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CHARDON DE LA nOCHETTE A 31. BARBIER, BIBLIOTHECAIRE

iNlmes, 2 germinal an xu.

Ancien et très- cher collègue,

Je tous prie de remettre à l'ami Parison l'article ci -joint pour le Magasin ressuscité, après toutefois que vous en aurez pris lecture. Quelqu'un de messieurs les rédacteurs du Journal de. Paru trouve un peu étrange, dans la feuille du 16 pluviôse, si je ne me trompe, qu'un grave professeur d'archéologie mette sur son enseigne le mot ignoble de Magasin : mais probable-

blement l'honnête journaliste a voulu railler hilarieusemenU Je terminerai ici ma besogne dans la semaine prochaine et j'enverrai mon rapport au ministre : dans le dernier que je lui ai envoyé je lui demande une autorisation pour prendre huit manuscrits que je réserve pour la Bibliothèque Nationale. Ce sont les fameuses tables des inscriptions grecques et latines qui ont coûté une trcnlaine d'années de travail au laborieux Scguier» Vous vous rappellerez peut-être qu'étant ati Conservatoire je fis un rapport pour les demander : mais on (it ici la sourde oreille. Failes-moi le plaisir de voir M. Jacqucmonl, à qui je vous prie de dire mille choses honnêtes de ma part. Comme mon rapport lui aura sans doute été renvoyé, dites-lui combien il importe qu'un travail si précieux ne reste pas enfoui ici, où depuis un mois je n'ai encore vu personne à la bibliothèque les jours d'ouverture. Priez ensuite le bon et l'honnête M. Coqueleau de vous remettre la lettre pour le préfet que je demande au ministre, afin que ces huit manuscrits partent sous mes yeux. J'avois donné l'adresse de Nismcs : mais probablement que je n'y serai plus lorsqu'elle y arrivera. Au reste, sHa lettre est partie, elle me sera renvoyée à Avignon. Dans mon rapport sur Nismes, je demanderai encore une autorisation pour faire enlever de la bibliothèque de Carpentras les manuscrits de Peiresc (I M vol. gr. in -fol.), et ceux de Cotelier (42 de tout format). Prévenez encore, je vous prie, M. Jacquemont, afin qu'il appuie ma demande. II est ridicule de voir la plus belle et la plus riche bibliothèque du Midi enfouie dans un méchant trou, où elle est parfaitement inutile (1).

(1) Nous demandons bien pardon à la ville de Carpentras, qui ae devoil pas s'attendre à être traitée de méchant trou par l'homme qni se disposait à la dépouiller.

Se moque-t-ou, hélas! dcnuix qu'on assassinai

La ville de Carpentras possède une bibliothèque de près de 35,000 volumes, et M. Lambert, aujourd'hui son docte conservateur, trott-

J'ai appris avec plaisir de l'ami l'arison que vous faisiez imprimer voire Collé ; c'est, comme jo vous l'ai toujours dit, une bonne spéculation de commerce et un présent très-agréable fait aux amateurs d'anecdotes, dont le nombre est assez grand. Il faudra seulement mettre à la un de l'ouvrage une table raisonnée et comparative très-bien faite, dans laquelle on voie d'un coup d'œil les différents articles et jugements sur le même personnage ou la môme pièce.

Je trouve toujours quelque chose à ajouter à mon Lamonnoye, dont l'édition aura, j'espère, votre approbation et celle du judicieux M. Jacquemonl, à qui je ne manquerai pas d'en offrir un exemplaire. J'y joindrai les NofiU tiourguigmms, qui sont charmants et qui sont accompagnés d'un glossaire excellent

veroit fort mauvais le mépris de M. le commissaire. 11 est vrai qu'il auroit ici beau jeu contre Chardon de la Rochelle qui, celte fois, n'eut pas le crédit dont il se larguoit. La bibliothèque de Carpentras, au grand regret des habitués* de la Bibliothèque Nationale, est encore eu possession de ses précieux Peiresc. Nous avions cru, au

{remier abord, que ne se trouvant poiul à Paris, ces 1 14 vcl. avoient ris le chemin de Montpellier. Mais, quelques lignes que nous trouvons dans la Police sur ia bibliothèque d'Aix, dite ne Aifjanet, de M. £. Rouard, nous édiuenl complilemcnt à cet égard. Nos lecteurs verront avec plaisir cet ex! rail d'un livre que nous ne saurions trop louer, et qui contient une foule d'autres aperçus aussi intéressants pour l'histoire littéraire de notre France méridionale.

... « On peut dire, écrit M. Rouard, que le génie de l'érudition si dignement représenté par Peircsc, eut l'influence la plus heureuse et Il plus étendue sur la première moitié du xvuv siècle. Ce n'est point seulement en Provence que ce grand homme provoqua, favorisa les travaux littéraires. Tout le monde savant se ressentit de ses bienfaits, et peu de souverains ont autant fait que lui pour le progrès des sciences. «Son mérite, dit Thomas, fut d'avoir la passion des lettres el des antiquités, comme d'autres ont la passion de la fortune et des grandeurs. La physique, l'histoire naturelle, les langues, les médailles, les monuments, l'histoire, les arts, il avoil tout cmhrassé el avoil des connoissances sur tout. Il éloit en commerce avec les lavants de toutes les parties du monde. Sa bibliothèque, dans un

temps où il y en avoït peu, el où les livres n'étoient pas encore un - lue, (al ouverte à tous ceux qui vouloient s'instruire, el il commu-

ntyooll non-seulement ses livres et ses lumières, mais sa fortune. 6e» revenus éloient employés à encourager des talents pauvres, à

dont je possèile le manuscrit autographe, celui de V édition de 1720 étant très-incorrect. Je vous salue tous de tout mon cœur. Chardon de la Rochbttr, (chez madame Pierron, à Avignon).

P. S. Marquez-moi si dans l'édition des œuvres d'Hamillon que vient de donner chez le respectable M. Colnet, M. Auger, on a mis la traduction en vers inédite du poème de Pope, sur la critique dont je possède depuis longtemps une copie. Si, comme je le pense, celte pièce qu'on croyoit perdue (voy. le Journal de Trévoux, février 1737, p. 240), ne s'y trouve pas, je la ferai imprimer avec le texte anglois dans mes Mélanges Philologiques, dont je commencerai l'impression après celle de Lamonnoye.

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