Histoire et divers opuscules du xvn* siècle, in-fol
60. Histoire de France, dédiée à Henri II, manuscrit, précieux, ori-
ginal avec les pièces justificatives.
XXVII. — MISSION ET LETTRES DE CHARDON DE LA ROGHETTE. (Suite.)
On ne peut se méprendre sur les motifs qui nous ont fait parler de la mission donnée par le ministre Chaplal à Chardon de la Rochelle. Nous tenons cependant a le déclarer, ce n'est point un blâme que nous avons voulu jeter sur le ministre. Chaptal a rendu trop de services à la science, à l'Etat, à l'industrie, à l'hygiène publique surtout, pour qu'on n'excuse pas chez lui l'absence de quelques-unes des qualités du bibliophile. D'ailleurs, suivai.t les époques, il y a en France un courant d'idées si profondément accepté par lésinasses,
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3u'H faut, pouf s'y soustraire, un sens privilégié ou des intérêts iamélralement contraires. On ne peut disconvenir qu'à l'époque du directoire, et longtemps encore après, les livres, cl notamment les livres ascétiques et de théologie, ne fussent tombés dans un grand discrédit. Chaplal, tout entier aux intérêts de la science pratique, se préoccupoit fort peu delà paléographie en général. Pour Chardon de la Rochelle, c'est autre chose. Domicilié à Paris, il n'étoit pas fâché de profiler de l'indifférence générale sur ces matières pour enrichir la Bibliothèque Nalionale de textes précieux, (fue la tourmente révolutionnaire avoit épargnés el qui se trou voient pour la plupart fort dévoyés dans des dépôts plus ou moins sûrs C'étoil aux bihliolhéciires, aux autorités locales à défendre leurs droits. L'important pour la science, c'est que rien n'ait été perdu, ce que nous souhaitons fort. Or, nulle part ces documents ne pou voient être à meilleur abri qu'à la Bibliothèque Nationale. Malheureusement pour elle, la bibliothèque de Montpellier, par l'organe de M. Prunelle, s'éloit posée à l'état de seconde puissance, et les Pilhou, les Borliier, les Guichenon, prirent de préférence le chemin de l'école dont M. Prunelle étoit professeur. Aujourd'hui, que nos bibliothèques départementales sont parfaitement organisées et sous la garde d habiles et intelligents conservateurs, les mêmes faits ne pourroient équilahlement se reproduire. Des regrets légitimes peuvent rester aux dépôts dépouillés: la faute en est au temps. Qu'on nous permette ici une parenthèse à la manière de l'orlévrc, M. Josse : c'est que YOf fice- Correspondance du Cabinet Historique est en partie créé pour faciliter aux bibliothèques de province les moyens de rentrer, par des copies exactes, en possession de ceux des documents dont la perte pour elles se feroil irop vivement sentir. — Ceci dit, voici quelques nouvelles lettres de Chardon de la Roi bette, sur les suites de sa mission. Nous en devons la communication à l'obligeance de M. Barbier, conservateur administrateur de la bibliothèque du Louvre, digne fils de l'auteur du Dictionnaire des anonymes , à qui ces lettres sont adressées.