‹ Le Cabinet historiqueChapitre 61 sur 162 · ROBERTET AU DUC d'aLBAXYE · texte numérisé non relu

ROBERTET AU DUC d'aLBAXYE

Le duc d'Albanie, Jean Sluart, dont le père Alexandre, prince d'Ecosse, étoU frère de Jacques 111, né et élevé en France, avoit été élu régent d'Ecosse pendant la minorité de Jacques V. Mais son administration, contrariée par la Reine douairière Marguerite , sœur de Henri VIII, n'avoit point été heureuse Contraint de retourner en France, il avoit accompagné François Ier en Italie et en avoit reçu ■n commandement important pour la conquête du royaume de Naples. L'issue de Pavie le fit rentrer en France. Mais on peut à celte époque rattacher le projet, dont il eut le premier l'initiative , d'un mariage entre l'un des fils de France et la jeune nièce de Clément VU, si célèbre depuis sous le nom de Catherine de Médicis. Jean Stuart ayant épousé Anne de la Tour dite de Boulogne, comtesse d'Auvergne et de Laoraguais, sœur de Madeleine de la Tour, femme de taurent de Médicis, étoil pareillement oncle et tuteur de Catherine.— Dès Tannée 1514, le duc d' Albanie avoit perdu sa femme. — De son côté, Marguerite d'Angleterre, remariée, après la mort de Jacques IV, au comte cAngos, de la maison de Douglas, et lasse d'un époux livré à de folles passions, travailloit à faire prononcer son divorce, et, au grand chagrin de Henri VIII , encourageoil sous main les vœux du duc d'Albanie. — L'union d'une Médicis à un fils de France resserroit

^ir Stuart les liens et l'amitié de François I", qui pou voient ne pas être inutiles dans la réalisation de ses espérances en Kcosse., — Ce sent ces intrignes croisées, auxquelles est mêlé le secrétaire d'État florimond Roberlet (qui recevoil volontiers des deux mains), qu'il fini tavoir démêler dans la correspondance de cette époque, dont les lettres qui suivent sont un court spécimen.

Bigneur, j'ay véeu tout ce qu'il vous a pieu nf escripre it$te votre secrétaire m'a monstre de par vous, et pour eslre

les choses de toutes parts es termes où vous les verrez par ce quy est cy dedans encloz, il m'a semblé ne devoir dire aucune chose au Roy ny à Madame, s'il ne vient à propos et que le ferayau temps et heure convenable (1), VoUs advient que on commence à faire toutes les provisions pour le fait de la guerre. En quoy le Roy se trouve très-a,fîecJ.ionné, espérant par ice)le avoir Messieurs ses enflans, veu que l'empereur ne veult entendre à nulle raison, et demeurant à l'obsUnaciqn et dujté ou vous l'avez jusques icy veu , sans avoir respect à nécessité que ait la chrestienté de la paix, dont il a despieu et desplaist audit seigneur tant qu'il est possible. — Monseigneur, sy autre chose survient vous en serez tousiours ad vert y ; vous niçrçjant trèshumblement du beau cristal qu'il vous a pieu m'envoier, duquel je m'aideray à la conservation et soulagement de mes yeulx.

Monseigneur, vous trouverez bien estrange ce qui est yenu d'Escosse qui fait mention do vous, où icy ne se adjouste aucune foy.

Monseigneur^ après tout votre plaisir sera me commander vos bons plaisirs pour tousiours y pbeyr, me recommandant à votre bonne grâce tant et sy humblement que faire puis. Pu boys de Vincennes le V de may, de yotjre fràs-humble et obéis* sant serviteur ,

Arch. Imp.f oart. /., 965. Robpwet.

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