LA STÉRILITÉ DE CATHERINE DE MÉ0IC
médecins habiles de la Faculté de médccÎRe de Paris, qui ro^ fusèrent de donner leur secours ; Ton proposa Fernel ; le Roi le fit venir, et lui demanda en riant, en présence de la Reine, s'il pouvait bien faire des enfants à la reine. Fernel repondit que c'était à Dieu à les donner, à Sa Majesté à les faire, et à lui d'enseigner les préceptes de l'art, par lesquels on pouvait y parvenir. Quelque temps après, la Reine devint grosse, et s'en étant aperçue, elle lui envoya dix mille écus ; et quand elle accoucha, autant, avec un buffet d'argent ; elle en faisoit autant chaque couche.
Nous verrons que ce dernier détail n'avait été inventé que pour donner un air de vérité au fait luimême, selon toute apparence controuvé.
Sur la foi de l'auteur que nous venons de citer, le bibliothécaire de Mazarin, Gabriel Naudé, chargé de prononcer un discours à la séance solennelle de la Faculté de médecine, en 1628, adopta le récit de Louis Dorléans, avec cette modification que c'était le roi, et non la reine, qui aurait gratifié Fernel des dix mille écus.
L'historien Mézeray, qui parle d'ailleurs de Fernel avec éloge en d'autres occasions, se contente de faire la remarque que François II « avoit été dès sa naissance de complexion malsaine, étant le premier enfant d'une mère qui avait eu ses purgations bien tard ».
Varillas, qu'on a souvent invoqué à ce propos, loin
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d^être aflirtiiatif sur le résultat de rintèrretition de l^ërtiel^ dit àeulemetit ceci 2
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Cependant le même Varillas, dans son histoire de François I*% a été plus loin, mais il ne s'est nullement embarrassé d'apperter des preuves, pour étayer ses affirmations.
Le médecin FerneL écrit-il, après avoir observé le tempérament de la Dauphine, s'était mis en tête de remédier à son indisposition et, soit que les médicaments qu'il ordonna eussent opéré, ou que son secret h'eiil consiste qii'â révélei: ail Daiiphin les moment bans, lesquels sa feinihe était ptiis Êâpàblé de côiicevoir, îa tbui: s'était àpérçU qilëlqfaéS thôh après que la Dauphine était grosse.
Varillas avertît qh'îl â tité ce q[tii ptêcèdë tf titîe dissfei-tàtldll ktihe, t)t^ésèritêê aU M sur ce siijèt, èaiiS ta faire Connaître plix^ exfiWsséitient *;
l>ahs tih iiTlre, ddnt 11 à pàtViâtÈ éditidn§]tts^uë dé
* Gotto, pi 337. .
L\ SténiLITÊ DB CAtlleRlRfc bfe MÉbICIS 5t
nos jours, un médecin de la Rochelle; Nicolas Venette, attribue, le premier, la stérilité de lit relue à hri vice de conformation qui aurait existé chez... CathefiitB de Médigls !
bêltè maladie, ecMl-îi ^ la tdrlUosilô du canal vaginal) li'ésl pis toujôiit-s îhcurable '; êl les lemmes, que nous pen-^ sons bien souvent hê poiiVoîr être guéries, ne sont intraitables que pai* leur pudeur ou par notre ignorance.
Tous les médecins de France ne purent autrefois guérir une des plus grahdes princesses du monde qui était incommodée dé ce oéraul : il n'y eul que Perncl, qui assura un roi dès plus glbl'iëiii tic Son lenips de là guérîson do la reine. Après avoir donc èotinU éîacleiiicnl la cause de sa siérilité, il pria le roi dé côiicher àvfefc elle terstjtté fe conduit de la pu. deur serait hum'éfcté et élargi pat les règles tjiii seraient Stif le point de cesser. Ce qui réussit si bien, qu'après dix ans de stérilité, la reine donna à cet invincible monarque cinq ou six enfants, qui valurent dix mille écus chacun à ce savant médecin.
Après Venette et sans le citer, le chirurgien Dionis reprend la thèse de son confrère de la Rochelle. Dans soi! Traité sur les accouchements, publié en 1718, î)ioilis s'exprime die la sorte * (nous demandons pardon aux lecteurs de là crudité des. termes; qu'ils n'ou-
* De ta génération de Vhomme, ou tableau de l'amour conjurfal, écliiUm ÛG i6§6, p'r *]ùi 8 P. 70.
5a LE CABINET SECRET DB l'hISTOIRB
blient pas que c'est d'un livre de médecine que nous extrayons le passage) :
Henri II fut plusieurs années marié avec Catherine de Médicis sans avoir des enfants ^ Le roi consulta Fernel, son premier médecin, qui, après avoir examiné d'où venait le défaut, lui enseigna la posture dont il devoit se servir en caresliant la reine, qui en eut sept tout de suite*
({ En présence de tant de versions contradictoires. Conclut le docte Gôuliri qui les a groupées, il est permis d'exprimer tout au moins des doutes sur le* fond même d'une histoire qui a toute apparence d'être apocryphe. Quand on considère que le fait n'est point rapporté par des auteurs contemporains, qui avaient occasion d'en parler ; que presque tous varient dans
^ Cette stérilité désola longtemps la Dauphine, et, au dire même des ambassadeurs, il n*était breuvage ni médecine qu'elle ne prit pour devenir féconde,
« La sérénissime Dauphine (dit le Vénitien Matteo Dandolo, à la Cour vers i54o) est d'une bonne complexion, sauf pour ce qui regarde les qualités physiques propres k en faire une femme à enfants {donna da Jîgîioli) ; non seulement elle n'en a point fait encore, mais je doute qu'elle soit jamais pour en avoir, bien qu'elle ne manque point d'avaler (dipigliare per bocca) toutes les médecines capables . d'aider à la génération. D'où je conclus qu'elle court grand risque d'augmenter son infirmité plutôt que d'y porter remède. Elle est aimée et chérie du Dauphin son mari, al maggior segno ; Sa Majesté j'affectionne aussi, et de même la cour et le peuple, à ce point d'ailleurs que j'estime n'y avoir personne qui ne voulût se laisser tirer du sang pour lui faire avoir un fils ». Matteo Daî«dolo, Relazione délia Corte di Francia, i542, Raccolta Alberi, série I, t. IV, p. 47-48.