DE L AGRICULTURE ET DES PROFESSIONS MANUELLES EN GÉNÉRAL
SI tu t'occupes un jour d'agriculture, instruis -loi d'abord des principes d'après lesquels doit être dirigée toute exploitation rurale.
Ne retarde pas les semailles; sache qu'ail vaut mieux les faire dix jours trop tôt que dix jours trop tard; munis-toi de charrues bien confectionnées *; fais emplette de beaux et bons bœufs et nourris-les de bon fourrage ; fais en sorte d'avoir en réserve une paire de bœufs ou tout au moins un de ces animaux afin que dans le cas où une de tes bétes tomberait malade, tes travaux ne puissent en soufirir, et que l'emblavage ne soit pas suspendu. En
temps ordinaire, fais labourer tes terres et dès l'année présente, préoccupe toi des semailles de la suivante. Ne mets en culture ç^u'un bon terrain, car tu ne fertiliseras jamais un sol ingrat. Augmente chaque année les bâtiments de ton exploitation si tu veux obtenir les pleins bénéfices de ton domaine.
Si tu exerces une profession manuelle quelconque, rends-toi habile et sois toujours actif afin d'acquérir une clientèle nombreuse; efforce-toi de surpasser tes confrères. Contente-toi d'un bénéfice modéré et crois que s*il farrive, une fois par hasard, de réaliser un gain de cinquante pour cent, il t^est pourtant plus avantageux de bénéficier plus souvent de quinze pour cent seulement ^'
Ne sois pas trop serré en affaires et ne te refuse pas à faire quelques concessions, si tu veux prospérer et étendre le cercle de tes opérations.
En traitant, n^épargne pas à Tacheteur les épithètes caressantes telles que : mon ami! mon âme ! mon frère ! Monseigneur/ etc , etc.; témoigne lui du respect, et touché de ton alïabilité, il n^osera pas marchander, de la sorte, tu obtiendras aisément le prix que tu demandes; par cette
manière d'agir, tu t'attireras de nombreux clients, tu deviendras l'objet de Tenvie de tes confrères et ton nom sera cité avec éloges dans le marché.
Fais-loi une habitude de l'honnêteté surtout à l'égard de l'acheteur ; garde-toi de la parcimonie non moins que de la profusion; sois généreux envers tes inférieurs et modeste envers tes supérieurs.
N'abuse pas du désir ardent que témoigne un acheteur, non plus que de l'ignorance ou de la faiblesse des femmes et des enfants ^. Ne surfais pas le prix de l'objet en vente aux étrangers, et favorise celui qui a honte de marchander. Rends à chacun ce qui lui est dû. Sois fidèle au Prince, mais ne recherche pas son service ; ne fréquente pas les militaires et fuis la société des coureurs démarché. N'use que de poids et de balances justes. Traite également les personnes de ta famille et que leurs intérêts soient les tiens; ne trompe pas tes associés. Quelque profession, quelque métier que tu exerces, garde-toi d'user de fraude et traite également celui qui connaît la valeur d'un objet et celui qui l'ignore. Sois pieux el regarde comme une bonne fortune l'occasion de prêter, si tes moyens te le permettent. Ne prête jamais un faux serment et fuis la débauche et la dureté envers ceux qui traitent avec toi. Si lu as prêté quelque somme à une personne dans le besoin,
n*cn réclame pas avec trop d'insistance la rcsiiiuiion si tu sais que cette personne est dans la i;cne. Sois généieux, tu seras estime et Dieu l'accordera la grâce de prospérer.
Il est une fas'on noble d'exercer chacune des carrières et chacune des professions dont je t'ai entretenu, je vais essayer pour conclure de l'indiquer la manière la plus excellente de le faire, ou pour mieux dire, le moyen d'appliquer une certaine grandeur d'âme à la pratique de chacune d'elles en particulier.
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iNOriOS DU CllAlMTRb: XLlll
1. Lu chaiTue asiatique n'est autre que Tarairc tait il' un morceau de bois recourbé et garnie à son extrémité inférieure d'un fer aiiju.