‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 50 sur 114 · II · texte numérisé non relu

II

aucun bienfait et qu'on fuit et déteste les pauvres lors même qu'on n'<Hi é^ràëre aucun mal. Si Tindigence est la pire'(àcs condiiions, la richesse en est la meilleure- Ce qu'on loue chez le riche, on le blâme çkez le pauvre. La richesse est Tornement di l^homme, accorde lui donc la considération en raison de la fortune dont il est paré.

Garde-toi de la prodigalité; ce qui est réprouvé par Dieu, doit l'être aussi par ses serviteurs; n'a-t-il pas dit : — « Ne gaspillez pas vos biens, car il n'aime pas les prodigues'*. » — Ne commets donc pas une action que Dieu réprouve. Toute infortune est l'effet d'une cause; la misère est l'effet de la prodigalité. Ce n'est pas seulement en matière de dépenses qu'on peut commettre quelque extravagance, mais encore en toute autre; c'est ainsi que Ton peut taire excès de sommeil ou de toute autre chose. Il faut donc éviter les abus qui amènent la fatigue du corps et l'affaiblissement des facultés intellectuelles. Ne vois tu pas que la lumière d'une lampe est alimentée par l'huile; mais si tu remplis cette lampe outre mesure de façon à ce que Thuile, s'écoulant par le bec, atteigne l'extrémité de la mèche, évidemment elle s'éteindra; cette huile qui, versée avec mesure, alimente la lumière, en cause l'anéantissement si elle est prodiguée à l'excès. Il résulte que l'huile

^e%ûf ne cause pas la conservation de la îl^jBBi^ère, mais bien que la mesure dans l|Èi|tielle elle est versée y contribue également. Or, tout ce qui dépasse une juste mesure est un excès ; c'est pour cela que Dieu hait la prodigalité et que les sages de tous les temps Tout blâmée dans tous les Op, parce que, en toutes choses, les exfcà3 n'ont d'autre résultat que le m^l.

Cependant, ne te rends pas la vie amère, par une trop grande économie ; ne t'impose pas des privations inutiles; vis avec ordre, mais en cas de besoin, n'épargne pas la dépense; car si, d'une part, la richesse est précieuse, de l'autre, l'existence est encore plus chère. En résumé use sagement de la fortune que tu as acquise.

Ne confie ton bien qu'à des gens économes et non à des joueurs ou à des ivrognes. Méfie-toi de tout le monde, c'est le moyen de n'être pas trompé par des voleurs. Ne perds aucune occasion de gain ; celui qui néglige ses intérêts ne saurait être ni heureux, ni à l'abri des mauvaises chances. Le repos et la sécurité ne s'acquièrent qu'au prix de fatigues et de travail; la peine naît de la quiétude; la jouissance d'aujourd'hui engendre la peine du lendemain, et les fatigues du jour amènent la jouissance de l'avenir.

Du bien que tu as acquis facilement ou péniblement, ne dépense qu'un tiers pour

ralimentation, un tiers pour rhabillement et le logement, et réserve le dernier tiers pour les jours où tu pourras en avoir besoin ^. Repose-toi sur cette réserve et ne l'enî^me pas inutilement afin qu'au temps ^4<<i^'|| ^ieillesse et de la caducité, tu puis- ^îjflljf'.recourir, ou bien qu'elle passe à tes Wïftîers. r * ;^

Si tu achètes quelques i^m^ mobiliers, préfère ceux qui sont deiËi|||i« ni à périr, ni à s'altérer, tels que des'^'pifcrres précieuses, des ustensiles d'or, d'argent, de bronze ou d'étain ou tous autres de ce genre®.

Si tu as un surplus d'argent monnayé, enfouis-le, car tu retrouveras toujours fidèlement ce que tu wnfies à la terre. Un bénéfice légitime e^toujours permis '^.

Ne vends un objet de valeur qu'en cas de nécessité absolue; ne t^en défais pas en te disant que tu le remplaceras par un autre plus avantageux, car jamais lu ne récupéreras l'équivalent de ce que tu auras vendu; ce sera là une perte irréparable, peu à peu ta maison sera dégarnie, et tu ne tarderas pas à être le dernier des misérables.

Ne contracte jamais de dettes, même si tu te trouves dans la gêne et n'emprunte point sur gage; considère comme une indignité l'emprunt à intérêt. Evite, autant que possible, de prêter de l'argent, surtout à un ami, car le mal de réclamer une créance est pire que celui de la refuser.

Mais si tu as prêté quelque somme, ne compte plus sur elle et considère-la comme un don fait à un ami; tant qu'il ne s'acquittera pas de lui même, ne la lui réclame point afin de ne pas perdre son affection, car un ami peut facile m ent^é^^v venir un ennemi, tandis qu'au conttwlfe Tinimitié se c^^ge- rarement en arnî|Hi|^ le premier CttSi^ le fait des enfants, et le second celui.d& -Vieillards sages et expérimentés. '*' -•

Fais profiter ceux qui en sont dignes des biens qui l'ont été accordés et n'envie personne afin de t'attirer l'estime de tes concitoyens. Ne regarde comme tien que ce qui t'appartient et,^r^specte la propriété d autrui afin de pasiip pour un homme sûr, droit et de bon renom ; tu posséderas ainsi la confiance des autres et tu vivras dans l'aisance et la sécurité.

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