‹ Le cabinet secret de l'histoire (volume 5)Chapitre 4 sur 29 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

qu'a vulgarisée, mais que n'a point inventée notre grand historien national.

Avant Michelet, Voltaire avait appuyé, sans y mettre la délicatesse qu'on était en droit d'attendre du plus spirituel des Français, sur les infirmités et les misères des personnages de notre histoire. Si Michelet a parlé, en termes qu'on devait amèrement lui reprocher, de la fistule du Roi-Soleil, Voltaire, autrement audacieux, n'a pas ménagé ses expressions, quand il nous a entretenu des hémorrhoïdes1 du révérendissime Cardinal de Richelieu.

Michelet aurait pu, s'il l'eût voulu, se défendre d'avoir introduit la Pathologie dans l'Histoire ; d'avoir, comme on l'a dit2, fait passer rois et reines au conseil de revision.

Ce n'est pas lui, en effet, qui, le premier, troqua « le stylet de la muse contre le scalpel et le spéculum du médecin » ; ce n'est pas lui qui imagina d'exposer en public « Parrière-faix » de l'histoire. Le coupable serait resté longtemps dans l'ombre de son obscurité, s'il ne s'était trouvé un chercheur avisé3 et heureux dans ses investigations, pour le produire au grand jour.

« La prodigieuse, prestigieuse, et légèrement

■ V. la Chronique médicale, 1898, p. 441.

- De Goncourt. Idées cl sensations ; Journal, t. I.

3 C. Le Senne, dans l'Événement, 1898.

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