DE LA CRÉATION DU MONDE ET DE LA GLO- RIFICATION DES PROPHÈTES
SACHE, ô mon fils, que Dieu a créé le monde par un effet de sa volonté et non pas sans dessein; Il l'a créé selon la justice et Ta orné selon la sagesse. Il a jugé que Pexistence est préférable au néant, Torganisation au chaos, le plus au moins et la beauté à la difformité; Il savait et pouvait faire l'un aussi bien que l'autre, Il n'a donc pas agi en contradiction avec son omniscience. Toute chose qui existe en raison de la justice ne peut êcre Teffet de Tignorance et du hasard; le monde a donc été créé de la manière la plus parfaite.
Dieu aurait pu, sans doute, dispenser
la lumière sans le soleil^ la pluie sans les nuages, produire les corps sans éléments composants et inAuencer le monde en bien ou en mal sans les astres ^ ; mais son œu« vre étant Teffet de la sagesse, il n'a rien créé sans intermédiaires dont il a fait la cause apparente de la permanence et de l'anéantissement; Tintermédiaire cessant d'être. Tordre qui en est le résultat disparaît ; et sans ordre^ point d^organisation qui est elle-même indispensable à toute œuvre.
Dieu se sert encore d'intermédiaires en créant les uns forts et puissants et les autres faibles et débiles; en faisant des uns les dispensateurs de ses bienfaits, et des autres leurs obligés; cette disparité, cette dualité de fonctions rend encore témoignage de rUnité divine *.
Ne considère pas seulement Tintcrmédiaire parce que tu le vois sans en comprendre le dessein, ne lui attribue pas une efficacité plus ou moins active, mais reportes-en le résultat au Créateur. Kn effet, si la terre ne porte pas de fruits, si l'astre ne donne pas un horoscope fortuné, ne t'en prends ni à l'astre, ni à la terre, car l'une ne sait pas plus pourquoi elle produit que Tautre ne sait pourquoi il apporte la félicité; la terre est aussi impuissante à changer en plantes vénéneuses la semence salutaire que tu lui contics que l'astre à transformer en jours néfas-
— Botes les jours heureux quMI doit pronostiquer.
Le tnonde a été orné et paré selon la sagesse et la raison, il a dû pour cela produire : admire donc avec quel art il est orné de plantes, d^animaux, de comestibles, de substances propres aux vêtements de l'homme et de tant d'objets divers qui concourent à l'harmonie que le Très-Haut a établie en vertu de la sagesse, ainsi quMl le déclare lui-même par cette révélation : « Nous n^avons pas créé sans « raison les cieux, et la terre, et tout ce « qui existe entre eux ; mais nops ne les <c avons créés que selon la sages* \ »
Reconnaissant que Dieu p' ^as créé les bienfaits sans motif, il sei. ibsurde qu'il l'eût fait sans aucun but, li fallait donc quelqu^un pour en profiter; ceci étant, Dieu a créé Phomme afin qu'il pût jouir de ses faveurs; la création de rhomme n'est donc que la conséquence nécessaire de la création du bienfait.
Les hommes ne peuvent se passer de certaines lois ni de certains règlements qui seraient lettre morte sans quelque guide, car si la créature jouit des bienfaits sans règle et sans mesure, elle ne connaît point son bienfaiteur, et celui-ci serait alors coupable en distribuant ses faveurs à des ignorants et à des ingrats.
Mais le Créateur, ne pouvant être imparfait, n'a pas voulu laisser ses créatures
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dans rignorance, ainsi qu'il la révélé par ce verset : « Nous n avons créé les « génies et les hommes qu^afin qu'ils ado- <( rent *. »
Il a donc envoyé parmi les hommes des prophètes avec mission de leur enseigner la justice, comment ils doivent jouir de ses bienfaits et en rendre grâces à leur auteur, de sorte que la création du monde étant fondée sur la justice, la résultante de la justice a été la sagesse, celle de la sagesse le bienfait, celle du bienfait a été la créature et la résultante de la créature les prophètes avec mission de guider les hommes d'une manière décisive et de leur donner une direction dont ils ne puissent'^ '''Mer. La venue d'un prophète et la dir../.f6n qu'il enseigne sont une conséquence aussi rigoureuse de la création de 1 homme que la création de celui-ci Test de celle du bienfait. Or Dieu a fait à Thomme une obligation absolue de reconnaître la vérité de la direction (enseignée par le prophète^ de déclarer les obligations qu^il doit à son bienfaiteur, de reconnaître la vérité de la mission de ses envoyés, de leur obéir, de les considérer tous comme purs et parfaits depuis Adam * jusqu'à Mohammed, notre prophète (que les bénédictions divines soient sur lui et ses descendants !), de se soumettre à leurs prescriptions en ce qui concerne la foi, de ne rien omettre des actions de grâces
dues à l'auteur de tous biens et d'observer fidèlement les préceptes de la religion afin d'être estimé et honoré.