DU MÊME AU MÊM
Monseipeur, j'ay receu vos lettres et veu les discours qu'il vous a pieu me faire communiquer. Mais par la nouvelle que avons eue par la voye de Venise, les choses d'Itallie ont pris
(1) Allusion au projet de mariage de Catherine. —« La position critique 4u Pape, assiégé dans Rome par le connétable, ne devoit pas en effet totttttr pour le momept grand espoir de succès dans cette affaire. » (Tiulbt, |*VfKl. chronolog.)
telle fpnne que sans y veoir plus ayant et savoir à la vérité restât en quoy est le pape, il ne se peult prendre résolucion certaine ep aucune chose. Et pour le premier fauit que vous entendiez que l'ambassadeur de la seigneurie de Venise a monstre et Jeu an Roy lettre» de sadite seigneurie par lesquelles elle lui fait scavoir que Bourbon, avecques les Espagnols et Lansquenet* qu'il a» ftst entré le vi de ce moys dedens Rome par le cousté de Belvedera, sacaquagé le bourg Saint-Pierre et delà entré dedans la ville, et avecques grande tuerie fait de mesmes et tant d'aultres cruaultez et inhumanités qu'il n'est possible de plus : — et que ledit Bourbon a esté tué d'un coup de harquebuze ; et le pape reduict et enfermé de Jens le chasleau SaincUAnge, avecques les cardinauU ses ambassadeurs, le sieur Rep?e et quelques autres qui estoient lors audit Rome.
Monseigneur» ladite nouvelle venue, le Roy a incontinent commencé de donner ordre et pourveoir au secours, deffense et conservation dudit pape et de l'église, et pour commencer, a envoie lever xm Souysses pour incontinent marcher droit en ItaJUe. Plus a envoie lever xw autres hommes de pié, tant François que Italliens, et les fait assembler à Ast, et d'iceux a baillé la charge totalle au comte Petro de Navarre, et le fait venir audit Ast. Plus fait passer delà les mons nr nu** hommes d'armes, entre lesquels est votre compaignie du nombre, et m* chevaulx legiers qui sont audit lieu d'Ast. Ladite seigneurie de Venize y aura \m hommes de pié. La gendarmerie des chevaulx legiers qu'elle a acouslumé y avoir, et le duc de Millan un ou vn hommes de pié. Et du cousté où sera Monsieur le marquis de Salusse se trouveront avecques les xvm hommes de pié et la gendarmerie qu'il a tousjours eus; et avecques le dqc d'Urbin xm hommes de pié, ue L. hommes d'armes, et ung bon nombre de chevaulx legiers : et pour la seigneurie de Florence, suivant la cappitulation et traicté faict avecques ledit marquis et duc d'Urbin, uc L. hommes d'armes, vc chevaulx legiers et v* L. hommes
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de pie, qui sont foires tant grandes qu'elles sont soufBsantes pour faire plusieurs hons et grands effets. Et pour chef s'est devisé de Monsieur de Lautrec : touteffoys il n'y a rien encore* arresté ny faict aucune déclaration de celluy qui le sera ; mais il se tient pour certain que s'il veull accepter la charge qu'il l'aura. — Monseigneur, depuis cesle première nouvelle Tenue il n'en est point venue d'aultre, et ne se sel ce qui en esta la vérité, tant de la mort dudit Bourbon, que de ce que est devenu le pape, et que ont fait les enneroys. Dequoy le Roy est en grande paîne, car vous entendrez assez de quelle importance est la chose; de heure en heure, on est actendant qui en viendra, de quoy vous serez incontinent adverty.
Monseigneur, quant au fait d'Angleterre, les ambassadeurs qui doyvent venir pour veoir ratiflier les traictés qui ont esté faicts sont partys, et sont Boulent et Bron, lesquels le Roy a délibéré honorablement et grandement recueillir et traicter, et après les renvoyer bien contans et bien satisffaicts. Et ad regarl de la veue du Boy et du Roy d'Angleterre, on en parle tousiours et jusques ïcy se cret qu'elle se fera sans pompe ny despense grande. Mais le cardinal viendra premier et jusque! à Abbeville, et là se concluera de la forme de ladite veue. Mon* sieur de Tarbc est retourné devers ledit Roy d'Angleterre et. cardinal, en poste, et retourné qu'il soyl, le Roy pourra prendre conclusion de son parlement d'icy pour aller en Picardie.
Monseigneur, jusqu'à ce qu'on sache bien certainement nouvelles dudit pape et dudit Bourbon, je ne voy pas qu'on puttse faire fondement certain sur aucune chose et néautmoings M continue haster lesdites provisions.
& Monseigneur, pour ce qu'on fait venir ledit conte Pelro Navarre en Ast, le Roy a envoyé Lamothe augroittg pour demeurer dedans la ville et Monsieur de Bforcte pour avoir la charge des gallercs le , en l'absence dudit coule.
Monseigneur, estant les choses et autres où voua les vokx, 3*~
me semble qu'il n est nul besolng de parler au Roy ny à Madame du discours par vous envoyé à voslrc secrétaire, car il ne peult rien faire pour le Pape que ce qui est faict, vous ad visant qu'on fait grand double que sy Home a esté saquagée et ruynée, comme Ton dit, que les lansquenetz qui sont tous lutériens, ne facent quelque oultrage au Pape et aux cardinaulx pour couronner le tout. Et sy y a grand dangier que monsieur de Bourbon ne se soyt saisy de Madame vostre niepec, ce qu'on sçaura, comme je croy par la première ou seconde nouvelle qui viendra de Rome ou de Venise, ou de Monsieur le marquis de Salusses.
Monseigneur, en attendant que nous ayons quelques nouvelles, vous adviserez ce qu'il vous plaira qu'on face, et sy vous vouliez point venir icy, car à vous parler franchement, peu de choses se font pour ceulx qui sont absens ; parquoy vous y penserez et me commanderez vos bons plaisirs pour les acomplir : me recommandant à vostre bonne grâce tant et si très-humblement que faire, puis, priant Dieu, nostre seigneur, qu'il vous doint très-bonne et longue vie. Du boys de Vincennes, le xrai* jour de may, de
Vostre très-humble et très-obéissant serviteur,
(Arch. Imp., c. 3, 965). Robertet.