‹ Le Cabinet historiqueChapitre 43 sur 162 · XXVI. LETTRE DE LECHAPELLIER , CONSTITUANT · texte numérisé non relu

XXVI. LETTRE DE LECHAPELLIER , CONSTITUANT

Jsaac-Réné-Guy Lechapellier étoit né à Rennes, en 1754, oi de bonne heure il se fit remarquer comme avocat et parlementaire. Élu en 1789 député de son ordre aux États Généraux, il s'y déclara l'ennemi de la magistrature, de la noblesse el de la prérogative royale. C'est à lui qu'est due la rédaction du décret portant abolition de la noblesse et de tous les titres. S'étant rapproché vers la fin de la session du parti des Feuillans, il fui signalé par les Jacobins comme cherchant avec Barnavc, Lamelh et autres à rendre au Roi, par la révision de la Constitution, une partie du pouvoir qu'eux-mêmes lui avoient ôté. Devenu suspect au parti dominant, Lechapellier après la session se relira en Angleterre : le séquestre mis sur ses biens le fit promplcmcnt revenir en France, où ses ennemis ne tardèrent point à lancer contre lui un décret d'accusation. C'est durant son dernier séjour à Rennes, et quelques jours avant son arrestation, qu'il écrivit la lettre qu'on va lire, assez triste témoignage de l'abaissement des esprits à cette époque (1), el à l'aide de laquelle il espéroil sans doute éviter le décret d'accusation, ou tout du moins disposer favorablement ses juges. Mais suivant une expression célèbre du temps, les dieux avoient soif de sang. Traduit au tribunal révolutionnaire, il y fut condamné le 22 avril 1794, comme ayant conspiré depuis 1789 en faveur de la Royauté, et la fatale charrette qui le conduisit à l'écliafaud y menoit aussi Thourel, ex-constituant el parlementaire comme lui, et puis l'illustre défenseur de Louis XVI, le vertueux et regrettable Malesherbes.

Page 1