BUREAU PARTICULIER
N° 3945 Monsieur le Directeur général,
Conformément à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 15 avril dernier, en réponse à celle que je vous avais adressée Je 5 dudit, je me suis abstenu de répondre aux communications du sieur Antinori.
Je reçois de lui une nouvelle lettre dont je m'empresse de vous adresser ci-joint copie.
S. A. R. M&r le duc d'Angoulême n'était plus à Lyon lorsque cette lettre m'est parvenue.
D'après vos instructions, je ne fais aucune réponse au sieu:- Antinori.
Toutefois, comme ces éveils qu'il donne ont quelque coïncidence avec divers rapports qui parviennent de plusieurs points, je suis attentivement sur mes gardes pour déjouer les tentatives de la malveillance.
Je suis, etc., etc.
PERMON
Pièce jointe.
Lausanne, le 8 mai 1820.
A Monsieur de Permon.
Votre silence, Monsieur, après ma lettre du 4 avril, devrait me dispenser de vous écrire encore une fois; mais mes sentiments qui vous sont connus, et l'importance extrême d'une chose qui peut avoir les plus funestes conséquences pour votre tranquillité, me donnent la conviction que les révélations que je 'pourrais faire directement à Son Altesse Royale
Monseigneur le duc d'Angoulcme à son passage par Lyon, ou ailleurs, s'il veut m'accorder l'honneur de m'ad mettre en sa présence, lui seraient non seulement utiles, mais j'ose dire indispensables à la sûreté de son royaume et à Ja gloire et au bonheur de son auguste famille.
Je vous prie donc, Monsieur, de me faire connaître si Son Altesse Royale agrée mes offres, dans lequel cas je me rendrai immédiatement où ses ordres m'appelleront ; et dans le cas contraire, en m'abstenant de vous importuner, je me bornerai à faire des vœux peut-être impuissans pour la tranquillité et le bonheur de la France, et pour la gloire de la dynastie régnante.
Ma position et l'étendue immense de mes rapports me donnent la clef de bien des mystères, et la confiance de vous parler avec franchise. Agréez donc, Monsieur, etc.