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Le cabinet noir

Ce jeune homme avait beaucoup de la tournuro d'imagination de son père; mais ce fut une raison de plus pour madame veuve Hoffmann de chercher a le dirig.T vers une carrière positive. Elle avait gardé un trop poignant souvenir des agitations dont les arts et a litléralure avaient rempli la vie de son mari, pour désirer a son enfant bien-aimé une destinée pareille.

LE CaBI^EI .NOkR. 1. * 1

En 1833, le jeune Frantz llotimann étudiaiL la médecii e à Paris.

Un soir, attablé avec quelques camarades dans un petit estaminet de la rue de la Harpe, il prenait assez mélancoliquement sa part d'un bol de punch, et pensait à son glorieux père, qui souvent, sous l'inspiration de l'ardent liquide à la flamme bleuâtre, s'était senti entraîné a de si grandes hauteurs, dans le monde infini de l'imagination.

La causerie autour du rêveur était joyeuse; les Hippocratesen herbe se racontaient des farces d'amphithéâtre, comme les peintres, quand ils sont réunis, se racontent des charg-js d'atelier.

Tout II coup, se jetant au milieu d'une histoire commencée :

— Ohî Messieurs, voyexdonc! s'écria Frantz Hoffmann, en signalant un personnage qui venait d'entrer.

Ce personnage, en effet, était fort extraordinaire: de haute taille, le front chauve, l'air profondément soucieux et mélancolique, sa pâleur était si blafarde, sa maigreur si désespérée et si diaphane, qu'on aurait cru voir un sujet spécialement préparé pour l'étude de Tosléologie.

— C'est un homme attaqué de la maladie que les vétérinaires appellent le gras fondu, dit négligemment un interne de l'Ilôtel-Dieu; les médecins, les jeunes surtout, sont dans l'usage de ne s'étonner de rien et do tout expliquer sans difficulté.

Le nouveau venu, cependant, avait pris place à une table voisine de celle des étudiants, et l'a il ne larda pas à donner le speclado d'une nouvc'lle et curieuse excentricité.

Comme s'il eût attendu un autre convive, il avait fait placer devant lui deux tasses de café. Tandis qu'avec une apparence de vive sensualité, il savourait le contenu de lune d'elles, par un geste de la main, il semblait écarter et tenir a distance un invisible concurrent qui aurait essayé de boire à sa soucoupe; puis, mis apparemment hors de lui par la persévérance de cette obsession : Mais, monsieur, se prit-il à dire en élevant la voix, laissez-moi mon café; vous avez là le vôtre!

Et du doigt, il indiquait l'autre tasse encore pleine, et à laquelle il ne louchait pas.

— Vous voyez bien, mon cher, que c'est un maniaque. et il en a d'ailleurs le regard et l'allure, dirent les autres étudiants, auxquels Frantz Hoffmann avait fait remarquer ce manège. Le jeune Allemand ne voulut pas les contredire; mais, "a part lui, il était loin d'admettre qu'un s mpledéranL:ement du cerveau pût tout expliquer dans cet homme. Ritn qu'à le regarder, il sèmb'aitau naïf étudiant qu'il éprouvait un froid, et il aurait juré que, depuis son entrée dans !a salle, la lumière des becs de gaz avait très-notablement pâli.

Cependant, les joyeuses histoires se suivaient à la file, et voici ce que vint à conter un nommé Blanquillet, plus connu parmi ses camarades sous It^ nom de Coupe -Toujoin^s, at'endu sa passion fanatique pour les opérations chirurgicales et les dissections.

« — Quant à moi, dit donc ce joyeux garçon, il faut que je vous conte une stupidité bien bizarre, par Ijquelle je fus tourmenté pendant plus de six mois. Vous connaissez tous le grand écorché du cabinet danatomie, à l'Écolr (\r' Médecine. Vous savez, cet Osago

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morl h la clinique, en 1827, et auquel le superbo développement de son appareil musculaire a valu les honneurs de la préparation? Un jour, pendant ma première année, passant auprès de ce grand desséché, j'avais dit à Bourdin : Quel dommage, nom dune pipe! de n avoir pas eu ce gaillard-îà a disséquer! Parlant ainsi, je ne sais ce qui se passe dans ma cervelle; mais voilà-l-il pas qu'il me vient comme une idée que ce satané sauvage me regarde, quil a un air de n'être pas content et de me menacer? Lé lendemain, je retourne exprès lui rendre visite, parce qu'aussi c'était par trop bête delaisserprendre pied a une pareille imagination; mais c'est que pas du tout, il me semble do plus en plus que ce monsieur me regarde de travers, enfin, bref, je n'osais plus passer auprès de ce grand pendard, et, pour l'éviter, ma parole d'honneur, je Taisais absolument les mômes manœuvres que quand on a à passer devant la boutique d'un bottier que l'on a quitté et auquel on doit de l'argent. »

Pendant ce récit, le maigre et pâle personnage n'avait pas cessé de prêter une grande attention. Se penchant à la fin vers iilanquillet et lui adressant la parole :

— Vous n'aviez certes pas tort, monsieur, lui ditil, davoir peur de cet Osage; c'est un homme bien mérl;ant, allez! et si je vous contais laventuro que moi-même j'ai eueavec lui!...

Lofiicieux interlocuteur ne put en dire davantage. Le bol de punch était a sec, et au même moment lo garçon de billard vint prévenir les étudiants (ju'on allait commencer une i)Oule. Aussitôt tout l'auditoire prit sa volée, et il ne resta que Frantz Hoflmann jjuur écouler l'histoire annoncée.

— 3ïonsieur! continua l'homme pâle et maigre sans paraître s'apercevoir du vide qui venait de se faire autour de lui, tel que vous me voyez, avant l'invasion du clioléra, je jouissais de la plus robuste et de la plus florissante santé.

— Je comprends, reprit Frantz Hoffmann, à la suite d'une atteinte de cette terrible maladie...

— Du tout, monsieur, interrompit le conteur, l'épidémie, je puis le dire, passa pour moi comme inaperçue, et tenez, précisément le jour où le bulletin des décès atteignait son maximum de mortalité, avec quelques amis, philosophes comme moi, je me rappelle avoir fait le déjeuner le plus gai et le plus friand où peut-être je me sois trouvé de ma vie.

Frantz Hoffmann regardait avec admiration cet épicurien de nouvelle espèce, et, en lui-même., il faisait la remarque que, depuis ce joyeux repas, le pauvre homme en avait furieusement iippelé.

— Il faut vous dire, poursuivit le narrateur, que naturellement j'ai le vin penseur et mélancolique; si bien, qu'après ce déjeuner, où, je dois en convenir, j'avais très-raisonnablement bu, me trouvant jeté par le hasard dans le voisinage du boulevard des Invalides, je me mis a marcher le long de ses avenues silencieuses et solitaires, éprouvant un charme particulier à y promener ma rêverie.

La, je fis une rencontre qui, par le temps de cruelle mortahlé où 1 on vivait alors, n'avait rien de bien extraordinaire et de bien imprévu.

Une victime du fléau s'en allait tristemenf, comme dit le bon La Fontaine, s'emparer de son dernier gfle, et jamais, en eftVt, il ne s'était vu de plus tristes funérailles; pas un parent, pas un ami ne marchait

derrière cecercueil oublié et solitaire, et le chien mémo du convoi du "pauvre ne raccompagnait pas.

Je me sentis tout ému par ce spectacle, et, comme si ce mort obscur et inconnu m'eût été de quelque chose, me voilà suivant son pauvre corbillard atin d'en déguiser un peu le hideux abandon.

Parvenu au champ du repos, je voulus, jusqu'au bout, accomplir mon douloureux devoir etvins rendre à la terre la dépouille mortelle que j'a\ais escortée.

Mon ami in extremis une fois en possession de son dernier asile, je me relirais avec ce sentiment de satisfaction intérieure que ne manque jamaisde procurer une bonne action, quand venant à m'interpeller d'une voix dolente :

— Ah! bourgeois! n'oubliez pas votre fossoyeur, dit l'un d( s lugubres travailleurs, si c'est un effet de votre bonté.

Trouvant ignobh^ cette mendicité entée sur la mort:

— Eh! je ne connais pas cet homme, repartis-je, demandez 'a la famille; je ne suis pas de la parenté.

Mais j'avais affaire à un tenace et jovial quémandeur, qui me répondit :

— Vous voyez bien, bourgeois, qu'il en est le dernier, de sa famille, puisqu il était réduit k s'accompagner tout seul, si vous no vous étiez trouvé là pour hii donner un pas de conduite, à ce pauvre délaissé.

Au lait, j)ensai-je, ces gens font une rude besogne; revenant alors sur mes pas je m'arrête au bord de la fosFe, et cherche sur moi ma bourse afin d'y prendre une pièce de monnaie;.

lin amenant la bourse, je tire, accroché dans les mailles du filet, un petit (arnet d'écaillé à incrustations d'or; dans la secousse ({uo je dcnne pour lo détacher.

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le carnet m'échappe, s'ouvre dans sa chute et éparpille, sur le sol, ks billets de visite dont il était garni.

• Officieux et empressé comme un homme qui s'attend à une aubaine, le fossoyeur se baisse pour ramasser le portefeuille, dans lequel ses mains calleuses réintègrent les cartes; mais; désastreusement plaisant de sa nature, il ala bizarre idée d'en conserver une; puis, écartant la couche de sable sous laquelle commençait à disparaître le coffre funèbre, par une fissure du sapin mal joint, il glisse ce billet de visite; po'itessc

inattendue et assurément fort extraordinaire, faite en quelque sorte k l'Éternité.

Voyant où allait ma carte :

*— Que faites- vous donc Ta? m'écriai-je vivement.

— Eh bien! bourgeois, j'y fais connaître a cet homme, le nom de son bienfaiteur, sa rue et son numéro.

— Votre plaisanterie est aussi stupide qu'indécente; voyons, reprenez cette carte et rendez-lamoi.

Le fossoyeur fit de son mieux pour obéir, mais la carte, trop engagée, ne présentait plus de prise, et d'autre besogne d'ailleurs lui arrivant, le misérable reprend sa pioche et sa bêche et me laisse avec mon souci.

Au moment où je quittais le champ du repos, le jour était sur son déclin, et avec le coucher du soleil, commençait à s'élever cet âpre vent de bise qui ne cessa de tourmenter l'atmosphère parisienne pendant toute la durée du choléra. Déjà en mauvaise disposition d'esprit et de corps, je me sentis pénétré d'un froid aigu, et, croisant mon par-dessus sur ma poitrine, je me hâtai de regagner mon logis.

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Après avoir fait allumer un grand feu,je commandai à mon valet de chambre de mepréparer une vigoureuse infusion de thé; j'y mêlai quelques gouttes de rhum et j'en bus coup sur coup plusieurs tasses, afin de rétablir l'équilibre de la circulation.

Au bout d'un quart d'heure, une douce moiteur qui me pénétrait m'annonça le succès de ce régime. Ordonnant alors àmon domestique de tenir ma porte fermée à tout venant, je m'installe au coin du feu dans un fauteuil-dormeuse et défends même que Ion allume, afin que rien ne puisse troubler l'espèce de béatitude un peu fiévreuse dans laquelle je me sentais plongé.

La pièce où je me tenais alors, était décorée dans un goût sérieux et sévère. Ses meubles de chêne noirci, sa tenture de Cordouan, des vases du Japon, quelques Bernard Palissi et des tapisseries et étoffes il dessins vénitiens, lui prêtaient quelque ressemblance cTvecces intérieurs du XVl" siècle, si fort affectionnés par les peintres flamands.

En Fabsence de toute autre lumière, éclairés par les reflets rougeàtres du foyer, tous les objets qui m'entouraient prenaient peu à peu un aspect fantastique, et tandis que, chez moi, la vie matérielle tombait lentement en proie à l'action d'une somnolence progressive, mon cerveau se remplissait de visions él ranges; il me semblait voir les sculptures de mes meubles, les figures peintes sur mes porcelaines m'adresser do hideuses grimaces, et les personnages des taj)isserie3 fai-aicnt mine de descendre de leurs canevas, afin do Acnir à moi.

Tout h coup, é\ cillé par un autre sens, j'ai cru entendre frap[)eràma purle,suit un intervallcMlc silence,

puis un second coup plus distinct, qui ne me laisse plus de doute.

Personne pourtant ne pouvait venir; mon domestique serait entré sans s'annoncer, et, pour tous les visiteurs, ma porte était expressément fermée.

Le même bruit se renouvelant pour la troisième fois :

— Entrez, m'écriai-je d'une voix forte et d'un accent où une vive impatience était marquée.

— Alors, la porte s'ouvre, et entre en effet un personnage dont l'aspect et la tournure ne sont pas faits pour causer un médiocre étonnement.

Il est de haute taille, vêtu de noir, d'une figure triste et d'un air défait et hâve, comme serait celui d'un homme qui relèverait d'une grande maladie.

— Qui êtes- vous? Comme êtes-vous entré ici? lui demandai-je avec une brusquerie sous laquelle je n'étais pas fâché de déguiser une certaine émotion.

— Je suis, monsieur, me répond cet homme, la personne que vous avez bien voulu accompagner jusqu'à sa demeure dernière. J'ai eu l'honneur de recevoir votre carte, c'est votre visite que je vous rends.

— Ah Çd! dit Frantz Hoffmann en interrompant, c'était un rêve, sans doute, que vous faisiez là'''

— Un rêve! repartit le conteur. Plût au ciel! mais je n'étais malheureusement que trop bien éveillé. Je ne dois 1 as même vous le cacher, en entendant mon hôte

s'annoncer pour ce qu'il était, jesentis comme un petit frisson qui me courut par les cheveux. Néanmoins, je tâchai de faire bonne contenance, et, me levant pour lui pousser un siège :

— Veuillez prendre la peine de vous asseoir, disje avec résolution à ce trépassé.

Cl lui ci me salua d'une profonde inchnation de tête, et prit place sur le fauteuil que je lui offrais.

Un moment, nous nous regardâmes en silence, ce (jui me mit sur la voie d'une autre remarque. Des yeux, des narines, et de la bouche de cet étrange visiteur, s échappait une pâle phosphorescence dont la clarté inerte et sans chaleur ne ressemblait pas mal au rayonnement que produit dans les ténèbres la lumière d'un ver luisant.

Ceci me parut de plus en plus sérieux : pour aller d'un seul coup au fond de mon doute, je m'approchai vivement de l'équivoque personnage et lui frappant amicalement sur l'épaule :

— C'est bien a vous, mon brave, affectai-je de lui dire, d être ainsi empressé à me visiter!

Mais ma main, monsieur, ne rencontra que le vide, et elli.' S(î promena librement au travers d'une formo imjialpable comu'.e dans la vapeur d'une nuée.

S'apercevant dcce manège, le défunt s était pris h sourire, et d'un accent un peu railleur :

— Vous vouliez voir, me dit-il, si j'étais bien de /rt- 6âs? Saint-Thomas au rebours, vous devez commencer il croire, vous n'avez rien touché.

— Je conviens, repartis-je, que notre rencontre me semble fort extraordinaire, car le moyen d'expliquer...

— Ou entre la vie et la mort, interrompit mon hôte, t\ y ail un;' coinmunication possible? Les revenants,

cependant, ne sont pas d'hier, et que trouvez-vous doue de si nouveau et de si particulier dans lapparition d'un esprit?

— 11 faut au moins, repris-je vivement, qu'il y ait pour vous quelque grand intérêt à cette visite. Les morts, que je sache, ne se dérangent pas pour de simples devoirs de politesse. Est-ce un crime que vous venez me révéler? votre femme vous aurait-elle empoisonné a la faveur du choléra? on dit que cela se fait beaucoup.

— Que voilà bien le préjugé humain! répondit le fantôme en haussant les épaules, comme si nous ne pouvions pas faire la moindre petite échappée sans être le père d'Hamlet, la statue du commandeur, ou Tombre de Banque? Dieu merci! mon cher hôte, nous ne sommes pas toujours ainsi en cérémonie. Votre procédé charitable a fait naître ma reconnaissance; entre vous et moi, votre carte a établi ce que j'appellerai, sauf l'approbation de l'Académie, un courant galvano-magnetico-iumuiaire, ne voyez donc en moi que le plus simple des visiteurs, et, si vous le voulez bien, causons.

— Causons, répliquai-je, ravi de ce ton d'affabilité et a part moi, trouvant l occasion bonne pour m'informer de bien des choses, j'avais déjà sur les lèvres une série de graves etimporiantes questions.

jMais mon interlocuteur ne me laissa pas le choix du sujet. Élevant la voix, et de cet accent particulier dont on a plutôt l'air d'entonner que d'entamer une conversation :

— Monsieur, me dit-il, que vous semble de ce fameux Cabinet Ts'oîr, dont il a été tant parlé sous la restau ration .

— Quoi! répondis-je, cette caverne où le gouvernement faisait journellement violer le secret des lettres? Personne plus que moi n'a eu à se plaindre de cette inquisition odieuse. J'ai recueilli à ce sujet nombre de renseignements, et, au premier jour, on aura de moi certaines révélations!...

— Mon cher monsieur, ce n'est pas la un livre à faire, me dit alors le défunt d'un ton singulier.

— Et pourquoi ne le ferais-je pas? demandai-je.

— Par une raison bien simple, c'est qu'il est fait.

— Et par qui, fait?

— Par votre serviteur, si vous le permettez. En mon vivant, ce qui vous expliquera la solitude de mes funérailles, j étais lun des employés du bureau secret, et, selon toute apparence, sur le sujet qui nous occupe, j'en sais un peu plus long que vous.

— Mais où a paru votre livre, dans quel format, en quelle année?

— Mon livre n"a point paru encore, mon plan était fait, mes notes classées, et il ne me restait plus absolument qu'à l'écrire, lorsque la mort m'a frappé.

— C'est alors un livre avorté, remarquai-jo.

— Non, je puis le dicter.

— Mais trouver quelqu'un pour cette besogne?

— Homme serviable et compatissant que vous êtes, ai-j{; donc eu tort de compter sur vous?

— Comuienl! sur mo:? C'est un service qu(^ je no m'engage pas du tout a vous rendre: cliacun a sesoeciipations.

— Mais cela ne peut rien déranger à vos adaires, je no viens que la nuit.

— Et dormir donc ! ré[)liquai-j(\ sans ajouter ce (JU'' je pensais en moi-même, (ju'uue accoinlanceciuo-

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tidicniie et prolongée avec un pareil visiteur n'avait rien de bien sain et de bien attrayant.

— Eh! mon cher, dit alors iex-décacheteur av^ c impertinence, vous aurez rtlernilé pour dormir, ( t, tous les jours, il vous arrive de passer au bal et au jeu, des nuils blanches, qui. à coup sûr. sont beaucoup plus mal employées.

— Si je les } asse, repartis-je sur le même ton, c'est qu'apparemment il me plaît de \vs passer. D'ailleurs, je n'ai jamais été le secrétaire de personne, et ce n'est pas par vous, mo7i cher, qae j'ai le dessem de commencer.

— Peut-être! répondit le fantôme d'une voix sombre et cadavéreuse.

— Et qui m'y forcerait? demandai-je sans me laisser intimider.

— On a des moyens! dit le posthume avec un sourire a fifre ux.

— Des menaces! m"écriai-je en commençant a perdre patience. Veuillez sortir de chez moi tout 'a l'heure. Et je me levai impétueusement.

— Je suis bien ici, et j'y reste, répondit l'audacieux personnage. Je comprends à merveille votre petit projet; vous voudriez, tout simplement, m t conduire, afin de me voler mon idée.

En présence de celte basse et ignoble accusation . je n'avais pas deux partis a prendre. Courant au cordon de ma sonnette, je l'agitai avec vivacilé. Un instant après, survient mon domestique, portant de la lumière. Quand je regardai à la place où précédemment était assis le fantôme, je ne vis plus personne ; il "avait disparu.

— C'est tout simple, se prit a dire Frairz lîolTmar.n,

suivant toujours son idée d'un cauchemar dont son interlocuteur aurait été visité.

— Comment, tout simple! Vous allez voir, reprit le conteur d un air qui voulait dire qu on devait s'attendre a des révélations bien autrement étranges; puis, continuant son récit :

— Le reste de ma nuit, poursuivit-il, se passa assez tranquillement, et le lendemain, à mon réveil, je n eus pas de peine à me persuader que j'avais été le jouet dun songe. Durant toute la journée, cependant, au physique comme au moral, je me sentis de l'anxiété, de la lassituile, et c'est seulement vers le soir que je parvins à triompher de cette mauvaise disposition. L'Opéra et mademoiselle Taglioni r;Y.ant beaucoup contribué à me rasséréner, au sortir du spectacle, je passai encore une demi-heure chez Tortoni où je trouvai quelques femmes de ma connaissance qui risquaient valeureusement des glaces, malgré le choléra : tout cela fit qu'il pouvait bien être minuit trois quarts lorsque je rentrai chez moi.

Passé minuit, mon domestique était, une fois pour toutes, dispensé de m'attendre; il me suffisait (ju il laissât dans Tantichambre une lampe allumée.

Me voilà donc donnant le tour de clé à la porte extérieure, et ensuite, celte lampe 'a la main, traversant une assez longue enfilade d'appartements pour gagner le cab net (pie j ai eu l'honneur de vous décrire. La, du feu m'était toujours allumé, parce que, d'habitude, j'y passais une heure h lire ou à prendre des notes, avant de me mettre au lit.

(]omm(! j'ouvrais la porte de cette pièce, jugez, monsieur, de mon étoimement! A chaque coin d-» la cheminée, j aperçois une pîMScnne assise, fi 1 imc

d'elles, drapée dans un grand manteau rouge, à son aise comme chez elle, est occupée à tisonner.

— Vous rentrez bien tard! me dit l'un des intrus, d'un ton impérieux et rogue, sans me saluer ni se lever.

A cette parole, celui qui fourgonnait le feu tourne vers moi sa face, et alors, s'il vous plaît, qui reconnais-je? Cet homme précisément, qui regardait toujours monsieur votre ami de travers; cet Osage mort en 1827 à la chnique; enfin ce grand arlequin blanc et rouge, que vingt fois j'avais contemplé sur son piédestal, et avec leqnel moi-même, il faut bien vous ie dire, je ne vivais pas non plus dans des rapports excellents.

L'émotion, d'abord, m'avait coupé la parole; mais aussitôt que je pus parler :

— Encore vous! dis-je avec colère a celui qui m'avait interpellé.

— Encore! fit ironiquement mon hôte de la veille, c'est un mot de reproche.

— Mais que prétendez-vous? Pourquoi cet homme ici?

— Écrirez-vous sous ma dictée, ou me ferez-vous encore mettre 'a la porte par votre valet?

— Non, Je n'écrirai pas, répondis-je, et je vous somme de vous retirer.

— Prenez garde! me dit alors ce misérable, j'ai Ih ma gendarmerie et il ne faut pas se jouer à moi.

Comme je ne voulais pas plus longtemps me commettre avec cet homme sans délicatesse, je cours il mes sonnettes, maisimpossibiede m'en servir; on a eu soin d'en couper les cordons. Alors je m'élance vers la frnéire dans If rlrs^ein d'appeler a mon aide. A ce

mouvement, courant se placer devant l'espagnolette :

— Une dernière fois, veux-tu écrire! me crie avec colère Vhorrible fantôme qui en vient a me tutoyer.

Usant de la fermeté la plus inébranlable, je proteste que rien ne scurait moditier ma résolution.

— C'est ce que nous allons voir, dit mon abominable adversaire, et il prononce ce simple mot : washin-

GASliHA!

A ce nom, que vous reconnaissez sans doute pour indien, se précipitant comme un tigre, en deux bonds rOsage est sur moi. De ses muscles de fer il m etreint et m'enlace, et nous roulons ensemble sur le tapis. Tout à coup, au plus fort de cette lutte, je me sens, de la tête aux pieds, déchiré par une douleur aiguë; puis, sous la sensation de cette indicible souffrance, il me semble que la vie m'abandonne, et je demeure évanoui.

Il faut vous dire, monsieur, qu'en son vivant et en son pays, ce Wasliingasbka avait été jongleur, en conséquence, adonné a toute sorte d'enchantements et de mauvaises pratiques; cet homme était surtout déplorablement habile a 1 horrible opération de scal{>er. D'ailleurs quelque chose Venrageaity il ne se consolait pas de n'avoir pu faire la vie de Paris, vu qu'il était mort à l'hôpital presque dès son arrivée. lilaintenant, faut-il vous dire le secret de ces mauvais regards qu'il ne cessait de lancer sur votre ami M. Blanquillet et sur moi? Depuis longtemps il complotait une évasion, 8t sentait bien qu il éloi-:nerait d'autant la chance dôlre poursuivi et repris, s'il parvenait à nu'tlrc quelqu'un pour tenir sa place. Je lus, monsieur, cette victime. Conipn nez-vous aluis l'allieux préliminaire? Quand je revins a moi, je n'étais plus un huiimic; déclassé et

imprévu dans léchelle des êtres, les deux monstres avaient fait de moi le grand Écorché du cabinet de rÉcole de médecine; et désormais j'avais pour positioa sociale d'être une pièce d'analomie!

Ici l'homme pâle et maigre couvrit douloureusement son visage de ses mains; et, de son côté, Frantz Hoffmann, que le ton convaincu de son interlocuteur ravissait peu a peu dans h monde fantastique, parut prendre une part assez vive au douloureux événement de cette métamorphose.

— Dans cette situation si anormale, reprit peu après le conteur, vous dirai-je mes souffrances et mes humiliations?

Durant les heures où le cabinet était ouvert au public, il me fallait subir les regards des oisifs, les insolences des étudiants et les remarques égrillardes des élèves sages-femmes. Plus tard, quand les portes se fermaient, emprisonné avec tout cet horrible détritus humain, qui seconserve là, pour lusage de la science, j'étais épouvanté du silence et de la solitude de ces vastes salles sonores, où, sous le vitrage des châssis, j'entendais lesourd labeur de l'insecte de la destruction reprenant lœuvre interrompue de la Mort et travaillant à lui restituer les larcins faits à ses tombeaux.

Les heures de la nuit venues, c'était un autre genre de torture. Minuit sonnant a l'horloge de la Faculté, entrait mon affreux persécuteur qui me raillait comme un Christ sur sa croix, m'engageait à descendre de mon piédestal, et, à la suite de mille affron's et de raille avanies, il en revenait toujours à l'objet de notre débat : Écriras-tu? écriras-tu?

Comme il ne me paraissait pas possible qu une si horrible violence et un si profond renversement des

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lois de la nature pussent indéfiniment persister, je me roidissais dans ma résistance, et, du haut de mon pilori, souvent il m'arrivait de braver mon bourreau.

Mais voyez le Satan!

— A propos, me dit-il un jour, ce que mon ami rOsage t'a si proprement escamoté, que crois- tu bien quil en ait fait?

Je dédaignai de répondre a cytte insinuation, dans laquelle je ne voulus voir qu'une détestable raillerie-; mais le monstre reprenant :

— A bien y regarder, continua-t-il, cette pelure ne lui va pas précisément comme un gant; après ça, ces peaux rouges, ca n'est pas difficile, et affublé de ce surtout d'emprunt, coucliant dans ton lit, dépensant ton argent, et, à l'aide de sa trompeuse enveloppe, te supplantant auprès de tes maîtresses, sais-tu que le gaillard fait, ma foi, bonne viel

— Ce que vous dites là n'est pas possible, m'écriai-je, épouvanté du nouvel horizon de malheur qui m'apparaissait.

— Pas possible! et pourquoi? repartit le fantôme. Dans la conversation, cela se dit tous les jours :je ne voudrais pas être dans sa peau. Lui, pas dégoûté, il a bien voulu être dans la tienne où il se gaudit et s'en donne 'a cœur joie.

— Dieu du ciel! m'écriai-je alors dans la dernière angoisse du désespoir, avez-vous pu permettre que tel fût le loyer de ma charité?

— Par exemple, ce que je n approuve pas, continua avec un hypocrite intérêt, le plus inlernal personnage qui se soit jamais renconiré, c'est que ce sauvage échappé ne garde pas un peu plus démesure. Se griser

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tous les soirs, tricheraujeu, faire des lettres dechange, escroquer les marchands et, par-dessus tout cela, refuser de se battre en duel, c'est, il faut en convenir, un peu trop abuser d'une personnalité d'emprunt. Pour moi,je lui disais l'autre jour: mon garçon. prends-y garde; tout cela pourrait bien finir par la police correctionnelle. A (luoiil me répondit : Qu'est-ce que ça me fait, a moi? Cela regarde l'autre, et j'aurai bientôt bâclé de lui rendre sa défroque, si une fois la police s'avise de me tourmenter.

Jusque-lu, j'avais tout souffert et tout bravé; mais, sous cet aperçu de mon déshonneur, je demeurai brise, anéanti. Remarquant que je faiblissais :

— Voyons, me dit mon persécuteur, est-cedonc une chose si diffirile que d'écrire, sous la dictée d un honnête homme, une suite d'aventures variées et extraordinaires dont il a la mémoire et l'esprit rempli?

— Disposez de moi, monsieur, répond is-je, mais qu'a l'instant même prenne fin cet enchantement infâme; qu'au moins je puisse aviser au salut de mon nom!

Au moyen de quelques passes, plongé presque aussitôt dans un sommeil magnétique, le lendemain, quand je me réveillai, restitution m'avait été failn, mais j étais dans mon lit, horriblement souffrant, d'autant que h-'S médecins, butés, dans ce temps-la, a ne voir autre chose, me traitaient comme en proie à une sérieuse attaque de choléra.

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— Enfin, dit Frantz Hoffmann, vous vous décidâtes à écrire; c'était assurément ce qu'il y avait de mieux,

— Il vous ie semble, monsieur, repartit le conteur; et pourtant cette lâche complaisance ne fit que marquer pour moi le commencement d'une insupportable obsession. Quand ce maniaque a fini de me dicter son histoire, aussitôt il la recommence avec des variantes, en sorte que c'est a n'en finir jamais. Mon malheur même en ce sens s'est aggravé, qu'a la différence de Ja lune qui, chaque soir, est de trois quarts d'heure en retard, de plus en plus, il avance le moment de sa venue. Ainsi, bien avant de nous mettre au travail, dès l'heure du dîner, au spectacle, dans les soirées où •je puis être prié, les débordements de l'Osage m'ayant ■moins compromis que je ne lavais craint, il faut que je sente et voie a mes côtés cette horrible larve et même, vous avez pu le remarquer tout à l'heure, elle s'en vient frôler jusque dans ma tasse, malgré le soin que j'ai toujours de lui faire sa part, comme si elle possédait encore un appareil sensuel pour se mettre en rapport avec le monde extérieur et qu'elle ne fût pas une ombre et un esprit.

— Ah ça mais !dit fort judicieusement Frantz Ilollmann, vous vous exprimez la, il me semble, sur lo compte de cet homme dangereux, d'une manière bien vive et bien peu mesurée; il n'est donc pas près de vous en ce moment?

-- Non, monsieur, reparût l'homme pâ!e et maigre, il ma quitté pour aller voir jouer la poule, il a une passion 'frénéli(iue pour le billard, ayant dû être, en son vivant, un homme de mœurs peu réglées et de très-médiocre compagnie.

— Et, pour le forcer a se séparer de vous, vous ne savez aucun moyen?

— Pardon, monsieur, il y en aurait un, et quil ma même insinué assez clairement : son livre écrit et réécrit, il consentirait à me délivrer de sa présence si je le lui faisais imprimer.

— E!i bien! qui vous empêche?

— Mais il ne veut pas que j imprime a mes frais, disantavec raison peut-être, quejamais les livres faits au compte des auteurs ne se vendent facilement. J'ai vu un a un tous les éditeurs;quelles gens. monsieur! ils demandent à cor et a cri du nouveau et de l'extraordinaire; mais quand je leur porte ce livre, qui, a coup sûr, est assez extraordinaire et assez nouveau, ils ont Tair de dire que je ne suis pas dans mon bon sens, et me mettent a la porte avec plus ou moins de courtoisie.

Entrant dans les douleurs du pauvre possédé :

— Ecoulez, dit le compatissant jeune homme, je puis peut-être vous rendre service. Je suis le fils d'un homme qui n'était pas sans quelque considération auprès des libraires. Vous connaissez les Contes d'Hoffmann?...

— Si je connais les Contes d'Hoffmann! et vous seriez le fils de ce grand homme! s'écria le conteur avec exaltation, pendant qu'un éclair de vie paraissait dans son regard et colorait pour un nWtnenl la pommette flétrie de ses joues.

— Oui, reprit Tétudiant, Hoffmann était mon père. et peut-être, off'ert sous le patronage de ce nom illustre, votre manuscrit serait-il moins mal accueilli.

— Parbleu! jeune homme, qui en doute?... Dès demain, il sera chez vous... Votre adresse, si vous voulez bien?

Ainsi interpellé, Frantz tirade sa poche un petit portefeuille en velours brodé, présent que lui avait fait sa promise, lors de son départ pour Paris, et, y prenant une carte, il la présenta au pauvre secrétaire qu'il avait le dessein d'obliger.

Mais c'était bien étourdiment raviver un poignant souvenir.

— Une carte! à moi une carte! s'écria le maniaque, comme si on l'eût menacé d'un fer brûlant- Ah! je le vois bien! vous êtes un méchant railleur coumie les autres!

Puis, sans vouloir écouter aucune explication, il sortait tragiquement de l'estaminet.

Le lendemain, le jeune Allemand fumait tranquillement sa pipe dans sa chambre garnie, discutant avec quelques-uns de ces camarades de la veille, la question de savoir s'il avait eu affaire à un personnage fantastique ou simplement à un aliéné. Tout à coup paraît dans l'assemblée une jeune étudiante, une grande blonde, appelée Clara.

— Tenez, monsieur Frantz, dit-elle au jeune Holîmann (ju'elle venait visiter en qualité de compatriote, voilà ce que la concierge m'a donné pour vous.

Et en même temps, elle déposa dans les mains du jeune homnie un rouleau de papiers scellé de cachets noirs, plu'^, urw lettre de grande dimension, bordée d'un filet de même couleur, et ayant toute l'apparence

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d'un billet de part. Cette singulière missive était conçue comme il suit :

« Monsieur,

» Mon secrétaire est un imbécile, et sa manière effarée de vous quitter hier au soir, lors de votre rencontre à l'estaminet de la rue de la Harpe, serait bien de nature à compromettre les bonnes et officieuses intentions que vous aviez témoignées a légard de mon manuscrit. Vous quitter sans même vouloir prendre votre adresse: Peut-on être plus ridicule et plus maladroitl Heureusement, j"ai pu réparer sa sottise. Je pénètre un peu partout où je veux, et, à la Faculté de médecine, vousle comprenez, en ma qualité de défunt, j'ai particulièrement mes grandes entrées. Cette nuit donc, ayant retenu votre nom que j'avais entendu prononcer par vos camarades, j"ai compulsé les registres d'mscriptions de MM. les étudiants, et j'ai fini par découvrir votre adresse : rue des Maçons-Sorbonne, hôtel du Cardinal Lemoine, où, je l'espère bien, celte lettre vous sera remise exactement.

» Je ne puis, monsieurs que vous remercier de vos bienveillantes dispositions, et vous supplier de vouloir bien y persister. Le livre quejai l'honneur devons adresser est un ouvrage plein de curieux souvenirs et extrêmement consciencieux, comme vous pouvez voir, puisque le manuscrit, que je confie a vos bons soins, est la 10* version écrite sous ma dictée par le nommé Carbonneau que j'emploie comme secrétaire. Je m en remettrai, du reste, entièrement à vous pour la correction des épreuves, et en même temps je prends ici rengagement de rompre toute espèce de relation avec le susdit Carbonneau, le jour même où le livre aura

été mis en vente. J'exige cependant, comme condition sine qiiâ non, que le libraire fasse pour les annonces tous les frais nécessaires, car ces messieurs, sur cet article, sont un peu sujets a caution.

«Veuillez, monsieur, recevoir lassurance de ma haute considération et ne pas prendre en mauvaise part que, même vis-a vis de vous, continuant à garder l'anonyme, je mo contente, de signer :

» *** Ex-envployé du bureau secret.

Écrit de la même écriture que la lettre, le manuscrit avait d'abord le mérite d'être magnifiquement lisible; de plus il était enrichi d'assez curieuses illustrations destinées à la plume; en tête du 1*'' cahier et disposé en manière d'épitaphe, on lisait le titre suivant :

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