REPONSE À MONSIEUR PAUL LACROIX
Avant de clore ce chapitre, nous demanderons an lecteur la permission de revenir sur une des pièces que nous avons données dans notre dernière livraison, sous le titre de : Document pour servir à Vhùtoire des art*, etc., laquelle pièce est terriblement suspecte au hommes coinpélens. H s'agit de la lettre de Charlotte de Savoie. M. Paul Lacroix, dans le numéro de juin de son excellente Amp universelle des Arts, n'hésite pas à déclarer celle lettre apocryphe et de fabrique moderne. Voici le Jugement qu'en porte nptre safuil bibliophile i
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• M. Louis Parti, qui est toujours si attentif à nous faire connoîlre la source des documents qu'il public dans le Cabinet hî$lorique9 ne nous dit pas l'origine de celte pièce qui lui a été sans doute communiquée en copie, sans aucune indication de provenance. Nous le prions de relire avec défiance la Irttre attribuée à la reine Charlote de Savoie, femme de Louis XI, pour se convaincre que relie lcllre est de fabrication moderne; elle ne résisterait pas à une discussion sérieuse, et nous douions Tort que la reine Charlotte eût apporté de Savoie a la cour de France une orthographe si scrupuleusement étymologique. Quant au texte même do la lettre, il porte tous les caractères d'un pastiche imaginé dans l'intention de donner plus de valeur à un fan* autographe. Nous offrons de parier que celte pièce sort de la même fabrique que laul d'autres qui oui inondé les collections des amateurs de Paris et de l'étranger en 1816. Il apparliendroit à un recueil aussi recommandable que le Cabinrt historique de faire mie guerre impitoyable à tous les faux eu écriture historique. »
Nous nous h&tons de retoercier M. Paul Lacroix de ses éloges que nous voudrions mériter, de ses conseils et même de la leçon qu'il nous donne. Cette leçon, nous la mettrons à profit en étant plus attentif aux copies que nous fournissent nos collaborateurs, en tenant plus rigoureusement au texte littéral dos pièces communiquées, en revoyant mieux nos épreuves, et en devenant plus exact dans nos indications de sources : toutes choses que nous savons de la plus grande rigueur, mais que des travaux de plus d'un genre nous rendent souvent fort difficiles. Après cela, nous demanderons à notre bienveillant critique la liberté grande d'invalider à notre tour ion argumentation, qui, si plausible qu'elle paroisse, pèche essentiellement par la base. — Notre lettre est authentique et il perdrait •on pari. — Seulement noire copie n'est pas aussi rigoureusement fidèle qu'il eût fallu. Notis allons en rétablir textuellement les termes qat notre copiste, en deux ou trois endroits, a légèrement modernisés. Qu'on nous prnnette avant cette restitution une simple observation It la décharge de notre copiste : Deux modifications sont généralement admises dans la reproduction des documents du moyen âge : la première consiste à écrire en toutes lettres les mots formés d'abréviations, dont quelques-unes seraient imparfaitement reproduites par l'imprimerie et surtout peu comprises des lecteurs; ta seconde à marquer la ponctuation et les accents qui manquent généralement dans l'original. — Ceci dit, voici la lettre dans toute •«intégrité: