‹ Le Cabinet historiqueChapitre 59 sur 162 · APPAR01T DANS L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

APPAR01T DANS L'HISTOIRE

Nous continuons la série des documents sur les suites de la bataille de Pavie. Le Roi, après un an et vingt-trois jours de captivité, a signé le traité de Madrid : on enconnoît les onéreuses dispositions. Charles, en garantie des stipulations et de la liberté qu'il rendoit à son prisonnier, demandoii comme otages la (leur des capitaines François on les deux fils de François I". Louise de Savoie , régente, placée entre son amour maternel et les intérêts de la France, n hésita point et livra ses petits-enfants. Quel traitement fut réservé à ces nobles et intéressantes victimes de le politique? Nous le dirons bientôt. Nous nous bornerons aujourd'hui à rappeler qu'aussitôt l'échange Ait aux frontières et l'arrivée de François 1er à Bayonne, où l'allenlendoienl la Reine-mère et toute la cour, Lanoy, vice-roi de Naples, se présenta pour requérir la ratification du traité. Charles-Quint n'avoit montré ni modération, ni pudeur, ni générosité envers le prisonnier de Pavie. François, redevenu libre, invoqua la violence dont on avoit usé pour lui arracher un traité que la France seule pouvoit ratifier. On sait quelle fut notamment la réponse des États de Bourgogne. Le traité, de la part de la France, ne dévoit pas recevoir ion exécution. 11 fallut songer aux éventualités d'une guerre nouvelle. De Bayonne, François 1" s'éloil rendu à Cognac, lieu de sa naissance. C'est là qu'il reçut les ambassadeurs du Pape , ceux de Venise et ceux du duc de Milan, avec lesquels, en vue d une rupture prochaine, il conclut une nouvelle ligue dont le roi d'Angleterre fut déclaré le protecteur. Elle fut appelée la Sainte Ligue, parce que le Pape en éloil le chef. — Mais ces dispositions menaçoienl la France d'une nouvelle série de malheurs. La Reine-mère, le chancelier du Prat mirent en jeu la diplomatie. On offrit à l'empereur, avec des sommes énormes, des concessions nombreuses comme équivalent de la Bourgogne et de la liberté à rendre aux deux enfants de Frauce. — Charles-Quint, irrité de se voir la dupe de François, se montrait intraitable! et la guerre alloit recommencer en Halte C'est durant ces alternatives el ces efforts de la diplomatie qu'Antoine du Prat écrivit an Roi la lettré que nous publions ici, et qui nous semble un des plus honorables actes de la vie du chancelier. Des écrivains passionnés ont " du Prat de servilisme pour les caprices de la Reine-mère et les rie* du Roi, et d'avoir été l'un des instruments de celte ruiguerre. Anl. du Prat, au temps des premiers succès de François I", en Italie, en 1517, avoit été créé comte de la Valteline, en ~* 1 de ses utiles services. La perte du Milanez le dépouilloit

des vastes domaines attachés à son comté. Il semble donc qa'nae guerre qui, entre autres conséquences, pouvoit le rétablir dans m droits, devoit lui paroitre fort opportune. La pièce qHi soit, jette n jour favorable sur le caractère et la politique du Cardinal, eliarrin à réformer quelques appréciations erronées.

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