LA STÉRILITÉ DE CATHERINE DE MÉDIGIS
les circonstances principales ; que, suivant Tun, ce fut en procurant à la dauphine Técoulement des règles ; suivant un autre, que c'était en indiquant le moment le plus propre à la conception; suivant celui-ci, en enseignant une position convenable ; quand on fait attention que, dans le temps de Pierre de TEstoile, cette heureuse fécondité était attribuée aux soins ou à l'art d'une femme italienne ; que la plupart sem» blent parler de la stérilité de Catherine, lorsqu'elle était reine, bien que ce fût étant dauphine ; que celuici met dans la bouche de Henri, en s'adressant à Fernel, un discours que les circonstances ne comportaient point ; que celui-là, sans aucune autorité, représente Catherine comme rappelant sans cesse le service qu'elle a reçu de Fernel ; quand on en voit un autre débiter avec assurance que, sans Fernel, la race des Valois allait être éteinte, tandis qu'alors on ne pouvait avoir cette crainte, puisque François P^ avait un autre fils, Charles, duc d'Orléans, mort d'une pleurésie en 1545, âgé de 23 ans, et sans avoir été marié ; qu'un autre avance au contraire que le crédit dont a joui Fernel vient de ce qu'il a facilité raccouchement de la reine ; quand, dis-je, on réfléchit sur tant de récits opposés, quel homme raisonnable pourrait en adopter aucun et croire encore aujourd'hui (ce qui n'est rien moins que probable, bien loin d'être constant et démontré) que Fernel ait fait cesser la stérilité de Catherine de Médicisl)^
hh LE CABINET SECRET DE L*III8T01RE
Ces conclusions nous paraissent inaliaquables au point de vue de la logique et nous ne saurions mieux faire que de nous y rallier *.
* Depuis la puLHcation de ces lignes, r.olre ami M. Félix Champo>, bibliothécaire à la Sorboni^p, dont les avis nous ont éié si ?ou>yept Mlilc», a bieq ywIw flflwa sjgRalpr m W«Pgfi, P?u cqpnw, d» Vt^k^^Çi que H^H^ reproduisons fi-j|f8çpHs, ^ ti|fg dg fwripsifc, i^^ifi qui n*egl pas de nature à fViodifier notre opinion :
« Les plus étranges conjectures ont été faites sur la stérilité de PsIbPFÎRQ q"i <lHfl di» #"8. J^pp i& pfîrsQïiïîps savent aujourdUmi ^vi§ pl4§ieurs tr^iips dp piéjlpciîiu ç«ï]iicfi«Pîit rc)«ij>'Pîï^jînj | gcup
particularité des suppositions tellenapnt jpdcccntes qu'çillcs ne peuvent plus être racontées. On peut d^aillcurs lire Bayle à Tarticlc ^9I^]&6|.. Oçiçi doii^ne la mcsMisedes étranges calomnies qui pèsent ei)-
pfirp sHr cpue rpinp «îflPt ^o^\fi^ 1p^ aplipn^ m\ M \wn\m' h»
faute de sa stérilité venait ^niquemer^l de flcnfi II. Il eût gpffj de remarquer que par un temps oii nul prince ne se gênait pour avoir des bâtards, Diane de Poitiers, Ji^caucoup plus favorisée que la fefpipe Ipgitifïie, fl'qqt pf|s (J'e^faiils. ]] p y a rien de plus cppjm en médecine chirurgicale qup le défaut de çpnfprmalion d'Upnri JI, px^ pliqué d'ailleurs par la plaisanterie des dsmes de la cour, qui pouvaient le faire abbé de 8aintViclor dens iin^tcmps où la langue
fr^nc^isp av^ii !c§ w^mps privilèges qup la liing^ip kiinp. P^'« q^p Ip
prince sq fpl souipis à ropcfajipfi, CalJ^prij^p ç\]\ pnçp g;rps§r$çc§ p^ dix enfants. Il est heureux pour la France que Ijcnri II ait tardé. S'il avait eu des enfants de Diane, ]a politique se serait étrange- IPPil^ PQWpliqui^P- Qmi\i ^pHp ppi^rplion ^e fit, l§ duchesse de Va- IçnlinQJs pHai( arfjvcp ^ |§ gecqq^je jpwneçsp fies fppRïKfS. Çç\\q seule remarque prouve que l'histoire de CaUierine de Médjçis est à faire en entier et que, selon un mot très profond de Napoléon. Thistoiro de France doit n'avoir qu'un vqlump ou en avoir mille. » Eiufiçs pl\ihsûphiqiie$ sur Catherine de ^léiHmj p§f fl4LZAp, é<jition Houssiaux (1874), t. XV des Œ{ivres cop]j)lètcs, p. 437-488.
LA STÉRILITÉ DE CATHERIHE DB BIÉDICIS 6B
yaRep4«tp dw 4pn de (\U mille écus,- qu'aurait touché Fernel après chaque couche de Catherine de Mé-r dicis, n'est pas plus vraisemblable ; nous pouvons iPéme 4ir§ qu'elle ^st faussie de tgus points, ainsi que 1§ BFQHve 1^ dQaum^nt péremptoire suivant» provpr n%ïit de l» iQuvQf^, mêm^ qU uqus avons puisé l^s éU mepts d# l-apgum«utfttion cirdessus»
(k qup MUft ftUpps produire est la cppie d'une or-r donnj|iilî« dp Hpuri ïl en faveur âe Fernel, dont Torir ginal existait jadis dans le caj)inet de Saint-Martindes-Champs, à Paris (N*» 390, S*» liasse) :
Extrait (Tun roole de plusieurs partis et sommes dejdeniers que le Roi a commandé estre payées par maître Raoul Moreaa, thrésorier de son épargne^ aux personnes pour les causes conte*nue§ au dit roole.
Au recto est écrit ce oui suit :
A maître Jehf|n Fernel, cppseiller ef médeciq ordinaire dwdit Seigneur, la somme de deux mille trois cents livpe| tournois, dont le dit Seigneur lui a fait don, en faveur des bons et (IglîéftWpp services qu'il \m ^ cirdpvant et de long-temps {^iU fn um dit ^tat, ftiit et continue chacun jour, et espère ledit Seigneur qu'il fera ci-après ; même pour le faire res^eqtir du soÎQ et vigilance ^u'il § pp ^u traitement dç Iq j^ojsip pm- Amt fef mk^iç, pV(ff q ^«e 4 ^a çfçrfiiêre cq^chp, qymt, 4^p^nt ledit (mm* ^^ii f ' ^mfHré çmtimellmm^ prk de m personne
56 LE CABIHET SECRET DE l'hISTOIRE
et ce outre et par dessus ses gaîges, et les autres dons et bienfaits qu'il a eus d'icelui Seigneur ^
Il ressort, sans réplique, de cette pièce, que Fernel reçut pour son intervention (c'était la 9* couche de la reine ; ce fut aussi la dernière), une somme bien inférieure à celle que Ton a toujours prétendu qu'il avait touchée, somme, du reste, considérable et tout à fait hors de proportion avec le service rendu.
Que ce soit grâce aux conseils de Fernel ou par
tout autre moyen, Catherine de Médicis cessa d'être
stérile après neuf ans de mariage.
Elle donna successivement le jour à dix enfants : François II, mort à 16 ans, comme nous l'avons
établi ailleurs S d'une affection tuberculeuse de
l'oreille ';
* La suite, que l'on peut retrouver dans les Mémoires îiité' raires, etc., pour servir à l'histoire de'Ja médecine, p. 34 1^ ne se rapportant pas directement à notre sujet, nous la passons sous silence.
' V. nos Morts mystérieuses de Vhistoire,
^ « Bel enfant d'apparence, il hérite, en sa personne lynaphatique et névrosée, de toutes les humeurs, de toutes les faiblesses originelles prises au^ Médicis, au roi son grand-père, au Dauphin,