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CHAPITRE III

La gravure occulte. — Le secret des Bourbons. — Les médailles de LouisXYli. — La Chapelle Expiatoire. — Louis XVIII et M. Pevlet. — La mission de M. Cathelin.

La gravure de médailles est un art tout spécial, et demande, pour la composition du sujet, presque autant de soin et de préparation qu'en exige le travail matériel lui-même : il faut que l'artiste s'inspire de ce sujet, qu'il fasse du nouveau tout en se soumettant aux traditions.

Un grand nombre de médailles ont un double sens : celui qui apparaît aux yeux du vulgaire, et celui qui n'est compris que des initiés. Quelques-unes sont de véritables rébus, il faut, pour les déchiffrer, être un docteur ès-grimoires.

11 est du reste fort intéressant, lorsque l'étude se porte non sur une médaille déterminée, mais sur des séries correspondant à des époques, à un règne ou à

un même individu, de voir les points de corrélation qu'elles ont entre elles, et l'influence très nette et très déterminée de la tradition dont je parlais tout à l'heure. Rien n'est beau comme le médaillier des grandes époques de notre histoire.

Tout ce qui touche au règne de Louis XIV est gracieux et grandiose à la fois. Il en est de même pour le règne de Napoléon Ier. L'œuvre subit l'influence du milieu où l'artiste se meut; et pour peu qu'il appartienne à une de ces associations occultes qui ont guidé la politique des deux cents dernières années, il trouve souvent moyen de démentir ce qu'il est chargé d'affirmer, et de donner la clef mystérieuse des événements qu'il doit immortaliser. Tel souverain qui fait frapper une médaille en son honneur ne se doute pas qu'elle porte en soi le blâme de son règne.

Tout ce qui a été frappé au sujet de Louis XVII est non seulement bizarre, énigmatique. à double sens, mais ce double sens est particulièrement apparent. Les médailles qui nous proviennent de l'étranger sont, entre autres, d'une transparence telle que les moins clairvoyants peuvent y lire les preuves de l'évasion du Temple.

Celles qui datent de la Restauration, qui avait tout intérêt à affirmer la mort de Louis XVII, n'en portent pas moins l'affirmation de son existence et témoignent que le trône était usurpé.

La médaille frappée à l'occasion de la naissance du duc de Normandie est charmante : le Roi et la Reine sont heureux, la France est supposée l'être, et la

médaille, si je puis me servir de cette expression, est honnête. Toutes les autres sont absolument différentes; elles respirent l'inquiétude, les tortures de la vérité, et dévoilent, autant qu'il est possible de le faire à moins de l'écrire en toutes lettres, le Secret des Bourbons.

Le Dauphin est enfermé au Temple ; on est avisé à Berlin qu'une substitution d'enfant doit avoir lieu, et Loos s'empresse de prendre date, en consignant sur le bronze le fait mystérieux dont on parle plus librement à l'étranger qu'en France.

La pensée de l'auteur est-elle assez claire? D'un côté les deux enfants prisonniers, de l'autre une grande draperie qui cache le mystère. Au-dessous :

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