ne le doit pas retenir, car elles ne font pas douze cens hommes au plus. Il ira au parlement, il sera d'advis que Ton députe au Roy avec la ville, qu'on demande le retour de S. M. avec une déclaration qui assure le public contre celuy du cardinal. Si le Roy l'accorde, à la bonne heure ; s'il ne l'accorde point, le peuple ne laissera pas de demander la paix ; il demeurera dans Paris, et si on fait mine de passer la ville, il pense qu'il pourra rengager les Parisiens dans ses inléresls, en s'offrant pour les deffendre. Cependant, il lui faudra des trouppes réglées, car, comme vous sçavez, les portes cochères sont méchantes milices, ses régiments auront été licentics ou bien envoyés loin de Paris, les trouppes de Clinchamp se seront retirées. En cette nécessité, que faudra -t- il qu'il fasse? Je ne doute point que S. M. n'ayt préveu tout cela, et je tiens que le voiage de M. de Saint- Romain qui partit vendredi au soir est pour y chercher quelque remède. Apparemment le duc de Lorraine ne s'éloignera pas avec les six mille hommes que l'Archiduc nous envoioit, joint à ceux que commande le baron de Clinchamps, et tout cela ensemble étant de beaucoup plus fort que l'armée du Roy qui n'edt que de six mille hommes au plus, sitost que le cardinal rentrera, h guerre recommencera plus furieuse que jamais ; Saint-Romain ira en Flandres; il pourra remonstrer que les Princes qu'encore pour ne point perdre l'amitié des peuples soient obligés de poser les armes dès que le cardinal sera sorti ; toutefois comme l'on sçait pour le certain qu'il doit retourner ; leur intérest particulier les oblige à tenir des forces toutes prestes pour remettre en plus grande considération que jamais le parti des Princes dont, après tout, le parti n'est point conpourl'éloignementdu cardinal, puisque ce n'est qu'un
article et que la paix générale est le plus considérable. Je m doute point que Saint-Romain ne réside quelque tenu en Flandres. Cependant, Monsieur, la lenteur avee laquelle on a agi, les intrigues et les négotiations secrettes ont ruiné, ou pour parler autrement, ont rendu inutile le plus grand parti qui ait été formé depuis le commencement de la' monarchie. Je ne sçaj s'il sera facile de le remettre sur pied. La pluspart du monde est réduit à la dernière nécessité, H y a force mécontens, pet d'argent et beaucoup de gents qui n'attendent que le moment de la paix vraye ou apparente, pour prendre congé et pour tas» cher de se raccrocher à la cour, et vous Terrés que ce que je dis arrivera. Hais voilà désormais une assez longue lettre; j'aurois pourtant honte de la finir, si je ne vous remeroioii de touts les témoignages d'amitié que vous me donnés en toutes rencontres. Vous pouvés croire que je n'en seray jamais ingrat et que vous vous estes acquis un serviteur et un amy qui ne vous manquera jamais. Je n'ay pas sceu le détail du demealé de M. de Bourgongne avec Barbesieux , mais comme je loy suis obligé, je luy écris et vous me ferez plaisir en luy donnant ma lettre de luy bien dire que vous luy répondes de ma reconnoissance. Je sçay bien que 100 (Lenet) se contente de servir ses amis, mais sa modestie qui ne se peut assex louer embarrasse ceux qu'il oblige. Je vous prie de luy dire qu'il me ferait un grand plaisir s'il m'avertissoit un peu plus exactement ; que je voudrois bien sçavoir le nom de ces fanfarons. Vous me forés grand plaisir de leur dire que je leur feroys le paroli non-seulement des menaces, mais des effets, si je les connojssois. Ce sont des facquins à coup de barre quels qu'ils puissent estre, qui ont la pensée de menacer avec outrage un homme comme moy, et ils n'oseroient y avoir songé sans se voir roués, quand je le voudrois. Un axe cependant portera de quoy les réjouir. S. M. a voulu que j'aye écrit à M. le P. de Conti. Je vous envoyé. Il lettre toute décachetée; je ne doute point que vous ne preniés
bien votre temps pour luy présenter et pour l'appuier; ct*pr*s la lettre que Ton a écrit te à Roquette, si on ne me fait une réponse que je puisse faire voir, je vous déclare que l'outrage qu'on m'a fait injustement demeurera alla mente repostum. Il ne faut pas qu'on prétende souffrir parler des facquins sans honneur et qu'on se scandalise d'entendre les deffenses des gents qui ont toujours vescu sans reproche. S. M. me disoit hier lorsque j'étois tout seul avec elle, que tout cela n'étoit pas honneste pour 38, ni pour moy, et qu'il falloit raccommoder toutes choses; et puis elle me disoit : N'est-il pas vray qiie tù es bien en colère contre 38; je lui répondis que je n'étois pas fou, et que je sçavois bien ne pas faire parestre des sentimens inutiles; que véritablement j'avois eu autrefois beaucoup de passion pour le service de 38 ; que j'aurais toujours beaucoup de de respect, que je n'i manquerais pas; mais que pour l'inclination, je laréservois toute pour S. M., et que je ne voulois et ne prétendois tenir à sa maison que de son costé. Mandés-moi, je vous prie, ce que 38 aura dit à 100 de 00 et ce qu'en dit 49, qui considère le Sincère comme l'union nécessaire pour faire entrer le 15 de 78 dans le 14 de 49, pour parler à la façon de président Roquette. J'ay fait vos baisemains à MM., Courtin et Croissy qui sont vos serviteurs. Je feray vos compliments demain à M"19 de Chastillon; car j'ay un rendez-vous à deux heures. N'en ayez point de mauvaise pensée , c'est pour luy présenter un parait de la Reyne de Suède qui a ordre de la voir. Je ne manquera?^ pas aussi de faire vos compliments à l'hostel de la Rochefoucaut où Ton se porte bien. M. de Marillac ne sera point marqué de sa petite vérole. M. de Monbazon envoia l'antre jour se resjouir avec M. de la Rochefoucault et luy fit dire qu'il ne serait pas si marqué de sa blessure que 4 l'etoit de sa maladie. On dit que l'on ruine le sennor baron en pastilles de bouches. MU recadosusu Excellentia. On croit ici le combat naval fort grand et que les amis ont été bien rossés ; aussi que
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n'arment-ils mieux leurs vaisseaux ? Quand vous écrirez à M. de Marchin, faites-luy bien des compliments de ma part et rassurés de l'estime et de la passion que j'ay pour luy. Encore faut-il vous dire que le Mazarin devant que de partir, pour se laisser des amis en cour qui le servent en son absence, a donné des lettres de duc à MM. de Roquelaure , de Crequi , de Souvray, et au frère de M. le comte de Maure. Mw° de Morlmar, sa femme a déjà eu le tabouret. On dit aussi ce soir que M. de Miossdns est maresclial de France. S'il n'eloit point si tard et que ma lettre ne fut point déjà si longue, je vous dirois quelque chose que Ton me vient de conûer sur le sujet du voiage de notre ami de Flandres, mais puisqu'il est deux heures après minuit , vous aurés patience jusques au premier ordinaire. Je vous prie de faire ma cour à MD>e la Princesse et à mon petit Prince. Mille compliments à M"" de Tourville en luy communiquant ce que je vous mande, et à nos bien-aimés trouppeaux.
Vous fermerés la lettre de S. A. de Conti, quand vous Taures leue, si vous la treuvez à votre fantaisie.
Je suis en peine de sçavoir qui m'a écrit une lettre qui est venue dans voire pacquet. Je ne sçay à qui j'en suit obligé, car je le suis extrêmement des amitiés et des offres que l'on m'i fait. Je vous prie de m'en eclaircir. Il me mande qu'on luy a tué un palfrenier, le 10 ou 1*1 1 de ce mois, que sa dernière blessure l'incommode et qu'on parle de luy faire une incision. Par li vous le pourrés deviner. Je n'en connois point le caractère, et cela est cause que je ne luy fais point réponse comme je lé soiihailterois , car il m'a écrit une lettre très-obligeante. Je vous prie de me le faire sçavoir, si vous le descouvrés. N'oubliés" pas à daltcr vos lettres et ne faites point courir les miennes, de peur qu'elles ne s'égarent.
REVUE MENSUELLE
xv. les lettres du seigneur de lannoy
pour l'éducation de son fils.
Jehan de Lannoy issu d'une des plus grandes familles de Flandres, chevalier de la Toison d'or, ambassadeur en Angleterre et gouverneur des villes de Lille, Douai cl Orchies, bailly d'Amiens, gouverneur de Hollande, Zeelande et Frise, fut constamment initié aux démêlés qui marquèrent la politique des derniers ducs de Bourgogne avec les rois Charles VII et Louis XI. Placé par ses possessions sur les confins des deux États, Lannoy, comme ses alliés les Croy , joua longtemps nn rôle équivoque auprès des deux souverains rivaux. Selon une expression vulgaire, il mangeoit à deux râteliers et recevoil des deux mains. Cela résulte du témoignage des historiens et de quelques documens inédits. Marié deux fois , il eut de sa première femme, Jehanne de Poix, dame de Brimeu, deux filles ; et de sa seconde Jehanne de Ligne, huit enfans, dont à ce qu'il paroît un seul fils, Loys, celui à qui sont adressées ces lettres et qui ne put mettre à profil les utiles enseignements qu'elles renferment; car les généalogistes de la maison de Lannoy ne font pas même mention de lui, et il paroit certain qu'il mourut peu de temps après sa naissance.— L'épilapbe qui se lisait sur le tombeau de Jehan auteur de ces lettres, en l'église de Lannoy, fait allusion aux ennuis que lui suscita à la cour da duc de Bourgogne le crédit dont il avoit joui près du roi Loris XI:
Et après, par envie, fortune m'assaillit
Me cuidant tout deslruire....
Dieu par sa grâce fasse à mas nuisans pardon !
Pari*.— Typ. Witterohelm. — «• année. e
Il y a dans les lettres de Jehan de Lannoy des détails précieux pour les mœurs des courtisans du xv« siècle. A propos de la tenue qu'un gentilhomme doit avoir à la cour et des nombreux périls auxquels est exposée la vertu, l'auteur cite en entier le principal chapitre du Curial d'Alain Chartier, alors inédit. Cette copie de ce précieux monument de notre littérature au xve siècle, est bonne et offre quelques variantes avec les textes publiés. A ce propos, Jehan de Lannoy fait cesser un doute qui régnoit dans le monde littéraire au sujet d'Alain Char lier. On ignoroit, ou pour le moins on douloit que Guillaume Chartier, évoque de Paris, fût son parent. Lannoy décide la question ; non-sculcmcnt il le mentionne comme frère d'Alain, mais chose assez curieuse, il nous apprend que c'est à ce personnage môme qu'est adressé le Curial.
L'œuvre de Jehan de Lannoy dont nous donnons ici un spécimen, se compose d'instructions en forme de lettres adressées par l'auteur au fils qui vient de lui naître en l'année 1464, tandis qu'il étoit loin de sa femme à Abbcville, en la compagnie du roi Louis XI, logé en l'hôtel Jacques Angart : comme il est âgé de cinquante-quatre ans et plus, il craint de ne pas vivre assez longtemps pour veiller luimême h l'éducation de ce fils que Dieu lui envoie en son automne.
Ce curieux document littéraire est un nouveau démenti donné au reproches de grossièreté et d'ignorance qu'il est de mode, en an certain monde, d'adresser à la noblesse du moyen âge (1). Voici un gentilhomme qui par sa naissance et ses immenses richesses pouvoit mieux que personne se passer de science et de littérature : cependant on le voit, plein de regret de ne point avoir assez travaillé luimême en sa jeunesse, conseiller à son enfant, comme une nécessité pour un homme de haut rang, l'étude de toutes les sciences humaines ; il lui prescrit les cours qu'il doit suivre, les universités qu'il doit fréquenter, les auteurs qu'il doit étudier, etc., etc. Dans le prologue que nous donnons ici, l'auteur commence par l'éloge des étndes et démontre la supériorité de l'homme qui a étudié sur l'ignorant. Il exprime le regret de n'avoir su lui-même protiter de sa jeunesse et d'ignorer le latin. —Il peint l'embarras où il s'est souvent trouvé an Conseil du Roi ou du duc de Bourgogne et dans ses ambassades, et il ne veut pas que son fils ait la même humiliation...
Le manuscrit d'où ces lettres sont tirées est d'une fort belle exé-
(1) Voir i ce sujet l'intéressant article, publié par M. Léopold Delisle, dans le Journ, génér. de l'hutruci. puM. et d$$ CuUu, mai 1855.
culion , sur beau vélin blanc , lignes pleines , avec initiales ornées, fleuronnées, peintes et rehaussées d'or. Il appartient à la bibliothèque de Reims et porte sur ses feuillets la signature de plusieurs mem-
a bres de la grande famille des Groy , à laquelle appartenoit la mère
' de Jehan de Lannoy.
COPIE DES LETTRES ENVOYÉS PAR JAN, SEIGNEUR DE LANNOY, A LOYS SON FILS.
(Prologue).
Considérant nostro humanité et fragilité et que sans estre apprins, corrigié et reprins, noslre fachon de vivre, selon nostre désir seulement, se polroi tassés comparera vie de innocent, et à manière de follastre , et qui soit vray c'est chose très- (1ère et évidente, comme Ton peult veoir par les gens champestres, maroniers, chartons et aullres, lesquels sont de très rude engien et entendement, et comme peu ou néant sachans aultres choses que en ce qui leur a esté montré et de quoy ils se meslcnt seul- Iement. — Et au contraire nous voions que cculx qui ont esté nouris et mis aux cscolles, que après que ils ont eu apprins raisonnablement, les ungs plus, les aullres moins, soit nobles ou aultres. ils ont, après que sont retournés des escolles fréquente et eulx misa pratiquer — les aulcuns, es courts espirituelles, et anssy es courts layes cl temporelles : — et les aullres et par espétial les nobles homes, se sont mys les plusieurs es courts do Princes —et leur a soufly de entendre leur latin congru, pour culx en aidier, tant en voiage, corne en ambassades et aultrement : et desquels j'ay veu moult et par ospccial de cheux qui le plus avoient aprins et le miculx retenu et qui avoient le plus gfant désir d'aprendre et scavoir, venir à très grant bien honneur et richesse ung chacun, selon son sens et bon entendement.— Laquelle chose m'a mainteflbis donné cause de grant desplaisance, pas par envye que j'ay eut de eulx , mais estoit quand je
cousiderois ma simplesse et petit savoir et que jamais n'a enté iiibh h escollc, parquoy je ne savoîe ne pouoie riens sca voir.— Et Mi cognoissoie que ce temps» pour moy estoit perdu et passé ri ne ne peult jamais recouvrer, parquoy ny veoye ne attendrie aulnin renifle, quant au latin ne a l'estude. — Dont n'est jour que je n'en aye uug merveilleux regret, et par espécial, toultes Iih fois que je me trouve avoecq les aultres au Conseil du Roy H liii'ii souvent en sa présence, — et pareillement de mon très redoublé seigneur M. le duc de Bourgogne. Et que je ne stay ne je. n'ose dire mou opinion , après les cleres, éloquens légistes et hystorieus qui devant moy ont parlé, car je n*ay pas la manière de parler éloquemment, et ne scay aultre chose dire fors que : Maislrc Jan ou maistre Pierre a bien dit — et que je suis de son oppinion : — et toutlcfois, qui alors me demanderait quelle chose auroit dit celluy de laquelle oppinion je me suis tenu, k la vérité je n'eu scarois comme peu ou riens réciter. De quoy mainleirois ay eu grant houle et grand vergongne en mon cueur, et me suis plusieurs fois bien repenti de moy avoir trouvé avoecq tels gens es lieux où il falloit dire oppinion. — Et mesinemciit en plusieurs places où j'ay esté envoyé es ambassades, ou m'a convenu parler, et aussy respondre aux Roys et Princes devers lesquels ay esté envoyé et souvent communiqué avoeq leurs gens notables , elerques et aultres gens bien aprins dont estoie souvent sousprius et perplix, par quoy tant peu d'entendement que j'avoie se eslongoit et departoit de moy, et deraoroie esbahy et fort tourblé, oullrc mesure.
Or pourtant que ceste malheure ay trop expérimenté et que Dieu par sa grâce m'a envoyé ung fils, je suys délibéré de mettre par esciipt, selon mon petit entendement, la manière comment à mon ad vis il se debvra conduire et gouverner en ce monde. — Et ne voeulle nul penser ne croire que ce que je feray se face par manière de doctrine, ne pour enseignement en général que je voeil estre monstre à aultres que à mon fils, ja Dieu no
plaise que jamais je doie tant présumer de moy ! car ce n'est ne n'a esté ma spéculation. Et laisse telles choses faire, corne raison est, aux sages clercgs, historiens et rethorichiens : mais le fais par vray amour paternelle et naturelle que j'ay à mon dit fils, — duquel je suys aisné cinquante-quattre ans et cinq mois, wît jours moins ; lequel fu né le merquedi m' jour de septembre en cest an soixante quattre. — Et comenchai ceste lettre en la ville d'Abeville, moy estant vers le Roy, logié en l'hostel Jacques AugarL
Et vray est que la nuit précédente j'avoye très-peu dormy , mais beaucoup avoye pensé à mon dit (ils, lequel jamais je n'esperoie véoir en eage qu'il peust avoir grant entendement. Et me sambloil que, posé ores que je vescusse longuement, tant plus viveroic, de tant plus se diminueroit mon petit sens. — Et en conclusion, après beaucoup avoir pensé, je cognus elèrement que mon dit fils et moy ne pouriesmes jamais estre d*ung mesme temps, car il vient et je me voy : plus viveray et de tant moins en aray.
-. Si, je me^uis aujourdhuy délibéré de escripre ceste lettre à mon dit fils, affin que si je ne puis vivre le jour qui me seust entendre, au moins qu'il sache par lettres ce que de bouche ne luypolray dire: comme souventeflbis ont fait ces .amans par amours, quant ensamble ne povoient parler.
XYI.— ARRÊT DE MORT CONTRE JOHANNOT DE 8ANTOST, SIEUR DE SALES, POUR REPARATION DE MEURTRES, BLASPHEMES, MUTILATIONS, PILLE RI ES, ETC. (Extrait des registres du Parlement de Toulouse.)
La biographie Toulousaine n'a pas gardé le souvenir du héros de ertte ptteéi qui nous parolt avoir plus d'un trait de ressemblance
KO l<K CAM3KT HISTORIQUE.
avec le sr Poucet d'Auxcrrc qnc nous avons fait connoilre à dm lecteurs ilnns noire numéro de février dernier. Quelques persomes, |H'ti favorables au moyen Aj;c, prennent occasion , à la lecture de semblables documents, d'attaquer les mœurs elles institutions do temps. I.e moyen A^e, qui le nie? a en ses tyranneaux el sescrinriiipIh ; main nous voyons, et cette pièce en est un exemple, qu'il eat aiiHM ses répressions et ses châtiments. — La sieurie de Sales, dont Jolianuot de Sautost preuoit le titre, étoit aux environs de Rieax (llaulc-tiaronne).
Voues les in format ions et charges, pièces et procédures de Jniinnl do Sanlosl, sieur de Sales, en pays de Gascoigne, prisonnier en la conciergerie du Palays-Royal à Toulouse, ethiy ny n plein on la tour de crans, dit a esté que pour punition et réparation des inurdres, blasfemes de Dieu, de Notre-Dame et des saints, adressions, halcinens, mutilations, pilleries, roberies, infraction et bris de la sauvegarde du Roy et autres gratis excès, délit/ el maléfices dont est question, commis et perpétrez par ledit .lehau do Santnst. la cour a condamné et condamne iceluy Jehan de Santost. prisonnier malfaitqpr, a lahart à K4iii «nul, faire faire sur ung tombereau le cours acoustumé d'est re fait par les condamnez a mort par la ville deThoulouze,et perdre la teste sur le pillory, estant près de la maison delà trésorerie de Thoulnuzc, el les membres principaux de son corps estre mis eu cartiers; — et sera ladite tcsle portée et clouée au gibet estant près ri hors le bourg de Saint-Suran, sur le grant chemin tirant de Thoulnuzc vers Muret; le corps mis en un sac porté et pendu a l'autre gibet estant aussi près et hors dudit bourg, sur le granl chemin tirant do Thoulouze versl'Isle-Jourdain : el chacun desdils membres mis et cloués en un grand pal au-devant, de chacune des plus principales portes de ladite ville; et n déclaré et déclare la court, tous et chacuns les biens dudit Johannot de Santost malfaiteur, confisquez et appartenir au Roy, mais desdits sur iceulx sera prins et levé préalablement ce
que s'ensuit : premièrement on seront prins et levées les mises en despenses faictes par Thomas Groussin , huissier de ladite court, commissaire par elle député en cette partie, pour et cause de la poursuite de la personne dudit de Santost, prise d'icclle en la ville de Paris et conduicte, et aménage d'ilec de ladite personne en ceste ville de Thoulouze, et autres fraiz de justice deuz et raisonnables faiz touchant la matière, deux cens livres tournois pour emploier en messes et autres bien fais pour le salut de l'ame de Bernard de Laret, bailly royal de Chastelncuf, de Mauhoac, tué et murdry par ledit de Santost, et quatre cens livres tournois pour les femme et enfans dudit meurdri, et semblableroent pour les desrohés, destroussés et pillés, et aucunement dammuYz par ledit de Santost des dommaiges et satisflaîre des choses qu'il apparra leur avoir esté desrobées tollues et ostées et des dommaiges a eulx fais et arrivés par ledit de Santost et par son moien et adveu. — Pronuncé à Thoullouzc en Parlement» le xxurjeur de may Tan mil cccc. un. xx et treze.
Après la pronunciation duquel arresl a tantost esté procédé à l'exécution d'icelluy selon sa forme et teneur, touchant la personne dudit prisonnier.
Micdaeliez.
• Au dos : L'arrest du sieur de La Sales.