LA STÉRILITÉ DE CATHERINE DE MÉDICIS
sance est du 18 mars 1554, Lâche et perfide, il eut, croit-on, des rapports incestueux avec sa sœur Marguerite et voulut un jour étrangler sa mère. Mort sans alliance, âgé de 30 ans ;
Victoire et Jeanne, nées le 24 juin 1556, à Fontainebleau, mortes en bas âge.
Michelet prétend que c'est la maladie, à laquelle on veut que François 1°' ait succombé \ qui nous délivra des Valois. Inutile d'aller chercher si loin. Les Valois ont subi cette loi fatale et implacable de la dégénérescence, qui fait Thomme victime de son évolution. Ils ont disparu, accablés sous le poids de leur hérédité, non pas de Thérédité syphilitique, mais de lliérédité nerveuse et psychopathique, grandie et accumulée en eux par tous leurs ancêtres 2.
* Nous avons essayé de ticmontrcr, dans le procèdent chapîlre, que si François !«'' fut atteint de syphilis, ce n'est pas, en tout cas, à celle affection qu'il a succombé.
^ Cf. Psychologie des derniers Valois, par le D"* Bufolier. Lyon, 1895, Thèse (de doctorat en médecine).
IIKMil IV
UNE GALANTERIE * DU VERT-GALANT
N'est-ce pas Bayle qui a dit, parlant de Henri IV, qu'il aurait été un héros accompli, s'il eût été réduit au sort d'Origène et d'Abailard ?
Il est certain que la passion des femmes " posséda
* Au xvm* siècle, on appelait ainsi les maladies contractées à la suite de rapports galants.
' Un distique latin, dont nous avons donné ailleurs (Les Curiosités de la médecine, Paris, Maloine, 1900, p. i^o) la paraphrase, signifie qu*au nez on juge de la capacité génitale de l'individu. Or, Henri IV était des mieux pourvus sous ce rapport. Les portraitistes officiels, qui flattent toujours leur modèle, ont représenté le roi avec un nez busqué, mais de dimensions honnêtes. En réalité, il Tavait très grand et assez gros ; de plus, il était remarquable par une verrue (cicer) à Tangle inférieur de la narine droite. On peut, à cet égard, comparer les deux portraits que nous reproduisons : Tun de pure convention ou tout au moins considérablement flatté ; l'autre, qui nous semble bien plus conforme à la réalité, celui d'Hendrik Goltzius, peintre et graveur, né à Mulbracht en i558, mort à Haar*lem le 35 décembre 1 616. Ghampfleury Ta donné dans son Histoire de la Caricature sous la Réforme, p. i33, et Aussi V Imagerie d* Art, rectieil
6a LE CABINET SECRET DE L HISTOlUË
et notre bon roi » à ce point qu'il n'a pas trouvé grâce même devant un historien qui a d'ordinaire des trésors d'indulgence pour les peccadilles des Souverains. «Henri IV, écrit le pèreLoriquet S eut une passion effrénée pour le jeu et pour les femmes. On ne peut excuser la première, parce qu'elle fit naître^ quantité de brelans ; et encore moins la secondé, parce que les liaisons de Henri IV furent tout à fait publiques et scandaleuses. »
Le mari de la « grosse Margot ^ » aima en tant de lieux — de mauvaiî^ lieux — qu'oii l'avait sùt-nommé le chevalier banal de Frûnte '; Disons de suite h ^û décharge que sa peu veHiieUse épouse ne le Itii
illustre d'instruction populaire, édité par la Librairie de l'Art (Cf. la Remie des autographes, de M"** ¥• Gharavay, avril ifoij n* loa),
* Ilist, de France, t. II, p. a6.
' « Après que le roi Charles IX eut fait la Saint-Barthélémy, il disait en riant et en jurant Dieu à Sa manière accoutumée» et avec des paroles que la pudeur oblige de taire, que sa grosse Margot^ en se mariant, avait pris tous ses rebelles huguenots & la pipée ». Journal de VEstoUe. On prétend que Marguerite de Navarre, première femme de Henri IV, commença ses querelles avee son ^oux, parce qu'elle s'obstinait à coucher masquée. C'était la coutume, en ce temps-là, que les dames portassent des espèces de masques, des (( loups »,qui les garantissaient des injures de l'air. Diane dé PoUiérs, dont Branlôrne vantait la beauté incomparable, à l'âge de 70 and, suivait toujours les chasses de la cour avec un loup sur le visage et ne sortait jamais autrement que masquée (Cf. Variétés littéraires, etc,, far de Sawt-Olivé. Lyon, vî3rs 1860» p. <)i).
' Mémoires historiques et secrets concernant les amours des roi$ de
tlNÈ dJLLAMtElllB bu TBilt-CALANt 63
eédâlt ëîi rien âUr ce chaplthë i srt ëdiitllë étstlt Hbrt tHbillS hospilalière que le lit de sort toydl étJtilit *.
Oii â eu la plaisante idée " de dresser la liste de§ malltesSës de Henri IV ; leur ndiribre He s*élête ptiS 1 iiiôltiS de 56, et encore a-t-on négligé le* passade» : êllfeS étaient ti-ôpl La statistique gâlattté dU pluS galant de nos rois ne nous tente pas outre HiesUre ; nous ne voulons ici marquer que quelques traits de ia vie de ce monarquci qui n'était pas un héros qu â la guerre.
S'il esl une réputation que Heiiri ÎV na J)as Usurpée, c'est celle d'avoir aimé ses sujets, ou plutôt ses îittjettfeSî à quelque rang qu'elles appâHinssent : entre femmes du commun et dames de qualité, il ne faisait point de différence. Il les abandonnait, du reste,
France. A Paris, M. DGG. XXXIX. « On ferait un cftlendrlet* avec fé nôîjî de toutes les saintes que fêta ce dévot de ht beauté. » Les Gb^^oT» cmhres, t. I, p. aa3 (Parié, Dentu, 1861).
* Cf. Ce que vaut le Meilleur deê roi$, p«r A; Sa:»ëjoua>D> p. tj- Î5, et la notice mise, par M. L.Lalahne) eU tête dé son édition des U'émoires de Marguerite de Valois, Paris, Jartnet^ M.DCGG.LVIIf.
* De Lescurè, LêÈ amours de Henri IV*, Le Livre, to jan- \\ùf 1885 ; A. Sawejoua5i), Ge que vanî le meiltehr deS rois ] Dte !a
avec la même désinvolture, qu'elles fussent duchesses ou roturières *. La fille d'un jardinier du château de Nérac, qui portait le doux nom de Fleurette, avait eu rheur de plaire au roi de Navarre ; la légende * veut que, son caprice satisfait, le roi ait abandonné celle qu'il avait détournée et qui, de désespoir, se serait noyée ^
Plage, Pièces intéressantes, etc., t. Y, p. 219 et suiv.; Roederbr, Conséquences da Système de Cour établi sous François Z***, p. 179 et suiv.
* « Henri IV disoit bien qpie si Ton pouvoit obtenir une femme par souhait, il voudroit en avoir une qui eût beauté en la personne, pudicité en la vie, complaisance en Thumeur, habileté en l'esprit, fécondité en génération, éminence en eitraction, et grands Etats en possession ; je crois, mon ami (disoit-il à M. de Sully), que cette femme est morte, voire peut-être n'est pas encore née, et n*est pas prête à naître : vous savez qu'il fit ensuite le portrait des princesses de FEurope, et c*cst là où il dit ce plaisant mot de sa nièce de Guise, qui aimoit bien autant les poulets en papier qu'en fricassée, et où il dit tant de mal de la maison de Médicis dont il prit pourtant la fille...» Journal de Mathieu Marais, édition de M. de Lesgurb, t. III, p. 336.
^ Cette légende a rencontré, il est vrai, des contradicteurs. La prétendue abandonnée aurait encore vécu trcnte-'sept ans après son abandon (V. l'opuscule cité à la note suivante).
^ Catherine Duluc, fille d'un médecin d'Agen, après avoir longtemps résisté au Béarnais, avait fini par lui céder. On raconte que, maltraitée par ses parents, honteuse de sa faute et accablée de remords, la pauvre enfant se laissa mourir de faim. Une autre jeune fille, Anne de Cambefort, qu'Henri avait inutilement poursuivie, se trouvant un jour dans un bal où le prince s'était rendu, dut, pour échapper à ses obsessions, s'élancer par une fenêtre : elle en garda une claudication des plus disgracieuses pour le reste de ses jours.
tNÉ tiÀLÀNTERtE DU VERT-CALANT éS
C*est ensuite la fille d'un président de Calais, la Rebours, que le roi aime sous les yeux de sa femme * — nous allons voir que c'était chez lui passé à l'état d'habitude — . La Rebours tombe malade et ne peut plus servir aux plaisirs de son auguste amant ; elle est délaissée sans autre explication.
Une dame Martine, qu'il avait débauchée à la Rochelle, et dont il avait eu un enfant, subit le même sort. Il avait, du reste, un grand nombre de bâtards •, mais il n'en voulut reconnaître que fort peu, <c la honte, disait-il, d'en avoir trop, l'empêchant de se déclarer le père des autres » ',
Il ne craignit pas de s'attaquer même auxabbesses I On sait que, pendant le siège de Paris, il s'éprit follement de l'abbesse de Montmartre. A son exemple, ceux qui commandaient sous lui « cajolèrent la plupart des religieuses avec tant de scandale — nous citons, sans rien changer au texte emprunté — qu'on nommait l'Abbaye, tantôt le Magazin des Engins de l'Armée, tantôt le Magazin des V.. de l'Armée ». On est allé jusqu'à prétendre qu'au « siège de Pontoise,
(Cf. Un Amour d'Henri IV : Capchicot, légende et histoire, par Jules Andrieu. Paris et Agen, i885.)
* V. les Mémoires de Marguerite de Valois, éd. JanneUDaffis (i858), p. i58 et suiv.
' Il on eut un notamment d'une charbonnière, dont il anoblit hi descendance (V. la brochure de M. Andrieu, précitée, : Un Amour d'Henri IV; Capchicot),
' Mémoires historiques et secrets, loc. cit.
66 LK CABtRKT SECRET DK L*HI8TOIRE
ses officient donnèrent le mal de Naples à huit religieuses de Maubuisson, et lui, aussi bien qu'eux, eti exposèrent cinq ^ »
Voilà la légende du bon roi Henry légèrement entamée, mais nous ne sommes pas au bout de notre réquisitoire. S'il n'eut pas son Parc-aux-Cerfs, comme l'eut plus tard Louis XV, on n'en fit pas moins pour son compte la traite des blanches. Ses pourvoyeurs et entremetteuses occupaient les plus hautes dignités, le premier rang même, peutK)n dire, s'il est vrai que la reine Catherine de Médicis lui ait prodigué elle-* même ses bons offices. Peu après son mariage avec Marguerite de Valois ', Catherine» pour Tagrénlent du Béarnais, mais surtout dans l'intérêt de sa poli-' tique à elle, lui aurait procuré trois de i^s demoiselles d'honneur. C'était montrer plUd de complai-^ sance que certain gentilhomme de notre connaissance, le sire d'Aubigné, l'auteur des hardis Mémoires que l'on sait. En 1676, le roi avait jeté ses vues sur une
^ Jl^moires, ete., p. i)Ô.
* « Dès les premiers jours de leur union, écrit le plus réèent biograjfkbe de La Reine Margot^ M, Gh. BIbr«, il dékisn ta femme, ne craignit jamais de la prendre pour oonfideale d« ws gtbnteriM, Vj mêla bientôt ei Isi ea fit tuppdrter lei traverset. ïllle ne Taimait pas, dit-on, le trouvait salé, et d*A.ubigiié Ittî-mèiile n(lporte qu'il était rongé par des maladies TénérieniMs» pouilleux et pis encore (Cf. le pt»age dans k Confession de Sen^, eap. Y, p. dis» édit. de Cologne, et Ihistoriette de Henri IV dens làhiMum DSs Réaux).
UNE GALAMTBRtB DU VBRT-OALAIft Û*J
demoiselle Tignoûûille. Il fit appel à Famitié de d^Aubigné pour le servir en la circonstailce. Celui-ci se refusa énergiquement à lui prêter son aide.
Je ne voulus jamais en cela» écril-il^ complaire à mon maître, quoi qu'il me Ht d'infinies caresses et promesses pour m'y engager, jusqu'à se mettre à genoux devant moi, les mains jointes, afin de m'exciter à avoir cette complaisance pour lui.
Cette tactique ne lui ayàiït pas réussi, le rot eut recours aux menaces et aux petites persécutions.
f lus je témoignais de répugnance i favoriser les amours du roi de Navarre, poursuit d'Aubigné, plus le prince s'ôpiniàtrait à vouloir que je le fisse. Enfin, comme c'était le plus ttisé et le plus madrë prince qu*il y eût au monde, il n'y eut Sortes de malices qtl'il ne mit en usage pour, en me suscitant de mauvaises affatrest me fonder à devenir son confident ; jusque-lài qu'il se mit à me rcrtratlchet de med appointe-* ments et à prendre plaisir à gâter mes habits pour me mettre en dépenses afin que la nécessité me rendit plus complaisant.
D'Aubigné se plaint à tort. Il en fut de plus mal partagés que lui, témoin ce duc de Bellegarde» qui s'était avisé de marcher sur les brisées de son maître, après lui avoir le premier ouvert la voie. Le duc avait parlé ^1 termes si éloquents de sa «dame de beauté »,
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comme on disait alors, que le roi n'eut pas de cessé qu'il n'eût possédé la duchesse de Beaufort, celle que nous connaissons mieux sous le nom de « belle Gabrielle ». Henri IV « n'en avait pas les gants », selon l'expression de Tallemant, et c'est pour cela qu'il ne fit pas appeler le fils qu'il eut de Gabrielle, M. de Vendôme, Alexandre, de peur qu'on ne dit Alexandre le Grand — on appelait M. de Bellegarde, M. le Grand : c'était rappeler un mauvais souvenir au roi, qui gardait rancune à son rival d'avoir cueilli ce fruit savoureux.
« Le roi commanda dix fois qu'on le tuât », nous apprend encore Tallemant. En fait, M. de Bellegarde courut une seule fois * un danger sérieux. Le comte d'Aumont, capitaine des gardes, avait l'ordre de le tuer, ni plus ni moins. Il s'acquitta de sa mission avec beaucoup d'intelligence : il fit tant de bruit à la porte de la chambre où s'était blotti le duc, que celui-ci eut le temps de se sauver.
Tant que les plaisirs du roi ne furent que des outrages à la morale publique, il n'y eut que demi-mal,
* Une autre fois, il eut à peine le temps de s'enfuir dans un ca^
UNE 'galanterie DU VERT-GALANT 69
mais ils eurent parfois des conséquences plus graves, et ici la critique historique ne peut se montrer trop sévère.
Gabrielle d'Estrées étant tombée malade à Fontainebleau, le roi s'était empressé de lui dépêcher son premier médecin, M. d'Alibour. Au retour, l'archiâtre dit à Sa Majesté qu'il n'avait trouvé à la malade « qu'un peu d'émotion », sans plus.
— Eh ! mais, reprit le roi, n'avez-vous pas dessein de la faire purger et saigner P
— Sire, je n'ai garde ; il faut attendre qu'elle soit à miterme.
— Que voulez- vous dire, bonhomme» répondit le roi avec colère, rêvez-vous ? Comment serait-elle grosse ? Car je sais bien que je ne lui ai rien fait et êtes pour cette fois un très mauvais médecin.
— Je ne sais ce que vous avez fait ou point fait, Sire, répondit le sieur d'Alibour tout en colère, mais je sais bien que votre conscience se trouve plus fausse que moi.
— Impertinent médecin ! Et, sur cela, le roi s'en alla, tout despit et mutiné, trouver la belle malade à laquelle il conta tout et lui fit une belle vie ; et il arriva qu'en effet elle accoucha du petit César et que le pauvre d'Alibour, faute de bon appareil, mourut quelques mois après ^
binet attenant à la chambre de la duchesse, quand le roi entra. Il s'échappa, au risque de se rompre le cou, par la fenêtre. L'aventure est bien connue, d'ailleurs.
* Mémoires de Sully^ t. II, p.355.
70 IJIt GAmKST 8BCRBT I>!S L HISTOIRE
Sully, qui rapporte Tanecdote, n'y ajoute pas fol, mais il la trouve au moins bien contée ; ne serait-ce point qu'elle lui paraissait vraisemblable * ?
Puisqu'il est question de d'Alîbour et de Tallemant, rectifions une erreur accréditée par ce dernier ; nous serons ainsi amené à parler d'une « maladie secrète» d'Henri IV, qui a bien pu avoir quelque influence sur certaines de ses décisions politiques. Selon notre habitude, nous livrons le fait aux méditations des historiens, nous confluant volontairement dans notre rôle de médecin.
Tallemant des Réaux ^ parle d'une « gonorrhée » contractée par Henri IV, et qui fut soignée, dit-il, par le premier médecin d'Alibour, Comme l'a fait observer avant nous M. Alfred Franklin, c'était là office de chirurgien, non de médecin. Ceux-ci ne voulaient pas s'abaisser jusqu'à soigner les maladies des organes génitaux. Ils ne commencèrent à y prétendre que vers la fin du xviii* siècle ^ Celui qui avait traité
• * EUa ëUit marna vraie, si nous en croyons l*Estoile, qai eondigne dans son Journal (lU, 7a) : u Le dimanche 34 juillal, on oui nouvelle à Paris de la mort de M. d^ÀIibour, premier médecin du roy, auquel on disait qu'une parole libre qu'il avait dite à Sa Majesté touchant son petit César^ lui avait cousté la vie, de la part de celle (comme tout le monde tenait) qui s*y était intéressée. »
•T. I, p. III.
3 Cf. Baron (doyen de la Faculté en 1 780) : Question de médecine, dans laquelle on examine si c*est aux médecins qu^U appartient de traiter
JSVE GULAimERIE I>V TEKT-OALAMT 71
Henri IV était, en effet, un chirurgien : il s*appelait Loyseau I
C*e«t dans un volume dont le titre n'était pourtant pas prometteur S que nou9 avons trouvé tout au long rapportée, et avec la verdeur d'expression dont les oontemporains de Louis XIII ne songeaient pas à s'émouvoir, la relation de la maladie d'Henri IV* Not tons que l'ouvrage est dédié au flls de ce mêmQ Henri IV, au vertueux Louis XIII ; ce qui ne manque pas d'un certain piquant I
Au dire de Loyseau» qui n'était pas de Bordeaux pour rien ** le Roi, ayant appris les guérisons que
les maladies vénériennes^ 1785, în-4*. — Voy. encore: Mémoire pour les chirurgiens, oh Von résout le problème proposé par la Faculté de médecine^ savoir : si e*est aux médecins qu*appartient de traiter les ma^ ladies vénériennes^ et si la sûreté publique exige que ce soit les médecins que Von charge de la cure de ces mahdtes. L'auteur conclut ainn 1 « Les médecins sont dans une incapacité totale de traiter ces maux, lorsqu'au contraire on ne peut refuser aux ohirurgiens d'avoir toute Phabiteté qu*il est possible d'avoir pour en entreprendre la cure aveo succès, puisqu'ils ont pour eux l'avantage d'une expérience consommée ». A. Frarxuii, Les Chirurgiens, p. 79, note,
> C'est un petit in^-ia, qui a pour titre ! Observations médicinales et chirurgicales, avec histoires, noms, pays, saisons» et témol» gnages, par M. 6. Loisbao, médecin et chirurgien ordinaire du Roy, A. Bourdeaux, 1617. Avee privilège du Roy.
* » Jean-^Baptiste Loyseau, mettre chirur^en de Bordeaux, dana
ledit chirurgien avait obtenues, de plusieurs seigneurs de sa cour et autres personnages, l'avait fait appeler ^t l'avait nommé un de ses chirurgiens ordinaires.
Pendant un voyage dans la Franche-Comté, Sa Majesté se trouvant mal « d'une difficulté d'urine », avait réclamé les 3Qins de son chii*urgieo. Celui-ci l'aurait soumis à un traitement, « et moyennant la faveur et assistance de Dieu », aurait réussi aie guérir complet tement.
A quelle date se rapporte la maladie dont il est ici question ?
L'Estoile * et Mézeray se trouvent d'accord pour la
des Observations chirurgicales qu'il a laissées par écrit, nous dit qu'il fut appelé pour traiter d'une camosité le roi Henri IV, qu'il Ten avoit pansé et guéri, et qu'il en fut récompensé par une charge de chirurgien de Sa Majesté que le Roi lui donna. Cette histoire, quoique mémorable, ne prouve point qu'il y ait des carnosités ; elle fait voir que ce M. Lojseau fait le mystérieux, et tient du charla^ tan en publiant ce qu'il a fait, sans dire ni les moyens, ni les remèdes dont il s'est servi. S'il avoit été vrai que le Roi eût une camosité, et qu'il la lui eût consumée, il falloit qu'en écrivant cette histoire il no fit point un secret ni de la méthode, ni des drogues qu'il avoit employées à une guérîson pour laquelle il avoit été si libéralement gratifié ; mais puisqu'il se tait sur l'essentiel, je la tiens apocryphe. 9 DiONis, Cours d'opérations de chirurgie j p. 271-372. Les raisons que donne le chirurgien Dionis, pour s'inscrire en faux contre la cure obtenue par son prédécesseur, sont pour le moins contestables.
' « Le mercredi ao octobre iSga, on ne parloit plus du duc de Maienne ni du fort, mais qu'on alloit donner bataille, et que le Béarnois estoit malade à la mort. Sur quoi on redoubla, à Paris, les prières et processions, qui eurent telle vertu que le samedi 17 arrivèrent à bon port dans la ville quarante mille escvis de largeql