LOUIS XI AUX GENS DE SES COMPTES
En faveur de Jehan du Temple, traducteur de Xénopbon.
La pièce suit qui n'a pas de date précise mais elle semble des premiers temps de Louis XI. Il y prend le titre de Roi dauphin, qu'il alTecla quelque temps en souvenir des droits que le Roi Charles VII, son père, lui a voit cédés sur le Dauphiné, par les lettres du 28 juillet 1411. — Nous avons vainement cherché à la Bibliothèque impériale le manuscrit de Jehan du Temple, qui s'y peut cependant retrouver.
De par le Roy-daulphin.
Notre amé et féal, nous avons ordonné à maistre Jehan de Temple, à présent débilité de maladie de goutte, comme avons entendu, la somme de trente escus d'or, pour avoir par notre ordonnance piéça translaté de latin en François le livre de Xénopbon le philosophe, contenant huit volumes : iceluy avoir fait escripre en parchemin, enluminer et relier et à nous envoyé en la ville de Geneppe, en Brabant, lors nous estant illec : et pour ce, nous, voulant ladite somme luy estre baillée, payée et délivrée, vous mandons, expressément enjoignons que icelle somme de trente escus d'or vous couchez et employez en Testât de notre trésorier do Daulphiné que ferez du premier a y de ou taille que en iceluy pays nous sera donné et octroyé ; en mandant audit trésorier icelle somme de deniers dudit ayde, baille et délivre audit de Temple en rapportant nos lettres patentes sur ce à luy baillées, avec sa quictance, et gardez qu'il n'y ait faulte. Escript.
(Ane. f.f. 9,692, f> 69.)
8. CHARLOTTE DE SAVOIE, REINE DE FRANCE, 2" FEMME DE LOUIS XI, A M. DUBOUCBAGE.
Sa fevenr de Joseph Colombe, son enlumineur à Bourges. Yrig m IVltyf tourangeau du nom de Colombe que nous signa-
Ions à M. Lambron de Lignim de Tours, docte auteur de Recherches historiques sur l'origine et les ouvragée de M. Michel Colombes^ tailleur d'imaigcs du Roi. Mieux que nous, M. Lambron trouvera le point de parenté qui unit certainement le pauvre enlumineur de Bourges au célèbre statuaire de Tours. Nous lui en laissons le plaisir.
De par la Royne.
Monsieur Dubochage, j'ay ung povre enlumineur à Bourges, nommé Joseph Couloinbe ; par plusieurs fois ay escript et prié à ceulx de la ville, que en ma faveur ilz le tenissent exempt des charges de ladicte ville, ce néantmoins ilz le contraignent de faire le guet à la porte, par quoy il ne peut vacquer en mes affaires : Je vous prie que en veuillez escrire à ceulx que verrez estre à faire, car je suis lasse de plus les requérir. Et croyez que me ferez ung bien singulier plaisir si vous le faictes descharger desdites charges, car il me faict beaucoup de service. Et à Dieu, monsieur Dubochage, qui vous donne ce que désim, '
Escript à Amboise, le 12e jour de juing. Charlote. '
4. CHARLES VIII, MAINTIENT A JEHAN MICHEL SON MEDECIN LS DOA QU'IL LUI A FAIT SUR LE PATS d' AUVERGNE.
C'est sous le nom de Jehan Michel que parut et fut joué le my§tère de la Passion de N. S. Reste à décider si le très-éloquent et scientifique docteur, auteur de la révision dudit mystère, étoit bien le médecin de Charles VIII dont il est question, ou comme non l'avons cherché à établir ailleurs, le chanoine Jehan Michel, son contemporain, mortévêque d'Angers vers 1447. LU sub juiic*...
De par le Roy.
Chers et bien amez, nous avons esté adverti comment Tarchevesque de Clermont a différé donner son consentement m don que nous avons fait sur le pays d'Auvergne à maistre Jehan Michel, notre médecin, pour les grans services qu'il nous, a voit faits. Et pour ce, s'il vous apport le consentement du doc de BourlMHi et d'Auvergne, du conte de Montpensier et du conta' d'Auvergne, qui sont les plus grands dudit pays et principaux, voulons que notre dit don faictes Bortjr pbin effort
forme et teneur de nos lettres d'icelui don, nonobstant le delay dudit evesque, et n'y faictes faulte, sur tant que craindriez nous desplaire.
XXII. — CORRESPONDANCE DE DOM VAISSBTE(1). LE PÈRE LELOXG A DOM YA1SSETTE.
Jacques Lelong, Père de l'Oratoire, né à Paris en 1563, mort en 1741, bibliothécaire de la maison de Saint-Honoré de Paris. Son titre à la reconnoîssance des érudits est sa Bibliothèque historique de la France, que nous n'avons pas besoin de louer, et dont F. de Fontette a fait un véritable monument. 1768, 5 vol. in -fol. On admirera la noble simplicité de cette lettre.
10 juin 1719.
J°ai déjà profilé d'une bonne partie des remarques, mon Révérend Père, que le R. P. dom Bernard m'apporta hier de votre part, et j'en Suis si content, que tant par reconnoissance que pour vous engager à m'en fournir encore de semblable, je vous prie d'agréer cet exemplaire que je vous envoie de mon ouvrage, ayant sçu que vous n'en aviez point. H est difficile que dans un livre qui contient tant de faits, et de pins d'une espèce, je n'aye pas bronché en plusieurs endroits. Je reconnois qu'il y a des fautes d'ignorance, de bévues, d'inadvertance, mais aussi de choses que je ne pouvois découvrir qu'en comparant ensemble de manuscrits, ce que je n'ai pu faire dans on grand nombre d'occasions. Comment aurois-je pu deviner qu'un cartulaire, qui contient plusieurs Chartres des comtes de Toulouse, fût celui qui est annoncé ailleurs sous le Min de Raymond VII, comte de Toulouse, et ainsi de quelques autres? Étendes, je vous prie, vos recherches sur les autres
(I) Nom a vont imprimé indistinctement jusqu'ici Vait$e(e ou Vaisselle. Ilya an effet dans la correspondance que nous citons de nombreuses var riaflka nr l'orthographe du nom du savant Bénédictin, qu'il faut toutefois tek» IMBMffi Mvaat l'usage de r tuteur lui-même.
provinces comme vous l'avez fait sur le Languedoc. Je sais que vous avez une connoissance plus particulière de cette province parles recherches que vous avez faites de tout ce qui la regarde, mais en chemin faisant vous pourrez encore trouver à réformer sur les autres provinces, qui y ont souvent des relations avec celle-ci. Au reste, des critiques honnêtes et modérées comme les vôtres ne peuvent que m'être très-agréables, outre l'utilité que j'en retireray. Continuez donc, je vous prie, dans vos heures de loisir, de feuilleter mon ouvrage; car je n'ai point d'autre but que de le rendre le plus parfait que je pourrai.
Je vous prie Rassurer le R. P. D. de Vie de mes respects, et je suis très-parfaitement, mon Révérend Père, votre trèshumble et obéissant serviteur , Lelong, prêtre de l'Oratoire*
M. DE MANDAJORS A DOM VAISSBTE.
Ce nom de Mandajors est celui d'une famille d'érndtts, eâftreai Bourgogne et dans le Languedoc au xvii* siècle. De Mond^ers, académicien et père de celui ci, est auteur, de plusieurs traités et dissertations sur l'histoire de Bourgogne, notamment sur les antiquités d'Alise. L'auteur de la lettre à U. Vaissele a laissé lui-même oo assez grand nombre d'ouvrages sur l'histoire du Languedoc.
A Montpellier, le 31 mars 174».
J'ai reçu ici, mon très-révérend Père, la lettre que vous m'avez fait Vhonneur de m'adresser à Alais, où je ne compte retourner qu'après les fêtes. Elle m'a donc trouvé effectivement dans la Septimanie des six à septième siècles, mais non dans celle du cinquième, que je crois comme vous différente de la première Narbonnoise, quoique nous ne donnions pas les mêmes limites au pays que Sidoine appelloit en 473 la Septimanie des Gotha, et qu'ils dédaignoient, selon quelques modernes, jusqu'à offrir de l'abandonner pour avoir l'Auvergne. J'avois ébauché à ce sujet une dissertation dont j'ai les matériaux à Alais; mais Ici vapeurs dont je suis accablé de temps en temps depuis quelques années m'ont si fort détourné de toute étude assidue, que je m
prévoy pas quand je pourrai y mettre la dernière main. J'espère cependant, mon Révérend Père, que ces vapeurs me donneront assés de relâche pour lire votre cinquième volume, que vous voulés bien m'annoncer, et ce sera de ma part avec le même plaisir que j'ai eu à lire les précédents. Vous devés être content du public comme il l'est de nous. En mon particulier, je vous prie de regarder quelques observations que j'ai faites sur votre premier volume comme une marque de Implication avec laquelle je Tay lu, et cette même aplication comme une preuve de la bonne opinion que j'avois de l'ouvrage, dont l'immensité a si peu nui à la clarté et à l'exactitude. Je ne puis cependant tous dissimuler, mon Révérend Père, que je fus surpris de me voir attaqué dans votre premier volume sur une conjecture publiée dans les mémoires de notre Académie et de ne trouver la succincte censure de mon sentiment, appuyée que sur ce qu'on lit dans la 9* lettre du 2e livre de Sidoine : Voroangus au lieu de Vordfcingus, comme si je n'avois pour moy que cette conformité de noms, dont je fais si peu de cas quand elle est toute seule. Permettés-moy donc de vous faire observer, puisque vous en offres si poliment l'occasion , que , dans le Propenticon ad JifteHum, on lit Vorocingus dans toutes les éditions que je connois, et que la ressemblance du petit a avec oi écrit sans point sur Yi a pu aisément donner lieu aux copistes de changer Vorocingus en Voroangus, puisqu'ils ont encore plus défiguré ce nom dans la lettre en prose, comme on le voit dans plusieurs manuscrits de la bibliothèque du Roy que j'ai examinés. D'ailleurs, indépendamment de la conformité de Vorocingus avec Brocincus, nom d'une paroisse du territoire d'Alais, où j'ay indiqué les maisons de Ferreol ou d'Apollinaire, les autres circonstances de la lettre de Sidoine m'y ont déterminé, et si tous avés le loisir de faire le même examen que j'ai fait avec la tonnoissance du local, je suis' persuadé que vous conviendriez do cette position. Ces maisons étoient sans contredit sur le
bord du Gardon; elles dévoient aussi être voisines du chemin romain de Nîmes à Clermont, puisqu'on mit des gens en carn*» pagne pour attendre Sidoine, qui revenoit de Nimes, de peur qu'il n'échappât à l'empressement -de ses amis. Or, le Gardon et le chemin de Nimes à Clermont ne sont voisins que dans l'espace de deux lieues, au-dessus et au-dessous de l'endroit où la ville d'Àlais a été depuis bâtie, et la description que Sidoine . fait des environs des deux maisons convient parfaitement aux environs d'Alais. De plus, Sidoine, dit à son livre : Sed quamvis rapido, Ferare cursu, lassum te Vorocingus oblinebit, ce qui semble indiquer Vorocingus au bas des montagnes, que le livre devoit traverser rapidement, où le plat pays commence, plutôt qu'à sept lieues de là, au voisinage de Nîmes, d'où les amis de Sidoine auroient pu être informés du moment de son départ, sans être obligés d'envoyer leurs gens sur le chemin et ad colles compendiis tortuosos atque pastoria diverticula. Enfin Sidoine ajoute qu'il écrit sa lettre in procinctu, c'est-à-dire en continuant son voyage. C'étoit donc sur son chemin on tout auprès qu'il avpit trouvé ses amis , et vraisemblablement à la première couchée après laquelle il quittoit le Gardon. Ainsi, quand pense d'à prévaudrait sur ci, et qu'il seroit constant qu'il faut lire Voroangus, on ne pourrait en rien indiquer ces maisons que sur les bords du Gardon, dans l'espace où il coule près du chemin de Nîmes à Clermont.
Vous voyés, mon Révérend Père, avec quelle franchise je vous demande justice.
Je vous prie, au reste, d'être persuadé de ma reconnoissanec et de l'estime respectueuse avec laquelle je suis, mon trèi- Révérend Père, votre très-humble et très-obéissant serviteur,
De Mandajors.
REVUE MENSUELLE
CORRESPONDANCE
A MONSIEUR LE DIRECTEUR DU CABINET HISTORIQUE
Monsieur,
Chartres, le 12 juin 1856.
Dans votre 5e livraison du Cabinet historique, vous parlez des circulaires de François de Neufchaleau et de Chaptal , qui dépouillèrent les bibliothèques communales. A côté de la circulaire du 14 thermidor an îx de Chaptal, vous pourriez placer celle de François de Neufchaleau du 21 frimaire an tu. U voici; elle est adressée à l'administration départementale d'Eure-et-Loir.
« Citoyens,
■ Tons les cartulaires des ci-devant instituts religieux qui se trouvent disséminés dans les divers dépôts littéraires, bibliothèques et archives de la République, doivent être réunis à Paris. Ces titres, fruit* des siècles barbares t se lient trop essentiellement à leur bistoir*pour en être distraits. Il faut qu'ils attestent à la postérité ce que Vambiiion et Variiflce des corporations privilégiées ont obtenu de la crédule ignorance de nos et qu'ils leur fassent apprécier l'heureuse révolution qui s'est faite l'esprit humain.
» Vous voudrez donc bien faire rechercher tout ce que les dépôts de votre département possèdent en ce genre et l'adresser A Paris aux conservateurs de la Bibliothèque nationale, rue de la Loi. Je m'en repose sur votre zèle pour l'exécution de cette mesure, et je suis persuadé que la confiance qu'il m'inspire ne sera pas déçue.
» Salut et fraternité, François de Niufciatbau. •
Par mite de cet ordre, nous avons perdu trois cartulaires de Fan- Firte.— Tfp. Wltterahelm. — *• année. o
150 LE CABIAST HISTORIQUE.
tien chapitre de Chartres, une liasse d'anciennes charte» (dont nne de Lolliaire, de 9S7, eonfiruiative des immunité» accordée» à l'abbaye de Saint-Père) ; un carlulaire du xm« siècle appelé Agamon \ un carlulaire de l'abbaye de Saint-Jean ; deux carlulaire» de Josapliat et un carlulaire de Sainl-Llicnne de Dreux.
Le 16 nivôse an vu, .M. Joiy, dire leur de la Bibliothèque nationale et M. Legrand, membre de l'Iuslilul, ont donné rcctpisiè de ces carlulaircs qui avoient clé remis à Chardon de la Rochelle; nos carlulaires doivent doue êlre à la Bibliothèque impériale de la rue de Richelieu (1).
Agréez, etc., Doublet de Boisthibaolt.
au MÊME.
Sens, 15 juin 1856.
Je suis heureux , Monsieur, de pouvoir répondre à la fin de la lettre de M. Auguste Bernard, imprimée par vous dan» rolrc dernière livraison, p. 113. Je suis eu mesure de rassurer vos lecteur» sur le sort de la plus grande partie des manuscrits de la bibliothèque publique du chapitre de Sens , «pic M. Bernard pensoit avoir été tous enlevés et transportés à Auxerre, lors d<» la révolution.
L'erreur de M. Bernard vient de ce qu'il a pris ponr un catalogue de manuscrits enlevés au chapitre de Sens, un catalogue complet de» richesses manuscrites de cet établissement que le P. Lalre avolt dressé lorsqu'il éloil encore à Sens. Ce catalogue emporté par lui à Auxerre s'est retrouvé dans ses papiers après sa mort et il (ait aujourd'hui partie de la bibliothèque de celle dernière ville. C'est là un fail incontestable , car nous avons eu le bonheur de mettre la main sur le catalogue spécial des manuscrits emportés de Sens à Auxerre par le savant bibliophile, dans les circonstances suivantes :
(1) Les carlulaire» de Chartres enlevés par Chardon de la Rocfcelte Se retrouvent tous ni effet à la Bibliothèque impériale, ainsi que imb» Ta prou\é M Léop Delisle, a l'exception toutefois de VAganon dont il n'existe à Paris qu'une copie moderne, utilisée par feu M. lînérafd. L'original nou£ pareil n'être pas sorti de la Bibliothèque ou des archives ctiartraines, cl nous ne doutons pas que M. de Boistliibaull ne nous en doua* loi-tuênie un jour quilque bonne nouvelle. îSons saisissons cette occuM pour remercier noire savant coirespondanl de l'excellente notice fflfHa bien vonta non» adresser sur la bibliothèque de Chartres : notice dont i entendons bien fairt profiler 410» lecteurs.
te P. Laire qui avoit été successivement, k Sens, bibliothécaire du cardinal archevêque Lomenie de Brienne, et commissaire charge du soin des livres nationaux du département de l'Yonne et de la conservation des monuments des arU du district de Sens, devint ensuite bibliothécaire de l'école centrale établie à Auxerre. En celte dernière qualité, il eut à prélever sur les bibliothèques des districts du déparlement de l'Yonne, les livres et les manuscrits qu'il jugea convenables pour former l'établissement nouveau à la tête duquel il venoit d'être placé. Le choix Tut facile en ce qui concernoil les manuscrits du chapitre de Sens, puisque le l\ Laire en avoil dressé le catalogue complet, lorsque les collections publiques du ci-devant chapitre éloicnl passées à la bibliothèque du district.
Les manuscrits du chapitre de Sens éloient au nombre de quatrevingt-sept, ainsi que cela résulte du catalogue du P. Laire, conservé à la bibliothèque d'Auxcrre. M. Auguste Bernard n'appelle l'attention que sur les huit premiers, la liste des soixanle-dix-neuf autres lui a échappé. Nous en avons fait la copie, ainsi que du catalogue des manuscrits prélevés à Sens, par le P. Laire, et nous avons comparé ces deux catalogues. Nous avons ensuite recherché parmi les manuscrits de la bibliothèque d'Auxcrre, héritière de l'école centrale, ceux qui provenaient deSïin; nom avons fait une semblable recherche dans le catalogue de la bibliothèque de la faculté de médecine de Montpellier où M. Bernard a expliqué comment divers manuscrits d* Auxerre avoienl été portés par M. Prunelle ; enfin nous irons vérifié ce qui reste à Sens des manuscrits catalogués par Laire comme provenant de la bibliothèque publique du chapitre, et nous avons dressé un état annoté d'après lequel nous pouvons donner les renseignements qui suivent :
1. Missa seu prosa asinaria, clc (1), existe à la bibliothèque de
Sens- sous le n° r*.
I bis. Manuale seu rituale. . est à la Bibl. de Sens, n° 270. 8. Pontificale Jb. n° 2Î0.